Un thriller psychologique saisissant, à la suite de la mort d'une influenceuse, sur fond de quête de likes et de popularité.
Tammy et son petit ami Kevin entreprennent un road trip à travers les États-Unis, parfaitement conçu pour des photos, à la poursuite de la gloire sur les réseaux sociaux. Au début, le jeune couple ne compte que quelques centaines d'abonnés, parmi lesquels Roxanne, une fan inconditionnelle de la jeune influenceuse, en qui elle veut voir l'amie qui lui fait défaut dans sa vie. Mais lorsque le corps de Tammy est découvert dans la nature sauvage de l'Utah quelques semaines après le départ, tandis que Kevin reste introuvable, l'aventure prétendument parfaite vire au tragique et devient virale sur Internet. Les théories les plus folles circulent, les médias s'emballent. Chacun élabore sa propre version de la vérité, et la réalité semble difficile à saisir. Sauf pour Roxanne, qui observait tout de très près, de plus près que quiconque. Joyce Maynard s'est inspirée de plusieurs affaires criminelles américaines, dont celle de Gabby Petito, retentissante en 2021, pour écrire ce thriller court et percutant. Plaçant le lecteur au cœur d'un monde obsédé par la célébrité numérique, elle le surprend sans cesse tout au long de ce roman d'une ingéniosité remarquable.
Joyce Maynard first came to national attention with the publication of her New York Times cover story “An Eighteen-Year-Old Looks Back on Life” in 1973, when she was a freshman at Yale. Since then, she has been a reporter and columnist for The New York Times, a syndicated newspaper columnist whose “Domestic Affairs” column appeared in more than fifty papers nationwide, a regular contributor to NPR. Her writing has also been published in national magazines, including O, The Oprah Magazine; Newsweek; The New York Times Magazine; Forbes; Salon; San Francisco Magazine, USA Weekly; and many more. She has appeared on Good Morning America, The Today Show, CNN, Hardball with Chris Matthews, Charlie Rose, and on Fresh Air. Essays of hers appear in numerous collections. She has been a fellow at Yaddo, UCross, and The MacDowell Colony, where she wrote her most recently published novel, Labor Day.
The author of many books of fiction and nonfiction, including the novel To Die For (in which she also plays the role of Nicole Kidman’s attorney) and the bestselling memoir, At Home in the World, Maynard makes her home in Mill Valley, California. Her novel, The Usual Rules—a story about surviving loss—has been a favorite of book club audiences of all ages, and was chosen by the American Library Association as one of the ten best books for young readers for 2003.
Joyce Maynard also runs the Lake Atitlan Writing Workshop in Guatemala, founded in 2002.
Depuis « Où vivaient les gens heureux » et « Par où entre la lumière », j’attends les romans de Joyce Maynard avec fébrilité. Roman après roman, elle creuse sous la surface d’existences ordinaires pour en extraire des émotions brutes. Dans « L’influenceuse », l’écrivaine américaine reprend l’affaire d’une influenceuse de 22 ans tuée par son fiancé lors d’un road trip à travers les parcs nationaux américains, en 2021. Cette affaire avait alors fait grand bruit, jusqu’en France, où le journal « Le Monde » lui avait consacré un article. En 2025, Netflix lui consacre même une docu-fiction en trois épisodes. « The influencer » est sorti en version numérique le 27 octobre 2022 et n’est édité qu’à partir du 7 mai 2026 en France.
Si l’on s’en tient aux faits, l’histoire originelle contenait déjà une question fondamentale : comment une existence ainsi exposée sur les réseaux sociaux peut-elle en réalité dissimuler tant de violence « en privé » ? Mais ce n’est pas seulement de ce sujet que traite Joyce Maynard ici, qui a préféré faire de cette histoire un thriller. La construction de « L’influenceuse » repose sur un dispositif de différentes voix : Tammy, le personnage principal, Kevin, son petit ami, les parents des deux côtés, un journaliste, etc. Chaque perspective a pour but de faire émerger la vérité à travers tant de zones d’ombre.
