Lorsque son père se retrouve en état de mort cérébrale en raison d’une surdose de fentanyl, Arizona est encouragée à faire de ce drame un bienfait en donnant ses organes. Des mois plus tard, cette décision continue de la tourmenter. Accompagnée d’un lézard sarcastique et d’une tendre créature cadavérique, elle plonge dans l’histoire des sciences médicales afin de mieux comprendre les injustices qui sous-tendent l’utilisation des corps des uns au bénéfice des autres.
Avec un ton à la fois inquisiteur et drôle et une esthétique délicieusement vintage, Opioïdes et organes expose les côtés les plus discutables de la pratique du don d’organes, tout en offrant une touchante exploration de notre mortalité.
Ça m’a semblé un peu forcé. Je ne suis pas convaincue par la proposition. Tout est effleuré, rien n’est vraiment approfondi et j’ai eu l’impression qu’elle voulait démontrer sa thèse à tout prix, quitte à forcer des liens là où il n’y en avait pas nécessairement avec un genre de manque de rigueur qui m’a gossé.
Cette BD autobiographique est un réel chef-d’œuvre !
On y suit Arizona qui, suite du décès de son père d’une overdose de fentanyl, doit prendre une décision urgente.. accepter ou non le don d’organes. Son consentement devient alors le point de départ d’une remise en question et d’une culpabilité lourde à porter.
Ses interrogations entourant le don d’organes l’amènent à explorer l’histoire de la transplantation, la culture populaire, l’éthique médicale, la crise des opioïdes, mais surtout, à relever les inégalités sociales qui entourent ces enjeux.
On fait littéralement un voyage morbide dans l’univers de la médecine et ce, à travers le monde.
On passe d’Harvard au Louvre, jusqu’à l’Irlande. On croise Dracula, Mary Shelley et l’inconnue de la Seine. On est confronté à la cruauté de certains chercheurs et à la morale parfois absente de d’autres.
C’est un livre qui nous amène à réfléchir à un sujet plutôt inusité. La mort d’une personne qui permet à d’autres de continuer à vivre. On a changé les termes afin que le don d’organes soit acceptable mais la pratique reste la même.. celle de prélever des morceaux à un cadavre.
C’est amené avec sensibilité, intelligence et une douce touche d’humour !
Honnêtement, j’ai tout aimé !
C’est profondément humain mais aussi.. dérangeant. C’est cette dualité qui m’a vraiment plu.
Visuellement, c’est plus que magnifique !
Ce livre m’a vraiment marquée. Je vais y réfléchir longtemps. 🖤
Je vais y revenir, mais j'ai l'impression que la lecture du livre de shelley manque un peu de sensibilité métaphorique à mon goût.
2.8: Je comprends que c'est un livre nécessaire pour le deuil de l'autrice, mais ça tourne un peu en rond et j'ai l'impression que le côté féministe de l'écriture de mary shelley est un peu oblitérée et la relation problématique (très problématique) avec son mari est oubliée.
« L’industrie canadienne du don d’organes me rend mal à l’aise. En fait, je ne sais pas trop quoi en penser. La crise des opioïdes au Canada contribue à résorber la pénurie d’organes dans le pays. Ça a été couvert dans les médias. Une majorité considère que c’est une bénédiction malgré tout. Ça me rend folle. Mon père est mort au tout début de la crise des opioïdes en 2015. » (O’Neill, Arizona. Opioïdes et organes)
4.4 Intelligent, sensible, intéressant et visuellement magnifique.
5 étoiles pour le visuel 3 étoiles pour le texte Le sujet du don d'organes m'a tout de suite interpellée. L'art est incroyable. Le texte un peu moins... J'ai aimé entendre la perspective qui se trouve au revers de la médaille, celle dont personne ne parle vraiment. J'ai aimé les passages historiques ou ceux qui détaillaient les recherches de l'autrice. Mais le tout était bizarrement ficelé, les interactions entre les personnages n'étaient pas naturelles et la fin qui se veut être une morale pas très subtile... Je suis mitigée.
Mes bouts prefs : ceux du lézard! Il avait de la repartie, ce Izzy, et il me faisait rire.
En contre partie, Frankie me semblait moins bien exploité comme personnage. Le parallèle aurait pu être très intéressant, mais il n’apportait pas grand chose au texte à mon avis.
Dans son roman graphique Opioïdes et Organes, Arizona O'Neill raconte comment elle a réagi après la mort de son père, décédé d'une surdose de fentanyl. Déclaré en mort cérébrale, il devient rapidement un potentiel donneur d'organes. Encore sous le choc, elle accepte. Des années plus tard, cette décision continue de l'habiter. Était-ce la bonne chose à faire? Pourquoi a-t-elle eu l'impression que, dans ce moment de vulnérabilité extrême, tout allait si vite?
À partir de ce potentiel sentiment de culpabilité (selon ma perception), l'autrice explore l'histoire de la transplantation, les premiers essais médicaux, les expérimentations sur les humains et les animaux, les dérives éthiques de la médecine et les liens troublants entre la crise des opioïdes et l'augmentation du nombre de dons d'organes. Les parallèles avec Mary Shelley et Frankenstein fonctionnent particulièrement bien. C'est d'ailleurs fascinant de réaliser à quel point Shelley imaginait déjà, au début du XIXᵉ siècle, des questions qui résonnent encore aujourd'hui : l'électricité comme source de vie, les corps réassemblés, les frontières de la science et de l'éthique.
