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LE PACTE DE L'OMBRE
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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Review of advance copy
Je suis tellement déçue par ce livre dont j'ai skippé de grands bouts dans les derniers chapitres tellement c'était ennuyant et tellement je me foutais au fond du sort des personnages. Mais ce n'est pas que pour ça que la prof en moi n'a pas eu le choix de sortir son crayon rouge.
En apparence, c'est hyper bien écrit. Trop, en fait. La prose est ultra léchée, mais ça sonne désespérément creux. De la poudre aux yeux pour qu'on oublie qu'il ne se passe rien. L'auteur nous noie sous une surenchère d'odeurs, de bruits, de métaphores à n'en plus finir. Un étalage de phrases vides qui étouffe complètement le récit. C'est de la saturation sensorielle: à force de vouloir stimuler tous les sens pratiquement à chaque paragraphe, ça devient artificiel. En un mot: l'auteur, au lieu de nous faire peur, nous dit d'avoir peur. Et ça, ça ne marche pas.
J'ai donc eu l'impression d'une écriture désincarnée. Qui applique une recette de "comment bien écrire", sans jamais y mettre une once d'humanité. Et en oubliant que le public a 14 ans. C'est beau en surface, oui, mais c'est vite ennuyant, au point de nous amener à skipper des bouts, comme je disais, pour se concentrer sur les dialogues, plus sincères.
On aurait pu couper ces métaphores sans âme et cette surabondance d'adjectifs qualificatifs, et l'histoire se serait tenue quand même. Bien évidemment, le roman aurait été plus court. À croire que c'était ça le but. User du dictionnaire analogique et enrichir artificiellement chaque page de chaque chapitre pour rallonger le texte d'une histoire sinon plutôt mince.
Un exemple ? Page 15: Rébecca est de retour dans sa maison natale, après plusieurs années d'absence. À son réveil, le lendemain, on lit : "Elle se sent déconnectée, comme une astronaute dont le câble la rattachant à son vaisseau spatial vient de se rompre. Elle dérive dans un néant sidéral et hostile." C'est beau, poétique, vide. Et... over the top comme ressenti. Elle dérive un néant sidéral ? Ça veut rien dire ! C'est une phrase vide qui remplie de l'espace. Montre-nous plutôt comment elle se sent déphasée. Dis par exemple que plus rien dans sa garde-robe ne lui fait, depuis le temps qu'elle est partie. Ou écris que Rébecca se cogne un orteil sur un meuble qui n'était pas là auparavant. Ça, ce serait du storytelling efficace pour nous montrer qu'elle ne se sent plus à l'aise chez elle.
D'autres exemples de phrases vides ? J'en ai une tonne, en voici quelques-uns:
* Elle utilise les clés de son ancienne vie pour forcer les serrures de son présent.
* L'odeur des pins et de la terre mouillée ne se dégage pas de la forêt, c'est l'haleine de ce silence.
* "La forêt est maintenant le labyrinthe qu'ils doivent traverser seul." Puis cinq lignes après, on surenchérit: "Le berceau de leur enfance devient un échiquier..."
* La folie rituelle vient se fracasser contre le mur froid et procédural de la Loi.
* Le bourdonnement du frigo en bas n'est pas un bruit de fond; c'est le grognement d'une bête qui guette patiemment dans l'obscurité.
* La fumée acre qui s'élève encore de l'évier est l'odeur de sa liberté qui se consume.
* Et les barreaux de sa prison sont constitués d'amour maternel et de peur désespérée.
* La grange où les personnages se réfugient : "C'est un refuge. Un havre aussi fragile qu'un radeau flottant sur un océan infesté de requins." Com'on ! C'est un refuge fiable ou pas ? Décidez-vous, monsieur l'auteur!
* La vérité éclate avec la froideur cruelle d'une sentence.
Tout est ainsi surqualifié. Chaque dédale est oppressant. Chaque planche, marche, arbre, roche, tunnel, pièce, etc. grince ou est écaillée, gémit ou est délavée ou représente une "cicatrice du passé". Et c'est comme ça à chaque foutu paragraphe. C'est trop ! C'est pas naturel comme narration, de s'enfarger dans une métaphore toutes les trois phrases !
Ou alors, c'est over dramatique, comme quand un personnage arrive en retard, un autre surréagit : "C'est son échec personnel, un poids qui pèse sur ses épaules." Respire, bonhomme, t'as tué personne, si le retard de l'autre est un "échec pesonnel", c'est que t'en as pas vécu beaucoup ! Ça illustre bien ce roman "over the top".
