Après le succès littéraire et commercial de son récit Les Exportés, Sonia Devillers part à la recherche d'un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu'elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené. Le fabuleux piano est un instrument volé par les Allemands, en 1943, à des juifs qui le cherchent encore... Dans ce vide impossible à combler, Sonia Devillers entend une résonance intime, le souvenir d'un instrument que sa propre grand-mère, forcée à l'exil, a regretté toute sa vie. Elle part alors sur les traces des pianos fantômes pillés par milliers sous l'Occupation et transportés jusqu'aux confins du IIIe Reich. Avec cet instrument de concert ressurgit l'incroyable destin d'une famille d'éditeurs de musique, les Enoch. Un siècle de partitions, des menuets de Ravel aux ritournelles de Prévert. Les nazis se sont acharnés sur les Enoch, mais ils ont échoué à les réduire au silence. Des douleurs de la guerre va naître une chanson portée par Yves Montand, Les Feuilles mortes : un triomphe mondial. Le piano disparu continue pourtant de hanter les survivants...
Un livre très documenté sur la spoliation des biens et en particulier des instruments de musique pendant la seconde guerre mondiale à partir des carnets de notes du propriétaire. Un très bon livre
Il y a plein de choses intéressantes dans ce livre de Sonia Devillers: la construction d’un piano, la spoliation des juifs par les nazis (et avec la complicité de tous), la création et la vente des Feuilles Mortes, la mémoire, la volonté d’effacement des juifs (par la mort, mais aussi le vol de tout ce qui pourrait être objet de mémoire). C’est par ailleurs porté par une plume simple. J’ai aimé que l’auteure ne joue pas un suspense malvenu sur le retour ou non des parents des camps, mais soit claire tout de suite: ils sont morts. Mais j’ai trouvé que c’était un peu bancal dans la construction: le récit part du piano, dévie sur la famille, fait un détour sur des considérations personnelles. Chacune de ces choses est intéressante voire pertinente mais pas dans la façon dont elles sont ordonnées. Certains passages tombent comme un cheveu sur la soupe ou interrompent le récit de façon impromptue. Mais ça reste globalement très intéressant et facile à lire
27 octobre 2026. À l’origine de ce récit, il y a un objet disparu, et le vide insondable que cette absence a creusé dans plusieurs existences. Un piano de concert modèle no 2 de la manufacture Érard, fabriqué à la fin du 19ème siècle et volé durant la Seconde Guerre mondiale à une famille juive parisienne par l’occupant allemand. Se mettant en quête de cet instrument jamais retrouvé, Sonia Devillers en vient à retracer le destin de ses propriétaires : les Enoch, quatre générations d’éditeurs de musique. Parmi eux, Daniel et Anna, déportés, arrivés le 30 octobre 1943 à Auschwitz et assassinés. Et Jacques, leur fils survivant, qui le premier, au lendemain de la libération retrouva l’appartement familial entièrement vidé de ses meubles et de ses objets, à son retour à Paris. Autour de la famille, tout au long de ces décennies, des compositeurs, un poète, un cinéaste : Stravinsky, Maurice Ravel, Joseph Kosma, Jacques Prévert, Marcel Carné, ainsi qu’une chanson devenue éternelle, Les feuilles mortes, indissociable de son principal interprète, Yves Montand. Le livre est un ouvrage hybride, entre récit historique, rapport d’enquête, saga romanesque. Une dispersion qui trouble parfois. Cela reste fluide et captivant, bien documenté et teinté de toute l’émotion qu’arrive à nous transmettre Sonia Devillers. « Le fabuleux piano ». Sonia Devillers. Éditions Robert Laffont. Paris. 2026. En partant sur les traces de l’instrument disparu, Sonia Devillers restitue l’incroyable histoire de ces pianos-fantômes, arrachés aux juifs, pillés par milliers à Paris, parqués dans des « Camps pour pianos », transportés sous les bombes jusqu’aux confins du IIIe Reich. Parmi eux, le fabuleux piano de la famille Enoch, célèbres éditeurs de partitions, qui se transmettaient l’instrument de père en fils. Sonia Devillers plonge dans leur passé, constellé des grandes gloires de la musique françaises, des premiers concertos de Maurice Ravel au triomphe mondial d’Yves Montand chantant Les Feuilles mortes de Prévert. Une saga familiale rythmée par la montée du nazisme, les rafles des juifs à Paris et la résilience des survivants qui taisent leurs blessures, mais cherchent encore et toujours leur piano. Sonia Devillers écrit cette histoire en la mêlant petit à petit à la sienne. Sa famille juive a fui la Roumanie communiste, laissant derrière elle un piano remarquable que sa grand-mère n’a jamais pu oublier. Retrouvera-t-on un jour ces instruments ? Qui sait… Les beaux pianos vivent plus longtemps que les hommes.
