Faire la peau, le quatrième livre de Louise Chennevière, est peut-être le plus intime mais aussi le plus abouti. C’est le récit d’une enfance sous l’emprise maternelle, du désir sauvage de s’émanciper. La narratrice, âgée de 30 ans, décide de rompre avec la lignée de femmes qui l’a engendrée, condamnées depuis toujours à la reproduction de la violence. Commence le récit d’une relation mère-fille, déconstruisant les souvenirs de l’enfance et de l’adolescence. Elle parle et lutte : contre les fantasmes, les interdits, les lois, pour écrire le récit, sacrilège, tabou, du meurtre symbolique : tuer sa mère. Et contre elle-même aussi, la petite fille qu’elle est encore et qui voudrait préserver l’image idéale d’une mère qui ne l’a jamais été. Le livre lui permet d’aller au bout de ce geste, non seulement pour lui permettre d’advenir enfin comme subjectivité libre et puissante, mais aussi pour pouvoir aimer. C’est un récit de deuil et de désir, troué de multiples souvenirs et hanté par des questions qui ne trouveront jamais de réponses. C’est aussi, par la littérature, une déclaration de liberté – celle que l’on peut conquérir en osant enfin regarder les choses telles qu’elles sont, dépouillées des mythes et des histoires.
d'une indécence assez rare, d'une absence totale d'intérêt. un style au ton poseur absolument inimaginable : c'est bourré de tics d'écriture complexifiants pour rien, ça redonde et se regarde écrire tout le temps. ça en devient même parfois grotesque : à un moment, elle écrit "parler à ma mère c'était comme parler à un mur", avant de dire trois fois d'affilée "oh là là quelle métaphore nulle j'en reviens pas d'utiliser une image si en dessous de moi et de mon niveau, pardonnez-moi pardon, pardon". au-delà de cette forme qui est un peu la caricature d'elle-même, ce livre trahit surtout un échec de mise en universalité, d'élévation, de prise de recul. il y a quelque chose de consternant à s'autoriser ainsi à lâcher d'affreux, si violents paragraphes sur "les mères" en général sur la seule base d'une expérience personnelle et de "une psy de ma connaissance m'a dit que toutes ses patientes souffraient de leur mère". je suis sincèrement affligée tant par la pauvreté sur le fond (la seule référence citée et "analysée", c'est la Lettre au père de Kafka, wow, quelle puissance bibliographique) que par la malhonnêteté parfois sur la forme (au début, on a droit à trois pages honnêtement assez consternantes sur "le fait que la fiction c'est malhonnête, et mal, et absurde", avec pour "preuve" le fait qu'Alice Munro a été acclamée comme romancière de fiction alors qu'elle a "laissé" son mari incester leur fille de 9 ans, "ergo", d'après Chennevière, la fiction ne vaut rien. superbe, c'est pas malhonnête du tout, un tel procédé. quelle violence !
sur le sujet de la mère, de comment raconter, analyser et regarder la mère toxique dans un monde patriarcal, de comprendre sans euphémiser, de dire sans juger, lire le bien meilleur et mille fois plus éclairant Je vous demande de fermer les yeux et d'imaginer un endroit calme de Michelle Lapierre-Dallaire.
DNF - à part si on déteste sa mère ce livre n’a aucune vertu aucun intérêt (et encore faut vraiment haïr sa mère très fort) c’est juste quelqu’un d’énervé qui te tunélise avec des phrases hyper longues et mal écrites (les virgules sont mal placées faut arrêter de faire genre c’est un effet de style) commencer un livre en disant « je ne crois plus à la fiction. C’est trop facile, trop facile de ne pas se mouiller, de prétendre livrer des vérités qu’il faudrait savoir déchiffrer entre les lignes » c’est franchement présomptueux (couillu comme on dit). Imagine foutre un coup de pelle comme ça à la littérature au début de ton livre et ensuite espérer que la lectrice continue sa lecture avec envie… faut savoir relever le défi et faire un truc majestueux (à la hauteur de la dinguerie que tu viens de sortir au moins) mais là c’est badaboum patatra
Après avoir été profondément marqué par « Pour Britney », j’attendais beaucoup de ce nouveau texte de Louise Chennevière. J’y ai retrouvé ce qui m’avait tant impressionné chez elle il y a deux ans : cette écriture immédiatement reconnaissable, traversée d’un usage si singulier de la virgule, capable de créer un souffle, un vertige, un mouvement intérieur ultra obsédant.
