Lukas, un comédien dans la trentaine, est invité à faire un discours à l’occasion des retrouvailles de son ancienne école secondaire, un établissement de Laval où il a jadis passé à travers ses études comme on survit à des bombardements. Or, il s’interrompt lorsqu’il aperçoit cette bande de garçons, tout au fond de la salle. Peu à peu, il délaisse son discours préparé et refait le chemin mémoriel de cette invective, ce « mot en t » que ces garçons lui lançaient à tout moment dans les corridors. De douloureux souvenirs refont surface : le camp de soccer où il a échoué à faire partie de la gang des gars, toutes ces journées où il a dû subir le rejet et les insultes, mais aussi sa première fois au Cabaret Mado, ses premières amitiés sincères et salvatrices avec des garçons bienveillants… C’est le modèle de masculinité qui lui a été imposé que Lukas démonte en pièces, à travers ce qui devient au fil des pages un rituel de consolation.
Une histoire d’émancipation en forme d’hommage à toutes celles et à tous ceux qui ont survécu à leur secondaire.
Olivier Sylvestre est né à Laval en 1982. Il est détenteur d'un baccalauréat en criminologie et d'un diplôme d'écriture dramatique de l'École nationale de théâtre du Canada. Auteur et traducteur, sa première pièce, La beauté du monde, a gagné le prix Gratien-Gélinas et a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général. Il oeuvre comme intervenant en dépendance à Montréal depuis 2006. En 2015, il a fondé la compagnie Le Dôme — créations théâtrales avec l'auteure Nathalie Boisvert et le metteur en scène Frédéric Sasseville-Painchaud.
Un texte totalement bouleversant qui reflète malheureusement la réalité de plusieurs jeunes garçons/hommes. L’auteur nous partage malgré tout un fort sentiment de confiance et d’amour pour soi.