Je n'aime pas les mots «surdon», «douance», «surdouance», «doué», «surdoué» ou même «HPI» (haut potentiel intellectuel). Porteurs de beaucoup d'idées fausses, ils me renvoient aussi aux plus sombres moments de l'Histoire, quand la catégorisation des groupes humains a fondé la décision d'en exploiter, voire d'en éliminer certains. J'utilise ces qualificatifs par pure commodité, car je n'ai pas, jusqu'à présent, réussi à en trouver de plus satisfaisants pour décrire une population au mode de fonctionnement particulier et avéré. Le terme «surdoué» porte à confusion. La compréhension commune que l'on en a conduit à des malentendus et à de la souffrance. Le surdon est une réalité neurophysiologique. Un surdoué, qui pense en permanence de façon différente, vivra très souvent l'expérience de l'isolement. Pas seulement un isolement physique ou affectif, mais plus sûrement une vraie solitude, un enfermement, parfois intolérable à endurer. Il est très rare que les surdoués s'ouvrent à qui que ce soit de leurs pensées et de leurs ressentis, même à leurs proches, et cette impossibilité à communiquer peut prendre un tour dramatique. Rompre l'isolement est fondamental. J'ai consulté plus d'un millier de pages Internet et des dizaines de communications scientifiques. Outre mes échanges avec le professeur Lançon, j'ai confronté mes découvertes avec un groupe test : une «communauté», un groupe de chatteurs (une grande majorité de trentenaires et de quadragénaires dont le point commun était d'être surdoué). Je les ai questionnés, observés, rencontrés. À l'occasion de la rédaction de ce livre, beaucoup ont pu partager sur leur fonctionnement tellement particulier, dont ils n'avaient jamais osé parler - même avec les autres chatteurs - préjugeant qu'on risquait de les regarder d'un drôle d'air. Ce livre n'est pas pour autant un simple témoignage personnel. Je ne me serais jamais risquée à publier mes conclusions si je n'y avais été encouragée par tous ceux qui s'y sont également reconnus, alors même que j'avais achevé mes recherches et la rédaction de mes observations. Les nombreux témoignages recueillis ensuite sur mon blog (www.talentdifferent.com) sont venus à leur tour étayer ces conclusions. Un mot caractérise au plus près cette population particulière : «polymathe» - qui a des connaissances variées et approfondies. Mais, reconnaissez-le, ce mot ne fait pas vraiment rêver... Mon fils aîné m'a un jour proposé le terme d'«absurdoué». C'est le terme que j'aimerais bien garder en fin de compte, tant, effectivement, il y a quelque chose d'absurde dans le surdon, au-delà de la capacité effective à pouvoir s'intéresser en profondeur à différents sujets. Un surdoué, ce n'est pas seulement une magnifique mécanique intellectuelle. C'est d'abord, et avant tout, un être d'une sensibilité physique et émotionnelle exacerbée, d'une hyperémotivité, au coeur d'un combat de tous les instants, qui absorbe une partie majeure de son énergie personnelle quotidienne. Ce livre est destiné à aider les thérapeutes à identifier les spécificités de fonctionnement de certains patients, dont la souffrance résiste aux traitements classiques contre la dépression. Cette édition augmentée s'attache d'ailleurs à approfondir les pistes d'accompagnement. S'il le peut, il est aussi conçu pour aider les adultes surdoués, seuls ou accompagnés, à reprendre espoir. Et même, pour certains, à faire la paix avec eux-mêmes.
Biographie de l'auteur
Identifiée comme surdouée à 42 ans, Cécile Bost, diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, est spécialiste du développement économique et de l'aménagement du territoire à Marseille. A la suite du suicide d'un proche, elle entame des recherches sur ce qui fait la spécificité des adultes surdoués. Soutenue dans ses investigations par un psychiatre, le Professeur Lançon, et une communauté de chatteurs eux aussi surdoués, elle parvient enfin à comprendre pourquoi, durant sa vie passée, elle a pu se sentir "pas comme les autres".
Identifiée comme surdouée à 42 ans, Cécile Bost, diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, est spécialiste du développement économique et de l'aménagement du territoire à Marseille. À la suite du suicide d'un proche, elle entame des recherches sur ce qui fait la spécificité des adultes surdoués. Soutenue dans ses investigations par un psychiatre, le Professeur Lançon, et une communauté de chatteurs eux aussi surdoués, elle parvient enfin à comprendre pourquoi, durant sa vie passée, elle a pu se sentir " pas comme les autres ".
Très bonne lecture à lire comme accompagnement au livre de Jeanne Siaud-Facchin. Dans cet ordre là. D'une écriture concise, fait aussi mention de références scientifiques intéressantes et il touche une grande panoplie de domaines. Des fois un peu trop dans l'extrapolation anecdotique suite au fait de citer très souvent des conversations tirés de fora. Mais en même temps, cela donne justement une touche de réalité plus directe. Certes, ces citations servent d'illustration et de témoignages, mais en l'occurence ce qui m'intéressait le plus c'était la pensée synthétique de Cécile Bost. Les témoignages sont bien pour illustrer ce qu'elle dit et pour se reconnaître, se voir rassurer qu'on n'est pas seul en ayant plein "ah me too !"
Par contre, j'ai trouvé dommage de ne pas trouver de bibliographie, autre que celle de 5 livres "pour aller plus loin". Dans son livre Cécile Bost fait référence à plusieurs auteurs, scientifiques, elle site leurs noms, mais très rarement d'où elle obtient les passages qu'elle cite ou paraphrase. Il y en a, mais suffisamment d'autres manquent pour faire la remarque critique. On apprend juste le nom de la personne. Moi ça me laisse avec milles questions ! Justement pour aller plus loin, aurais aimé pouvoir creuser moi même les choses qui lui ont mené à écrire ce qu'elle a écrit. Je n'aime pas qu'on filtre pour moi ce qui peut m'intéresser.
En tout cas, c'est un livre que je conseille de lire "to whom it may concern"
Je ne suis pas adepte des self-help books et, lorsqu'il m'arrive d'en ouvrir un, j'ai tendance à vite abandonner.
Néanmoins, intriguée de voir celui-ci mentionné par ma thérapeute à plusieurs reprises, j'ai fini par l'acquérir et non seulement le lire, mais le dévorer.
Quel soulagement de pouvoir reconnaître son comportement, d'apprendre qu'on est est a-normal (simplement en dehors de la norme) et non anormal ! De savoir, surtout, qu'on n'est pas tout seul et que ce mode de pensée si particulier, si épuisant et qui rend souvent si malheureux a des bases physiologiques et ne résulte pas d'une simple mauvaise volonté à vouloir fonctionner "comme tout le monde", comme on se l'est parfois entendu répété des années durant...
Un livre qui ne donne au final pas énormément de solutions, mais beaucoup de clés, et c'est déjà beaucoup. Ne pas se fier au titre, que je trouve mal choisi et un poil racoleur sans parler du mot "surdoué", que j'abhorre).
Un livre qui fait le tour de la question avec beaucoup de témoignage. Quelques pistes d'aide en fin de bouquin. Pas un ouvrage de référence sur le sujet, mais plutôt un compagnon de route pour se sentir moins seul(e).
je l'ai lu car des amies surdouées pensent que je le suis également et j'étais sceptique mais je dois dire que je me suis retrouvée à certains moments. A d'autres, j'ai trouvé les témoignages plein de prétention