J’ai découvert (après tout le monde, ça commence à devenir une tradition sur mes posts), « La petite bonne » il y a quelques mois, un texte polyphonique dont le succès m’a semblé évident une fois que je m’y suis plongé. J’avais adoré ce premier roman de Bérénice Pichat et l’autrice revient à la rentrée avec « Un marché noir ». Elle confirme son talent en retournant dans les plis de l’Histoire où les certitudes se délitent et se heurtent sans cesse à la nécessité.
Le travail de reconstitution et de documentation nous claque au visage dès le départ. Chaque détail fait renaître un Paris occupé dans une impressionnante netteté : la faim, les bombardements, les trafics, la peur des dénonciations, tout concourt à une immersion totale.
À l’instar de « La petite bonne », le texte se construit ici dans un entrelacement de plusieurs voix. Servane et Paul avancent en parallèle, s’éclairent l’un l’autre et offrent deux regards radicalement différents sur une même époque. Servane est sans doute celle qui m’a le plus touché : en découvrant dans la désobéissance une manière d’exister, elle choisit sa place dans un monde qui voudrait la lui imposer. Face à elle, Paul trouble autant qu’il captive. Il évolue dans cet entre-deux où les limites du bien et du mal deviennent poreuses.
La plume soignée n’oublie jamais le suspense du contexte dans lequel elle se déploie : une inquiétude diffuse accompagne chaque page jusqu’à une fin magistralement construite où les fils du récit se rejoignent dans une révélation aussi étonnante que dévastatrice.
Un ouvrage fin, passionnant, qui interroge les nuances de gris, les frontières de la morale et qui prouve que les trajectoires individuelles et les secousses de l’Histoire sont indissociables. À ne clairement pas manquer en août !
Je dirais 3,5. Je suis pas 100% convaincue, je n’ai pas lu La petite bonne mais on me l’a tellement vendu que je me suis dit que j’allais lire son second roman. Malheureusement, ça l’a pas trop fait avec moi, et je sais pas trop dire pourquoi : est-ce que j’ai trouvé ça trop désincarné, trop en surface ? la plume bien trop ordinaire ? Le contexte historique est profondément intéressant en revanche car très peu abordé et il questionne vraiment le paradoxe auquel on peut se confronter en temps de guerre, mais oui, pour moi ça a manqué de quelque chose et je sors un peu déçue de cette lecture.
Un bon livre avec une histoire assez prenante et une fin qui laisse sans voix. Le récit interroge l’ambivalence qui peut habiter une personne durant une occupation. La jeune femme se veut être une résistante sans savoir qu’elle enrichi un homme qui profite de l’occupation allemande. Sans être ni résistant ni vraiment collabo ce récit montre la dualité qui peut habiter chacun de nous.