C'est un bon livre dans l'ensemble, une nouvelle manière d'essayer de comprendre la violence inouïe de la solution finale, tout ce qui appartenait aux juifs devait disparaître. Néanmoins j'ai trouvé quelques longueurs aux livres, c'était parfois brouillon, redondant. Le travail de fond reste très bon.
Un récit fabuleux sur le destin des objets et notamment des instruments de musiques et des pianos sous le régime nazi - la quête d’un piano à queue Erard à travers le temps. Sublime
Quand les pianos deviennent les témoins silencieux de l’Histoire
Lu en juillet dans le cadre de la préparation de la rentrée littéraire, « Le fabuleux piano » de Sonia Devillers paraîtra le 27 août. J’attendais cette lecture avec beaucoup d’impatience. J’avais eu la chance de rencontrer Sonia Devillers lors d’un salon du livre il y a quelques années et j’avais beaucoup aimé « Les Exportés », dans lequel elle retraçait déjà l’histoire de sa famille avec une grande sensibilité. J’étais donc très curieuse de découvrir ce nouveau récit, qui mêle enquête historique, mémoire familiale et réflexion sur la transmission.
Et, une fois de plus, Sonia Devillers réussit à transformer un fait historique méconnu en un récit profondément humain.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers de pianos appartenant à des familles juives sont confisqués lors des pillages organisés par le régime nazi. Derrière chaque instrument se cache une histoire familiale, une vie, des souvenirs, une identité brutalement arrachée.
En suivant la trace du piano disparu de la célèbre famille Enoch, prestigieux éditeurs de musique, Sonia Devillers remonte le fil d’une incroyable enquête. Elle nous entraîne dans les entrepôts, ces camps pour pianos, où étaient stockés les instruments, raconte leur acheminement vers l’Allemagne et retrace le destin de familles brisées par les persécutions.
Peu à peu, cette quête historique rejoint l’histoire personnelle de Sonia. Les souvenirs du piano abandonné par sa propre grand-mère lors de son exil de Roumanie résonnent avec ceux de tous ces instruments devenus les derniers témoins d’un monde disparu.
« De cette maison éparpillée et désagrégée, un objet s’est détaché : le piano de ma grand-mère roumaine. Comme s’il charriait plus de beauté, mais aussi plus de douleur que tous les autres : un flamboyant demi-queue qu’elle avait dû laisser derrière elle, à Bucarest, longtemps avant ma naissance. Un piano manquant. Un piano obsédant… »
Une enquête historique passionnante sur un pan méconnu de la Shoah
Nous connaissons les spoliations des œuvres d’art, des bijoux ou des biens immobiliers. En revanche, je n’avais jamais entendu parler de ces milliers de pianos réquisitionnés pendant l’Occupation.
Sonia Devillers met en lumière un épisode largement oublié de notre Histoire. Son travail de recherche est remarquable. Elle nous fait découvrir le fonctionnement du pillage organisé, les difficultés des familles à récupérer leurs biens après la guerre et, surtout, l’immense violence symbolique de ces confiscations.
Le piano dépasse rapidement son statut d’objet. Il devient un patrimoine familial, un héritage culturel, parfois même le dernier lien matériel avec ceux qui ont disparu.
« Le travail des cordes se révèle fascinant. A la fabrique, on les tréfile pour les étirer et les rendre plus résistants. Les cordes basses sont ensuite surfilées avec du cuivre, ce qui les rend moins sensibles à la température : encore une invention Erard qui sera copiée dans le monde entier. »
Quand les objets portent la mémoire des hommes
Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est la manière dont Sonia Devillers montre que certains objets survivent aux générations.
Un piano n’est pas seulement un instrument de musique. Il accompagne les fêtes familiales, les apprentissages, les moments heureux comme les plus douloureux. Il conserve, silencieusement, les traces d’une existence.