Tout le roman est écrit dans cette langue du flux, compacte, sans véritable répit, qu’il faut recevoir comme un bloc, s’y laisser submerger. C’est précisément l’expérience de lecture proposée ici par l’autrice : quelque chose de profondément immersif, d’étouffant par endroits mais aussi d’une grande puissance. Une lecture exigeante, oui, car le texte est dense, et simultanément une expérience littéraire marquante.
À travers ce récit d’émancipation, Louise Chennevière autopsie le lien à la mère, la nécessité de s’en détacher, de mettre à distance ses névroses pour enfin avancer. C’est le récit d’un voile qui se lève, d’une lucidité douloureuse, d’une rupture nécessaire. Le texte est habité par une ambivalence bouleversante, entre attachement, culpabilité, compassion et besoin vital de survivre au-delà de cette relation.
L’écriture épouse ce tumulte intérieur avec une maîtrise impressionnante : phrases-fleuves, répétitions, reprises, réflexions qui se corrigent en avançant… On a parfois l’impression d’assister à une confession en train de s’écrire, à une pensée qui cherche sa propre vérité. Louise Chennevière parvient à transformer le débordement émotionnel en un geste littéraire remarquable.
La fin, comme un paroxysme, m’a profondément ému. Je l’ai relue plusieurs fois tant les ultimes pages forment un concentré de chagrin et de beauté. Le tout étant d’autant plus fort que ce cocktail arrive après une longue traversée intérieure déjà hyper exigeante émotionnellement. Un texte immense, poignant et impeccablement écrit.
extrêmement déçue par ce livre, j’avais adoré « pour britney », et le sujet de ce livre - les mères - me paraissait prometteur. évidemment que de parler du malaise d’une relation mère/fille qui n’est pas toute rose, complexe, rêvée et réellement indescriptible, ça m’intéressait grandement. mais le livre m’a soûlée. elle parle que de son expérience avec sa mère -ok on ne peut pas lui enlever ce qu’elle a vécu et ressenti vis à vis de comment sa mère a été avec elle - mais je m’attendais vraiment à un parallèle SOCIOLOGIQUE. au final, ce n’est qu’un livre sur sa mère, ça ne questionne fondamentalement pas grand chose sur le pourquoi une mère peut s’avérer être comme ça avec sa fille. le style de la narration est inutilement lourd, y’a beaucoup de répétitions qui se veulent stylistiques mais ça give rien à part rendre la lecture difficile et lourde, des répétitions dans les constatations qu’elle tire de sa relation avec sa mère - olala comme elle se répète !!!! tu tournes les pages tu en es encore au même stade😃
désolée louise, ce livre t’auras sûrement fait du bien et peut être que certaines personnes s’y reconnaîtront mais personnellement je n’y vois pas ici la qualité et utilités littéraires dont tu as fais preuve par le passé.
j’imagine que ça plaira aux gens qui détestent leur mère, mais moi je suis passée complètement à côté. chercher à faire des vérités générales sur la base d’une expérience individuelle complètement anecdotique, et ce dans un français ampoulé, ne fait pas d’un ouvrage le « choc de la rentrée littéraire ». Non merci ;)
Je sais pas trop quoi en penser mais je ne regrette pas de l’avoir lu. Ma principale critique sur le fond de la thèse que l’auteure défend (ou de ce que je comprends en tout cas de sa position) c’est qu’il y a un angle mort dans la chaîne des responsabilités : le père. Gracié par la fille dans un effet de vase communiquant, tant la haine de cette dernière pour sa mère est tenace.
