Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.
Tanguy Viel, né le 27 décembre 1973 à Brest, est un écrivain français. Tanguy Viel est réputé pour une mise en place d’intrigues complexes, une réflexion sur quelques thèmes récurrents (les liens familiaux, les duperies, les inégalités de classes et les difficultés à prendre l’ascenseur social), et un travail formel. Il s’inscrit dans la tradition des éditions de Minuit3, c’est-à-dire selon un modèle de distanciation. Ses romans sont fondés sur beaucoup de romanesque et font même usage du suspense. Bien qu’il ne le revendique pas lui-même1, L'Absolue Perfection du crime, Insoupçonnable, Paris-Brest et Article 353 du Code pénal sont généralement considérés comme des romans policiers en raison d’éléments récurrents : des personnages de gangsters ou d’escrocs, des crimes soigneusement préparés, l’intervention de procès ou de grosses sommes d’argent.
Les stéréotypes sont cependant retravaillés parfois mis en évidence par une forme de réflexivité4. La Disparition de Jim Sullivan en est le meilleur exemple. Le lecteur est souvent invité à participer « le narrateur n'a pas d'avance sur lui du point de vue de l'intrigue »5. L'écriture est l'objet d'une enquête : c'est au lecteur de reconstruire le puzzle en désordre du protagoniste.
Tanguy Viel emprunte également au cinéma6, mais cela est surtout notable dans son style : les effets de montage, l'usage de l'ellipse, la mise en place de scènes fortes et la variation des points de vue.
Le style de Tanguy Viel se caractérise par sa précision et son économie7. Ses phrases sont jugées longues et saccadées au service d’un style très dynamique8.
My second novel by the young, talented Breton writer Tanguy Viel. Like his "La disparition de Jim Sullivan," this is, at least in part, a novel about a novel--a family novel, a type oh so common in France, in which one tries to win the game "I-bet-my-family-is-more-dysfunctional-than-yours!" Anyway, the narrator, who is writing a novel about his own family, comes from Brest. His father has been disgraced in that city because, as manager of the local soccer team, he managed to "lose" 14 million francs. His mother is a hysteric who only calms down when a plastic bag is placed over her head. His brother, a former professional player, is gay, something his parents refuse to acknowledge. The narrator himself is a kleptomaniac who manages to blame his problems on a shady friend. Luckily, the family grandmother is resourceful, one might say, and sort of, well sort of, saves the family. "Paris-Brest" is a dark but very funny novel. And some of the fun comes when the narrator's mother discovers and reads her son's manuscript. I should end here; I've already revealed too much. "Paris-Brest" is not long and reads fairly easily, so if you've had a year or two of French, give it a try.
(4/5, I REALLY liked it) Le titre ne fait pas référence au dessert, mais bien à la navette entre les deux villes françaises. Le narrateur raconte ce qui l’a conduit à faire ce trajet qui le ramène là où il a grandi. Éventuellement, il raconte également ce qui l’a fait quitter Brest pour Paris, quelques années plus tôt. Sa grand-mère, devenue riche en fin de vie, sa mère, mauvaise femme d’affaires, snob et envieuse, son père, escroc et paria de la ville, son frère, porteur d’un secret personnel et le fils Kermeur, ahhh, ce fils Kermeur : Ces gens qui constituent son entourage de jeunesse ont modelé le narrateur et l’ont fait fuir sa ville natale. Maintenant, il y revient.
PARIS-BREST est vraiment sympathique comme bouquin. L’écriture est accueillante, amicale, voire familière. Tout y est raconté avec confiance. On est au-delà de la confidence ou de l’indiscrétion; le narrateur relate de façon très « as a matter of fact », sans pudeur, sans honte. Les phrases sont souvent longues, mais jamais incommodantes. Plus livre avance, plus le lecteur est envoûté. Totalement.
Le lien qu’ont les personnages avec l’argent est omniprésent. L’importance de l’argent dans leur vie dépasse toute autre conjoncture. Le narrateur a fui cette folie familiale, pourtant, il y revient. Que veut-il régler? C’est là l’intrigue centrale du livre : pourquoi?
Il y a aussi ce « livre familial » qu’a écrit le narrateur. La seconde moitié du roman y fait souvent référence. Qu’est écrit dans ce roman familial?
