Η Καουτέρ Αντιμί περνά μια νύχτα στο Ινστιτούτο του Αραβικού Κόσμου για να αφηγηθεί την τύχη της Μπάγια, της χαρισματικής Αλγερινής ζωγράφου που κέρδισε τον θαυμασμό του Ματίς και του Πικάσο. Ωστόσο, μες στη σιωπή του μουσείου, μια άλλη αφήγηση έρχεται στο προσκήνιο. Το 1994, ενώ η Αλγερία βυθίζεται ολοένα στη βία, οι γονείς της Καουτέρ αποφασίζουν να επιστρέψουν εκεί, στην πατρίδα, με τα παιδιά τους. Την επομένη της άφιξής τους, το οικογενειακό αυτοκίνητο πέφτει πάνω σε ένα ψεύτικο μπλόκο της Ένοπλης Ισλαμικής Οργάνωσης (GIA). Πρόκειται για το πρώτο επεισόδιο σε μια σειρά τραγωδιών που τους επιφυλάσσει η λεγόμενη «μαύρη δεκαετία». Γιατί οι γονείς της θέλησαν να επιστρέψουν τότε ακριβώς που, όσοι μπορούσαν, εγκατέλειπαν άρον άρον τη χώρα; Πώς να σταθεί στα πόδια της η ενήλικη πια συγγραφέας, όταν το παρελθόν στοιχειώνει και κατασπαράζει τις νύχτες της; Η Αντιμί αντικρίζει κατάματα τις αναμνήσεις της, προσπαθεί να γεμίσει τα κενά, να ανασύρει όλα αυτά που έχουν θαφτεί, εξερευνώντας όσα αναπαράγονται μες στα χρόνια, όσα αποσιωπώνται, αλλά και όσα ξαναβρίσκουν τη φωνή τους. Ένα τολμηρό κείμενο, όπου η τέχνη λειτουργεί σαν φωτεινό αντίβαρο στη σκοτεινιά της Ιστορίας.
Kaouther Adimi, (born 1986 Algiers) is a writer, graduate in modern literature and human resources management. She works today in Paris, where she has lived since 2009. Kaouther Adimi was born in Alger, Algeria, in 1986. From the age of 4 to the age of 8, she lived with her family in Grenoble, France. It's during this period that she discovered the pleasure of reading, by going to the public library every week with her dad
In 1994, she returned to Algeria, which was then under the influence of terrorism. Having very few opportunities to read, she started to write her own stories. While she was studying in the Alger university, she entered a writing contest organized by the French Institute, for the young writers in Muret (Haute-Garonne). The short story she submitted held the attention of the jury who published it in a collection alongside the other laureates' productions. Thanks to this contest, she was invited to Muret then Toulouse and finally Paris, where she met with les éditions Barzakh.
She has a degree in modern literature and human resources management.
In 2009, she wrote her first novel L'envers des autres. The same year, she left Alger for Paris.
She worked for a time in the human resources field for L'Oréal. Now, she's working for the L'Oreal Foundation as skincare program supervisor.
Οι δρόμοι συναντιούνται, αποκακρύνονται, ξανασμίγουν. Τα σώματα αγγίζονται ανεπαίσθητα. Ο ήλιος με τυφλώνει. Και η θάλασσα – είναι αδύνατο να μη δεις τη θάλασσα».
(Αρχη του βιβλίου, σελ. 11)
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Η Αντιμί αποφασίζει να περάσει «μια νύχτα στο μουσείο», όπως κι άλλοι συγγραφείς πριν από εκείνη, ανάμεσα στα έργα της Αλγερινής ζωγράφου Μπάγια. Η πρώτη της προσπάθεια, μερικά χρόνια πριν στο μουσείο Πικάσο είχε αποτύχει: το σκότος του παρελθόντος κέρδισε, κι εκείνη έφυγε νικημένη αλλά όχι κατατροπωμένη. Γιατί μια ιστορία που πρέπει και θέλεις να ειπωθεί, αργά η γρήγορα θα ανατείλει.
Η συγγραφέας, που ζει μόνιμα στο Παρίσι, δε μπορεί να αναπνεύσει πουθενά αλλου εκτός από το Αλγέρι, και παίρνει βαθιές ανάσες όταν βρίσκεται εκεί, για να κρατήσουν για όλο τον υπόλοιπο χρόνο. Όπου όμως και να ζήσει δε μπορεί να κοιμηθεί κανονικά, ο τρόμος την νικάει. Ο τρόμος όσων έζησε στον αιματηρό εμφύλιο της Αλγερίας τη δεκαετία του 1990. Τότε που ο πατέρας τους επέλεξε να επιστρέψουν στην πατρίδα, ενώ ζούσαν στη Γαλλία, όταν όλοι όσοι μπορούσαν την εγκατέλειπαν.
Για να γράψει για το έρεβος η Αντιμί επιλέγει να μιλήσει για το φως, το χρώμα, την μοναδικότητα της Μπάγια. Τούτο είναι το δικό της αντίβαρο του σκοταδισμού, και μέσα από αυτό καταφέρνει να ανασύρει από μέσα της όλα όσα κρύβονταν στο απύθμενο πηγάδι της μνήμης.
