Cécile, 56 ans et récemment divorcée, se rend dans la maison de campagne familiale avec des cartons de livres plein sa voiture, avant de finalement prendre une sortie au hasard sur la route afin de savourer un peu plus ce moment d’entre-deux périodes de sa vie. Elle décide alors de dilapider ses livres lors d’un road trip de boîtes à livres, afin de faire progressivement une croix sur son passé mais également de se rappeler son amour pour la littérature.
Roman de la rentrée littéraire au joli style teinté d’humour et de résilience. Cécile arpente villes et villages pour déposer tous ses livres (et son passé par la même occasion) dans des boîtes à livres, les références littéraires sont donc nombreuses. Elle place ses nombreux livres dans des boîtes à livres différentes en fonction de ce que la ville lui inspire, tel le Petit Poucet, et se perd pour mieux se retrouver. Nous apprenons à voir la beauté dans les petites choses à l’aide des descriptions très immersives. Un écrivain finit par retrouver un de ses livres dans une des boîtes à livre visitées par Cécile agrémenté de commentaires salés dans la marge, et va donc à sa rencontre. Nous en apprenons plus sur la littérature et même sur la musique avec des phrases jolies et justes. J’ai trouvé qu’il y avait deux manières possibles d’interpréter la fin, et j’ai beaucoup aimé l’une d’entre elles. Globalement, ce périple était très plaisant.
« Bref, dans ce genre de moment, tu lis et tu tombes un jour sur un écrivain qui décrit exactement ce que tu as ressenti. Soudain tu penses : « Voilà, c’est ça ! » Et, à partir de là, si tu devais le redire, tu le ferais exactement avec les mots de ce livre, parce que c’est parfait, tu ne l’expliquerais pas autrement. Et, chez les vrais écrivains, les très bons, il y a une étape supplémentaire, un étage encore au-dessus : ils te font voir les choses autrement. Enfin, pas autrement mais plus précisément, avec plus de nuances. Comme des jumelles, tu sais, quand tu tournes la molette et que le paysage devient de plus en plus net. »
Pourquoi le lire ? Pour suivre une femme qui, au milieu de sa vie, décide enfin de s'offrir le droit de bifurquer et de se réinventer. Pour le plaisir d'une véritable promenade littéraire, où les livres, les auteurs et les souvenirs deviennent peu à peu les compagnons d'un voyage intérieur. Et surtout pour se laisser surprendre par une construction romanesque inventive, qui joue avec les points de vue, brouille les frontières entre réalité et fiction et oblige le lecteur à changer de regard. Avec La Peau neuve, Jean-Pierre Montal raconte une renaissance, mais interroge aussi ce que la littérature peut faire à nos vies : nous accompagner, nous égarer, nous consoler ou simplement nous donner envie de tourner encore une page. La chronique entière et illustrée ici