Je trouve pertinent que l’auteure questionne le rôle des femmes en tant que gardiennes du patriarcat, et qu’elle se refuse à faire d’elles des mineurs perpétuelles qui subiraient les violences sans jamais les infliger ni les permettre. Je comprends donc totalement sa rancoeur plus que légitime contre la grand-mère catatonique qui n’a pas su / pu / voulu empêcher l’inceste commis par son mari sur leur fille. Même si les dynamiques incesteuses sont complexes, il est raisonnable de questionner la position des femmes de la famille. En tant que mère, elles ont une responsabilité de soin et de protection vis-à-vis de leur enfant victime de violence et cela ne me paraît ni cruel ni injuste que de pointer un manquement de la mère qui détourne le regard, car il est avéré qu’elles le font pour certaines. Une femme peut tout à la fois être victime de son mari et en même temps coupable de n’avoir pas préservé leur enfant de cette violence ; car l’enfant c’est l’innocence absolue, c’est l’incapacité totale de se défendre. Si on ne le protège pas, il ne pourra pas le faire lui-même et seul. Toutefois, si on suit ce raisonnement, je ne comprends pas que la narratrice ne fasse à ce point AUCUN reproche à son père. Ce père est dilettante, aimant mais de loin, terriblement passif. C’est cette passivité qu’elle loue presque, en ce qu’elle lui paraît douce face à l’omnipotence et la tyrannie de la mère violente.
Pourquoi Louise Chenneviere parvient-elle à incriminer sa grand-mère (à raison) tout en se refusant à faire de même avec son père ? Père qui ne l’a jamais protégée d’aucune manière de la toxicité de sa mère maltraitante qu’il n’ignorait pourtant pas. Dans ce livre, la narratrice fait la peau à sa lignée de femmes. C’est intéressant mais biaisé selon moi. Ce biais est tel qu’il prive le texte de l’universalité qu’il aurait pu avoir. J’avais adoré Pour Britney mais je ne suis pas aussi convaincue par ce livre. C’est un livre qui boîte. Qui n’aurait peut-être pas dû sortir si vite, en l’état, dans la foulée de la séparation ultime avec la mère. Séparation peut-être trop récente pour qu’un recul ait pu être pris. Il est évident que c’est un livre que l’auteure ressentait le besoin d’écrire et qui a été pour elle cathartique, peut-être même salvateur ? Malheureusement c’est un cheminement personnel qui laisse le lecteur sur le bas-côté. On suffoque, pris au piège d’un texte tellement intime et frais qu’on ne sait pas comment y trouver sa propre respiration. Il a le mérite de pousser des portes quant à certaines thématiques, mais il ne le fait pas forcément bien
Cette lecture vient juste confirmer que, quelle que soit la forme, le niveau de légitimité ou le nombre de mots, le sujet de la haine mère-fille est tout simplement inépuisable. J'ai retrouvé exactement les mêmes formules qu'avec des patientes en entretien, les "vous allez penser que c'est triste/ cruel/ égoïste mais....". Et surtout les tentatives (vaines?) de mettre en mots ce qui relève de l'absence d'amour et qui par essence ne peut que se vivre et pas nécessairement se dire. Dans ce texte la peur de réaliser la malédiction d'être "celle qui tue sa mère" est partout et finalement elle empêche de dire la haine qui habite beaucoup de filles. Un jour j'aimerais réussir à dire de grandes choses sur le familialisme et ses dégâts mais en attendant je vais juste continuer à faire entendre à mes patientes que ce qu'elles disent vraiment c'est que leur mère est déjà morte à leurs yeux et elles essayent juste de maintenir debout un cadavre qui les méprise.
i’m afraid it’s quite bad……. J’avoue que cette sorte d’autofiction qui relève de la succession d’anecdotes et de « petites phrases » horribles, mais prétend pourtant monter en généralité pour livrer une critique radicale bien que basée (en gros) des violences maternelles, laisse drôlement sur sa faim! L’ambivalence constante entre le général et le particulier ne convainc pas du tout, on a l’impression qu’elle n’a parlé que à des gens d’accord avec elle et ayant aussi des mauvaises relations maternelle. Difficile aussi de ne pas tiquer sur les passages sur la complicité nécessaire des daronnes dans l’inceste
J’ajouterai que je referme le bouquin en me disant que c’est quand même de la névrose petite bourgeoise je trouve, notamment dans le rapport au corps-symptôme, et que certains épisodes où pourtant elle est consciente de son privilege (comme l’accident avec le livreur UberEats) renforcent mon malaise. Je ne suis pas fermée en principe aux pbs familiaux des bourgeois (me suis quand même farcie les buddenbrooks!) mais là c’était difficile
I loved pour britney (bcp moins mausolée!) et on y retrouve pas du tout le même style la même finesse de la citation… peut être Louise Chenneviere manquait elle d’ancrage théorique et expériencel pour ce livre la.
