Franck Courtès raconte à travers un double fictionnel une jeunesse du mauvais côté de la vie et de l'amour. Un Quatre Cents Coups des années 1980, un Antoine Doinel à mobylette, par l'auteur d' À pied d'œuvre . " On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné ", écrit Romain Gary au début de La Promesse de l'aube . Qu'en est-il quand cette mère ne vous fait pas la promesse d'un amour trop grand, mais vous habitue au désamour ? De l'enfance asphyxiée dans un appartement de la rue Poliveau à l'école buissonnière dans un Paris de la douleur, des fugues avortées aux bastons de loubards, du premier Pentax aux vinyles de new wave, Le Petit Cosmonaute dessine une histoire de la violence, et la tentative d'y échapper. Franck Courtès dresse tout au long de ce roman le portrait d'un homme observateur d'un monde qu'il ne comprend pas, enfant sombre et lumineux, adulte tendre et violent. À travers une succession de scènes cocasses et touchantes, Franck Courtès raconte une jeunesse du mauvais côté de la vie et de l'amour. Antiroman de formation, Quatre Cents Coups des années 1980, il invente un personnage trouble et attachant, une sorte d'Antoine Doinel à mobylette.
J'avais détesté le film A pied d'oeuvre (adapté du roman du même auteur) donc j'avais vraiment peu d'espoir mais c'est juste imbuvable. L'auteur pense réussir à faire quelque chose de formidable, pense tenir une idée, un façon de parler, mais c'est juste tellement vide et hautain. La succession de faits anecdotiques n'a pas d'intérêt car l'histoire qu'elle raconte ne prend pas de direction. Cela parle de Paris, de grandir à Paris, mais sans jamais rentrer dans les détails. Pareil, la maison à la campagne est à peine mentionnée en passant. Les parents sont les antagonistes de cette histoire mais nous, le lecteur, n'avons aucune raison de les détester. Cela nous laisse juste face à un héros imbu de lui-même et stupide.
« La philosophie donne l'impression qu'on est passé toute sa vie à côté des choses importantes sans les remarquer. Aimer la philosophie, c'est vivre dans le regret de ne pas l'avoir aimée plus tôt ».
La définition même d’une histoire tragique et magnifique à la fois. Je n’avais aucune attente particulière, ce qui a rendu la claque que je me suis prise encore plus grande.
Dès les premières pages, j’ai accroché au style de l’auteur. J’ai trouvé sa plume d’une justesse assez remarquable. Il va à l’essentiel, décrit uniquement ce qui a le mérite d’exister dans cette histoire. La construction du récit donne l’impression d’une sorte de boucle, notamment à travers des schémas qui se répètent aux différentes périodes de sa vie. Il y a aussi une sorte d’enfermement qui peut être ressentie. Du personnage principal, Aurélien, de l’auteur et du lecteur à fois.
On est pris dans la vie, au départ, de ce jeune garçon qui grandit dans un environnement familial et social compliqué. Compliqué, notamment, par sa mère, qui ne l’aime pas. C’est le fil rouge de l’histoire, ce qui en fait un récit d’apprentissage du désamour avant tout. Malgré, la haine, le rejet qu’il reçoit de sa part, il va difficilement réussir à s’en détacher. Intervient aussi. L’emprise est tenace tandis que la construction de soi est difficile.
Pendant une grande partie de sa vie, il s’agit d’un garçon, puis homme, qui ne cesse de se chercher. Il ne sait même pas vraiment de quoi il s’agit mais espère tout de même le trouver.
Nous découvrons son rapport aux souvenirs, marqués par une violence familiale consternante. Sa sœur qui a quitté la maison familiale du jour au lendemain sans donner de nouvelles ou encore son père qui est décédé. Entre autres.
On assiste également à la descente aux enfers du personnage principal. Livré à lui-même, sans personne à qui s’accrocher réellement, sans aucun repère fiable, il devient de plus en plus violent, et rejette tout ce qu’il l’entoure. Ses émotions le corrompent, il ne parvient plus à faire la part des choses.
L’auteur parvient à nous retranscrire cet état d’esprit de la meilleure des façons. Certains passages sont particulièrement touchants, et intéressants puisqu’ils nous invitent à réfléchir, tenter de comprendre ce qui lui arrive et pourquoi pas, à s’y reconnaître.
La fin est bien amenée, d’autant plus qu’elle est accompagnée d’un retournement de situation assez violent, qui finit de nous achever. Elle nous donne la dernière clé, les derniers éléments qui permettent de comprendre l’œuvre dans son entièreté et de relier certains aspects aux différents personnages développés.
En bref, une auto fiction tout aussi accablante qu’addictive que je ne suis pas prêt d’oublier. Merci à l’auteur pour ses mots et son témoignage.
"Le petit cosmonaute" de Franck Courtès est un livre à tendance autobiographique où l'on suit un jeune homme du nom d'Aurélien, né dans une famille où l'amour familial n'existe pas. Il va alors grandir en un adulte incomplet, sans cesse à la recherche de quelque chose qu'il n'arrive pas à trouver, ni à tout à fait savoir de quoi il s'agit.
Ce livre fait le portrait un peu fantomatique d'une famille dysfonctionnelle qui façonne un adulte bancal, violent, qui n'arrive pas à s'attacher, à aimer, ni à trouver une place dans sa propre vie. Aurélien a une vie que je ne peux que décrire comme ronde : il traverse les mêmes problèmes pendant tout le récit, des problèmes qui ne semblent d'ailleurs pas plus le toucher que cela. Sa relation avec sa mère est plus ou moins au centre de son existence ; les obstacles qui se dressent devant sa route sont toujours agrémentés d'un commentaire cinglant de sa mère, de sa fausse affection, de sa possessivité ou de son mépris. Le style m'a laissé perplexe, au point où je ne suis pas sûre de m'intéresser à d'autres œuvres de cet auteur. Je n'ai pas trouvé cela mauvais, et j'ai même passé un moment pas tout à fait désagréable quand il s'agissait des descriptions de la campagne, des paysages, des bâtiments. Ce n'était pas long à lire, ce n'était pas non plus une expérience totalement négative, mais je dois avouer que je ne savais pas quoi en penser une fois le livre fermé. Le petit retournement de la fin de l'ouvrage n'a eu, au final, pas plus de retentissement que cela, et je me suis demandé si j'avais vraiment apprécié le personnage que j'ai suivi pendant toutes ces lignes. Aurélien était un peu attendrissant étant enfant, j'avais assez de peine pour lui, mais au fur et à mesure, je me retrouve face à un personnage un peu trop neutre, et qui traverse sans cesse les mêmes soucis. Au point même où je me souviens avoir prédit plusieurs des interactions qu'il avait avec les autres : avec la gent féminine, ça finit toujours mal, avec les autres, il finit par se battre ; avec sa mère, il a de la pitié pour elle, puis la déteste...
Au final, je dirais que ce livre n'est pas un mauvais livre, l'auteur a sincèrement un style qui peut plaire, mais je n'ai définitivement pas été convaincu par cet ouvrage-là.
J'ai un peu du mal avec ce genre de narration très crue, mais en même temps cela permet un certain réalisme je suppose ? C'est aussi la question des narrateurs masculins et de leur vision des femmes haha...