À travers le destin du piano des Enoch, c’est toute une réflexion sur la mémoire qui se dessine. Que reste-t-il lorsque les témoins disparaissent ? Les objets peuvent-ils raconter ce que les hommes ont parfois préféré taire ?
Cette idée traverse tout le roman avec beaucoup de délicatesse.
Une plume sensible entre enquête et récit intime
J’apprécie énormément la plume de Sonia Devillers, élégante, fluide et précise. Elle réussit à rendre accessibles des recherches historiques très documentées tout en conservant une véritable émotion.
Le récit alterne naturellement entre les archives, les témoignages, les faits historiques et les souvenirs personnels. Jamais l’un ne prend le pas sur l’autre. Au contraire, ces différentes dimensions s’enrichissent mutuellement.
L’auteure laisse simplement les faits parler d’eux-mêmes et c’est précisément cette retenue qui rend certains passages particulièrement bouleversants.
« Le contrôle de la culture passera par la confiscation. »
Une histoire familiale qui rejoint la grande Histoire
Ce que j’aime particulièrement dans les livres de Sonia, c’est sa capacité à faire dialoguer l’intime avec l’Histoire.
Au fil des pages, l’enquête sur le piano de la famille Enoch finit par rejoindre celle de sa propre famille, contrainte de quitter la Roumanie communiste en abandonnant derrière elle un piano auquel sa grand-mère est restée profondément attachée.
Sans jamais établir de parallèle forcé entre ces deux tragédies, Sonia Devillers montre combien un objet peut cristalliser le déracinement, l’exil et la perte.
Ces histoires personnelles donnent une dimension universelle au récit.
« Lorsqu’elle redescend, la pièce est nue. Avec le piano, trente ans de sa vie sont partis. La douleur est fulgurante. Ce vide-là, elle ne le remplira jamais. »
Des thèmes forts
À travers cette enquête passionnante, Sonia explore des thèmes riches. Le plus évident est celui de la mémoire, qu’elle soit familiale ou collective. En retraçant le destin de ces pianos disparus, elle montre combien les objets peuvent devenir les gardiens silencieux des histoires que les hommes n’ont pas toujours pu ou voulu raconter. Le roman interroge également sur la transmission, celle des souvenirs, des héritages culturels et des blessures qui traversent les générations.
En abordant la spoliation des familles juives pendant la Seconde Guerre Mondiale, Sonia rappelle que derrière chaque bien confisqué se cachait une vie, une identité et un foyer brutalement anéantis. La musique occupe naturellement une place centrale : bien plus qu’un simple art, elle devient ici un langage universel, un héritage familial et un symbole de résilience face à la barbarie.
Enfin, « Le fabuleux piano » est un livre qui parle de l’exil, du déracinement et de cette douleur particulière que représente l’abandon d’une partie de sa vie. En mêlant l’histoire de la famille Enoch à celle de sa propre famille, Sonia nous invite à réfléchir sur ce qui nous construit, ce que nous transmettons, mais aussi sur ce qui continue de vivre à travers les objets lorsque les êtres ne sont plus là.
Mon avis sur « Le fabuleux piano »
J’ai beaucoup aimé cette lecture.
Bien plus qu’un simple récit historique, « Le fabuleux piano » interroge notre rapport à la mémoire et à ce qui subsiste lorsque les générations disparaissent. En choisissant de raconter la Seconde Guerre Mondiale à travers le destin de ces instruments oubliés, Sonia Devillers offre un regard vraiment original sur la spoliation des familles juives.
J’ai été touchée par son enquête minutieuse, par la pudeur de son écriture et par sa façon de montrer que certains objets deviennent les gardiens silencieux de notre histoire familiale.
C’est un livre qui instruit autant qu’il émeut et qui rappelle avec force que derrière chaque objet pillé se cachait une vie, une famille et un monde que la barbarie a tenté d’effacer.
Une très belle lecture, à découvrir dès sa sortie le 27 août, pour tous les lecteurs qui apprécient les récits où l’Histoire rencontre l’intime.