Le style ne m’a pas aidé à être très concentrée pendant ma lecture, en perdant parfois le fil, l’intensité. Le sujet est difficile, l’apnée de lecture également. J’ai malgré tout passé un moment intense en tournant les pages, comme prise au milieu d’une conversation qui ne me regardait pas.
j’avais hâte de ce sujet sur les mères et du lien qui peut nous unir ou désunir à elles, à leur amour ou à leur desamour. je m’attendais à ce que des liens socio soient présents pour s’identifier, s’armer, s’aider et en fait ce n’est que sa colère à elle - que je comprends bien sûr, je ne veux pas lui enlever ce qu’elle a vécu - mais lire 280 pages de haine et de colère c’est difficile
trop de colère tue la colère…. à lire lorsque l’on hait sa mère (et encore il faut vraiment la détester).
J’ai eu parfois l’impression de me trouver au milieu d’un dialogue qui ne m’était pas adressé dans ce livre où une fille décide de rompre définitivement avec sa mère. Une mère qu’elle aurait aimé aider, qu’elle aurait aimé aimer, mais qui prend trop de place, qui la rabaisse (consciemment ou non pourrait être la question), qui passe trop de temps droguée, qui ne pense finalement qu’à elle. Mais malgré ce sentiment, j’ai lu incessamment, passionnément, car il est dur de lâcher le fil de la plume de l’auteure. J’avais été fasciné par son précédent pour Britney, je confirme l’amour pour son style, sa ponctuation si particulière, ses phrases soit longues comme une suite de mots ininterrompus qu’on jette dans un accès de rage, soit courtes comme une suite coup de fouet. Tant pis si je pense que son propos n’est pas aussi généraliste qu’elle le dit (même si son cas n’est pas un cas isolé), tant pis s’il y a des redites. A tout moment je l’ai suivie juste par la force de son style. A noter. Les hommes sont quasi-absents, et à part le père ils ne sont là que pour montrer que leur présence est une des causes du comportement des femmes (violence sexuelle menant à des comportements malsains). Bref, un livre coup de poing (j’ose à peine imaginer la réaction de la mère) et une déclaration de style.
J’ai ouvert ce livre en pensant y trouver une analyse sur la relation mère-fille dans une société patriarcale, sur ce que l’on peut en tirer, sur comment lui faire la peau.
Finalement le texte est une plongée introspective dans la relation entre une mère et sa fille. Un texte intime, qui ne regarde qu’elles, finalement, un texte où elle lui dit adieu. La plume est vraiment inarrêtable. Elle avait beaucoup de choses à dire.
Pour une fois, je n’ai rien à dire de cet ouvrage. Je l’ai lu sans me sentir destinée à le faire.
Elle affirme plusieurs fois que la violence entre mère et fille peut s’étudier sous un angle collectif, mais elle n’en fait rien.
Elle témoigne, juste, et je pense que c’est une étape nécessaire dans son parcours, mais hélas pas dans le mien.
Ci ho provato ad arrivare a metà, eh, ma impossibile ciucciarsi questo pseudolibro che sembra piuttosto vomito scritto per/durante un trattamento con un.a psicterapeuta.
