La mine, c'est à la fois le crayon, l'expression et le potentiel explosif. Nous disons mines de rien, parce qu'il s'agit de petites choses, ces petits riens souvent passés sous silence, et qui, pourtant, nous minent. Trois professeures de lettres délaissent les formes académiques pour se donner le plaisir des billets d'humeur, de l'archéologie du quotidien, en solidarité avec toutes celles qui subissent les humiliations invisibles. Têtues, critiques, moqueuses ou graves, elles s'entendent sur un point: si le monde a beaucoup changé, si l'égalité semble à portée de main, le sexisme demeure bien vivace partout. Mines de rien, ce sont trois féministes qui mettent en commun leurs plumes grinçantes pour dépeindre nos travers avec des lunettes pas vraiment roses. Du marketing aux toilettes publiques, en passant par les médias sociaux, la culture du viol, l'instinct maternel ou la masturbation, leurs chroniques s'indignent de l'ordinaire sexiste, et prouvent qu'il est aussi arbitraire qu'anachronique. Ici la conscience aiguë du phallocentrisme n'est pas un poids, mais un moteur. Mieux vaut, paraît-il, en rire. Mieux vaut surtout s'en indigner.*Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin sont auteures et professeures de littérature à l'université.
Des courtes chroniques féminises de trois professeures tout aussi féministe sur une grande panoplie de sujets. Il n'y aura pas nécessairement de nouveautés pour la personne féministe de longue date, mais parfois ça réussit à faire sourire malgré la dénonciation des inégalités de par le ton de certains textes. À lire en début de parcours féministe.
Un bon moment de lecture somme toute, mais le fait qu’il s’agisse, à mon avis, d’une introduction aux enjeux féministes m’a fait décrocher et m’a poussé à passer très rapidement sur certains textes. Définitivement à lire par contre si vous débutez votre exploration en tant que féministes ou pro-féministes.
Même si cet écrin qui contient plusieurs bijoux de textes, de réflexions profondes a été publié il y a 10 ans, il demeure contemporain et incontournable. Tous, femmes et hommes, doivent le lire pour ouvrir les yeux!
Mines de rien est un petit recueil d'essais féministes écrits par trois littéraires, trois intellectuelles. Ça se lit un peu comme un snack: un essai par ici, un autre par là, ils sont très courts (plusieurs sont longs de deux ou trois pages) et souvent humoristiques. Le recueil ne réinvente pas la roue pour ceux qui s'y connaissent déjà un peu, mais le style léger et les analyses précises en valent quand même le détour. Les deux premières parties, Persistante différence, agaçante différence et Malaises culturels sont les plus intéressantes, selon moi.
Honnêtement, même si plusieurs essais portent sur des sujets déjà abordés, commencent à dater (il date de 2015... je crois que c'est encourageant ?), j'avais besoin de relire ces analyses avant d'entrer à la maitrise. Juste pour me rappeler que j'avais le droit d'être là et de prendre la parole. Gênant à dire, choquant à penser. Je le recommande surtout à ceux et celles qui évoluent dans le milieu intellectuel et littéraire. Bonus pour le titre, j'adore le jeu de mots.
Quelques très bons moments de lecture. Je le recommande à tous ceux qui souhaitent se familiariser avec la notion de "sexisme ordinaire", ou qui aimeraient mieux saisir les enjeux que défendent les féministes d'aujourd'hui. Par contre, certains textes m'ont semblé juger les choix des femmes qui n'optent pas pour les voies dites non-traditionnelles.
Pour nuancer: le titre date de 2015; propos toujours intéressants et nécessaires, mais les thèmes sont récurrents et peut-être usés pour une lecture presque 10 ans plus tard (ce qui est positif, on a fait du chemin!)
«Vivre indigné», écrivait Émile Zola. Hélas, pas besoin de se forcer: il suffit d’ouvrir le journal du matin, de passer cinq minutes sur Internet, de sortir dans la rue ou de surprendre certaines conversations. Indignées, nous vivons. Indignées, nous écrivons. Nous avons voulu toucher la texture du quotidien, les petits riens et les grandes révélations, nommer, analyser, chercher à comprendre. La manchette du matin, le débat de l’heure nous intéressent pour ce qu’ils disent de notre société, de nos vies, des inégalités tenaces et des résistances encore à surmonter. Chacune de nos chroniques traduit une sensibilité propre, fait entendre une voix singulière. Le ton monte, descend, ludique, lyrique, rageur, persifleur. Féminisme, liberté de pensée et de parole: inséparables." Lori Saint-Martin
"Qu’est-ce qu’un flip? À la base, c’est un simple renversement. Pour ce qui nous intéresse, c’est un renversement dans la distribution traditionnelle des rôles entre hommes et femmes, dont on ne voit plus l’absurdité parce qu’ils nous sont trop familiers. C’est, pourrait-on dire, un procédé de distanciation. Je l’utilisais il y a déjà bien longtemps dans mes cours: «Imaginez un couple, tenez, disons en plein cœur d’une cérémonie du mariage, et inversez les positions de l’homme et de la femme:"