« Il a retenu les leçons de son père : à Paris, tout est question d’allure ; l’élégance se mesure à la qualité des étoffes, à la coupe impeccable et la sobriété des tons. En semaine, aux Folies Bergères, Wilhelm Enoch côtoie les coquettes et les cocottes et assiste à la naissance d’un genre nouveau sur lequel il va miser : la revue de music-hall. »
Un grand merci à NetGalley et aux Editions Robert Laffont pour cette lecture.
Le Fabuleux piano est un récit d'enquête aussi passionnant qu'émouvant dans lequel Sonia Devillers remonte le fil d'une histoire familiale et collective à travers la disparition d'un simple instrument de musique.
Tout commence par un piano à queue volé en 1943 à une famille juive par les nazis. Derrière cet objet se cache un destin brisé, mais aussi une mémoire que les années n'ont jamais réussi à effacer. En suivant la trace de cet instrument disparu, Sonia Devillers met au jour l'ampleur des pillages culturels organisés sous l'Occupation et redonne un visage à celles et ceux qui en furent les victimes.
Son enquête croise rapidement celle de sa propre famille. Le souvenir du piano abandonné par sa grand-mère lors de son exil fait écho à cette quête, donnant au récit une dimension profondément intime sans jamais prendre le pas sur la rigueur historique.
L'autrice retrace également l'histoire remarquable de la famille Enoch, célèbre dynastie d'éditeurs de musique dont le catalogue a accompagné plusieurs générations de musiciens et de compositeurs. Malgré les persécutions et les spoliations, leur héritage artistique a traversé le siècle, notamment grâce à des œuvres devenues universelles comme Les Feuilles mortes.
La force du livre réside dans sa capacité à transformer un objet disparu en véritable symbole de la mémoire. Le piano devient le témoin silencieux d'une époque, des vies bouleversées par la guerre et de tout ce que les survivants ont tenté de préserver malgré les pertes.
La plume de Sonia Devillers est élégante, précise et profondément sensible. Elle mêle avec beaucoup de naturel enquête historique, récit personnel et réflexion sur la transmission, offrant un texte aussi instructif que bouleversant.
Un piano à queue. Un magnifique Érard, fabriqué à la fin du XIXe siècle, portant le numéro de série 68037. Un instrument exceptionnel, passé entre les mains de grands musiciens, avant d'être volé par les nazis en 1943 et de disparaître. Plus de 80 ans après, on le recherche encore. Voilà un point de départ qui me plaît beaucoup. Prendre un objet, reconstituer son histoire, découvrir les vies qu'il a traversées et, progressivement, faire apparaître tout un monde. C'est précisément ce qu'entreprend Sonia Devillers, et elle le fait avec un vrai talent de raconteuse d'histoires. Car derrière ce piano se cache d'abord une famille, les Enoch, une dynastie d'éditeurs de musique qui a accompagné plusieurs générations de compositeurs et contribué à quelques grandes pages de l'histoire musicale française. On y croise Ravel, Prévert, Kosma, Montand et bien d'autres. Une plongée passionnante dans un univers que je connaissais assez mal et dont j'ai beaucoup aimé découvrir les coulisses. Et puis vient la guerre. La persécution, la déportation, l'extermination. Mais aussi le pillage méthodique des biens des familles juives, dont Sonia Devillers révèle une dimension particulièrement méconnue : la spoliation de milliers d'instruments de musique, inventoriés, confisqués, transportés et redistribués par une administration d'une efficacité glaçante. J'ai trouvé cette partie particulièrement saisissante. On connaît évidemment la spoliation des œuvres d'art par les nazis. Beaucoup moins celle de ces objets du quotidien qui, au-delà de leur valeur marchande, constituaient une part de l'identité et de l'histoire des familles auxquelles ils appartenaient. Un piano n'est pas seulement un instrument. C'est aussi des heures de musique, des apprentissages, des souvenirs, des moments partagés. Le faire disparaître, c'est aussi effacer une partie de tout cela. L'enquête est minutieuse, nourrie d'archives, de témoignages et de documents parfois étonnants. Et j'ai apprécié la manière dont l'autrice parvient à articuler la petite et la grande Histoire, en nous faisant comprendre l'ampleur d'un phénomène à partir d'un cas particulier. Elle nous apprend énormément de choses sans perdre le fil de son récit. Ce