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La méthode

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« Le ministre de l’Intérieur est heureux de constater que tout le monde s’entend : la capitale doit être débarrassée des chiens errants. Sur la nécessité d’agir, il n’y a pas l’ombre d’un désaccord. La question qui les divise est celle de la méthode. »

Constantinople, 1910. Le médecin français Paul Remlinger, formé au laboratoire de Louis Pasteur à Paris, dirige l’institut antirabique de la ville. Quand le directeur du Département municipal de l’hygiène publique lui propose de participer à un projet de « décanisation », soit l’extermination de cent mille chiens, il y voit, malgré ses réticences éthiques, l’occasion d’apporter sa contribution à la recherche médicale et au progrès. Mais à quel prix ?
Dans ce premier roman saisissant, David Djaïz raconte un événement méconnu de l’Histoire, qui fut le laboratoire des pires drames du xxe siècle.

264 pages, Paperback

Published August 19, 2026

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David Djaïz

9 books6 followers

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Displaying 1 - 9 of 9 reviews
Profile Image for Cindy Landes.
472 reviews43 followers
September 17, 2026
Ayoie! Je n’étais absolument pas au courant de cette tragédie historique! Je dirais même que ça m’a un peu traumatisée, un long passage plus particulièrement, je vais avoir l’image longtemps en tête. Et ce n’est pas une belle image… cependant je trouve important de raconter cet épisode méconnu de l’Histoire. Il en ressort une réflexion éthique profonde je trouve.

Je dois dire qu’on sent que cet auteur est un auteur d’essai et que ce livre est son premier roman. Souvent, j’avais l’impression qu’il perdait sa structure romanesque pour tomber dans la thèse. Disons que le côté « fiction » est plutôt faible.

Mais je termine ce livre contente de ces nouvelles connaissances. Je recommande aux amateurs de roman-essai.
1,526 reviews59 followers
September 25, 2026
C’est avec une certaine interrogation que je commençais la lecture de ce roman : de quelle méthode s’agit-il ?

L’auteur commence par nous présenter longuement Paul, jeune laborantin qui voue une admiration sans borne à Louis Pasteur, encore en activité. Il rêve de faire de Grandes Découvertes pour le bien de l’humanité et, peut-être, devenir l’égal des grands savants du siècle.

Il se voit promettre un poste à Constantinople, mais doit faire face au manque d’argent. Il végète pendant plus de 8 ans dans un laboratoire qui n’en a que le nom.

Et puis le maire de Constantinople décide de nettoyer la ville des chiens errants qui la peuplent. Paul saisi l’occasion pour élaborer une méthode d’éradication sans heurt.

Bien sûr, en lisant les détails très bien pensés de cette fameuse « méthode », on en peut s’empêcher de faire le parallèle avec la méthode nazi qui reprendra certaines façons de faire (des baraques spéciales, du gaz, l’optimisation des dépouilles).

J’ai eu de la peine pour Paul qui croit en sa méthode scientifiques sans affect aucun (les chiens deviennent des « unités canines »). La méthode est le meilleur antidote à al cruauté et la voie la plus sûre vers l’hygiène publique, croit-il (p.174).

J’ai eu de la peine pour cet homme obnubilé par l’hygiène, au point de se laver les mains plusieurs fois par jour au phénol jusqu’au sang.

Une obsession de l’hygiène omniprésente dans les hautes sphères qui veulent un Empire sain, purifié de ses « parasites visibles » (p.245).

J’ai aimé ce roman qui pose la question de l’apport de la science pour une cause absurde (la purification du pays), et j’ai aimé que Paul, des années plus tard, reconsidère sa méthode.

Toutefois, le dernier paragraphe sur la lumière m’a paru de trop.

J’ai découvert que l’auteur est un haut-fonctionnaire qui conduit des recherches sur la genèse de la théorie politique moderne.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’île des chiens, Sivriada, devenue île maudite après la déportation des chiens de la capitale qui y sont morts de faim et de soif.

https://www.alexmotamots.fr/la-method...
Profile Image for  ☆ zei ☆  .
60 reviews4 followers
October 20, 2026
JAI MAL AU COEUR THIS IS SO SAD 😭😭

