Une voix émerge, insondable : : « Il n'y a rien. » Il s'agit de la première phrase de Disco Elysium, sur un écran noir. Il est vrai que lorsque le jeu surgit en 2019, il donne la sensation rare de n'avoir eu aucun précédent réel, qu'il n'y avait rien avant lui. Rien d'aussi frontal, d'aussi dense, d'aussi déraisonnable dans sa manière d'écrire le jeu vidéo. Ce surgissement n'est pas neutre. Disco Elysium vient d'Estonie, un pays dont la mémoire est faite de fractures, d'occupations, de reconstructions forcées. C'est un territoire qui a connu l'effondrement soviétique, l'irruption brutale du capitalisme, la réinvention accélérée d'une identité nationale. Le jeu porte en lui cette stratification historique. Le monde de Disco Elysium est cette Europe de l'Est transfigurée en mythe mélancolique et pitoyable. Il est la trace des utopies broyées par le siècle. Avec ses grandes douleurs, ses incompréhensions et ses courroux, rarement une oeuvre aura rassemblé à ce point l'ambition romanesque, la radicalité idéologique et une maîtrise des systèmes de jeu aussi singulière. Disco Elysium est un titre qui s'insinue, qui demeure. Un jeu qui porte en lui autant de mots a-t-il pour autant tout dit ? L'auteur Arnaud Hallet propose avec ce livre d'en explorer les strates, pour mieux en révéler la richesse et la complexité.
J’avais de grosses attentes sur ce livre car Disco Elysium est un de mes jeux vidéo préférés et l’idée d’avoir du contenu théorique/politique en français sur le sujet semblait géniale. Malheureusement j’ai été déçu par ce livre qui finalement, est en grande majorité une sorte d’historique sur le développement du jeu et un wiki plus ou moins clair décrivant son lore.
C’est une œuvre qui semblera extrêmement floue pour quelqu’un n’ayant pas joué au jeu et peu utile pour les autres tant le contenu manque de valeur ajoutée. La promesse d’un essai politique prenant comme base le jeu finit par être seulement un guide de jeu, avec notamment la moitié du livre qui est consacrée à un listing des compétences et personnages.
Pour finir, sans vouloir porter toute accusation, l’écriture du livre semble avoir été (très ?) aidée par ChatGPT. Cela rend la lecture ennuyeuse, lourde et donne très souvent l’impression de lire du texte de remplissage sans intérêt et vide de sens. C’est dommage.