« Paola était comme ça. Elle était entière. Elle voulait toujours que tout soit vrai, les rapports humains, les discussions, les rencontres, les projets dans lesquels elle s'engageait. Elle ne supportait pas les faux-semblants, les demi-mesures. Elle était d'un bloc. Elle disait les mots ont de la valeur. Les actes ont de la valeur. Elle voulait qu'il y ait de l'enjeu. C'est dans l'inconfort qu'on se découvre, elle disait. C'est dans l'inconfort qu'on grandit. » Aux abords d'un lac de haute montagne, à la lisière d'une réserve interdite aux humains, un groupe de chercheurs s'affaire. Parmi eux, une photographe aperçoit sur un des versants quelque chose qui échappe au regard de tous les autres. Les signes étranges s'accumulent, un corps est retrouvé. La photographe décide de rester là-haut, seule. Quelques mois plus tard, c'est elle qui, à son tour, disparaît. Avec ce roman tout en tension, Sylvain Prudhomme approfondit plusieurs thèmes qui lui sont chers : le désir d'intensité, l'appel du sauvage, le rêve d'une vie vraie.
Je suis en train de me dire que je n’aime peut-être pas le « nature writing » finalement. Encore un titre qui semble avoir plu à plusieurs lecteurs et avec lequel je me suis ennuyée à mourir.
Il est vrai que l’immersion sensorielle en haute montagne est réussie. Le paysage, la nature avec tout ce qu’elle a de beau, mais de troublant et sauvage également, est vraiment bien décrite par l’auteur.
J’avais entendu une critique à la radio qui parlait d’un suspense intrigant qui se résulte sur un véritable « page turner ». Oufff, on n’a pas la même définition du page turner 😉 Cela dit, ce n’est rien contre ce chroniqueur, il n’est pas le seul d’ailleurs à faire cette critique. Mais de mon côté, je trouve que c’est un roman TRÈS contemplatif, avec peu ou pas de rythme.
Il ne faut pas lire ce roman en espérant comprendre et/ou résoudre la disparition du personnage de Paola. Ce roman laisse planer ce mystère, mais ce n’est pas du tout son but de nous révéler quoi que ce soit. Au contraire, cette intrigue repose davantage sur des questions d’ordre philosophique.
En plus, dès le début du livre, je ne comprenais pas trop l’obsession du narrateur de connaître l’histoire de cette femme qu’il a rencontré UNE SEULE FOIS et ce, QUELQUES MINUTES. Oui, une curiosité, j’aurais compris, mais de là à aller interroger des gens et même l’ex-conjoint de cette femme. Je ne sais pas, j’ai trouvé ça intense.
Mais plein de lecteurs ont adoré, alors ne m’écoutez pas! Haha!
Sylvain Prudhomme est un de mes auteurs préférés. Après avoir lu presque tous ses livres, et les avoir tous adorés, je dois reconnaître que celui-là est de loin le meilleur. Je n'ai pas su lâcher ce roman, ses personnages et ses paysages. Outre l'histoire pleine de tension, le récit existe surtout grâce aux descriptions des vues de paysages qui donnent la sensation de voir l'histoire. On voit tantôt à travers les yeux des personnages, tantôt comme un nuage qui observe silencieusement au dessus de la vallée. Bref, ce livre est magnifique, mérite le Goncourt et Sylvain Prudhomme devrait être un des grands noms de la littérature française.