Malheureusement, ces voix sonnent creux. Il n’y a pas un seul personnage pour lequel on pourrait ressentir un commencement d’empathie. Kevin est bête à manger du foin. Tammy est d’une crédulité et d’un angélisme qui frisent la consternation. Trop symboliquement ingénue, avec ses pierres en forme de cœur, ses arcs-en-ciel, et ses salutations au soleil, elle apparaît comme une silhouette découpée dans du carton-pâte. Quant aux autres voix, notamment celles des parents, on reste stupéfait devant tant d’immobilisme calculé. Ils sont tous sclérosés dans leurs pensées et ne lèvent pas le petit doigt.
Ce n’est pas tout. Le dénouement de « L’influenceuse » n’est pas identique au fait divers dont il est issu. Pour le dire autrement, le meurtrier n’y est pas le même. Je pose la question ouvertement : quel est le but de la manœuvre ? Pourquoi partir d’un fait réel et le transformer en quelque chose d’aussi peu ambitieux ? Joyce Maynard prétend-elle porter un message, tel que celui d’un roman sur la violence faite aux femmes, sur l’invisibilité institutionnelle de cette violence, sur la façon dont une société entière peut regarder sans voir ? Pas vraiment, et c’est bien là le problème.
La façon dont ce livre se termine, sur une justice immédiate, spectaculaire, sans procès laisse à penser qu’il valide la justice des réseaux sociaux plutôt qu’il ne la dénonce. Pour moi, Joyce Maynard reproduit exactement la logique qu’elle prétend critiquer. Le livre trahit alors son propre sujet, et cela me dérange fortement, car aucun roman sérieux sur la violence faite aux femmes ne saurait se terminer sur la catharsis bon marché d’une vengeance privée.
À quoi sert ce livre, si ce n’est à capter l’air du temps, à user et à abuser de préoccupations contemporaines peuplées de hashtags, de followers et d’algorithmes ? Disons-le franchement : « L’influenceuse » ne tient pas ses promesses. Il cherche à surfer sur une thématique que l’époque a déjà usée jusqu’à la corde.
Et il y a pire encore. D’une manière générale, je commence à en avoir un peu marre des « vieux » livres d’auteurs que l’on publie comme s’ils étaient nouveaux sans jamais prévenir le lecteur. « L’influenceuse » n’est pas le nouveau roman de Joyce Maynard, c’est une commande faite par Amazon, une novella écrite dans le sillage immédiat du fait divers Gabby Petito, pour surfer sur une actualité criminelle. Trois ans et demi plus tard, les éditions Philippe Rey la publient comme si de rien n’était, sans préciser l’origine de l’œuvre ni qu’il s’agit d’une adaptation romanesque de la réalité.
Le calcul éditorial est lisible. La série Netflix relance l’intérêt pour l’affaire, et l’affaire relance l’intérêt pour le livre. Quant au lecteur fan de l’autrice, il se précipite sur cette sortie. En réalité, on lui ment… J’ajoute que « The influencer » est passé presque inaperçu aux États-Unis, et qu’il a reçu des critiques mitigées… Sans parler de l’indécence qu’il y a à fictionnaliser une affaire criminelle alors que les familles concernées n’avaient pas fini de faire leur deuil au moment de la publication.
Une chose est certaine : le lecteur français qui aime Joyce Maynard méritait mieux que cela. Il méritait d’abord la vérité. Il méritait ensuite un texte digne de ses romans précédents. J’appelle cela de l’opportunisme, et j’en ai franchement assez de ces méthodes. Joyce Maynard est une grande autrice et ses œuvres précédentes en témoignent avec éclat. Le récit de « L’influenceuse », lui, peut retourner d’où il vient : au fond du tiroir dont il n’aurait jamais dû sortir.