Jai du arrêter de lire at some point bc of how sad I was and then I fucking cried at THAT big scene.
And then I realized ts HAPPEBED. IRL. EVERYTHING IS REAL
Absolument cruel et je suis heureuse que j’ai découvert ce livre et cette histoire evrn tho I’m heartbroken
Profile Image for clara.
141 reviews8 followers
June 7, 2026
Ouin ouin ouin !!!
Sujet sensibleeeee
C’est un roman dans lequel j’ai eu du mal à entrer au départ, puis finalement il y a eu des scènes hyper fortes et sensorielles que je n’oublierai pas de si tôt !
Ah oui, puis ça explore quand même un sujet historique relativement important dans les avancées scientifiques et les stratégies politiques du XXe siècle qui est méconnu, mais qui éclaire bien les enjeux de ce siècle de guerres et de violence.
C’est un bon premier roman à mon sens (:
Profile Image for Angelique KEARSLEY.
107 reviews2 followers
September 26, 2026
La Méthode, premier roman de David Djaïz, nous entraîne à Constantinople en 1910, dans les pas du médecin français Paul Remlinger. Un roman historique, scientifique, politique et profondément humain qui pose une question dont l’écho dépasse largement son époque : jusqu’où peut-on aller au nom du progrès ?
« Le ministre de l’Intérieur est heureux de constater que tout le monde s’entend : la capitale doit être débarrassée des chiens errants. Sur la nécessité d’agir, il n’y a pas l’ombre d’un désaccord. La question qui les divise est celle de la méthode. »

Nous sommes à Constantinople en 1910. Paul Remlinger, médecin français formé dans l’univers scientifique hérité de Louis Pasteur, dirige l’institut antirabique de la ville.

Lorsqu’on lui propose de participer à un vaste projet de « décanisation », autrement dit à l’élimination de près de cent mille chiens vivant dans les rues de Constantinople, le scientifique se retrouve confronté à un dilemme vertigineux.

Il y a d’un côté la recherche, l’hygiène publique, la modernité, l’efficacité et cette foi presque absolue dans le progrès scientifique. De l’autre, il y a le vivant.

Et il y a une question : une méthode peut-elle être rationnelle, efficace, scientifiquement défendable et pourtant moralement inacceptable ?

Voilà précisément ce qui rend ce roman si troublant.

Un roman historique sur le canicide de Constantinople
Je dois vous l’avouer : avant même d’ouvrir La Méthode, j’ai hésité.

L’idée de lire un roman construit autour de l’extermination de cent mille chiens m’était presque insupportable. Ma sensibilité au bien-être animal me faisait craindre certaines scènes et, effectivement, plusieurs passages m’ont profondément heurtée.

Pourtant, David Djaïz accomplit quelque chose de remarquable : il ne fait jamais de la cruauté un spectacle.

Il s’intéresse davantage aux mécanismes qui la rendent possible.

Les mots administratifs remplacent progressivement les êtres vivants. On ne parle plus véritablement de chiens, mais de problème sanitaire, d’organisation, de rendement, de méthode. Le langage devient une distance entre l’homme et ce qu’il s’apprête à accomplir.

C’est probablement l’un des aspects les plus puissants du livre.

Car derrière le destin de ces animaux, La Méthode nous interroge sur la manière dont une société peut rendre acceptable l’inacceptable lorsque celui-ci se présente sous les vêtements impeccables de la rationalité.

Paul Remlinger : un personnage qui se transforme
au fil du roman
Ma première rencontre avec Paul Remlinger n’a pourtant pas été un coup de foudre littéraire.

Nous le découvrons notamment dans l’Orient-Express, où il rencontre un Belge qui pourrait sembler n’être qu’un personnage secondaire mais dont la présence prendra une importance considérable.

Paul m’a d’abord paru naïf. Naïf dans certaines de ses expressions, dans ses choix, mais surtout presque prisonnier de son admiration pour Pasteur et de sa foi dans la science. Il observe, classe, analyse. Il veut comprendre. Il croit à la méthode.

Cette obsession du monde microbien donne d’ailleurs lieu à certains passages extrêmement révélateurs :

« Comme M,Pasteur, comme tous les microbiologistes et bactériologistes du monde, il est obsédé par les poignées de main, les bords humides des soucoupes et tous les boulevards à microbes, Après une embrassade, il se réfugie généralement dans le cabinet de toilette le plus proche, frotte ses mains au savon jusqu’au sang et fait couler sur ses avant-bras cet alcool à brûler dont il conserve toujours plusieurs fioles dans sa serviette, »

Au départ, cette rigidité crée une distance. Puis quelque chose bouge. Au contact de Constantinople, de ceux qu’il rencontre et surtout dans le sillage de son mystérieux « ami » belge, Paul commence peu à peu à s’émanciper. Et c’est là que le personnage devient vraiment passionnant.