J'ai beaucoup aimé l'univers graphique. Les illustrations, dans une palette de couleurs douces, créent une ambiance introspective et mélancolique. L'humour absurde, parfois franchement étrange, très quirky apporte un peu d'air sans minimiser la tristesse. À certains moments, j'avais presque l'impression de me retrouver dans un Alice au pays des merveilles un peu gothique... avant que l'autrice ne fasse elle-même un clin d'œil à Lewis Carroll. On sent aussi une filiation avec l'univers de sa mère, Heather O'Neill, dont elle hérite visiblement du goût pour le mélange du merveilleux et du macabre.
Si je comprends que l’autrice cherchais à partager son expérience du don des organes d’un proche étant décédé d’une surdose d’opioïdes, j’aurais encore plus apprécié ma lecture si elle avait poussé davantage sa réflexion sur la crise des opioïdes et sur l'industrie du prélèvement d'organes. L'autrice soulève des questions dérangeantes, évoque l'existence d'un système qui dépend, en partie, des morts causées par cette épidémie, mais elle ne creuse pas aussi loin que je l’aurai aimé.
Cela dit, ce n'est pas un essai sur les opioïdes ou sur les dons d'organes. C'est le récit d'une fille qui tente de survivre à une décision impossible. Une œuvre probablement cathartique, écrite autant pour elle-même que pour d'autres enfants qui ont vécu ce genre de deuil brutal. En ce sens, je comprends que certaines réflexions semblent inachevées ou même dérangeantes : elles appartiennent davantage au processus du deuil qu'à une enquête journalistique.
C’est un roman graphique avec un regard singulier, de magnifiques illustrations et de nombreuses questions qu'il laisse en suspens. Il regorge d'idées fascinantes et il m'a donné envie d'aller encore plus loin que ce qu'il proposait. C’est ce qu’on souhaite de la littérature, non? En tout cas moi oui!
Seras-tu tenté.e de le lire? Connaissais-tu Arizona O’Neil?
Le livre est un hybride entre l’enquête, le documentaire et le récit personnel. Le père d’Arizona est mort d’une surdose de fentanyl et ses organes ont été donnés à de multiples personnes après sa mort. Arizona tente de passer outre le traumatisme de cet événement qui s’est passé trop rapidement à son goût. Elle voyage donc avec un lézard qui incarne ses traumatismes, Izzy, et le monstre de Frankenstein, Frankie, dans le but de comprendre comment fonctionne le don d’organes au Canada, mais aussi partout dans le monde. Le trio se promène de Montréal à Cambridge et de Dublin à Paris pour trouver les réponses d’Arizona.
J’aime beaucoup le roman graphique documentaire et le métissage avec la quête personnelle qu’a créé O’Neill fonctionne très bien. C’est vraiment son histoire personnelle qui nous guide et, grâce à elle, on réfléchit à l’histoire du don d’organes, à son lien avec la crise des opioïdes, aux injustices et à l’histoire des transplantations. C’est à la fois personnel et pédagogique.
Aussi, le talent d’illustratrice d’O’Neill est sans équivoque. Les dessins sont extrêmement bien faits. Il y a beaucoup de parties fantastiques (il y a quand même un lézard et un monstre comme personnages principaux) et l’intégration de ces parties parmi les bibliothèques de Dublin et les murs de Harvard est impeccable.
Honnêtement, Opioïdes et organes est vraiment un bon roman graphique. C’est intime, pédagogique et magnifique. J’ai déjà hâte aux prochains romans graphiques d’Arizona O’Neill.
Ça fait réfléchir. Elle soulève des questions éthiques intéressantes sur le don d’organes et la discrimination qui y est liée. C’était intéressant de connaître l’histoire derrière le don d’organe, mais je trouvais qu’elle tournait les coins ronds. Je suis pour le don d’organes, pour la recherche scientifique, mais je suis aussi consciente qu’il existe des dérives et qu’il est important d’en parler. Je comprends que certains enjeux peuvent déranger ceux qui restent, comme c’est le cas aussi avec l’aide médicale à mourir. Ce sont des enjeux sérieux dont on ne parle pas assez et cette autrice a eu le courage de poser des questions
J’ai été profondément dérangée par son propos comme quoi notre société « continue à prendre des organes sur des personnes que la société juge inférieures ». Et pourquoi ? Au profit d’une classe privilégiée.
Il aurait été pertinent que l’autrice fasse ses recherches auprès de Transplant Québec au lieu de véhiculer de fausses croyances, des mythes qui ont la vie dure. Avec ce livre, elle fait reculer la cause du don d’organes. J’ai mis 2 étoiles pour les illustrations qui sont magnifiques.
Wow, absolutely stellar book and great translation—the way facts are mixed with the author’s onirique way of seeing the world made for a fascinating read. Although the topic is heavy, the author uses humour in just the right places. Highly recommend!
Une belle oeuvre sur un sujet important. Ça ma donné l'occasion d'avoir une belle conversation avec une médecin spécialisée en transplantation à l'hôpital où je travaille. On sent effectivement que l'autrice à eu un deuil difficile. Mais il y a matière à ouvrir plus de discussions sur le sujet.
C'était weird, mais tellement bon comme lecture ! J'ai beaucoup aimé les réflexions autour de la crise des opioïdes et du don d'organes. Ça soulève, en effet, de véritables questionnements éthiques et moraux. Le parallèle avec Frankenstein fonctionne bien et, vers la fin, on plonge dans un petit trip de mush 😅. Globalement, c'est une belle BD documentaire au charme très vintage qui plaira aux amateurs d'univers un peu éclatés.