Autres points qui font que ce roman ne mérite qu'une étoile:
1) Rébecca retourne donc dans son patelin natal et retrouve tous ses anciens amis. Aucun n'a quitté ce village damné dont on nous décrit l'ambiance morose et étouffante à grand coups de superlatifs. Elle propose de mener une enquête sur des disparitions suspectes et TOUS ses amis embarquent dans l'aventure. Y'en a pas un qui dit: je peux pas, je travaille. Ou : je suis occupé par ma nouvelle blonde. Ou : j'ai cherché, l'an passé, et rien trouvé. Non. Tout ce beau monde attendait patiemment le retour de Rébecca pour s'activer et tout ce beau monde n'a rien d'autre à faire !
2) Héritage jeunesse met en scène des sacrifices d'enfants. Littéralement. C'est spécial en soi. Le culte mis en scène par l'auteur est illogique. Si tu dois "nourrir" une bête par un sacrifice humain, sacrifie pas des enfants, qui sont essentiels si tu comptes renouveler la population de ton bled perdu ! Sacrifie des vieux en fin de vie, des malades mourants! Retourne ça en occasion pour parler aux jeunes lecteur du danger de l'eugénisme, de faire un parallèle avec les nazis. Occasion ratée.
3) La "bête" demande des sacrifices, mais à la fin le culte est démantelé et... voilà. Tout est fini. La bête ne réclame plus rien, elle n'attaque pas les forces de l'ordre qui débarquent en fanfare, ni les ambulanciers, non, rien de tout ça. On dirait bien que la bête va maintenant dormir pour toujours. Tout ça pour ça.
4) Le lieu sacrificiel est au milieu d'une forêt touffue, dans une sorte de carrière de rochers et de tunnels, difficilement voire pas du tout accessible. Et très difficile à trouver. Mais la SQ débarque comme la cavalerie dans un bon vieux Western, zéro souci, les voitures traversent la forêt comme par magie jusqu'au site.
5) On suit un groupe de jeunes bien nombreux pour rien. Ils avaient besoin d'être autant ? Cela fait en sorte qu'ils n'ont pas de personnalité. Juste une fonction. Celle qui "sent" les choses. Le cadet de la police qui incarne la justice. Etc. Ça n'en fait pas des personnages dont on se soucie. Le pire, c'est le fils du maire: c'est pas un personnage, c'est un plot twist. Il ne sert qu'à apporter des informations aux autres sur un plateau d'argent. Il apparaît tout à coup et personne ne trouve ça bizarre. Il disparaît ensuite. Revient. Ça dépend quand l'auteur en a besoin. Si bien qu'à un moment, il est capturé, mais on ne savait même pas qu'il était revenu avec le groupe !
6) Une grande partie du roman, les jeunes trouvent une "excellente" cachette. Puis, finalement non. Ils se déplacent vers une autre. Ils changent encore de cachette et puis non, ils fuient encore. Ils sont "prisonniers" de leur maison, mais sortent la nuit sans problème. Et ça continue comme ça les trois-quarts du roman, avec des pauses entre les fuites pour lire des archives et de vieux journaux. Ah ! On aime donc ça, chez certains auteurs de Frissons, les archives et les cartes papier ! Y'a pas un jeune dans cette histoire qui semble savoir comment utiliser Google ou Copilot pour trouver des réponses ! Mais il pense à utiliser des archives, ça oui ! (Ou une loupe mais je m'égare, c'est dans un autre Frissons absurde d'irréalisme.)
7) Des erreurs qui agacent, il y en a plus qu'une. Dès la première page du chapitre 1: "La porte [du bus] se referme avec un son de caoutchouc et Rébecca descend seule. (Tsé, ça irait mieux si elle descendait avant que la porte se ferme...) Ou comme à la p. 101: "Mais il n'y a pas eu de sirènes."... alors que quelques pages plus tôt on mentionne que les sirènes au loin "C'était pour moi.". Ou encore: p. 107, où on suit le POV de Rébecca, et tout à coup cette phrase : "Julien le sait mieux que personne." Heu... il est pas présent, Julien. Rébecca peut pas savoir ce qu'il sait. Ou encore: "Et pas un seul mot. Entendu ? Les aventuriers acquiescent dans la nuit." (p. 116). Puis, moins de deux pages plus loin, tout ce beau monde jase normalement !
8) Sans oublier ce genre de phrases qu'il faut relire deux fois pour réaliser qu'elle ne fait pas de sens: "Serait-ce un hommage aux enfants que Val-Bénit a dévorés ou un décompte des victimes de la région ?" Heu... c'est la même affaire, monsieur l'auteur. Tu parles du même monde.
