Algérie, 1959. Dans un village abandonné, Sébastien, un jeune instituteur appelé sous les drapeaux, découvre un enfant réfugié dans les décombres d'une bâtisse. Idir, sept ans, a tout perdu. Sébastien décide de l'adopter. Mais en contrepartie, sa hiérarchie lui impose un transfert vers la base de Reggane, au coeur du Sahara. Sébastien et ses camarades ignorent qu'ils seront les cobayes des premiers essais atomiques français. Dans ce roman puissant, au style vibrant et lumineux, Xavier Le Clerc poursuit son exploration de l'héritage colonial.
Je n'ai pas détesté Le garçon ébloui, loin de là. Le problème, c'est que je ne suis pas sûre d'avoir vraiment lu un roman. J'ai plutôt eu l'impression de regarder un documentaire Arte sur les essais nucléaires français en Algérie, auquel on aurait ajouté Sébastien et Idir pour avoir quelqu'un à mettre devant la caméra.
Et en tant que documentaire, franchement, il y a de quoi faire. VOUS SAUREZ TOUT TOUT TOUT SUR LE NUCLÉAIRE. Enfin, « tout » : beaucoup de choses, mais toujours assez vite, assez en surface et sans sources, donc plutôt une immense porte d'entrée vers le sujet qu'un véritable travail documentaire.
Le souci, c'est que le roman fonctionne exactement de la même façon avec ses personnages... La vie de Sébastien et d'Idir défile en mode avance rapide. J'ai vu des fiches Wikipédia moins expéditives.
Paradoxalement, le texte peut ensuite consacrer énormément de place à un général, une opération nucléaire, une référence mythologique ou la biographie d'Oppenheimer. On peut passer de Télémaque à Don Quichotte, de Cronos à Augias, de Hamlet à *Wozzeck*, avec régulièrement une petite notice explicative au cas où. Le Clerc ne laisse jamais une information tranquille : il faut qu'elle appelle une autre référence, puis une anecdote, puis un personnage historique, puis une autre parenthèse - en gros on est en suite d'hyperliens où l'on appuie frénétiquement sur chaque mot sous-ligné. À un moment, j'avais moins l'impression de lire un roman que de suivre quelqu'un qui avait ouvert 27 onglets Wikipédia et refusait absolument d'en fermer un seul tant qu'il n'aurait pas ajouté au moins 3 informations dans son livre.
Pourtant, ce dispositif finit par avoir une justification (ou Le Clerc s'est rendu compte qu'il publiait un roman, pas un documentaire) : Le roman essaie donc aussi de nous faire ressentir cette obsession par l'accumulation. Et franchement, je comprends l'idée, mais une forme peut être cohérente avec ce qu'elle raconte et rester pénible à lire.
Parce qu'à force, Sébastien et Idir ont surtout du poids lorsqu'ils permettent de parler du nucléaire. Leur relation, pourtant centrale sur le papier, existe souvent beaucoup moins que les faits historiques qui les entourent. Leurs vies sont racontées comme une frise chronologique, tandis que l'Histoire a droit à la dissertation.
Même le dernier chapitre m'a posé ce problème.
Et c'est probablement ce qui résume le mieux mon problème avec le livre : il veut tellement documenter qu'il finit juste par étouffer ce qu'il voudrait faire ressentir.
Ce qui est dommage, parce que le sujet est passionnant et qu'il y a des images qui fonctionnent très bien. Idir retrouvant la parole au moment de Gerboise bleue ; Sébastien qui cache les symptômes de son irradiation à son fils ; le chantage militaire qui consiste à lui rappeler que s'il veut garder Idir, il ferait mieux d'obéir ; les déchets contaminés récupérés des années plus tard par ceux qui vivent autour de Reggane… Il y avait largement de quoi construire quelque chose de très fort.
Mais le livre ne reste presque jamais assez longtemps quelque part pour laisser ces scènes prendre tout leur poids, il préfère plutôt se précipiter pour passer à l'information suivante, comme un gosse qui n'attend pas qu'on ait fini de parler.