Της μνήμης που πονει πάντα όταν την αγγίζεις, οπως λέει ο Σεφέρης, αλλά είναι κι ο μοναδικός τρόπος κατανόησης του τρόμου. Και δεν εχει, εν τελει, σημασία πόσο ακριβή ειναι οσα θυμάται κανείς, αλλα πόσο τούτος ο αγώνας θα ανασύρει τα αισθήματα και θα θεραπεύσει το τραύμα.
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Το διάβασα ακούνητη, απνευστί, ακόμα κι όταν το μεσημεριατικο Αθηναϊκό φως άρχισε να μειώνεται.
J'ai choisi ce livre presque les yeux fermés car j'aime beaucoup cette collection originale de "Ma nuit au musée" (éditions Stock) où des écrivains sont invités à passer une nuit dans le musée de leur choix afin de se livrer à certaines introspections provoquées par le lieu imposant ; j'envisage de faire un rattrapage des livres précédents car à ce jour je n'en ai lu que 4 sur 24).
Outre l'histoire dramatique de l'auteur dont la vie s'étire entre l'Algérie et la France où son père suit un cursus universitaire payé par l'armée algérienne, puis retour obligatoire en Algérie alors en proie à la violence des groupes islamiques armés ; le père intraitable refuse d'être considéré comme déserteur et c'est dans la clandestinité que la famille doit alors survivre. Ces années d'angoisse lui laisse des cicatrices invisibles que seule la reconstitution laborieuse - quoique forcément incomplète - des souvenirs récoltés auprès de sa famille de ces années terribles (carnets d'enfance, lettres, films restaurés) saura assouplir et effacer.
Très beau texte parfois déconcertant par les multiples voyages entre passé et présent, entre la vie de Baya et celle de l'auteur, mais que j'ai lu d'une traite et qui m'a donné la curiosité d'en savoir plus sur Baya dont je n'avais jamais entendu parlé avant ce roman. J'ai particulièrement apprécié le passage où il est question de trier les souvenirs, les archives, ce qui entraine obligatoirement l'effacement d'une réalité. Très beau.
Pour cette seconde expérience, Kaouther ADIMI choisie de passer une nuit à l’Institut du monde arabe dans les salles renfermant les œuvres de l’artiste peintre algérienne Baya.
Mais dès les premières pages, on devine que l’histoire de Baya n’est qu’un prétexte pour l’auteure à effleurer sa propre histoire familiale : celle du départ de Grenoble pour l’Algérie en pleine guerre fratricide avec sa famille, quand tout le monde cherche à fuir le pays.
J’ai aimé son père taiseux qui n’expliquera que lapidairement à sa fille pourquoi il se sent dans l’obligation de revenir au pays. J’ai trouvé dommage que sa mère n’aie que peu de place dans ces pages.
Mais de ce qu’elle a elle-même vécue, l’auteure ne dira pas grand chose, si ce n’est au détour d’une phrase : « Pas la nuit, pas les cris étouffés, pas le silence. » (p.207)
Dans ces pages, l’auteure fait également l’expérience de la mémoire trompeuse : pour elle, la voiture familiale était une Peugeot blanche, mais pas pour son frère.
J’ai aimé découvrir son rapport aux langues : l’obligation d’apprendre l’arabe avant de retourner en Algérie, le refus inconscient des enfants qui n’y arrivent pas.
J’ai aimé que Kaouther ADIMI parle de ce que l’on verse dans un puits, de ce dont on ne veut plus parler parce que cela fait encore mal. Et j’ai aimé que lors de cette nuit, à travers l’oeuvre de Baya et des souvenirs apportés, elle soulève le couvercle de son puits dans lequel elle a mis « la grande nuit ».
J’ai aimé découvrir l’artiste Baya, son enfance ballottée et la découverte de son talent à Paris puis son retour sur sa terre natale. Comme l’auteure, j’aime son rose indien et son bleu-violet.
J’ai adoré sa découverte de Picasso lorsqu’elle est une jeune femme avec 2 amies dans un musée construit par la France puis détruit et reconstruit, un musée dans lequel les surveillants de salle vous apportent les œuvres que vous voulez voir. Dans ce musée, les œuvres sont restées ce qu’elles sont réellement, c’est-à-dire une expérience et non pas un objet (p. 222).
J’ai aimé découvrir que l’auteure avait passé cette nuit en 2022, prenant ensuite le temps d’écrire ce livre de commande.
L’image que je retiendrai :
Celle du lit de camp qui vient apporter une touche d’humour dans ces pages douloureuses : c’est le même pour tous les auteurs depuis le début de la collection, et il semble difficile à monter et usé.