Ça commence tout simplement : une rencontre sur un parking entouré de cimes de haute montagne, lui doit rejoindre et bivouaquer avec un copain botaniste, elle, photographe professionnelle, revient d'une session à la réserve du Lac, d'abord entourée d'une équipe d'archéologues puis seule. Le coup de cœur réciproque se poursuit par des messages, des projets de bivouacs dans cette réserve du lac. Ce pourrait être une histoire d'amour. Lui, c'est le narrateur, elle c'est Paola. Mais quelques jours plus tard, lui apprend la disparition de Paola en haute montagne, dans cette réserve qu'elle aimait tant, cette réserve séparée en deux par un lac, avec d'un côté le versant accessible et de l'autre une contrée sauvage et inviolée, cette réserve qui a récemment connu des morts violentes et des disparitions... Ce pourrait être un thriller ; devant la béance de l'absence, lui décide de remonter le temps, s'entretient avec les proches de Paola jusqu'à mener une enquête personnelle. L'écheveau se démêle peu à peu, la narration devient plurielle et on s'attache aux raquettes de Paola. Ce pourrait être un road movie, un roman naturaliste tant la réserve, cette zone naturelle si mystérieuse, est l'héroïne de l'histoire. Multi-genres, des narrateurs multiples également, une histoire simple, une écriture dynamique, rythmée, nerveuse, des chapitres courts, Sylvain Prudhomme a trouvé la recette pour nous tenir en haleine.
Je ne sais pas si c'est l'effet rentrée. Si c'est l'effet d'avoir laissé mon fils de presque 18 ans à l'université, si c'est l'effet du retour de France. Mais je suis à une phase de ma vie où je veux être quelqu'un d'autre.
Et quand je lis ces premières pages. Je m'émerveille face à ces gens qui partent chercher les traces des hommes préhistoriques en haut des crêtes. Moi qui n'aime pas plus que ça la nature dans son inconfort, les petites bêtes, les herbes qui grattent, l'humidité ou l'air sec, je trouve si épatantes ces personnes qui s'extasient devant "parterre d'élynes queue-de-souris" et d'une saxifrage paniculée. (Cela veut dire quoi au juste Dieu du ciel) Au départ j'aime beaucoup cette histoire que je n'aurais jamais lue en d'autres contextes, mais qui me ravit. Paula la photographe passionnée qui cherche à l'épuisement LA photo du lac. Sa fascination pour la réserve qui lui fait face de l'autre côté du lac, inaccessible, inatteignable, sauvage et ignorante du monde des humains. J'aime le rapport assez particulier qui s'est créé entre elle et le narrateur, après une seule et unique rencontre fortuite.
J'aime qu'il y ait un petit bout de monde perché au pied de la montagne qui vit au même rythme imperturbable qu'il y a mille ans.
J'aime l'ambiance bon enfant entre les chercheurs. Leur amour pour la nature. Leur abnégation pour la comprendre et la préserver. Je suis sensible à l'intrigue qui se construit petit à petit. Et on sent une tension qui se crée avec Paula qui repart vers le lac en plein hiver. Et puis patatras.
C'est lent, long, je m'ennuie, des pages de vide (pour moi...) A-t-on besoin de la voir seule nager dans le lac glacial, guetter le mouvement des bêtes et le coucher du soleil ? Elle prend des décisions incompréhensibles et on la regarde aller inéluctablement vers sa perte avec agacement, comme lorsqu'on se demande devant un film d'horreur pourquoi un personnage doit partir seul au sous-sol mal éclairé la nuit alors même qu'ils soupçonnent un danger. Alors oui Paula ne revient jamais du lac comme cela est annoncé dès le départ, dès la quatrième de couverture. À un moment on se demande si l'auteur sait où il s'achemine, puis à la toute fin il y a une lueur, une idée. Assez intéressante qui termine en beauté une péripétie assez tortueuse. Mais qui n'efface pas pour autant l'exaspération face à l'errance ressentie plus tôt.