c’est tellement surface level vraiment imaginez ce que ça donne si on demande a une daronne d’écrire sur internet et les influenceurs bah voila c’est pas précis on dirait une parodie je comprend juste pas pourquoi écrire sur ce sujet si t’y comprend rien même dans la description de la relation c’est pas recherché
et puis elle a trop fait ressembler son histoire à Gabby Petito pour se permettre certaines choses pour moi fin c’est soit tu fais une fiction mais tu diffère vrm de la réalité (fin là les événements sont littéralement pareils, sauf la toute fin), soit tu fais un documentaire ou docu-fiction mais tu prends le sujet avec la décence qu’il faut prca c’est des vrais personnes bref bizarre la démarche et un peu direspect imo si mon mec me tue de manière horrible j’aurai pas aimé qu’une vielle écrive un livre sur moi ou je suis décrite comme un cliché d’influenceuse superficielle #love et la trope de la stalkeuse là pourquoi faire vrm
« L’influenceuse » de Joyce Maynard est un roman que j’ai lu dans une salle d’attente. Un format court, parfait pour ce type de moment et un sujet qui m’a tout de suite attirée : l’univers des réseaux sociaux et leurs dérives.
Le point de départ s’inspire d’un fait divers réel, ce qui ajoute immédiatement une forme de malaise diffus, comme si la fiction venait flirter avec quelque chose de très concret, très contemporain.
« Pas facile de devenir influenceur. Il ne suffit pas d’engranger des abonnés. Quand on y parvient, tout l’enjeu alors est de les garder, ce qui signifie, naturellement, qu’il vous faut poster deux fois par jour. Trois, si possible. Comme l’a expliqué un jour mon fils Kevin : « Il faut nourrir la bête. » »
Une réflexion intéressante sur les réseaux sociaux
Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est la réflexion autour de notre rapport aux réseaux sociaux.
Le roman interroge avec justesse la manière dont on construit une image de soi, parfois sans même s’en rendre compte. Cette idée qu’en partageant des fragments de vie, on finit par exposer bien plus que prévu, jusqu’à perdre la frontière entre intimité et mise en scène.
Il y a quelque chose de troublant dans cette observation : celle d’une société où tout devient contenu, où même les moments les plus personnels peuvent être transformés en récit public.
Sur ce point, le roman fonctionne très bien, même si tout reste superficiel…
« Je ne pige pas. Qu’est-ce qu’ils ont de sociaux ces réseaux ? Chacun est seul dans son coin, le nez collé à son portable. Si vous voulez mon avis, ce sont plutôt des réseaux antisociaux. »
Une construction qui m’a moins convaincue
Quant au reste…
La construction chorale, avec ses points de vue multiples, ne m’a pas vraiment convaincue. Les chapitres sont très courts, parfois trop, et comme le livre ne fait déjà que 172 pages, avec une mise en page aussi aérée, on arrive à la fin sans même avoir eu le temps de dire ouf. Et c’est encore pire en version numérique, croyez moi !
J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Ils m’ont semblé assez agaçants par moments, et surtout pas suffisamment développés pour que je m’y intéresse vraiment.
« Tammy était le genre de fille à s’attendre à ce que les gens aient toujours de bonnes intentions, parce qu’elle était comme ça, et qu’il ne lui serait jamais venu à l’esprit que les autres puissent fonctionner différemment. »
En définitive, on se rend vite compte qu’il y a finalement assez peu de matière dans ce roman.
On reste globalement en surface, comme si tout allait trop vite pour laisser place à une vraie profondeur psychologique. Un rythme qui rappelle d’ailleurs celui des réseaux sociaux eux-mêmes, où les informations défilent trop vite sans approfondir les sujets.
Peut-être que c’était la volonté de l’auteure de construire son roman comme une succession de posts Instagram, des instantanés, des tranches de vie fragmentées. Mais en tous cas, cela n’a pas fonctionné pour moi.
Mon ressenti global
C’est donc une lecture plutôt décevante me concernant.
L’idée de départ est forte, actuelle et pertinente. Mais le résultat est loin de m’avoir convaincue.
J’ai refermé le livre avec l’impression d’un potentiel intéressant, mais vraiment sous-exploité. Une lecture qui se lit vite, mais qui ne laisse pas une empreinte durable. Franchement, ne mettez pas votre argent là-dedans…C’est rare que je dise cela…
« Et si je ne me contentais pas d’être une abonnée comme les autres ? Et si je les suivais dans la vraie vie ? »