La pêche à la mouche m’a appris le subterfuge. Avancer dans l’eau jusqu’à la mi-cuisse en restant sec. Déployer ma soie en une série de faux lancers. Déposer sur la surface une mouche de poils qui cache un hameçon. Attraper une truite et la remettre à l’eau sans la manger. Faire semblant que tout va bien.
Pêcher est un prétexte pour sortir prendre l’air pendant que les gens que j’aime disparaissent.
J’avais tellement été happée par Cariacou que mes attentes étaient démesurées pour celui-ci, d’autant plus que je ne savais même pas qu’il existait avant de le voir par hasard à la librairie et de l’acheter sur le champ.
J’ai tout aimé, la formule fonctionne encore, et la magie opère de nouveau. Mais il est assurément plus lourd (plus triste ?) que le premier, avec les deuils qui s’enchaînent, et la poésie qui s’impose davantage avec la lenteur et la contemplation de la pêche à la mouche.
Bref, un livre à savourer plus lentement, probablement, et à l’automne de préférence, je dirais.
Ouananiche est un ouvrage qui se situe à la croisée des genres, oscillant entre le récit d’anecdotes personnelles et la proposition de poèmes et de capsules pédagogiques sur la pêche à la mouche. Conservant toujours la pêche comme liant entre les sections du livre, Olivier Lussier livre ici un texte éminemment sensible et personnel, dans lequel il évoque avec tendresse des souvenirs reliés à ses grands-pères, ainsi que les deuils qui ont suivi leurs décès respectifs. Son écriture poétique sert très bien ce propos et sa passion pour la pêche constitue en elle-même le cœur battant d’un livre exceptionnel.
Sensible à la nature et aux espèces qui croisent son chemin, Lussier reconnaît la valeur et l’importance de préserver les territoires sur lesquels il vient pêcher pour se reposer. Sa passion pour la pêche à la mouche est contagieuse (même pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais pratiqué ce sport). Les merveilleuses descriptions des scènes de pêche m’ont d’ailleurs permis de me sentir debout dans la rivière avec lui!
Olivier Lussier réussit, avec Ouananiche, à publier un livre à la fois très personnel, mais aussi évocateurs de réflexions universelles sur des sujets profonds comme la dépression, la perte d’un enfant lors de la grossesse, ou l’accompagnement d’un ami aux idées noires. Une très belle réussite pour moi. Clin d’œil à Benoît Tardif pour la très belle couverture, inspirée d’ancienne couvertures d’ouvrages de pêche à la mouche.
Je ne sais pas trop comment parler de ce livre. J'ai aucun intérêt pour la pêche à la mouche et son lexique, ainsi que pour les textes qui parlent d'écriture (surtout le poèmes qui parlent de poésie), mais j'aime beaucoup oli et mes (4) grands-pères.
p.s à quoi ça sert de faire un genre de lexique si tu utilises d'autres mots que ceux qui sont dedans oli?
Beaucoup aimé les moments de vulnérabilité et surtout les textes qui parlaient pas de pêche.
J'aurais peut-être dû m'en douter à cause du titre et du synopsis, mais wow, ça parle vraiment beaucoup de poissons en tout cas.
J'aurais pris plus d'histoires de grands-pères et d'amitié (que j'ai vraiment aimées!) et moins de poissons, mais je suis probablement le public le moins cible du monde.
« Quand je marche le long de la Saint-François (Alsig8ntegw), je pense à ces esprits qui m’accompagnent : à côté de mes fantômes à moi, il y a tous ceux qui ont été pillés de leur histoire. »
Il y a tant de choses dans ce livre! Le poète chasseur récidive. Bravo! J’ai flanché, j’ai essayé de ralentir la lecture pour faire perdurer le plaisir mais voilà c’est déjà la fin. C’est évidemment un peu plus triste que Cariacou (j’ai pleuré) mais étonnamment aussi bien construit sinon plus que Cariacou. On sent les influences de plusieurs styles et auteurs mais avec un style qui commence à lui être unique. J’adore la trame sonore de ce livre. J’ai commencé en milieu de lecture a créé la bande sonore du livre à partir des titres que Lussier réfère, je me promet d’y retourner pour finir. J’ai l’impression que ça pourrait être ma playlist des prochains mois (Desjardins, Kouna, QRBP, E. Smith, etc.).
Après la chasse, la pêche. Cette fois-ci, Lussier pousse encore plus loin la profondeur de son texte en y parlant, en parallèle, de deuil et d’amitié. Le narrateur adore la pêche pour se retrouver seul, ou parfois entouré de ses amis. La rivière n’est qu’un prétexte pour penser à la poésie et tisser des liens. On comprend toutefois rapidement qu’il utilise aussi ce passe-temps pour faire face aux deuils qui peuvent nous frapper à tout moment.
Le poète alterne entre anecdotes en prose et poésie. Ce procédé, qui fonctionnait si bien dans Cariacou, est encore plus solide dans Ouananiche. Lussier a trouvé sa niche et, à chaque livre, il y excelle davantage. On le suit dans ses histoires émotives, logiques ou pédagogiques comme on écouterait un vieil ami nous parler pendant qu’on attend que ça morde. Et le temps passe bien vite tant le récit est captivant ! Ajoutez à cela des recettes et des instructions de pêche à la mouche, et vous obtenez l’ouvrage créatif et complexe qu’est Ouananiche.
Vraiment, le nouveau livre d’Olivier Lussier est une réussite sur toute la ligne. C’est touchant et passionnant. Nul besoin d’aimer la pêche pour le savourer. Il faut seulement s’arrêter un peu et le laisser filer sous nos yeux, doucement.
Plusieurs beaux passages, mais j'aurais aimé qu'il y a ait un fil conducteur plus choronologique et qui se suive de chapitre en chapitre, parfois je trouvais difficile de suivre. Une belle fin en toute simplicité.
Je sors mon téléphone, j'écris un poème C'est pour me sauver Mon psy dit que c'est de l'évitement Je dis juste que la poésie C'est le meilleur truc Pour la survie en forêt