qui m'a également intéressé, c'est la façon dont cette recherche rejoint sa propre histoire familiale. Ses grands-parents, juifs roumains contraints à l'exil, ont eux aussi laissé derrière eux un piano auquel sa grand-mère était profondément attachée. Deux histoires différentes, deux disparitions, mais cette même question de ce que l'on perd lorsqu'on est arraché à son existence. Et contrairement à d'autres récits qui multiplient les détours autobiographiques, cette incursion dans l'histoire personnelle de l'autrice me semble ici trouver assez naturellement sa place. Elle explique son intérêt pour l'enquête et lui donne une résonance supplémentaire. J'ai aussi beaucoup aimé découvrir comment l'histoire des Enoch rejoint celle des "Feuilles mortes", cette chanson de Prévert et Kosma devenue un immense succès international. Il y a quelque chose d'assez vertigineux dans ce parcours, qui fait se croiser les tragédies de l'Histoire et la circulation des œuvres, parfois bien au-delà de ceux qui les ont créées ou accompagnées. Le piano des Enoch n'a toujours pas été retrouvé. Et c'est peut-être aussi ce qui donne à cette histoire sa force particulière. L'enquête ne répare rien, ne restitue pas l'instrument et encore moins les vies détruites. Mais elle parvient au moins à sauver quelque chose de leur mémoire. Une lecture passionnante, instructive et souvent émouvante. Et une belle démonstration de ce que peut raconter un objet, même lorsqu'il a disparu...
Comme les œuvres d'art volées aux juifs, il en a été de même pour les instruments de musique de grande valeur. Certains n'ont d'ailleurs toujours pas été retrouvés. C'est le cas du piano Erard modèle n° 3, le 68037.
Entre roman et documentaire, l'autrice décide donc de mener sa propre enquête. Nous apprenons donc à connaître la famille Enoch, propriétaire de ce fameux piano. À travers eux, nous suivons la montée des nazis en Allemagne et toutes les mesures prises contre les juifs mais plus particulièrement les juifs travaillant dans le monde musical.
Ce roman nous fait prendre conscience que l'extermination des juifs ne s'est pas faite que dans les camps, mais aussi en passant par une déshumanisation de leur personne, en leur confisquant tout ce qui faisait qu'ils étaient eux. Un meuble familial, un instrument qui était toute leur vie, une table où l'on célébrait en famille.
J'avais bien entendu entendu parler du dépouillement des familles juives après leur arrestation de tout leurs biens et que après-guerre des organismes ont été montés pour les retrouver et les restituer, notamment les œuvres d'art. Mais c'est la première fois que je lisais sur le domaine de la musique. Il a été très intéressant de découvrir ce pan de l'histoire qui nous démontre encore une fois la folie du nazisme.
Les liens avec cette famille sont très forts dès les premières lignes. J'aurais vraiment aimé que pour eux où qu'ils soient, leur piano tant aimé soit retrouvé. ❤️🩹
Sélectionné pour le prix Goncourt 2026. Selected for the 2026 Goncourt Prize.
L'intrigue principale, tissée au sein de l'histoire d'une riche famille juive française, s'articule autour d'un piano perdu à jamais durant la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement aux déportations conjointes françaises et allemands de Juifs, il existait une politique moins connue consistant à vider les maisons et appartements juifs ; à Paris, des entrepôts entiers regorgeaient de meubles, d'instruments de musique et d'objets ménagers. Peu de choses furent restituées aux propriétaires après la guerre. Le livre alterne entre des passages documentaires factuels et des chapitres relevant davantage de l'imaginaire. Le style, plutôt sec, convient davantage à un ouvrage non fictionnel qu'à un ouvrage de fiction.
The main plot, woven into the story of a wealthy French-Jewish family, centers on a piano lost forever during the Second World War. Alongside the French and German deportations of Jews, there was a lesser-known policy of emptying Jewish homes and apartments; in Paris, entire warehouses overflowed with looted furniture, musical instruments, and household goods. Few things were returned to the owners after the war. The book alternates between factual, documentary-style passages and chapters that are more imaginative in nature. The rather dry style is better suited to a non-fiction work than to a work of fiction.
