Jump to ratings and reviews
Rate this book

Tracts - Liberté, dignité, habitabilité. Donner au siècle la valeur qui lui manque (Tracts/Grand format)

Rate this book
« Sur une terre inhabitable, aucune vie digne n’est possible. » Baptiste Morizot & Laurent Neyret

Le monde se défait. Le règne de la force veut balayer les traités, les droits, les principes. Face à cette vague, le droit ressemble à une digue qui ne retient pas la crue. Et pourtant. Sous les torrents de régression, une rivière souterraine coule — lente, puissante, patiente. Elle sourd de l’injustice ressentie par les citoyens, les juges, les experts devant ce que le droit ne sait pas encore nommer : les atteintes aux conditions de la vie sur Terre. Nommer, c’est armer le futur contre ses propres tentations.

Ce livre part d’une énigme simple, presque embarrassante : pourquoi le droit de l’environnement, immense et sophistiqué, plafonne t-il au moment même où les enjeux deviennent existentiels ? La réponse est un vertige. Ce n’est pas un manque de règles. C’est un trou dans la fondation. Il manque une valeur cardinale.

À Nuremberg, face à des crimes qui dépassaient l’entendement, le droit s’est haussé à la hauteur de l’époque. Nous sommes appelés au même geste. Avant la consécration de la dignité, la déshumanisation était légale. Aujourd’hui, la destruction du monde vivant qui rend la Terre habitable s’accomplit sous des permis d’exploitation. Le droit protège ce qu’il nomme : égalité, liberté, dignité, sécurité. Il n’a jamais nommé leur condition première — l’habitabilité.

Le XXe siècle a consacré la dignité. Le XXIe siècle doit consacrer l’habitabilité. Ce livre est une offre de droit pour le siècle.

Prix Olivier-Debouzy 2026

73 pages, Kindle Edition

Published April 16, 2026

Loading...
Loading...

About the author

Baptiste Morizot

29 books37 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
12 (46%)
4 stars
8 (30%)
3 stars
4 (15%)
2 stars
1 (3%)
1 star
1 (3%)
Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for Hourloupe.
151 reviews
August 26, 2026
Baptiste Morizot et Laurent Neyret partent d’une idée qui me semble particulièrement juste : nous avons construit nos sociétés autour de valeurs comme la liberté et la dignité, mais nous avons finalement oublié une condition fondamentale à leur exercice : disposer d’un monde habitable.

J’ai aimé cette manière de déplacer la question écologique. Il ne s’agit pas seulement de « protéger la nature » ou de limiter les dégâts que nous lui infligeons, mais de réfléchir à la place que l’habitabilité pourrait prendre parmi les grandes valeurs qui structurent notre société et notre droit.

Le texte est court, dense, parfois exigeant, mais il ouvre beaucoup de pistes. Il ne prétend évidemment pas répondre à toutes les questions — notamment sur la façon de traduire concrètement cette notion d’habitabilité dans le droit — mais ce n’est peut-être pas son rôle. Il donne surtout envie de poursuivre la réflexion.

Une lecture qui pousse à regarder autrement la crise écologique : non plus seulement comme un problème environnemental, mais comme une question profondément politique, philosophique et juridique.
Profile Image for Pauline Magnat.
85 reviews1 follower
August 12, 2026
Merci aux 2 auteurs pour ce court tract qui ouvre de nouveaux possibles pour celles et ceux qui travaillent depuis des années pour préserver cette habitabilité sans jamais le nommer comme cela.
J'en avais beaucoup entendu parler, j'avais peur d'un essai encore tres intello qui n'apporte toujours pas d'idées nouvelles et de solutions concrètes sur un sujet sur lequel je lis beaucoup.
J'ai été vraiment inspiré, ca fait du bien.
7 reviews
June 30, 2026
Encore une perte de temps malgré l'urgence de la crise écologique. Derrière une nouvelle bonne cause, une régression de plus.

Il est dommage que ces deux auteurs n'aient pas travailler leur littérature sur leur sujet. Les idées (et les gens), ensemble, avancent plus vite, et la crise écologique reculerait d'autant.

Le travail de Neyret et Morizot ressemble bien trop à celui qu'a lancé en 2010 un jardinier d'entretien du paysage qui affirme que le vivant est une civilisation per se et qu'il faut déclarer la lutte de ce vivant contre l'univers, Terre incluse. L'essentiel y est déjà beaucoup trop : le sens de la vie ; articulation sciences dures / sciences sociales ; déconstruction de l'impensé du vivant par de simples redescriptions du monde ; biodiversité contre environnement ; refonte du mot nature ; relecture de la Bible ; appui sur la pensée occidentale et relance de celle-ci depuis son intérieur ; etc. Et surtout, cette affirmation que la Terre et le vivant doivent être considérés différemment.

Et là le bât blesse chez Neyret et Morizot qui ne parviennent pas à franchir complètement ce Rubicon. Même s'ils assurent que leur travail n'est pas anthropocentrique mais “relationcentré”, ils finissent par, encore une fois, faire le contraire en recyclant en version juridique cet environnementalisme à Papa Maman qui ne marche pourtant pas depuis maintenant un demi-siècle : Ils réduisent encore et toujours le vivant à un serviteur sur Terre d'une civilisation qui serait humaine (Serait-elle issue de notre raison comme si on était fait à l'image d'un Dieu ? Encore de l'anthropocentrisme qui ne correspond toujours en rien à la réalité ni idéelle ni matérielle).

Il y a beaucoup à dire sur ce travail. Voilà seulement une critique sur cet anthropocentrisme.

*********************

On peut pour conclure extrapoler le vide conceptuel que ces deux auteurs entretiennent au tournant réaliste et aux retours de bâton que l'écologie connaît actuellement. La crise écologique est là et nous reconnaissons quasiment tous qu'il faut changer. Cependant, il est absolument normal de refuser de le faire à partir d'injonctions morales ou judiciaires basées sur du vide. L'écologie nous paraitra toujours injustement punitive tant que, Neyret et Morizot ont raison, nous n'aurons pas “dit collectivement pourquoi nous […] punissons”. C'est là que ça coince. Ce pourquoi, ce savoir collectif, la compréhension commune des choses ne peuvent reposer que sur une description matérielle, falsifiable, juste et reconnue du monde. Expliquer que le vivant lutte pour sa vie, et cela même contre la Terre comme l'ont timidement amorcé ces deux auteurs, est la voie à emprunter. Seulement alors les bonnes valeurs seront créées et sauront se faire adopter. Seulement alors les frustrations envers l'écologie cesseront.
Displaying 1 - 5 of 5 reviews