Lecture intéressante donc, enrichissante dans ce rapport avec la nature, mais je ne vois pas vraiment ce qu'elle vient faire parmi les favoris du prix Goncourt
Dans De l’autre côté du lac, Sylvain Prudhomme mêle thriller et roman d’aventures autour de Paola, photographe passionnée par la nature sauvage. Entre mystère, solitude et puissance des éléments, le roman propose le portrait attachant d’une femme prête à tout pour atteindre l’image parfaite. Pourquoi le lire ? Pour la puissance de ses descriptions de la nature sauvage, son intrigue entre thriller et aventure, et surtout pour le portrait de Paola, photographe passionnée jusqu’à l’extrême. La chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Il y a des rencontres qui durent quelques minutes et qui pourtant laissent une trace. Le narrateur croise Paola, photographe passionnée par les lieux sauvages et les paysages que presque personne ne peut atteindre. Puis elle disparaît, là-haut, près d’un lac de haute montagne. Commence alors une enquête à la frontière du réel, où chaque indice semble ouvrir une nouvelle question. « C'est un fait, presque une règle : le contact du néant vaccine contre la pulsion de mort. Le frôlement de la mort redonne goût à la vie. » J’ai beaucoup aimé ce roman pour son atmosphère : une nature majestueuse, presque inquiétante, une écriture qui prend son temps et cette sensation permanente que quelque chose nous échappe. Prudhomme transforme une disparition en une réflexion fascinante sur le regard, le désir d’ailleurs et notre rapport au sauvage. ✨ Un roman mystérieux, contemplatif et profondément magnétique, qui continue à résonner une fois la dernière page tournée. Et surtout… qu’a réellement vu Paola de l’autre côté du lac ?
Sympa à lire. Lecture qui tient en haleine. Belle description de la nature. Personnage un peu ennuyeux qui agit parfois de manière totalement illogique, comme un personnage dans un film de tueur en série. Pas trop profond, mais divertissant, avec une écriture jolie et fluide.
Une belle découverte. En lisant le livre, j’avais l’impression de ressentir les mêmes sensations que le personnage de Paola. L’auteur nous amène à être troublé et à être poussé inexorablement vers la réserver. De tantôt croire la comprendre puis quelques pages plus loin se rendre compte qu’elle ne révélera jamais tous ses mystères.
Wrzuca do płuc mroźny wiatr gór, jednocześnie napawa pięknem obrazu. Historia jest prosta, akcji za dużo nie ma, a jest wyważona w punkt. Przypominała mi film „Duch śniegów” z kryminalnym twistem. Zachwyt dzikością przyrody, melancholia samotności w górach i ciągłe poczucie bycia obserwowanym samemu obserwując.
immersion au cœur de la montagne, on en grelotte presque. une disparition mystérieuse, qui fait presque envie d’aller s’enterrer dans une cabane à 2000m d’altitude
mon premier prud’homme, il m’a beaucoup plu ! l’histoire est super originale, elle mêle enquête/disparition et récit de voyage et aventure au cœur des montagnes avec un aspect sur la photographie. j’ai adoré le mélange et l’écriture est très belle ;)
J'ai eu beaucoup de mal à lire ce livre. L'absence de ponctuation, que je considère comme un élément important dans un texte, a vraiment perturbé ma lecture. Par moments, on ne sait pas qui parle à qui, ni à quel moment le dialogue se termine. Il n'y a presque aucune transition entre le récit et les dialogues, ce qui rend l'ensemble assez confus. Je sais que cette absence de ponctuation est une pratique de plus en plus courante dans la littérature contemporaine mais je crois que je ne suis tout simplement pas faite pour ce genre d'écriture. J'ai besoin de ponctuation pour apprécier pleinement ma lecture, et ici, ça m'a surtout empêchée d'entrer dans l'histoire.
Concernant l'intrigue, je l'ai trouvée assez tirée par les cheveux. Un homme tombe amoureux d'une femme qu'il n'a vue qu'une seule fois, celle-ci disparaît, et il décide alors d'enquêter sur sa disparition. Je n'ai pas vraiment réussi à accrocher à cette histoire, que j'ai eu du mal à trouver crédible. J'ai également eu l'impression qu'il manquait beaucoup d'informations. On ne sait finalement pas grand-chose du narrateur et je me suis notamment demandé comment il avait obtenu le carnet de Paola. Ce genre de détails laissés sans réponse m'a empêchée de m'investir davantage dans le récit.