Le livre exceptionnel de Sonia Devillers nous confronte directement à la cruauté, au cynisme, voire au manque total d'humanité des nazis. Au-delà de cette horreur très connue, il y a aussi celle des Français sous le régime de Vichy qui se croyaient autorisés à traiter les juifs comme une sous-espèce. Il s'agit non seulement des officiels collaborateurs mais aussi de tous ceux – voisins, amis, collègues – qui ont pratiqué une 'collaboration passive', qui ont détourné le regard devant les spoliations, les visites de 'déménageurs', les rafles, ou pire encore, qui ont dénoncé des familles juives, souvent pour des infractions inventées, les condamnant ainsi dans beaucoup de cas à une mort certaine. Oui, bien sûr, on connaît tout ça, et pourtant... Sonia Devilliers nous plonge dans l'huile brûlante de sa parole et ne nous lâche pas. Elle nous fait revivre l'horreur de cette époque dans un récit où la recherche méticuleuse s'allie à une plume remarquablement puissante et, là où les documents font défaut, un instinct infaillible pour la souffrance des victimes. Le fabuleux piano en question n'a jamais refait surface après la guerre, mais il devient au cours de ce texte le symbole de plusieurs milliers d'autres objets de luxe pillés par l'occupant, et surtout de millions de vies réduites au statut d'objet, jetées au feu comme du bois. Ce livre est profondément émouvant et choquant. A lire absolument. Préparez-vous à éprouver des émotions très fortes et pas toujours rassurantes.
Sonia Devillers a compris que le devoir de mémoire devait se poursuivre, il est plus que jamais important de se souvenir et, peut être ainsi d'éviter, de nouvelles dérives. On s'est beaucoup intéressé à la spoliation par les nazis, puis à la recherche de la restitution des oeuvres d'art, mais on savait moins, en tous les cas, en ce qui me concerne, que les instruments ou partitions avaient également été concernés.
Sous forme de grande saga familliale, c'est tout un pan de l'histoire que l'autrice nous dévoile, l'avant guerre, la passion de la musique pour la famille Enoch. Ce piano légendaire construit spécialement et qui sera la trame narrative. Les éditions musicales qui vont faire les carrières de grands compositeurs comme Ravel. Puis la guerre, la déportation, la fuite, et la perte de toute la famille. Seul un des fils, rescapé n'aura de cesse que de retrouver ce piano, de reconstruire sa vie, sa famille, leur société.
De nouveau, c'est toute l'après guerre, qui nous est racontée, nous croiserons Prévert, Kosma, Montand.... C'est passionnant, émouvant, remplit d'anecdotes que je ne connaissais pas....c'est également, l'occasion pour Sonia Devillers, de faire un parallèle avec sa famille qui a fuit la Roumanie.
C'est un livre magnifique, qu'on ne peut lâcher avant de connaitre la fin...et la destinée de ce piano. Vraiment à découvrir
Un roman documentaire à lire ! Au-delà de la tragédie de la Shoah, l'autrice lève le voile sur un aspect trop souvent ignoré : le pillage systématique des instruments de musique dans les foyers juifs sous l'Occupation. Ce livre met en lumière l'ampleur de la spoliation nazie, qui ne s'est arrêtée devant rien ni personne, touchant même les familles les plus démunies. Œuvres d'art, instruments de musique, meubles, effets personnels et objets du quotidien sans valeur : tout a été confisqué, révélant une volonté méthodique d’humilier et de déshumaniser les victimes. L'autrice évoque aussi deux récits en parallèle. D'une part, elle retrace le destin de la famille d'éditeurs Enoch, (à la recherche de leur merveilleux piano Erard), et de leurs célèbres proches, tels que Jacques Prévert et Joseph Kosma. D'autre part, elle raconte brièvement (car déjà amplement racontée dans son précédent livre « les exportés) l'histoire de sa propre famille, originaire de Roumanie, elle aussi spoliée de son piano familial.
Le Fabuleux Piano de Sonia Devillers est une très belle réflexion autour de la mémoire et de la transmission. À travers l’histoire d’un piano abandonné en Roumanie lorsque sa famille doit quitter Bucarest en 1961, l’autrice raconte bien plus que l’histoire d’un simple objet : elle nous plonge dans une époque marquée par l’exil, les séparations et les bouleversements de la grande Histoire.
