Ce matin-là, dans la cour du collège, Sidonie s'apprête à faire quelque chose de dangereux, d'irréparable, peut-être. De ces choses que l'on fait quand on perd la tête et que l'on veut à tout prix échapper à soi-même. Sidonie est une jeune fille qui normalement n'a peur de rien, qui porte des chaussures rouges, n'aime que la musique classique, ne s'intéresse à personne et a toujours pensé que sa vie ne commencerait que lorsqu'elle aurait quitté l'affreuse petite ville où elle est née. Mais ce matin-là, dans la cour, la vie a le rythme obsédant d'un blues, le parfum d'une amitié fulgurante, l'évidence d'une histoire d'amour si forte, si parfaite que Sidonie n'aurait jamais pu l'imaginer. Et elle a le visage de Rebecca.
Ce roman est une petite perle. Je suis tombée dessus, par quasi hasard, lorsque j'ai demandé à des bibliothécaires de ma ville si elles avaient des livres pour adolescents avec pour thème l'homosexualité dans le cadre de mes recherches universitaires. J'en ai pris plusieurs, et dans la pile se trouvait celui-ci. Je l'ai lu en quelques heures tellement j'ai été immergée rapidement dans l'histoire. C'est un texte très bien écrit et d'une sensibilité, mais aussi d'un réalisme étonnants, j'ai cru revivre mon adolescence de jeune lesbienne à travers Sidonie, l'héroïne du roman, ainsi que sa première histoire d'amour avec une élève de sa classe. C'est beau, ça donne parfois envie de pleurer tellement le livre sait toucher nos cordes sensibles mais il y a aussi un bon nombre de passages très drôles qui, j'avoue, m'ont fait rire à voix haute. Merci pour ce très bon moment, Madame Chiarello, je lirai vos autres ouvrages.
Il y a les livres réconfortants, ceux se déroulant comme on s’y attend, répondant au même schéma que nous finissons par connaître par cœur et présentant les sempiternels héros si beaux, si vaillants, si plein de toutes les qualités que nous ne possédons pas. Puis il y a les romans qui bousculent notre univers en nous présentant des histoires et des personnages différents. Ceux qui nous permettent à la fois d’être surpris et de nous reconnaître en eux d’une manière ou d’une parce que leurs imperfections et leurs hésitations sont un peu les nôtres.
« Le blues des petites villes » nous parle de Sidonie, jeune fille aussi étonnante et déroutante que peut l’être son prénom. Elle est énervante au départ, elle deviendra peu à peu attachante. C’est une amie très demandante. Qui ne s’attendait pas à devenir elle-même l’objet des attentions qu’elle réservait aux autres. Et à ne pas forcément apprécier d’être adulée. Quoique…
Fanny Chiarello nous parle ici d’amitiés intenses et difficiles à gérer parce que difficiles à comprendre. Elle nous invite à découvrir des personnages atypiques qui nous dérouteront avant d’emporter notre cœur.