Science, éthique et progrès :
les grandes questions de La Méthode
La progression de Paul Remlinger est à mes yeux l’une des grandes réussites du roman. Je dirais même qu’elle est à la fois remarquablement construite et documentée.

L’homme de science cesse progressivement de considérer le monde uniquement à travers ses certitudes scientifiques. Son éthique personnelle commence à se heurter à ce que l’on attend de lui.

Quelle valeur possède une méthode lorsqu’elle oublie la compassion ?
La science doit-elle tout faire simplement parce qu’elle en possède les moyens ?
Et à quel moment l’obéissance à un système devient-elle une responsabilité individuelle ?
David Djaïz ne donne pas au lecteur de réponse confortable. Il installe plutôt le doute, puis le laisse grandir. Et ce doute devient l’un des personnages invisibles du livre.

Hassan Baba : quand le roman
quitte la science pour l’intime
J’ai également beaucoup aimé les moments où le récit abandonne temporairement les laboratoires, les décisions politiques et les raisonnements scientifiques. Les passages liés à Hassan Baba apportent une respiration étonnante.

Paul y découvre une autre façon d’appréhender le réel, à travers les gestes, les mouvements, les sons, le corps et une forme d’expérience presque philosophique. Quelque chose lui échappe enfin.

L’homme qui veut tout comprendre expérimente un territoire qui ne se laisse pas mesurer.

Ces scènes m’ont particulièrement touchée parce qu’elles introduisent une faille dans les certitudes du personnage. Paul découvre-t-il alors les limites de la science ?

Ou commence-t-il simplement à comprendre que toute vérité humaine ne peut pas être enfermée dans une méthode ?

La Méthode : un Coup de Cœur inattendu
La Méthode est un roman parfois difficile mais incroyablement stimulant.
Il est dépaysant, parce qu’il nous plonge dans la Constantinople du début du XXe siècle.
Il est instructif, parce que David Djaïz construit son intrigue sur une histoire réelle méconnue.
Il est historique, par le travail documentaire qui nourrit le roman sans étouffer complètement la fiction.
Il est enfin profondément dérangeant, parce qu’il montre comment la cruauté peut être maquillée en progrès.
J’ai beaucoup aimé cette rencontre entre l’Histoire et la fiction. Au point que cette lecture m’a donné envie d’aller plus loin et de retrouver l’article publié par Paul Remlinger lui-même, « La Décanisation à Constantinople » dans L’Hygiène générale et appliquée.

C’est pour moi l’un des signes d’un roman historique réussi : lorsque la dernière page tournée ne ferme pas une histoire mais ouvre au contraire une nouvelle porte vers la connaissance.

Lire La Méthode de David Djaïz ?
Pour moi, la réponse tient dans ce paradoxe : j’avais presque peur de lire ce roman et j’ai fini par ne plus vouloir le quitter.

La Méthode raconte une page terrible de l’Histoire, mais elle raconte surtout un homme confronté à ce qui arrive lorsque les convictions scientifiques, la pression institutionnelle et la conscience morale cessent d’avancer dans la même direction. David Djaïz signe avec ce premier roman une lecture qui distrait, instruit, bouleverse et questionne.

Une lecture qui continue surtout à travailler l’esprit longtemps après sa dernière page.

Mon Coup de Cœur de l’été, sans hésitation.

Et vous, connaissiez-vous cet épisode de l’histoire de Constantinople avant de découvrir ce roman ? Jusqu’où peut-on accepter qu’une société aille au nom de l’hygiène, de la modernité ou du progrès scientifique ?

Si vous avez lu La Méthode, je serais très heureuse de découvrir votre ressenti en commentaire. Venez partager vos impressions de lecture : ce roman mérite, je crois, que la discussion se poursuive au-delà de ses pages.
Profile Image for Exuline.
525 reviews8 followers
September 16, 2026
En quelques mots :

Ici, une lecture aussi fascinante que glaçante, qui m’a profondément troublée. David Djaïz transforme une histoire vraie en une réflexion vertigineuse sur l’éthique, la science et la quête de modernité. Le plus terrifiant n’est finalement pas la violence, mais la manière dont on cherche à la rationaliser. Un grand livre, qui m’a retourné autant l’esprit que le cœur.

En beaucoup plus de mots :

Merci tout d'abord aux éditions Stock et à Babelio pour ce service de presse extrêmement qualitatif.

Voici un livre qui, je pense, va faire grand bruit puisqu'il a été sélectionné en cette rentrée littéraire 2026 pour pas loin de cinq prix, à savoir le Prix Renaudot, le Prix des Deux Magots, le Prix André Malraux et le Prix Méduse, sans compter qu'il est le lauréat du Prix Transfuge du premier roman. Comme je vous le disais, il va être au-devant de la scène et il le mérite amplement.