J’ai beaucoup aimé cette manière de mêler mémoire intime, archives et histoire collective. Le piano devient véritablement le fil conducteur du récit, presque un personnage à part entière, autour duquel se construit toute cette histoire. Son abandon représente aussi une forme de déchirement : « L’obliger à s’en séparer, c’était piétiner son histoire et sacrifier sa fierté. »
Un récit touchant sur l’exil, la mémoire et l’importance des objets dans la transmission de l’Histoire.
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En avril dernier j'avais lu de Ramon Gener l'histoire d'un piano, celui-ci était allemand et traversait le siècle et divers pays. Votre histoire totalement différente m'a profondément émue, qui aurait pu imaginer? Je me suis identifiée à ce piano Erard, ainsi qu'à celui de votre grand mère. Votre livre très documenté soulève un pan caché de l'histoire, et met en lumière un aspect encore plus noir de l'extermination des juifs, la disparition de tous leurs biens, une totale tabula rasa, dont je pense on n'avait pas idée. Mais comme le démontre la nototiété mondiale de la chanson, "les feuilles mortes", la musique, les chansons restent, elles dépassent la vie, les pianos, elles dépassent les hommes, et heureusement ! Un livre nécessaire pour notre histoire, pour notre société.
Lu ce livre en parallèle d'une actualité vue passer sur les réseaux sociaux de la restitution d'un violon aux descandants d'une famille juive spoliée pendant la Guerre. Cette lecture était donc d'autant plus d'actualité et très intéressante par l'angle qu'elle aborde qui n'est pas courant je trouve sur la spoliation des instruments de musique (en plus de tous leurs biens) des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. On y suit la famille Enoch et leur grand piano de concert et sa disparition pendant la guerre tout en passant par le destin des différents membres de la famille pendant le XXe siècle ainsi que par la création de certaines musiques célèbres du XXe comme par exemple la chanson Les feuilles mortes. A lire.
Dans Le fabuleux piano, Sonia Devillers part à la recherche d'un instrument disparu pour raconter un aspect largement méconnu de la Seconde Guerre mondiale : la spoliation des pianos et des collections musicales par les nazis. En suivant la famille Enoch, elle mêle mémoire intime, archives et grande Histoire avec une écriture vivante et accessible. Sans jamais sacrifier la rigueur historique, elle fait revivre des femmes et des hommes que l'Histoire avait presque effacés. Un récit passionnant qui prolonge admirablement le travail engagé dans Les Exportés. La chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
A travers l'histoire de la famille Enoch, éditeurs de musique à Paris depuis le 19e siècle et propriétaires d'un fabuleux piano Erard n°2, Sonia Devillers nous emmène sur la trace des instruments spoliés aux Juifs lors de la seconde guerre mondiale. L'Opération Meubles et le Commando Musique sont encore méconnus et 80 ans plus tard, stupéfient toujours par leur violence froide et organisée. A mi-chemin entre histoire et roman, ce livre se lit d'une traite, et montre à quel point la musique peut devenir enjeu politique. Très bon!
This is one of several books about WWII in France, recently published, that has deepened my understanding of what happened in the country under German occupation. This is the story of a family, a people, a piano and what happens to music during the war. It is beautifully written, compelling, heartbreaking. Most beautiful, from my perspective, is the connection between objects and memory and the erasure of identity through theft. I am not sure if it is available in English, if not, it is worth waiting for the translation which will surely come. Stunning.
Comment le récit d’une famille juive, dépouillée de tout le contenu de son appartement pendant la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à un piano précieux et unique au monde, peut-il nous laisser dans l’oreille un petit air de Prévert et Kosma ? Celui des Feuilles mortes, dont la mélancolie semble prolonger, bien après la tragédie, l’écho de ce qui a été perdu.
C’est une chanson qui nous ressemble. Toi, tu m’aimais et je t’aimais Et nous vivions tous deux ensemble, Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Cette enquête aborde un aspect moins connu de la spoliation des Juifs en France pendant l'Occupation : la cynique industrie du vol de pianos et d'instruments de musique des familles déportées, déployée par l'occupant. Sonia Devillers réussit, grâce à un récit minutieusement documenté, à nous rappeler les honteuses vilenies et ignominies dont certains se sont rendus coupables pendant que d'autres organisaient le plus grand génocide du XXieme siècle.
Une enquête intéressante sur l'organisation par les nazis du pillage des instruments de musique volés dans les appartements des juifs déportés. On apprend beaucoup de choses. C’est effarant.