9) Rébecca qui, retenue "prisonnière" chez elle, mais qui a encore son cellulaire, prétexte aller à la bibliothèque une petite heure pour leurrer sa mère. Une fois dehors, elle appelle un ami. Et c'est tout. Elle ne profite pas plus que ça de son heure de "liberté". Mais pourquoi il fallait qu'elle sorte dehors pour l'appeler ? Et si elle ne souhaitait pas être entendue, pourquoi ne pas le texter dans sa chambre tranquillos ?
10) De petites missions, ici et là, sont lancées, mais n'ont pas de suite, comme p. 33: "Émilie et Sophie s'occuperont de la mémoire vivante: interroger les habitants plus âgés, sous couvert d'un travail scolaire..." (C'est plutôt deux autres filles qui utiliseront cette excuse pour consulter des archives. On ne saura pas ce que pensent les aînés, finalement. À part une vieille cartomancienne, mais celle-ci sera alors l'objet d'une autre "mission".) Et il faudra donner deux fois à Julien la mission de fouiller dans l'ordi de son père avant qu'il le fasse.
11) Comment cette histoire prometteuse aurait dû finir ? En coupant dans les phrases vides et les "je me cache ici, puis là, puis je rentre chez moi, puis je me cache encore ailleurs, puis je retourne chez moi charger mon cell, puis je me cache encore", l'auteur aurait eu assez de mots pour déplacer beaucoup plus tôt l'attaque de la bête qui survient à la toute fin du livre. Et bâtir sur cette scène. Là, comme je disais, le mal rentre sous terre sans importuner les forces de l'ordre. C'est pas ça le pay-off que j'attendais ! C'est donc bien poche comme fin ! Monsieur l'auteur, tu aurais dû faire en sorte que le mal se propage, qu'il sorte de la forêt, qu'il envahisse le village complet, que ça devienne une sorte de upside down à la Stranger Things, que les racines détruisent tout, que les branches envahissent la région, que l'armée soit appelée en relève à une SQ débordée, et que ça devienne tellement incontrôlable que les jeunes se disent: merde, les aînés avaient raison, on aurait pas dû, malgré tout, réveiller la bête et ils contemplent dans un coucher de soleil les dégâts causés et regrettent leurs actions. Là, monsieur l'auteur, vous auriez surpris vos lecteurs et offert une fin mémorable. Mais votre livre, s'il est mémorable, ce n'est pas pour les bonnes raisons.
C'est dommage, la collection Frissons nous offrait de beaux produits depuis quelques temps. On l'a échappé avec ce titre pénible à lire et grandiloquent. Le seul passage que j'ai aimé, c'est celui dans l'infirmerie, avec le corps couvert de champignons. Là, on était dans l'horreur et les qualificatifs étaient mieux dosés.
En apparence, c'est hyper bien écrit. Trop, en fait. La prose est ultra léchée, mais ça sonne désespérément creux. De la poudre aux yeux pour qu'on oublie qu'il ne se passe rien. L'auteur nous noie sous une surenchère d'odeurs, de bruits, de métaphores à n'en plus finir. Un étalage de phrases vides qui étouffe complètement le récit. C'est de la saturation sensorielle: à force de vouloir stimuler tous les sens pratiquement à chaque paragraphe, ça devient artificiel. En un mot: l'auteur, au lieu de nous faire peur, nous dit d'avoir peur. Et ça, ça ne marche pas.
J'ai donc eu l'impression d'une écriture désincarnée. Qui applique une recette de "comment bien écrire", sans jamais y mettre une once d'humanité. Et en oubliant que le public a 14 ans. C'est beau en surface, oui, mais c'est vite ennuyant, au point de nous amener à skipper des bouts, comme je disais, pour se concentrer sur les dialogues, plus sincères.
On aurait pu couper ces métaphores sans âme et cette surabondance d'adjectifs qualificatifs, et l'histoire se serait tenue quand même. Bien évidemment, le roman aurait été plus court. À croire que c'était ça le but. User du dictionnaire analogique et enrichir artificiellement chaque page de chaque chapitre pour rallonger le texte d'une histoire sinon plutôt mince.
Un exemple ? Page 15: Rébecca est de retour dans sa maison natale, après plusieurs années d'absence. À son réveil, le lendemain, on lit : "Elle se sent déconnectée, comme une astronaute dont le câble la rattachant à son vaisseau spatial vient de se rompre. Elle dérive dans un néant sidéral et hostile." C'est beau, poétique, vide. Et... over the top comme ressenti. Elle dérive un néant sidéral ? Ça veut rien dire ! C'est une phrase vide qui remplie de l'espace. Montre-nous plutôt comment elle se sent déphasée. Dis par exemple que plus rien dans sa garde-robe ne lui fait, depuis le temps qu'elle est partie. Ou écris que Rébecca se cogne un orteil sur un meuble qui n'était pas là auparavant. Ça, ce serait du storytelling efficace pour nous montrer qu'elle ne se sent plus à l'aise chez elle.
