Ce recueil de vers paru en 1901 consacre d'emblée Anna de Noailles (1876-1933) comme une des plus grandes poétesses françaises. Son titre même est passé en locution proverbiale. Il est expliqué par ces vers : " Toi, vis ; sois innombrable à force de désirs, / de frissons et d'extase. " La formule nouvelle d'un amour panthéistique pour la nature y reconnaît pourtant une inspiration traditionnelle du romantisme depuis Rousseau, Senancour, Maurice de Guérin. Un des intérêts du recueil est qu'il contient déjà tout ce qu'Anna de Noailles développera par la suite, les thèmes qui traversent son œuvre : identification de l'être pensant avec les choses matérielles, l'univers végétal, aperception voluptueuse et résignée de la mort, profession de foi païenne... Ce qui frappe dans ce livre, c'est la forme stricte et la perfection de son architecture. On y retrouvera l'influence de Victor Hugo qu'Anna de Noailles admirait tant. Bien des lecteurs y trouveront d'autres influences : des poètes contemporains comme Jean Moréas ou Henri de Régnier, mais aussi Verlaine ou Francis Jammes. La voix d'Anna de Noailles a charmé tous ceux qui l'ont approchée ou lue. Ses cadences retrouvent aujourd'hui des lecteurs, car elle a su renouveler la poésie tout en s'inscrivant dans un lyrisme européen qui remonte à Horace et aux grands poètes de la Renaissance.
Born Princess Anna Elisabeth Bibesco-Bassaraba de Brancovan in Paris, she was a descendant of the Bibescu and Craioveşti families of Romanian boyars. Her father was Prince Grégoire Bibesco-Bassaraba, a son of Wallachian Prince Gheorghe Bibesco and Zoe Mavrocordato-Bassaraba de Brancovan. Her Greek mother was the former Ralouka (Rachel) Mussurus, a musician, to whom the Polish composer Ignacy Paderewski dedicated several of his compositions. Via her mother, Anna de Noailles is a great-great-granddaughter of Sophronius of Vratsa, one of the leading figures of the Bulgarian National Revival, through his grandson Stefan Bogoridi, caimacam of Moldavia.
In 1897 she married Mathieu Fernand Frédéric Pascal de Noailles (1873–1942), the fourth son of the 7th Duke de Noailles. The couple soon became the toast of Parisian high society. They had one child, a son, Count Anne-Jules de Noailles (1900–1979).
So popular was Anna de Noailles that various notable artists of the day painted her portrait, including Antonio de la Gandara, Kees van Dongen, Jacques Émile Blanche, and the British portrait painter Philip de Laszlo. In 1906 her image was sculpted by Auguste Rodin; the clay model can be seen today in the Musée Rodin in Paris, and the finished marble bust is on display in New York's Metropolitan Museum.
She died in 1933 in Paris, aged 56, and was interred in the Père Lachaise Cemetery. She was a cousin of Prince Antoine Bibesco, Princess Martha Bibescu and Elena Văcărescu.
Anna de Noailles was the first woman to become a Commander of the Legion of Honor, the first woman to be received in the Royal Belgian Academy of French Language and Literature, and she was honored with the "Grand Prix" of the Académie Française in 1921.
3,5/5 pentru câteva poezii minunate şi pentru semnificația sentimentală pe care această carte o are.
Voix intérieure
Mon âme, quels ennuis vous donnent de l'humeur ? Le vivre vous chagrine et le mourir vous fâche. Pourtant, vous n'aurez point au monde d'autre tâche Que d'être objet qui vit, qui jouit et qui meurt.
Mon âme, aimez la vie, auguste, âpre ou futile Aimez tout le labeur et l'effort humains, Que la vérité soit, vivace entre vos mains, Une lampe toujours par vos soins pleine d'huile.
Aimez l'oiseau, la fleur, l'odeur de la forêt, Le gai bourdonnement de la cité qui chante, Le plaisir de n'avoir pas de haine méchante Pas de malicieux et ténébreux secret.
Aimez la mort aussi, votre bonne patronne. Par qui votre désir de toutes choses croît Et, comme un beau jardin qui s'éveille du froid, Remonte dans l'azur, reverdit et fleuronne :
– L'hospitalière mort aux genoux reposants Dans la douceur desquels notre néant se pâme, Et qui vous bercera d'un geste, ma chère âme, Inconcevablement éternel et plaisant...
“Je serai libre enfin de crainte et d’amertume, Lasse comme un jardin sur lequel il a plu, Calme comme l’étang qui luit dans l’aube et fume, Je ne souffrirai plus, je ne penserai plus” (Le Verger)
Des poèmes magnifiques qui lient l’existence à la nature, la vie à la terre-mère. La nature est toute puissance, toute beauté – et salvatrice. Régénération, amour, mort, chagrin, volupté. Ne faire plus qu’un avec ce qui nous est le plus cher.
"Je laisserai de moi dans le pli des collines La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir, Et la cigale assise aux branches de l’épine Fera vibrer le cri strident de mon désir."