David Djaïz, dont le nom m'était totalement inconnu jusqu'à ce jour, a déjà un beau parcours derrière lui. La Méthode est son premier roman après plusieurs essais et déjà une plume.

Mais quel roman, quel roman, où les descriptions, les odeurs, les murmures, les prières, les aboiements sont d'une pureté à vous faire soupirer de satisfaction.

Alors avant de commencer, protecteur et défenseur des animaux, petit cœur de guimauve qui saigne dès que l'on veut du mal à une petite bête, stop ! Ce livre n'est vraiment pas pour vous, car même si je ne me considère pas comme une amie des bêtes mais que je ne leur veux pas non plus de mal, ici, il y a de quoi voir ses yeux saigner... et son esprit aussi quand on pense à l'après.

David Djaïz se concentre sur une période de la vie de Paul Remlinger, médecin et biologiste français. Il travaille avec Pasteur pour la mise au point du vaccin contre la rage, avant de partir ailleurs soutenir différents instituts antirabiques. Dans le roman, nous le retrouvons à Constantinople en 1910, où il dirige l'institut antirabique de la ville. Un homme plutôt timide, qui ne fait pas de vague, qui n'aime pas la vue du sang, plutôt introverti, mais qui veut devenir grand dans ses découvertes scientifiques.

Mais voilà, pour faire avancer la science, il est parfois nécessaire de passer au-delà de ses convictions. Paul Remlinger va devoir choisir entre éthique et barbarie, car lorsque le gouvernement turc va lui demander d'euthanasier l'ensemble de la population canine se trouvant dans les rues de Constantinople, la belle, la grande, il est mis face à un odieux chantage.

Nous sommes alors dans un Empire ottoman particulièrement instable. Quelques années seulement après la révolution des Jeunes-Turcs de 1908, l'Empire cherche à se moderniser, à se centraliser, à se transformer, alors même qu'il est fragilisé par les tensions politiques, les nationalismes et les guerres. Cette volonté de modernité n'est donc pas simplement un décor du roman : elle en devient presque un personnage.

Et les chiens vont justement devenir l'un des symboles de cette transformation. Depuis des siècles, les chiens errants font partie du paysage de Constantinople. Ils vivent dans les rues, sont nourris par les habitants et remplissent même une fonction de nettoyage des déchets. ON y rencontre les derviches et j'ai beaucoup aimé partagé ces moments d'une grande délicatesse, le temps était ténu et presque mystique. Mais dans cette nouvelle ville que l'on veut moderne, organisée et hygiénique, les chiens deviennent soudain un problème qu'il faut résoudre.

Ce chercheur qui végète depuis près de dix ans va devoir faire un choix : trouver une solution plus "humaine" et plus morale que toutes formes de poison qui sont coutumes . Aucune souffrance inutile, aucun cadavre empoisonné à ramasser, aucun risque pour l'hygiène publique, aucune infraction au code de l'éthique : la solution est la chambre d'euthanasie, la chambre à gaz.


"En réalité, Paul s’interdit à peu près d’avoir des opinions sociales ou politiques. Seul lui importe de faire de la bonne science. Et la bonne science est expérimentale, la vérité ne se découvre que par et dans l’empirie. Ce n’est pas lui, scientifique, de décréter ce qui est urgent et important pour la société."



Et c'est là que le roman devient particulièrement glaçant. Car ce que Remlinger cherche, ce n'est finalement pas seulement à tuer, mais à trouver la bonne méthode, celle qui serait propre, rationnelle, efficace, presque scientifique. Transformer l'horreur en problème technique à résoudre.

Et c'est peut-être cela qui m'a le plus troublée dans cette lecture : connaître l'Histoire permet de regarder cette « méthode » avec un tout autre regard. Car ce qui paraît au départ être une réflexion sur l'hygiène, la science et la modernité devient progressivement une réflexion beaucoup plus vertigineuse sur la manière dont une société peut finir par rendre l'inacceptable acceptable, simplement en changeant les mots, les objectifs et les méthodes.


"En tant que nouveau directeur du Département municipal de l'hygiène publique, il est de mon devoir de résoudre ce problème. il nous faut une solution terminale, à la hauteur du problème posé par cette vermine."