Le personnage de Paola m'a aussi posé problème. J'ai eu le sentiment qu'elle était écrite à travers un regard masculin, notamment à cause du male gaze présent tout au long du récit. J'ai eu du mal à percevoir Paola autrement qu'à travers la fascination qu'elle exerce sur le narrateur, ce qui m'a laissée assez distante du personnage.
Enfin, je n'ai pas vraiment compris l'intérêt des photographies intégrées au livre. Certaines me sembleraient n'avoir aucun lien évident avec le chapitre qui les précédait et je ne voyais pas toujours ce qu'elles apportaient à l'histoire. Leur mauvaise qualité ne m'a pas aidée non plus. De plus, aucune n'étant créditée, impossible de savoir si elles ont été prises par l'auteur ou si elles proviennent d'une autre source. Ce manque d'informations m'a laissée perplexe quant à leur place dans le récit.
Au final, cette lecture ne m'a pas convaincue. Entre une écriture avec laquelle j'ai eu beaucoup de mal, une intrigue qui ne m'a pas accrochée et plusieurs éléments qui m'ont semblé manquer de cohérence ou d'explications, je suis restée assez indifférente à cette histoire.
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Sélectionné pour le prix Goncourt 2026. Selected for the 2026 Goncourt Prize.
Il s’agit d’un roman dont l’intrigue principale repose sur la disparition d’une photographe renommée, passionnée de nature sauvage, dans un décor alpin hivernal, près d’un lac situé à proximité des hauts sommets. Mais le véritable thème est la description d’une nature sauvage, destinée à être fréquentée uniquement par les animaux, et non par les êtres humains. Seuls quelques amoureux de la nature sont capables de communiquer avec elle et de s’y immerger ; ce récit invite donc les lecteurs à réfléchir à leur propre attitude à son égard. Il s’agit d’un récit poétique, accompagné de plusieurs photographies en noir et blanc, qui invite avant tout à se laisser porter par la trame fictionnelle et par les impressions saisissantes d’une nature encore intacte.
This is a novel whose main plot centers on the disappearance of a renowned photographer—a woman with a passion for the wild—within a wintry Alpine setting, near a lake nestled close to the high peaks. But the true theme is the description of a wild, untamed nature—a realm meant to be inhabited solely by animals, not by human beings. Only a few nature lovers are capable of communing with it and immersing themselves within it; the narrative thus invites readers to reflect on their own attitude toward the natural world. This is a poetic narrative, accompanied by several black-and-white photographs, which invites the reader, above all, to be carried along by the fictional storyline and the striking impressions of a still-untouched natural world.
Il la rencontre sur un petit parking au pied du Massif de la Viranche. .. Paola vient de passer quelques semaines à la Réserve du Lac. Elle ,prenait des photographies sur plaques de verre pendant que l'équipe d'archéologues fouillaient la zone en quête d'abris néolithiques. Quelques instants en sa compagnie auront suffi... Paola remontera seule à la Réserve en plein hiver et bientôt disparaitra aux yeux du monde. Il va alors partir en quête, essayer de retracer le parcours De Paola ... Un parcours où la Réserve est omniprésente, omnipotente...
de l'autre côté du lac , dernier roman en date de Sylvain Prudhomme, est un roman qui me laisse songeuse et à vrai dire un brin dubitative. Conquise dès les premières pages par l'écriture et la découverte de la Réserve, j'ai suivi avec grand plaisir Paola et ses coéquipiers dans leurs explorations , admiré la faune, la flore et soupiré d'aise avec eux. Sylvain Prudhomme manie les mots avec aisance, ses descriptions du monde vivant sont riches, très riches en détails et informations... Vient ensuite le début de l'enquête menée par le narrateur. Pourquoi la mène t'il? est-ce de la simple curiosité, un sentiment ambigu un brin obsessionnel pour cette quasi inconnue? ... Amateurs de la littérature Nature Writing ce roman est fait pour vous. Sera t'il récompensé par ses pairs? ... la réponse est imminente.
