Quand dans les rues de Carrefour-Feuilles les coups de feu et les flammes le somment de partir, Jonas Dorléon n’emporte presque rien : son diplôme, un cahier de poèmes, une photo de sa mère et un slip propre. Sa vie entière dans un sac de plastique.
Se réfugiant d’abord du côté dominicain de la frontière, il attend dans l’antichambre d’Haïti que les choses se calment. Sauf que les choses ne se calment pas. Il faut marcher, encore, toujours. Devenir un migrant. Du Brésil au Mexique, il enfile les kilomètres, serrant toujours son sac de plastique contre lui, tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt dans les profondeurs de la jungle avec d’autres sans-papiers qui, autour de lui, tombent les uns après les autres. Quand enfin il atteint la frontière des États-Unis, ce sont les agents de l’ICE qui l’attendent. Jonas n’a plus qu’un objectif : quitter ce pays qui n’a rien de «great again» et gagner le Canada par le chemin Roxham, cette voie salutaire dont il a tant entendu parler.
La plume foisonnante et poétique de Thélyson Orélien fait jaillir la beauté dans les zones les plus sombres de l’expérience humaine. Il parle la langue de l’exil, cette langue qui s’apprend «sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau». Surtout, il révèle une Amérique terrible et violente sur laquelle notre regard doit s’attarder.
J’ai vraiment aimé. Malgré un sujet lourd, l’auteur réussit à insuffler des touches d’humour et de légèreté qui rendent le récit d’autant plus humain.
La plume est magnifique. L’écriture est fluide et les chapitres courts donnent constamment envie de poursuivre. C’est un livre qui se dévore, mais qui fait beaucoup réfléchir.
Un livre tellement important, touchant, d’une grande humanité, qui devrait être lu partout, à tous les âges.
La petite étoile manquante vient du fait que malgré l’élégance de la plume, il y a un peu trop de figures de style à mon goût (et souvent les mêmes qui sont réutilisées).
Ce livre est un chef-d’œuvre et un réel coup de cœur.
La plume est douce et puissante à la fois. Les mots sont bien choisis et les phrases sont d’une beauté poétique qui en fait presque oublier la dureté des propos.
On suit Jonas Dorléon à travers son parcours de migrant, d’Haiti au Canada. Tant d’épreuves rencontrées, tant de résilience et de courage.
3.5 Un sujet d'actualité et plus important que jamais, un parcours haletant, mais une prose qui en fait trop. Il empile les figures de style et les sentences philosophiques, se répète et ne fait pas confiance au lecteur. Ça se lit, mais ça fatigue.
Malgré que je n’ai pas vécu le mega coup de cœur dont tout le monde parle, je pense que ce livre est vraiment important et accessible afin de démontrer le parcours et la souffrance des personnes immigrantes.
Ce roman ne peut faire autrement que de façonner une peu d’empathie dans le cœur de celui qui lit.
Mon bémol personnel a été l’écriture. Elle était simple, mais je ne trouvais pas qu’elle me parlait. Les mots étaient touchants de part leur caractère tragique, mais je trouvais l’écriture sans émotion. Peut-être était-ce l’objectif puisqu’une personne qui vit un tel parcours est en mode survie. Personnellement ça ne m’a pas aidé à tourner les pages.
Une histoire déchirante mais nécessaire, surtout dans le climat politique actuel. L’histoire de Jonas incite à prendre conscience du privilège trop souvent pris pour acquis dans notre société, et met en lumière le contraste frappant entre le beau et l’horrible de l’être humain. À lire absolument. J’ai parfois trouvé que l’utilisation fréquente de figures de style m’amenait à ralentir ma lecture alors que je ne voulais pas m’arrêter, mais ce livre demeure un chef d’oeuvre que je recommanderais à tous!
« Ce soir-là, j'ai pris mon café dans un petit bistro de la rue Saint-Denis. Un endroit où les serveurs parlent plus anglais que français, où la déco semble coincée entre le Plateau bohème et une publicité pour du thé bio. Je n'avais rien de spécial à célébrer. Juste une journée sans mauvaise nouvelle. Une journée où le téléphone n'a pas sonné, où la boîte aux lettres ne contenait aucun message sinistre, où le froid était sec et le vent modéré. Une journée normale pour vous, peut-être. Mais pour moi, la normalité, c'est un miracle répété à l'infini. »
3.75 ⭐️ Ce n’est pas une histoire que j’ai l’habitude de lire. Le sujet est vraiment excellent, on suit Jonas Dorléan un migrant qui fuit son pays et il lui arrive plein de mésaventures. Mais malheureusement pour moi, j’ai trouvé ça un peu long. J’étais pas excitée de tourner les pages. J’ai adoré le courage, la force et la détermination du personnages à travers son histoire qui est très difficile. Le titre veut tout dire, c’était ça ou mourrir. ❤️🩹
Un livre important. Écriture impeccable avec des phrases tellement belles qu’on veut les relire plusieurs fois. J’ai appris avec cette histoire, elle m’a fait beaucoup réfléchir et m’a fait comprendre des choses que j’ignorais. C’est à lire au moins une fois dans sa vie.