Tldr : je n'ai pas détesté Le garçon ébloui. J'ai même appris pas mal de choses et il m'a donné envie d'aller en chercher davantage sur les essais nucléaires français en Algérie. Mais c'est peut-être justement révélateur : ce que j'en retiens d'abord, ce sont les essais, les dates, les opérations, les anecdotes et les références, pas du tout Sebastien et Idir.
Comme documentaire Arte, j'aurais probablement été à fond.
Il y a des romans qu’on termine avec l’envie d’en parler immédiatement… et puis il y a Le Garçon ébloui, que j’ai refermé en me demandant simplement : comment parler d’un livre qui m’a fait ressentir autant de choses ?
Xavier Le Clerc part d’une histoire profondément intime : celle de Sébastien, jeune soldat français envoyé en Algérie pendant la guerre, et d’Idir, petit garçon kabyle de sept ans qu’il retrouve seul, traumatisé, après la destruction de son village. Sébastien le sauve, l’adopte, devient son père. Mais leur histoire les conduit à Reggane, dans le Sahara algérien, où la France prépare ses premiers essais nucléaires.
Et à partir de là, le roman devient beaucoup plus qu’une histoire de filiation.
Qui décide quelle terre peut être sacrifiée au nom de la puissance d’un État ? Qui décide quelles vies peuvent être exposées au danger ? Et surtout : qui a le pouvoir de raconter l’Histoire, de choisir les mots qui resteront… ou ceux qui permettront de la nier ?
C’est probablement ce qui m’a le plus fascinée. Xavier Le Clerc interroge la colonisation, la guerre d’Algérie, les essais nucléaires français et leurs victimes sans transformer son roman en cours d’Histoire. Il y a un travail de recherche impressionnant, énormément de détails, de dates, d’archives et de références, mais tout reste profondément humain parce que nous découvrons cette Histoire à travers Idir et son amour pour Sébastien.
J’ai particulièrement aimé l’utilisation de l’ironie et du sarcasme pour démonter le langage officiel : une guerre qui devient une simple « opération de maintien de l’ordre », un désert déclaré « inhabité » alors que des milliers de Touaregs y vivent et y travaillent… Le roman pose finalement une question vertigineuse : à partir de quel moment changer les mots revient-il à effacer les victimes ?
Et puis il y a le titre. Le Garçon ébloui. Je le trouvais beau au début ; à la fin, je le trouve brillant. Être ébloui, c’est être aveuglé par la lumière de l’explosion, mais aussi fasciné par quelque chose. Il y a ceux que la puissance atomique a « éblouis » avant de les oublier, une époque elle-même fascinée par le progrès scientifique et la puissance nucléaire… puis, à l’autre bout du roman, il y a cette autre forme d’éblouissement : la force de la vie qui persiste malgré tout.
Parce qu’après la violence, la maladie, le deuil, les mensonges et cette quête presque obsessionnelle de vérité, Xavier Le Clerc choisit de laisser entrer l’espoir. Et j’ai trouvé cela magnifique.
J’ai ressenti tellement de choses en lisant ce roman : de la tendresse devant la relation entre Sébastien et Idir, de la colère, de l’incompréhension, de la tristesse, parfois même du dégoût face à certaines réalités historiques… puis, finalement, quelque chose qui ressemble à de la lumière.
Un roman extrêmement documenté, politique sans jamais oublier l’humain, intelligent, sensible et surtout remarquablement bien écrit. Un livre qui raconte l’Histoire, mais qui nous oblige surtout à nous demander qui a eu le droit de l’écrire. ❤️
3.5 Le Garçon ébloui est un bon roman, malheureusement il a quelques défauts qui ont freiné ma lecture. Je l’ai d’abord trouvé trop court, le sujet est parfaitement bien choisi, mais trop peu développé à mon goût. L’auteur aurait pu aller bien plus loin. Les choses sont survolées. La plume n’aide pas, sans pour autant être insensible, elle est très scientifique. La fin du roman se résume à l’énumération de nombreuses dates. Ce côté documentaire m’a déplu. J’ai trouvé qu’il tuait la sensibilité du roman, et imposait une trop grande distance avec le lecteur. De plus, lorsque j’ai lu le résumé, je pensais réellement qu’on s’attarderait plus en détails sur les conséquences de ces essais sur les populations locales. A mon goût, cette partie là a été aussi un peu trop survolé. En bref, il y avait un immense potentiel à ce roman, mais il est bien trop bref, et parfois trop peu sensible pour moi.