J’ai adoré PARIS-BREST. C’est ABSOLUMENT CERTAIN que ce lecteur visitera d’autres titres de cet auteur, Tanguy Viel.
"Tout le monde devrait faire le point sur son histoire familiale, ai-je pensé, particulièrement un 20 décembre, c'est à dire un jour où il important d'être soutenu dans l'épreuve d'aller passer Noël en famille, y compris les gens qui se disent heureux d'y aller, tandis qu'au fond d'eux-mêmes, comme tout le monde ils rêvent d'écrire un roman sur leur propre famille, un roman qui en finit avec ça, les veilles de Noël et les parenthèses mal fermées."
Ce court roman de Tanguy Viel vaut avant tout pour son style, sa noirceur pour aborder les thèmes de la famille et de l'argent. Les clins d'oeil à la ville de Brest et au Stade Brestois ( ha le fameux brésilien Juan César, sans doute inspiré par Julio César) sont fort plaisants. En toile de fond, le fils Kermeur fait planer une sourde menace tout au long du livre. D'ailleurs, un des passages les plus réussi est celui du vol au supermarché, initié par Kermeur (comme un avant goût du detroussage de la mémé). Cependant, l'intrigue est assez légère, les personnages parfois indéchiffrables (la grand-mère en premier lieu) et on peine a s'y attacher, y compris au narrateur. J'ai préféré du même auteur Article 353 du code pénal mais ça vaut quand même un bon 3.5.
Deze novelle heeft alles van een thriller: spannend geschreven, veel ‘halve verwijzingen’ naar gebeurtenissen waarop later zal worden teruggekomen, verwachtingen van spectaculaire onthullingen en een ontknoping.
Het verhaal speelt zich af in de huidige tijd (rond het jaar 2000), voornamelijk in Brest. Plaats van handeling: een gezin (vader, moeder en twee zoons, waarvan er één de verteller is) waarin kennelijk iets heeft plaatsgevonden dat het daglicht niet kon velen, en waardoor er schande over de familie is gekomen. Daarnaast is er een grootmoeder, die stinkend rijk is geworden door de erfenis van de man met wie ze op hoge leeftijd is getrouwd. Het gezin is harteloos, de moeder is vooral bezig met het hooghouden van de goede naam, het beschermen van haar zoons tegen slechte vrienden, en, als dat niet lukt, het manipuleren van de omgeving zodat anderen de schuld krijgen van de misstappen van haar gezinsleden. Een van die anderen is een vriend van de verteller, die tevens de zoon is van de huishoudster van de rijke grootmoeder, een jongen die al gauw als dief wordt neergezet.
Dit zijn zo de ingrediënten van een verhaal, dat je geboeid tot het einde toe leest. Punt is alleen dat je na lezing enigszins ontgoocheld achterblijft: van een echte ontknoping of van onthullingen is nauwelijks sprake. Het lijkt of het de schrijver meer te doen is geweest om een spannende verteltrant te presenteren, wat zeker goed gelukt is, dan om een spannend verhaal neer te zetten. Bij mij maakte dat de indruk van ‘veel geschreeuw maar weinig wol’.
Als je het bekijkt vanuit het perspectief hoe je een kil bourgeois-gezin kunt portretteren, dan moet ik zeggen dat de opzet zeker geslaagd is: een vader die in het gezin zelf nauwelijks een rol speelt, maar door zijn corrupte praktijken zijn gezin wel degelijk in de ellende stort; een grootmoeder die misschien wel, misschien niet van de oude marine-officier heeft gehouden, maar er in ieder geval lekker rijk van is geworden; een moeder die alle touwtjes strak in handen houdt, die meteen klaarstaat om anderen in diskrediet te brengen, en krampachtig probeert haar zoons onder haar vleugels te houden. Een zoon (de verteller) die zich gemakkelijk laat beïnvloeden, maar die er op zijn achttiende toch voor kiest om Bretagne te verlaten en zich in Parijs te vestigen. Als hij na drie jaar weer een weekje bij zijn ouders logeert, is dat meer om op een indirecte manier wraak te nemen, dan voor de gezelligheid.
Alles bij elkaar een knap geschreven novelle, veel spanning en een raak getroffen gezinsportret, maar een verhaal dat mij wat tegenviel.
