Je voulais lire cette pièce avant son lancement, avant qu'elle resplendisse sur la scène du théâtre du Bic, et je suis heureuse de l'avoir fait, comme une façon de plonger dans l'écriture percutante de l'autrice, sans en connaître encore les codes.
Le thème me rappelait un écrit, et c'est en fouillant que j'ai réalisé que la pièce est une belle expansion d'une nouvelle du livre " Ce qui brûle bien", paru il y a quelques années. C'était d'ailleurs une de mes histoires préférées, quelle joie alors de me lancer dans la lecture aujourd'hui !
En résumé, on rencontre Annabelle, mère de famille, coincée dans un des nombreux dilemme du quotidien, à savoir; sortir à l'épicerie ou non? Notre vie, peuplée de choix, et de cette grande affirmation tirée de la bouche d'un personnage ;" Ça prend rien pour que ta vie dérape. "
Une chose fascinante chez cette autrice, c'est sa capacité naturelle à manier l'humour, à soulever les enjeux du quotidien avec la même fougue et brio que celle déployée aux grands bouleversements sociétaires. Elle écrit avec coeur et générosité.
Il y a des perles là-dedans, la mère en moi a vibré, la femme, l'amoureuse, la grande anxieuse aussi. Parce qu'il n'y a pas qu'Annabelle, il y a de nombreux autres humain.e.s dans ce récit, et chacun.e est touché.e par les actes d'autrui, dans un grand effet papillon qui réveille l'empathie.
Cette pièce est truffée de doux, de compréhension, d'ouverture face aux grandes questions de la vie et de la mort, mais aussi, et surtout, nous parle d'amour et de communauté.