La chambre qui sera utilisée plus tard pour exterminer des êtres humains en Europe donne évidemment au roman une résonance particulièrement terrible. Et David Djaïz ne se contente pas de nous faire regarder vers le passé : il nous oblige à réfléchir à ce moment où la technique, l'efficacité et la volonté de modernité peuvent prendre le pas sur l'éthique.

Et le contexte allemand ajoute encore une couche à cette histoire. L'Allemagne exerce déjà une influence importante sur l'Empire ottoman et sur toute l'Europe à cette époque, notamment dans les domaines militaire, technique et économique. Je ne dirais évidemment pas que les Allemands sont responsables de ce qui se passe à Constantinople, ce serait beaucoup trop simpliste. Mais cette présence et cette fascination pour la rationalisation, l'organisation et le progrès donnent au roman une profondeur supplémentaire lorsque l'on connaît la suite de l'Histoire.

Les arguments des uns et des autres résonnent, font trembler, sont glaçants. Moi, simple lectrice connaissant l'avenir, je suis restée avec cette question terrible : qu'aurait-il fallu faire ?


"Il est rongé par la honte. Paul sent même une bouffée de colère lui chauffer les joues. Comment a-t-il pu en arriver là ? Tout autour de lui, il n'y a ni vérité, ni utilité ; il n'y a que de la mort et de la cruauté gratuite."



Ce roman est d'une redoutable efficacité, avec une écriture si simple pour décrire des émotions si complexes et, au final, quand on connaît la fin du roman, on se demande ce qui aurait dû être fait, ce qui aurait été le mieux. Parfois, il est difficile de choisir entre la peste et le choléra.

Je l'ai dis au début de ma chronique, ce livre est un grand livre en si peu de pages, dévoré en deux petits jours car je ne pouvais pas faire moins. Il m'a retourné l'esprit et le cœur.

Un livre qui éclaire comme une scialytique pour dissoudre les ombres du passé et restituer le plus fidèlement possible les couleurs de l'Histoire.
1,364 reviews6 followers
September 3, 2026
La Méthode, la Méthode tout n'est que Méthode ... et quand la Méthode se targue de politique , d'envie de purification .... la porte est grande ouverte....

1901 , Paul Remlinger, jeune microbiologiste sorti du giron de Pasteur, arrive à Constantinople pour "Préfigurer les activités du futur institut antirabique de Constantinople" Difficile de faire plus sibyllin surtout quand face à lui existe un programme allemand pour l'étude des maladies infectieuses d'origine animale, programme doté lui de financements illimités.
1910 , Paul Remlinger est mis au pied du mur par les nouvelles autorités turques, trouver le moyen d'éradiquer la présence des chiens errants dans la ville....Face au projet de Talaat Pacha , une "délocalisation" pure et simple, Paul va proposer une Méthode efficace mais plus soft... l'histoire est en marche .
Janvier 1911 Paul prend la direction de l'institut Pasteur de Tanger...

David Djaïz nous livre avec La Méthode un premier roman . Essayiste dans l'âme , essayiste toujours et encore.
Paul Remlinger prend vie sous nos yeux ou plutôt ses faits et gestes reflètent ses pensées et au final son impuissance à rester un scientifique pur et dur sans états d'âme , un scientifique qui refuse d'envisager les conséquences de ses recherches .
Et pourtant l'histoire est en marche et la Méthode va être utilisée!!!
Je referme ce livre nauséeuse et hallucinée. Il est vital que les choses soient écrites noires sur blanc, merci David Djaïz .

Merci aux éditions Stock et à Babelio pour cette masse critique privilège.
Profile Image for zouz.
77 reviews
July 3, 2026
Un moment presque inconnu de l’histoire où les hommes ont laissé en quelque sorte la science prendre le dessus de l’humanité. Une science jugée bonne si on ne se pose pas la question de « pourquoi », qui tue sans faire de bruit. On suit tout le processus de réflexion, de vote des plus riche et les plus puissants, s’en prendre en considération les chiens et les habitants qu’il considère sur le même plan. Une très belle écriture qui permet de mettre en lumière un problème qui a été reproduit il y a à peine 2 ans.
153 reviews1 follower
August 23, 2026
Pourquoi lire La méthode
Pour découvrir un épisode méconnu de l’histoire de la médecine, mais surtout pour réfléchir aux rapports ambigus entre science et pouvoir. À travers Paul Remlinger, David Djaïz interroge la responsabilité du scientifique lorsque la recherche, l’ambition personnelle et les exigences politiques finissent par se confondre. Une réflexion troublante, portée par un véritable roman historique.
La chronique entière et illustrée ici
https://vagabondageautourdesoi.com/20...
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