Lecture donc en demi-teinte pour moi , je découvrais l'auteur ....
Une rencontre furtive sur un parking entre le narrateur et une photographe de montagnes va être le déclencheur de ce roman. Elle disparaît en montagne quelques mois plus tard. Où est elle? Comment a t'elle pu décider de repartir seule en hiver vers cette réserve naturelle interdite aux hommes et vers ce lac qui sépare les 2 versants? Rien du roman policier dans cette histoire, juste la quête d'un ailleurs, la fascination de l'homme pour la beauté et la grandeur des paysages et de la nature. SP retrace le parcours de Paola, l'imagine à travers ses photographies et quelques indices matériels. On vit à travers les mots de l'auteur les émotions de la nature, les ressentis du corps face à cet inaccessible, et plus que la disparition c'est comment elle en est arrivé à disparaître qui tient en haleine. Une belle écriture, un beau voyage.
Un roman aux plusieurs facettes entre histoire d’amour, thriller et naturalisme. C’est un magnétisme qui lie le narrateur à Paola, sa force, sa volonté. Il ne lui a parlé que 5 minutes et pourtant,il est attiré, il veut la revoir, la connaître, mais elle repart en refuge. Le même magnétisme lie Paola à cette réserve naturelle interdite aux hommes. A travers Paola, photographe, le roman nous donne à observer cette nature, son silence, sa beauté, ses secrets. Est-ce qu’elle y voit un refuge ou une menace? Que lui est-il arrivé, comment une photographe agairie aux expéditions en milieux extrêmes disparaît-elle d’un refuge? Pourquoi ne retrouve-t-on pas son corps? Qu’a-t-elle vu de l’autre côté du lac? Le narrateur poursuit sa quête mais comment connaître quelqu’un sans la rencontrer?
"Je crois à l'intuition. Aux éclairs. A tout ce que nous décidons sans le comprendre. A la vérité des instants où nous traverse de l'impérieux, de l'indompté, du sauvage. Je crois à tout ce qui fulgure. A l'incompréhensible. Au déraisonnable. Je crois à la valeur suprême des moments où quelque chose en nous exige. A l'absolue nécessité de leur faire droit. Je crois qu'ils sont notre plus grande réserve d'audace. Notre plus grande réserve - cela revient au même - de sens." De l'autre côté du lac, encore un chef d'oeuvre de Sylvain Prudhomme que je recommande évidemment sans réserve ! Bonne lecture à tous.
La force de ce roman est clairement l’ambiance créée par ce paysage mystérieux. L’intrigue aussi qui m’a tenue en haleine. Le rythme est parfait. Le texte respire. C’est bien écrit. L’ajout de photos n’était pas nécessaire tellement la nature est bien décrite. Mais ça apporte au mystère je trouve. J’ai beaucoup aimé mon moment de lecture. Il faut dire que je suis une adepte de “nature writing”. Je laisse la porte ouverte pour compléter la 5e étoile dans les prochains jours si le roman me suit dans mes pensées. À suivre!
Plongée dans un autre monde, j’ai eu l’impression d’être moi-même au bord du lac et de cette réserve majestueuse, d’avoir froid, d’avoir peur. Je me suis transportée par l’élan de cet homme si attaché après une micro-rencontre, ce qu’on s’interdit souvent dans la vie. J’ai adoré le style, similaire à l’expérience d’un flot de pensée continu, tout en faisant du discours. Une très belle expérience de lecture, dont on ressort peut-être un peu différent.
Ça y est j'ai fini ma lecture de short list du Goncourt, et ben je termine sur une bonne note. Beaucoup aimé ce livre surtout à partir du moment où le narrateur laisse sa place entière à Paola et à cette réserve, à partir de là le livre commence vraiment Peut-être j'aurais aimé un peu plus de tous les ingrédients, je reste un peu sur ma faim, mais les romans un peu mystérieux dans une nature sauvage ce sera forcément un hit chez moi..
j’ai adoré ce roman pour ses paysages magnifiques même si je trouve que le narrateur a été un peu obsessionnel avec Paola qu’il n’a rencontré qu’une seule fois……
J’ai bien aimé la fin ouverte également j’aime à croire que Paola est la seule à avoir percé le mystère de la réserve du lac et en être la gardienne désormais.