Un texte extraordinaire où l'autrice fait la peau à sa mère. Elle parle des relations toxiques entre mères et filles qui se transmettent de génération en génération, de femme en femme. Relations et liens dont il est extrêmement difficile de se défaire. Elle dit des choses "qui ne se disent pas" mais dont beaucoup de "filles de mères" pensent. J'ai beaucoup aimé qu'elle cherche la cause de nos blessures, traumtismes, souffrances dans la relation qu'on a avec notre mère : la peur, la colère, la violence, l'humiliation, le déferlement de sa frustration sur nous, la jalousie, et beaucoup beaucoup de silences qui sont à l'origine de notre mal-être et de plein de troubles de comportements (TCA, l'accool, la drogue, les TS). Elle dit que c'est le patriarcat mais pas que... Elle dit que si les mères pouvaient mieux protéger leurs filles, il y aurait moins d'incestes. Elle dit qu'il faut "tuer" sa mère pour être libre. J'imagine à quel point l'ecriture de ce texte si intime a dû être éprouvante pour l'autrice. C'est très courageux, brillant, brut. Il y a aussi beaucoup de tendresse, elle oscille constamment entre deux états, la haine et l'amour. Le récit est construit sous forme de monoloque, où l'autrice s'adresse à sa mère avec un "tu". C'était super, j'ai vraiment adoré !!!!!!
Je crois sincèrement qu’en tant que fille d’une mère, on peut chacune trouver une part de soi, de vérité et de prise de conscience dans ce livre. L’autrice mets des mots sur des sentiments universels et pourtant jamais nommés, si longtemps tus. Même le rythme, la ponctuation, traduit la peur, l’empressement d’en finir, le flux de pensées. Il est à la fois objet de société et d’étude littéraire, c’est brillant
« Avec les pères, avec les pères c'est plus facile. Je veux dire, la loi, l'autorité, le chef de famille, ça fait un moment qu'on s'attelle à tout ça. Je ne dis pas que c'est fini, non, je dis que ça peut se dire, plus facilement, je dis que ça peut se couper plus facilement un père. Qu'un père c'est plus clair, du point de vue de la violence. Mais ce que je me demande c'est quel père peut régner par la violence, sans la complicité, tacite, de la mère ? »
« J'avais seize ans quand je me cassai le pied en cognant violemment contre le mur. Jamais je n'aurais osé lever la main sur toi*. C'est tout ce que je savais faire de cette violence, la retourner contre moi-même. Plus tard cela prendrait des formes plus complexes, plus raffinées, j'inventais des tortures. Non, je n'inventais rien. Je me fondais dans des formes qui préexistaient, qui étaient là pour que toutes les jeunes filles comme moi s'y glissent »
« Oui, peut-être ai-je passé ma vie rien qu'à cela, tu vois, chercher les mots pour le dire, ce quelque part entre l'amour et la haine qui m'a constitué toute entière. »
« parce que tout le monde me menaçait, tu vas le regretter, parce que personne n'admettait que l'on puisse détruire pour de bon ce sentiment d'appartenance familiale, personne n'admettait qu'il puisse y avoir une raison valable à le rompre définitivement, et qu'il était entendu que cette prétention à s'y soustraire devrait toujours se payer du prix élevé d'une culpabilité qu'on emporterait, le jour venu, dans notre tombe »
'l'amour n'est pas quelque chose qui nous arrive mais qui se crée, lentement, entre un être et un autre, et qu'il n'est pas donné pour une femme d'aimer cette chose sortie de ses entrailles, tout de suite et sans limite [...]. Oui il faut que les mères comprennent pour de bon qu'elles ne sont pas obligées, mais il faut que les filles aussi, puissent l'entendre et l'accepter' (p. 116)
'je ne pouvais pas prendre sur moi la charge de ces vies que je n'avais pas vécues, de ces blessures qui ne m'avaient pas été faites, à moi, que j'avais déjà bien assez à réparer, toute seule puisque ni toi ni elle alors. Je veux vivre ma vie, tu vois, et je ne crois pas que ce soit égoïste, non. Je crois que c'est tout le contraire, je crois que c'est seulement ça, ne plus me soucier d'elle, de toi, qui me permettra d'être là, prise dans le monde tel qu'il va, et d'y agir.' (p. 191)