Coup de cœur pour ce livre qui alterne les souvenirs autobiographiques de l’autrice dans l’Algérie des années noires et le destin de Baya, peintre prodige et autodidacte, « la princesse au milieu des barbares » selon les mots d’Albert Camus qui lui rend visite lors de sa première exposition parisienne. Le prétexte de cette nuit à l’Institut du Monde Arabe permet à l’autrice, le temps d’une nuit, de faire l’aller retour entre deux Algérie, celle de Baya et de la colonisation et la sienne, celle de la décennie terrifiante de la guerre civile. C’est le livre le plus touchant de Kaouther Adimi, sans doute parce qu’elle y livre une part intime et profonde : on est incrédule comme elle face à ce retour définitif en Algérie, décidé par son père, quand on sait le chaos qui les attend là-bas. C’est donc le récit d’une survivante qu’on découvre dans ce livre et aussi celui de sa renaissance comme écrivaine. Je me rends en voyage en Algérie dans quelques semaines et grâce à ce livre, mes pas me mèneront au musée des Beaux-arts, sur la colline au sanglier, à la recherche du rose et du bleu de Baya.
Une empreinte de vie, dessinée avec humeurs, émotions, marque notammentles liens de l'auteure avec la temporalité ainsi que les influences culturelles au sein de la famille et de la société.
La Joie ennemie de Kaouther Adimi est une histoire de rencontres : celle avec une œuvre, celle d’une enfant avec une femme et une autre petite fille avec le regard d’un père dans un rétroviseur. Une première nuit au musée avait déjà été proposée à Kaouther Adimi. Le musée Picasso ouvrait ses portes pour une aventure solitaire autour du langage de couleurs de la peintre Baya. Et, ce moment fut écourté par l’impossibilité d’écrire, mais surtout des inquiétudes terribles. Accompagnée de notes sur la peintre, Kaouther Adimi recommence l’expérience à l’IMA (Institut du Monde Arabe) pour la grande rétrospective consacrée à son œuvre. Impossible de ne pas honorer le contrat proposé ! Alors, quels sont ces impossibles à dire qui empêchent d’être seule auprès des œuvres de Baya, de son vrai nom Fadma Haddad. Ce roman m’a profondément émue. En alternant la vie de Baya et le récit sur sa propre vie, Kaouther Adimi partage une expérience très personnelle de ce concept où l’émotion n’est jamais victimisation. Les éblouissements de couleurs de la peintre Baya semblent raconter une enfance heureuse et épanouie, comme coûte que coûte les parents de l’écrivaine essayaient de leur donner, à elle et ses frères. Seulement, derrière cette luminosité, se cachent la souffrance et la peur abandonnant soudainement l’enfance pour devenir adulte. À découvrir ! Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Il s’agit d’un concept original lancé par la maison d’édition @editionsstock : un auteur passe une nuit dans le musée de son choix, puis écrit un texte inspiré par ce qu’il a ressenti au milieu des œuvres — dessins, sculptures ou autres.
L’autrice de ce récit n’est autre que Kaouther Adimi , écrivaine algérienne dont j’ai déjà lu plusieurs livres, comme Nos richesses ou Au vent mauvais.
Sa nuit au musée se déroule à l’Institut du monde arabe à Paris, lors d’une exposition consacrée à la peintre algérienne Baya, une artiste autour de laquelle de nombreuses fausses informations ont circulé. Kaouther Adimi tente ici de retracer la vie de Baya et de redonner toute sa place à cette peintre de génie, digne des plus grands noms comme Picasso ou Matisse.
Mais en faisant cela, l’autrice replonge aussi dans ses propres souvenirs : ceux de son enfance et de sa famille durant la guerre civile algérienne des années 90. Elle évoque des moments douloureux, parfois incompréhensibles encore aujourd’hui, et essaie de recoller les morceaux d’une période marquée par la peur et la perte.
Ce livre m’a profondément touché. Il m’a permis de découvrir à la fois l’art d’une peintre que je ne connaissais pas et une facette de mon pays, l’Algérie, que je redécouvre à travers ses mots.
Que vous soyez Algérien ou non, je vous recommande vivement ce petit livre d’à peine 200 pages, écrit d’une plume fine et sincère, qui vous tiendra jusqu’à la dernière ligne. Une lecture parfaite pour l’automne. 🍂
The parallel between Kaouther Adimi and Baya's childhood is interesting; each leaves one country and arrives in another. At the same time, we explore the history of Algeria. This was the first novel I read by the author, and I really liked it.
J’aime beaucoup le concept de cette collection et j’avais bien aimé le livre de Kaouther Adimi que j’ai lu, donc forcément je me devais de lire ce livre. C’était super intéressant d’apprendre à connaître l’autrice, son histoire et son lien avec l’Algérie.
Moi aussi j’aimerais bien dormir dans un musée pour écrire mes névroses. Cette maison d’édition sort vraiment du lot. Kaouther Adimi, dans la lignée d’Assia Djebar revient violemment, mais avec nécessité, sur les questions linguistiques, sur les difficultés de se reconstruire après la guerre, sur la place de la violence dans un récit. Lorsqu’elle nous partage son premier échec nocturne d’écriture dans un musée, on prend véritablement conscience de ce que écrire implique.