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Là Haut Elle a disparue Elle, c'est Paola Paola est photographe, sa technique la prise de vue avec une chambre qui nécessite de longue pose, donc une maîtrise des prises de vues avec des temps d'attente pour capter la lumière. Tout part d'une rencontre, entre notre narrateur et Paola, une rencontre fugace, c'est comme ça en montagne chaque instant à la saveur de l'instant unique, pas toujours celui de l'extrême, sur un parking de départ de randonnée. Elle venait de passer plusieurs jours d'été avec une équipe de scientifiques auprès d'un lac, à proximité de la réserve, un lieu préservé ou plus personne n'accède depuis des années. Pour comprendre sa disparition, il faut remonter le fil de sa vie, de son existence, et c'est bien là haut que nous allons grimper, pour suivre le périple de Paola, de regarder ce lieu à travers son regard de photographe, à un moment où la météo sera rude et hostile, pendant l'automne et l'hiver. Paola est n'est pas le genre de femme à vivre sous cloche ou a se conformer, elle a besoin de trouver ses propres limites, ce lac qu'elle va observer inlassablement avec cette réserve en ligne de mire, représente justement un obstacle non franchissable. La tension va monter au fil des pages, cette impression ténue qu'elle est observée, qu'elle n'est pas seule, qu'une réalité lui échappe crée un sentiment de malaise et de peur, comme il est possible de le ressentir en montagne ou nos sens sont en éveil voire décupler ou l'attention de porte vers l'extérieur et pas uniquement sur notre petite personne, ces grands espaces exercent comme une fascination lancinante dont il n'est pas évident de se détacher. Ici, la nature n'est ni un décor, ni personnifiée, c'est une nature révélée, éblouissante, sublime, et dangereuse capable de nous absorber totalement la préserver c'est nous préserver. L'intrigue est sans cesse relancée grâce à des incidents et indices subtilement dévoiler par notre narrateur, causant ce trouble au fil des pages, ou l'on oscille souvent entre fiction et réalité, le danger guette. Ce roman permet de décrire la nature tel quelle est sans artifices et pas uniquement avec cette visée d'échapper à nos vies modernes, ou comme unique dépaysement à nos envies de voyages. Sylvain Prudhomme s'est inspiré de l'écrivain W Sebald, (pas de chance ses romans sont épuisés) la vie de Paola est racontée avec un effet de réel amplifié à travers les prises de vues qui jalonnent le récit. L'auteur s'est également fortement inspiré d'Aldo Léopold, que j'ai très très envie de lire. Il m'est apparu évident qu'au fil des pages Paola se fond dans cet endroit qu'elle apprend à connaître comme une personne. La fin aussi sensible que séduisante m'a laissé comme une émotion versatile. Malgré une fin très ouverte et optimiste, elle renforce ce sentiment qu'il est facile de perdre pied là haut et de se retrouver en position délicate avec cette difficulté d'en réchapper. C'est une évocation brillante de ce qu'il est possible de vivre en montagne, je pourrais dire que j'ai vraiment aimé ce roman, mais c'est un euphémisme, c'est bien plus que cela, pour citer Edward Abbey, " Je le sais c'est chez moi ici, j'appartiens à cette terre". L'histoire de Paola c'est une histoire dans cette veine là, une rencontre avec un lieu, d'une beauté exceptionnelle, qui ne vous quitte jamais et vous habite, vous hante, c'est terrifiant et beau à la fois, vraiment Sylvain Prudhomme m'a de nouveau embarqué avec son sens du romanesque bien à lui, et sa vision altruiste et pleine de bon sens. Brillant 🏔️