Le Parisien a mauvaise réputation. Les visiteurs étrangers le trouvent agressif, suffisant. En France même, le qualificatif de Parisien devient une injure dès qu'on franchit le périphérique. L’homo parisianus a le privilège d’habiter l’une des plus célèbres et des plus somptueuses villes au monde, un minuscule îlot où se côtoient tous les pouvoirs. On le soupçonne vite d’être un nanti. Mais qui sont-ils en fin de compte, ces Parisiens ? Et de quel passé lourd et compliqué viennent-ils ? Louis-Bernard Robitaille, correspondant à Paris d’un grand quotidien nord-américain, les a observés pendant trois décennies. Il a croisé des artistes, des écrivains, des hommes politiques, une multitude de concierges, garçons de café et autres chauffeurs de taxi. Le portrait du Parisien qu’il propose est souvent amusant, toujours savoureux, à l'occasion même érudit. Et, bien sûr, jamais exempt de mauvais esprit.
« «Mais vous êtes un vrai Parisien!» Cela veut dire un peu tout et n'importe quoi: que vous avez de l'esprit, du style, de l'élégance, que vous êtes malin (et même un peu trop), débrouillard, au courant des dernières modes et de ce qu'il faut connaître en ville. Cela peut également signifier - surtout si la remarque vous est adressée en province - que vous êtes franchement insupportable.» (page 126)
«On la reconnaît de loin. Dès [que la Parisienne absolue] sort de chez elle, elle est habillée avec un goût parfait, à la mode mais pas trop, bien que d'une manière qui paraîtrait outrageusement - ou insidieusement? - sexy ou provocante aux yeux d'observateurs vaguement puritains ou de féministes anglo-saxonnes ou d'Europe du Nord.» (page 163)
«[L]es liaisons amoureuses s'entremêlent aux intrigues politiques, aux trahisons et autres renversements d'alliance. C'est la guerre en dentelles, selon l'expression passée à l'Histoire.» (page 285)