Tout un voyage littéraire. C’est puissant. La plume est belle. Beaucoup de métaphores et de figures de style. C’est imagé. Ça se lit vraiment bien. C’est très rythmé dès le début et les chapitres sont courts. On veut toujours continuer. Cela dit, c’est un sujet dur. Ça remue. Et ça fait réfléchir. Léger sentiment de répétitions occasionnelles et une utilisation parfois trop intense des figures de style à mon goût. Mais c’est juste pour expliquer le 4 étoiles. Sérieux, lisez-le. Lecture qui devrait être obligatoire au cégep!
J'ai été carrément happé; j'ai dû m'arrêter, après la traversée du Darién, pour encaisser; j'ai eu peine à reprendre, la gorge nouée, les yeux embués; j'ai repris, toujours aussi saisi par l'humour, par le rythme, par la langue; je n'ai pas osé finir, j'ai laissé mijoter un peu—puis j'ai fini et j'aurais préféré ne pas : ne pas pousser au-delà de la page 249, parce que tout était déjà là, en équilibre sans résolution, en équilibre précaire comme le personnage/le migrant/l'exilé, parce qu'après ça s'achève alors que j'ai l'impression qu'il ne fallait pas, qu'il ne fallait pas flatter comme ça, qu'il ne fallait pas réconforter comme ça. Reste que C'était ça ou mourir est un texte puissant malgré les quinze dernières pages trop gentilles, et qu'il y a là beaucoup à en retirer, beaucoup à ressentir.
4,5 ⭐️. Tout le monde devrait lire ce roman. Surtout ceux qui croient que les immigrants ne font que « profiter du système ».
« Non, Trump n’était pas là, au poste frontalier entre Matamoros et Brownsville. Mais il était dans les regards. Il était dans la salive de l’un qui m’a lancé au visage : « Go back to your shithole country! » Oui, c’est ce qu’il a dit, bien net, en crachant un peu sur le mot « shithole » pour que j’en sente bien l’odeur. Il portait une casquette rouge MAGA, « Make America Great Again ». Un slogan trop lisse pour être honnête. Je ne sais pas s’il avait déjà lu un livre dans sa vie, mais son œil avait la fermeté de ceux qui croient savoir sans jamais avoir vu. Il était jeune, blanc, américain jusqu’au bout des chaussettes et, surtout, il se croyait investi d’une mission divine : me faire comprendre que je n’étais rien. »
« La route était un pays en soi. Un pays mouvant et sans drapeau, où les règles changeaient tous les vingt kilomètres. Le matin, on mangeait des tortillas froides avec du sel. Le soir, on dormait dans des fossés, la tête sur notre sac. Parfois, on riait fort, juste pour couvrir le bruit des armes au loin. D’autres fois, on se taisait pendant des heures, parce que parler, c’était déjà trop. » (Orélien, Thélyson. C’était ça ou mourir, p.193)
Lecture essentielle qui devrait être obligatoire pour se rappeler que nous ne naissons pas tous égaux et qu’il serait nécessaire d’ouvrir d’avantage nos frontières, physiques, émotionnelles et économiques.
Un livre à relire. Dans lequel on surligne des passages juste parce que c'est bien écrit. Au moins aussi beau que "Là où je me terre" de Caroline Dawson. Émouvant. "Force aux migrants" est ce qu'a dit mon fils quand je lui ai fait le résumé du roman.
Pour tous mes autres 5, celui-ci mérite une 6e étoile. En entrevue, l’auteur a dit ressentir « une forme d’urgence de raconter, de mettre un nom sur ce qu’on entend tous les jours à la télévision, de rappeler aux gens qu’il y a des humains derrière les nouvelles et les chiffres. » Mission plus qu’accompli. Ces 12 000 kilomètres sur la route migratoire vont m’habiter longtemps, et ce roman devrait être lu obligatoirement (à commencer par nos politiciens, tin!)
Assez d’accord avec Mariana Mazza, c’est le roman de l’année. Poignant, bien écrit qui laisse des marques. Je manque de mots. J’ai pleuré….ça change notre regard pour toujours. 🥹🤍🤍🤍🥹
Ce roman est un incontournable pour ressentir dans toute la palette de nuances les déchirements, les inquiétudes, les souffrances d’un être humain qui doit quitter son chez-soi ou mourir. ❤️❤️❤️
Très touchant comme récit, j'ai adoré voyager auprès de Jonas! J'adore quand un livre me fait vivre plusieurs émotions contradictoires. Même si le sujet est touchant et triste, l'auteur m'a fait rire et sourire à plusieurs reprises!