Une histoire pas très convaincante! Histoire d'un jeune homme envoyé en 1959 faire son service militaire en Algérie et qui adopte un gamin algérien orphelin. Ce soldat fera partie de ces nombreux cobayes victimes des essais atomiques de l'Armée française dans le désert algérien.
Je me suis beaucoup ennuyée, ne retrouvant pas l'émotion et la sensibilité du premier roman Un homme sans titre.
L'auteur, pour compenser la faiblesse de son roman, n'aurait-il pas rajouté des détails sur l'ensemble des essais atomiques de l'époque... pour en faire un mini essai sur le sujet des essais atomiques ? Je m'interroge....
Un court récit sur une partie de l'histoire française (peu connue je pense ?) en Algérie.
Si je savais que la France avait fait des tests nucléaires dans le désert algérien, j'ignorais totalement comment ces derniers avaient été mis en place et ce que les scientifiques avaient expérimenté. C'est de ça dont parle ce roman, mais aussi (et surtout) des répercussions de ces expériences sur ceux qui les ont vécues.
C'est un livre qui parle également de filiation, d'amour et de sacrifices. C'est un très joli texte, assez dense et érudit, qui reste en tête une fois achevé.
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C’est un livre sur un sujet poignant, les premiers essais nucléaires français en Algérie en 1960. L’auteur parvient à nous exprimer toute l’horreur et la douleur de ce passage de l’histoire, un moment pourtant oublié qu’on tente d’effacer. J’ai adoré la narration, le fait qu’on continue bien après les années 60 pour comprendre les effets néfastes sur le long terme de cette expérience. Ça se finit de manière un peu abrupte, mais en même temps vu tout ce que l’auteur nous apprends en très peu de pages je comprends.
Très beau texte qui met en lumière un sujet dont je n'avais pas encore entendu parlé. Je trouvais cependant que le livre était assez court, ou en tant cas trop court pour que je puisse réellement rentrer dans l'histoire et "m'attacher" aux personnages qui étaient, selon moi, secondaires au récit et qui agissaient plutôt comme un moyen de faire avancer la narration.
Le livre reste une belle découverte que j'ai lu d'une seule traite.
Magnifique livre qui, malgré sa brièveté et ses courts chapitres, touche par la justesse de ses personnages et la beauté de leur combat.
J'y ai beaucoup appris sur les essais nucléaires en Algérie ainsi que leurs conséquences, sur cette histoire que l'on tait, dans un conflit que l'on nomme aujourd'hui encore à peine.
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Très émouvant à lire. Inspiré d'une histoire vraie, les essais nucléaires dans le Sahara en 1960 où la population locale, les soldats, la faune et la flore ont été touchés par les radiations. Je ne connaissais pas trop cette histoire. C'est bouleversant.
Court roman sur les essais nucléaires menés par la France en Algérie, et leurs conséquences sur les populations locales à travers l'histoire de Sébastien et Idir J'étais triste énervée émue tout ça
J’ai bien aimé Le garçon ébloui, même si je suis resté un peu sur ma faim à cause de sa brièveté. En une centaine de pages, Xavier Le Clerc aborde pourtant un sujet passionnant et méconnu : les essais nucléaires français en Algérie, sur fond d’héritage colonial et de guerre. Le roman suit aussi une relation père-fils touchante, qui apporte beaucoup d’humanité au récit. Ce n’est pas une lecture qui m’a profondément bouleversé, mais elle m’a permis de découvrir une page d’histoire que je connaissais mal, et rien que pour cela, elle m’a semblé intéressante.
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