Au Bouchon, petit village isolé de l’île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l’esclavage. La violence se mêle à l’amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres… Les cinq fondateurs viennent d’une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d’une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d’une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s’être liés d’amour et d’amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu’ils défendent d’un seul corps, puisqu’ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l’histoire de l’humanité se reproduit dans l’infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l’oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d’un Royaume perdu est le chef d’œuvre d’Ananda Devi.
Ananda Devi is a Mauritian writer. Her novel, Eve de ses décombres, won the Prix des cinq continents de la Francophonie in 2006, as well as several other prizes. It was adapted for the cinema by Sharvan Anenden and Harrikrisna Anenden. In 2007, Devi received the Certificat d'Honneur Maurice Cagnon du Conseil International d'Études Francophones.[1] She has since won other literary prizes, including the Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature française of the Académie française. During 2010 she was bestowed with Chevalier des Arts et des Lettres by the French Government.
Quelle lecture envoûtante! C’est rare que j’apprécie le réalisme magique, mais dans ce cas précis, j’ai adoré l’atmosphère onirique et les personnages plus grands que nature. Parlant de nature, elle a une place importante dans ce roman où les paysages de ce royaume caché deviennent réels, palpables, les descriptions sont magnifiques.
La plume d’Ananda Devi est sensorielle et d’une beauté rare. Ce roman est une fresque familiale captivante, mais explore également des sujets puissants, tels que l’esclavagisme, le métissage, la liberté, les traumatismes de la colonisation.
C’est un roman grandiose. Je dois mentionner un petit bémol qui s’est produit dans mon cas, j’étais tellement en extase pendant disons les premiers 2/3 du roman, que j’ai eu une impression de décélération et de lassitude dans les dernières 100 pages environ. Je pense que c’est peut-être le fait qu’on couvre quand même 4 générations dans ce roman et en s’éloignant des 5 fondateurs initiaux, ma fascination face aux nouvelles générations était un peu moins intense. Peut-être aussi que l’intensité lyrique qui me plaisait tant au début, après plus de 400 pages finit par perdre un peu en force, comme si la magie initiale s’était un peu étiolée.
Je ne vais pas forcément jusqu'au coup de cœur mais j'envoie quand même les 5 étoiles parce que QUEL TRAVAIL INCROYABLE. Trop forte. Chef d'œuvre pour moi. Ananda Devi est définitivement une autrice dont je ne veux louper aucune sortie
D'habitude, quand je n'ai rien de bien à dire sur un livre, je ne prend pas le temps d'en faire une chronique. Mon but c'est de vous donner envie de lire tel ou tel roman. Les goûts sont tellement personnels que vous faire tout un speech sur pourquoi je n'ai pas aimé, ça m'ennuie et ça risque aussi de vous ennuyer. MAIS ! Ici, j'ai un problème. Ce livre fait partie de la rentrée littéraire, et il est sélectionné pour la première phase de vote du prix Goncourt. Ça vaut ce que ça vaut, mais ça a du sens pour beaucoup. Il est sorti il n'y a pas un mois et je n'en vois QUE des bonnes critiques. Et c'est la que je me pose la question: pourquoi ?! Évidemment, cet avis n'engage que moi mais quand même. Le résumé nous dit : "Au Bouchon, petit village isolé de l’île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l’esclavage. Les cinq fondateurs viennent d’une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d’une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d’une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers." Donc, en plus des scènes de V, en plus d'une sexualité omniprésente et qui n'apporte absoluement rien au récit, tous les protagonistes sont de la même famille. Il n'est donc question QUE d'inceste. Certains y voient un espèce de texte onirique, ou le sang et la lignée, seraient préservés, donnant lieux à des apparitions mystiques, à des personnages puissants devenus omniscients et magiques... JE NE COMPRENDS PAS ! Et ça m'ennuie parce que j'ai l'impression d'être complètement hors sol, idiote de ne pas saisir un sens caché, de ne pas avoir la sensibilité pour ce récit. Et encore plus de me sentir seule avec mon dégoût de ce texte ! Alors j'attend, que d'autres le lisent, que certaines idées rejoignent les miennes. En attendant, je ne vous le conseille pas. Et si vous l'avez lu, alors venez me voir, il faut qu'on en parle !
Septième lecture de la première sélection Goncourt 2026 Deuxième roman d’Ananda Devi J’étais intéressée par l’inclusion d’un roman d’Ananda Devi dans la sélection, ayant récemment lu et vraiment aimé Ève de ses décombres. Par contre, ce nouveau roman était une toute autre chose. Alors qu’Ève de ses décombres se caractérisait pour moi par une écriture rapide, immédiate, pressée, j’ai trouvé ce roman beaucoup plus immodéré : l’écriture, les descriptions, l’île, les générations, la sexualité, tout était excessif. À l’arrière, le roman est décrit comme son « Cent ans de solitude » et je pense que c’est une bonne description. Forcément, sur quatre générations, il va y avoir des personnages qui tiennent mieux l’attention que d’autres. J’ai trouvé le rythme un peu irrégulier, et la dernière partie, qui est devenue de plus en plus infuse de réalisme magique, a vraiment traîné à mon avis. Il n’était pas clair que l’autrice savait elle-même où elle voulait arriver pour terminer l’histoire. En bref, c’est une saga familiale sur l’île Maurice ; si c’est ce qui vous tente de lire, ça va plaire. Pour moi, il manquait un peu d’Histoire avec un grand H, et j’ai dû retourner sur Wikipédia pour un peu me situer dans tout ça, car le récit reste assez domestique. Il y a des moments où j’ai senti que cette histoire aurait pu se dérouler sur n’importe quelle île tropicale, et j’aurais peut-être aimé un peu plus de détails historiques liés à l’endroit, mais c’est personnel. Il faut aussi noter le thème de l’inceste (qui semble être un thème de la sélection, avec Nous aussi d’Anne Godard et N’efface pas mes cercles d’Emma Marsantes). À éviter si cela peut déclencher des traumatismes, mais c’est inclus dans le récit de façon nettement moins personnelle ici, donc plus facile à lire que les deux autres.
Je suis passée complètement à côté de ce roman, abandonné à la page 140.
Ni l'histoire ni la langue ne m'ont accrochée.
L'histoire d'une exploitation sucrière qui mêle les propriétaires aux esclaves pouvait me plaire mais j'ai trouvé le récit très descriptif, très long et sinueux pour ne déboucher que sur des évènements improbables ou peu intéressants.
Je n'ai pas adhéré à l'écriture non plus, qui possède les qualités d'une langue riche, recherchée et précise, mais qui, de fait, perd en simplicité et en authenticité et laisse les personnages beaucoup trop à distance. Je ne me suis attachée à aucun d'eux.
Profondément reconnaissante de ne pas faire partie de la génération tiktok où l'algorithme vous sert vos désirs... et ça concerne entre autres les livres, ceux vers lesquels on va s'orienter - ou pas. Je conseille donc fortement de continuer à flâner dans les librairies afin de tomber sur des trésors comme l'est ce roman de Ananda Devi.
Petit bémol et ça n'a pas fait tilt dans ma tête mais Edition Grasset = Boloré (and we hate billionaires who support facists)
Une déception. J'avais gardé un excellent souvenir du Sari vert et quand j'ai vu en Septembre dernier la parution de ce nouveau roman, j'étais ravie. Le sujet m'intéressait et, j'avais hâte de le découvrir. Je n'ai pas compris réellement où voulait nous emmener l'auteur. De nombreuses thématiques sont traités mais elle semble elle-même se perdre en souhaitant les aborder dans une histoire commune. Même la chute ne m'a pas parue concluante. :(