'Qu'y puis-je ? Qu'y puis-je si on ne comprend pas que c'est pour ne plus jamais avoir à en parler que je dois d'abord tout dire, et que ce que je voudrais montrer au fond, c'est qu'on a le droit, de refuser, c'est qu'on a le droit de tout quitter, de recommencer à chaque instant, d'inventer la vie en dehors des liens du sang, de déjouer les malédictions, d'envoyer chier une bonne fois pour toutes le passé, qu'on a le droit de vouloir être en vie' (p. 262)
'c'est juste que le monde ici, n'était peut-être pas fait pour toi et moi, qu'il y avait trop d'obstacles entre nous et je voudrais que tu saches que je ne t'en veux pas, non, ce n'est pas ça c'est juste, le passé qu'il faut laisser aller, glisser et emporter les restes de toi et moi, c'est juste qu'il faut vivre, maman, c'était la dernière fois.' (p. 287)
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Bon j'avais BEAUCOUP d'attentes après Pour Britney ma vie, et c'est un peu passé à côté, peut être aussi parce que moi j'adore ma mère... Je trouve que la haine de la mère est pas assez mise en relation avec la haine des pères, avec le fait que la folie de sa mère (par exemple de comparaison, de concurrence) est créée par le patriarcat, que l'ennemi commun reste le même. Aussi le côté "je n'écrirais plus jamais le mot maman" ça fait très Edouard Louis qui en fait des caisses en mode "je n'écrirais plus jamais le mot famille" cest bon faut arrêter de se prendre autant au sérieux (après c'est des artistes quoi c'est le principe). Par contre moi j'adore les virgules mal placées !! 2.5 étoiles mais on peut pas mettre :/
Je lis qu'il faut détester sa mère pour apprécier ce livre. Pas spécialement. Je ne sais pas ce qu'il faut exactement. Malgré le thème, malgré les tournures de phrases alambiquées, l'autrice m'a embarquée. La fin m'a achevée.
lecture mitigée, même si je comprends l’effet de style recherché, ça rend souvent complexe la compréhension du texte. beaucoup de répétitions aussi, mais le sujet est interressant sinon
Ce que je retiens : placez les virgules au bon endroit svp. Vos lecteurs vous remercieront. Enfin j’arrive pas à comprendre, pourquoi se lancer dans un pseudo style d’écriture avec les virgules placées n’importe où? Ça n’apporte rien.
Quelle déception. J’ai trouvé avant tout que cela été mal écrit que la forme été mal faite comme dans un bocal à bonbon elle c’est éparpiller. Il aurait fallut des chapitres pour que se soit encore plus glaçant plus impactant !!!
4.5 étoiles C'était une lecture très différente de ce que j'ai l'habitude de lire. Pas tout à fait un récit, plutôt un argumentaire avec des avis et des exemples sur la raison de l'autrice de vouloir la "mort de sa mère", que l'on peut voir dans un sens symbolique: ne plus avoir de contact avec elle. L'autrice nous démontre les difficultés qu'elle a eu à prendre cette décision, en passant outre les attentes sociétales d'une relation mère-fille. Elle nous raconte son expérience personnelle qui amène une réflexion plus large sans jamais s'éloigner de la tournure sentimentale du roman. Elle utilise le pronom personnel "je" et s'adresse à un "tu", sa mère. Cette manière d'écrire met le lecteur dans une position difficile comme un.e voyeur.se qui s'intéresse précisément à cette histoire. Pourtant, c'est l'autrice qui accepte de nous mettre dans cette position et c'est elle-même qui reprend en détail son enfance pour qu'on puisse vraiment la comprendre. Cette oeuvre est difficile à lire par son sujet et par les situations dérangeantes que l'autrice nous raconte. Ce livre nous fait entrer dans la relation complexe de l’autrice et de sa mère grâce aux anecdotes et aux sentiments qu’elle nous partage mais, surtout, ce livre est comme une lettre longue pour sa mère, pour lui expliquer son point de vue et également pour marquer la véritable fin de leur relation, le dernier moment, la dernière ligne où elle l’appellera encore « maman ». Il nous montre qu’il est difficile de se détacher de sa mère, mais que parfois, pour notre bien, la séparation est inévitable.