Paris-Brest
Auteur: Tanguy Viel Vertaald door: Katrien Vandenberghe Verschenen bij: Uitgeverij De Arbeiderspers (2011) Aantal pagina’s: 144 Prijs: € 17,50
Een klein boek, met korte hoofdstukken verdeeld over slechts 144 pagina's. Het verhaal start veelbelovend maar ik raak gaandeweg de draad wat kwijt. Te weinig diepgang. Veel intriges maar ook daar blijft de auteur te veel aan de oppervlakte. En dan is daar plots dat einde.
Pues me ha parecido bien esta novelita corta de Tanguy Viel. No tanto lo que cuenta, que está bien, sino el cómo lo cuenta. Sin duda leeré la otra que tiene publicada en español.
Deuxième roman de Tanguy Viel que je lis . J'avais beaucoup aimé Article 353 du Code Pénal mais je n'ai pas vraiment accroché à ce Paris-Brest...
On y retrouve pourtant l'ambiance un peu sinistre de la ville de Brest, qui « ressemble au cerveau d'un marin, détaché du monde comme une presqu'île » et des thèmes visiblement chers à l'auteur : les liens familiaux avec tous les dysfonctionnements et les non-dits au sein de cette famille , et les différences sociales représentées ici par la famille petite bourgeoise du narrateur et celle de la femme de ménage.
Des personnages certes bien troussés : la grand-mère devenue millionnaire sur le tard, le père accusé d'avoir détourné l'argent du club de foot obligeant ainsi sa femme, petite bourgeoise étriquée, à fuir le qu'en dira-t-on et à renoncer à ses parties de bridge avec « les femmes les plus en vue de la ville » pour s'exiler en Languedoc-Roussillon .
[ D'ailleurs, soit dit en passant, Tanguy Viel doit avoir un contentieux avec le Languedoc Roussillon : « Qu' est-ce que j'ai fait au ciel pour devoir partir là -bas, dans la région la plus moche de France, se lamentait ma mère. C'est vrai que c'est assez moche, le Languedoc- Roussillon. Moi-même je n'y ai jamais habité mais je n'aime pas cette région. » !! ]
Et puis il y a l'argent bien sûr , « personnage » central du roman : celui qu'on a perdu, celui qui tombe du ciel ( enfin des poches d'un vieux monsieur de quatre-vingt-huit ans ), celui qui permet au narrateur de s'échapper enfin de Brest à Paris pour écrire son « roman familial » libérateur.
Une atmosphère à la Chabrol , étouffante comme peut l'être l'écriture de Viel quand il déroule son parler en longues phrases répétitives. Le roman se lit rapidement mais je n'ai pas adhéré à l'histoire. Rendez-vous manqué pour moi.
This is the first book I've read from French author Tanguy Viel. It is a well written simple story of a family from Brest, France, with stories and history among each other. This complicated family has stories that never ends, never gets solved, and transmits from one generation to the other. Whether the difficult relationships among them are lived, told, and/or written, there is no solution, but to get away. This story can relate to many people around the world because there are "problems" within each family and for one individual within that family to be able to live free from these problems and move on with their life, he or she must exorcise them by narrating them in a diairy, a journal, or a fiction novel.
Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de Paris vers Brest.
j’aime vraiment le style et la langue de Tanguy Viel, je l’avais déjà compris lors de sa lecture à la maison de la poésie, mais ce que j’aime encore plus c’est la vérité du trajet de Brest à Paris et celui, plus compliqué, de Paris à Brest (so accurate), xoxo kenavo
J’ai bien aimé la façon dont l’histoire est racontée, c’est assez original. Ça racontant des événements sans trop rentrer dans les détails. Un point de vue différent de d’habitude sur comment les familles peuvent se détester
bon jai deja ecrit la review et ca a pas marche donc ca me saoule. pltuot bon livre, mais phrase trop a rallonge. au fur et a mesure de l'histoire ca devient plut cool
Admiration for "A Thousand Acres", a Mid-west take on the tragedy of King Lear, encouraged me to read "Some Luck", the first part of Jane Smiley's trilogy which covers a century in the lives of the Langdon family, starting in 1920 with young Walter returned from the Great War to establish himself as an Iowan farmer, with his beautiful young wife Rosanna and lively son Frank.