"Faire la peau, le quatrième livre de Louise Chennevière, est peut-être le plus intime mais aussi le plus abouti. C’est le récit d’une enfance sous l’emprise maternelle, du désir sauvage de s’émanciper. La narratrice, âgée de 30 ans, décide de rompre avec la lignée de femmes qui l’a engendrée, condamnées depuis toujours à la reproduction de la violence. Commence le récit d’une relation mère-fille, déconstruisant les souvenirs de l’enfance et de l’adolescence. Elle parle et lutte : contre les fantasmes, les interdits, les lois, pour écrire le récit, sacrilège, tabou, du meurtre symbolique : tuer sa mère. Et contre elle-même aussi, la petite fille qu’elle est encore et qui voudrait préserver l’image idéale d’une mère qui ne l’a jamais été. Le livre lui permet d’aller au bout de ce geste, non seulement pour lui permettre d’advenir enfin comme subjectivité libre et puissante, mais aussi pour pouvoir aimer. C’est un récit de deuil et de désir, troué de multiples souvenirs et hanté par des questions qui ne trouveront jamais de réponses. C’est aussi, par la littérature, une déclaration de liberté – celle que l’on peut conquérir en osant enfin regarder les choses telles qu’elles sont, dépouillées des mythes et des histoires."
Après pour Britney que j’avais beaucoup aimé, j’étais très curieuse de découvrir ce nouveau roman de l’autrice. Elle décide de sortir de la fiction pour parler de sa relation avec sa mère. Son écriture si particulière permet d’être porté par son récit cathartique, où l’on détricote sa relation mère-fille en même temps qu’elle. On découvre peu à peu toute l’étendue de l’emprise que sa mère a eu sur elle. Et on vit en même temps que la narratrice son conflit intérieur, son ambivalence vis à vis de sa mère. C’est un texte très fort, dur aussi, qui m’a bouleversé. Au delà de l’expérience personnelle de l’autrice, il résonne parfois et permet de réfléchir aux relations mère/fille en général. Je suis contente d’avoir lu Pardonner à nos mères de Claire Richard avant de lire ce roman, car ça m’a permis d’avoir une grille de lecture et de compréhension plus approfondie du texte (et ça permet de prendre du recul).
Les commentaires sont trop bizarres "ah bah si on déteste pas sa mère très fort c'est nul hein" ok mdrrrrr apparemment la lecture n'a aucun intérêt pour développer de : l'empathie 😍 Ça serait quand même con ! + c'est vraiment pas le propos du livre sjshdkdj compréhension écrite homeschooled level J'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs mais que c'était quand même prenant, j'ai aimé son style alors que les phrases très longues et le language oralisé dans les livres récents j'en ait un peu ma claque, j'ai même dit à ma mère de le lire par rapport à la sienne mdr
Je n'ai pas aimé et je suis très déçue de n'avoir pas pu rencontrer ce texte, qui avait pourtant tout pour me plaire. Une force mystérieuse m'a empêchée de rentrer dans le livre. Je rejoins aussi celleux qui ont repéré l'usage étrange des virgules, il y a des virgules très mal placées et ça finit par être vraiment fatigant... Déception immense, donc, d'être restée à côté de ce texte. J'en attendais beaucoup.
Utiliser la littérature pour renverser son agresseur/oppresseur, oui mille fois oui. Mais écrire 280 pages qui sont un flot de pensées sans début ni fin, avec des phrases d’une longueur infinie ou qui s’arrêtent en plein milieu, avec des notes en bas de page qui sont en fait des incises à rallonge qui n’apportent rien… On peut avoir quelque chose d’extrêmement juste à raconter mais au final n’en faire qu’un livre qui sert une vengeance assez cruelle et n’est en rien plaisant. Dommage vraiment.
Des idées intéressantes, mais un style d’écriture très problématique. Les phrases sont si longues qu’on sent comme un manque d’air en lisant ce qui est épuisant, vraiment dommage. Je ne suis pas encore convaincue de poursuivre plus ma lecture au-delà de l’extrait que j’ai eu, ce défaut gâche sincèrement le plaisir de lire l’ensemble du texte novateur je dois dire et qui m’attirait bcp.