In what amounts to "an everyday story of country folk" American-style, if there is a main character, it is Frank. Jane Smiley is clearly intrigued by the challenge of capturing his first thoughts as a baby just a few months old - with what degree of accuracy none of us can quite remember enough to tell.
By contrast, after a promising beginning, we are continually frustrated by not being able to learn enough about what is going on in the minds of the adults. Walter and Rosanna are so absorbed in the daily grind of work, so patient, stoical and self-contained. It is never explained how Rosanna made what must have been the major step of giving up her family's Catholic faith. Even when Rosanna loses a child in a freak accident, or suffers post-natal depression, she manages to continue in her role of farmer's wife and mother. Yet, we know that she is repressing emotions, as indicated by her lack of care for her appearance and premature ageing, just as Walter conceals an illness which will bring him to an early death. Although this sounds gloomy, there is a good deal of low-key humour in the incidents of farm life. It could also be argued that the couple's faithfulness to each other and adherence to traditional values, combined with a self-imposed restriction on their personal gratification and ambition, are typical of many American farming communities a century ago. They are dull but worthy, leaving it to their children to fly higher, and perhaps get burned in the process.
Jane Smiley is at her best writing about the rhythms of the seasons, the intolerable heat and drought alternating with the deep snowdrifts of winter, the bitter irony of the economic depression which makes high yields pointless, the cautious acceptance of a labour-saving tractor instead of a pair of horses, the making of traditional cakes to keep the old customs going, the canning and pickling of produce. The trouble is that, without a strong plot, this can seem a little banal and repetitious to the point of tedium.
Also, when the author takes her younger characters off to experience city life, or to fight in Europe, the writing seems less authentic. The decision to devote each chapter to a consecutive year from 1920-53 becomes something of a straitjacket. I sometimes felt that incidents have been generated as padding. Perhaps because of the continual introduction of new players, either through births or romances, I began to find it hard to care about individuals who are insufficiently fleshed out, and often appear quite unconvincing - Lillian's husband Arthur being a prime example of this. Important national issues, like anti-communism or fear over a nuclear attack appear bolted on in a rather clunky fashion. The prose style often seemed almost childlike, perhaps because the author was trying to represent how some characters might have thought or expressed themselves.
Although I am sure many readers will love this book, for me it needed a stronger plot and narrower focus, such as in "The Cove" by Ron Rash which also has a rural farming theme. Yet, there is plenty of scope for more drama, as in, for instance, the uneasy relationship between charismatic, outgoing Frank and his very different, fearful, whiny, younger brother Joe who proves to be more sensitive (as in his concern for pet animals) and perhaps more fulfilled as an adult.
I wanted to admire this book but it seems a pale shadow of "A Thousand Acres".
Un (faux) roman autobiographique, (faussement?) familial, doublé (triplé?) d'une mise en abîme : le héros, qui partage bien des points communs factuels avec l'auteur, veut écrire un (faux) roman autobiographique (faussement?) familial. Dit comme cela, ça sent un peu le réchauffé et le tiré par les cheveux. Mais la prouesse et la force de Tanguy Viel dans ce livre, c'est de donner à son narrateur apprenti-écrivain, donc, un style (faussement) pauvre et répétitif, qui démontre au contraire quand on y regarde de plus près (et surtout si l'on connaît les autres romans de Viel) toute la prose virtuose de l' Auteur. Jubilatoire, surtout pour qui rêve d'écrire son propre roman familial (mais qui n'en rêve pas? "Tout le monde rêve de l'écrire, son roman familial", nous dire Louis, le narrateur).
a singular voice narrates this spare account of a young man's coming of age in northern france; a story of a crime and its repercussions, which becomes the catalyst for a young man's coming of age. exceptionally well written.
L'histoire d'une famille de Brest, pas reluisante sans être abominable, racontée par le fils qui vit à Paris et revient pour Noël. La petitesse des comportements, les mauvaises intentions, les faux semblants... très bien rendus par un style direct, pas clinquant. Très agréable à lire.
Le titre est irresistible, les personages et l'écriture intéressants et réussis, du narrateur trop mou à la mère et la grand mère trop dures. J'ai lu le roman presque d'une traite, et j'ai bien intention d'en lire d'autres du même auteur.