D'autres exemples de phrases vides ? J'en ai une tonne, en voici quelques-uns:
* Elle utilise les clés de son ancienne vie pour forcer les serrures de son présent.
* L'odeur des pins et de la terre mouillée ne se dégage pas de la forêt, c'est l'haleine de ce silence.
* "La forêt est maintenant le labyrinthe qu'ils doivent traverser seul." Puis cinq lignes après, on surenchérit: "Le berceau de leur enfance devient un échiquier..."
* La folie rituelle vient se fracasser contre le mur froid et procédural de la Loi.
* Le bourdonnement du frigo en bas n'est pas un bruit de fond; c'est le grognement d'une bête qui guette patiemment dans l'obscurité.
* La fumée acre qui s'élève encore de l'évier est l'odeur de sa liberté qui se consume.
* Et les barreaux de sa prison sont constitués d'amour maternel et de peur désespérée.
* La grange où les personnages se réfugient : "C'est un refuge. Un havre aussi fragile qu'un radeau flottant sur un océan infesté de requins." Com'on ! C'est un refuge fiable ou pas ? Décidez-vous, monsieur l'auteur!
* La vérité éclate avec la froideur cruelle d'une sentence.
Tout est ainsi surqualifié. Chaque dédale est oppressant. Chaque planche, marche, arbre, roche, tunnel, pièce, etc. grince ou est écaillée, gémit ou est délavée ou représente une "cicatrice du passé". Et c'est comme ça à chaque foutu paragraphe. C'est trop ! C'est pas naturel comme narration, de s'enfarger dans une métaphore toutes les trois phrases !
Ou alors, c'est over dramatique, comme quand un personnage arrive en retard, un autre surréagit : "C'est son échec personnel, un poids qui pèse sur ses épaules." Respire, bonhomme, t'as tué personne, si le retard de l'autre est un "échec pesonnel", c'est que t'en as pas vécu beaucoup ! Ça illustre bien ce roman "over the top".
Autres points qui font que ce roman ne mérite qu'une étoile:
1) Rébecca retourne donc dans son patelin natal et retrouve tous ses anciens amis. Aucun n'a quitté ce village damné dont on nous décrit l'ambiance morose et étouffante à grand coups de superlatifs. Elle propose de mener une enquête sur des disparitions suspectes et TOUS ses amis embarquent dans l'aventure. Y'en a pas un qui dit: je peux pas, je travaille. Ou : je suis occupé par ma nouvelle blonde. Ou : j'ai cherché, l'an passé, et rien trouvé. Non. Tout ce beau monde attendait patiemment le retour de Rébecca pour s'activer et tout ce beau monde n'a rien d'autre à faire !
2) Héritage jeunesse met en scène des sacrifices d'enfants. Littéralement. C'est spécial en soi. Le culte mis en scène par l'auteur est illogique. Si tu dois "nourrir" une bête par un sacrifice humain, sacrifie pas des enfants, qui sont essentiels si tu comptes renouveler la population de ton bled perdu ! Sacrifie des vieux en fin de vie, des malades mourants! Retourne ça en occasion pour parler aux jeunes lecteur du danger de l'eugénisme, de faire un parallèle avec les nazis. Occasion ratée.
3) La "bête" demande des sacrifices, mais à la fin le culte est démantelé et... voilà. Tout est fini. La bête ne réclame plus rien, elle n'attaque pas les forces de l'ordre qui débarquent en fanfare, ni les ambulanciers, non, rien de tout ça. On dirait bien que la bête va maintenant dormir pour toujours. Tout ça pour ça.
4) Le lieu sacrificiel est au milieu d'une forêt touffue, dans une sorte de carrière de rochers et de tunnels, difficilement voire pas du tout accessible. Et très difficile à trouver. Mais la SQ débarque comme la cavalerie dans un bon vieux Western, zéro souci, les voitures traversent la forêt comme par magie jusqu'au site.
5) On suit un groupe de jeunes bien nombreux pour rien. Ils avaient besoin d'être autant ? Cela fait en sorte qu'ils n'ont pas de personnalité. Juste une fonction. Celle qui "sent" les choses. Le cadet de la police qui incarne la justice. Etc. Ça n'en fait pas des personnages dont on se soucie. Le pire, c'est le fils du maire: c'est pas un personnage, c'est un plot twist. Il ne sert qu'à apporter des informations aux autres sur un plateau d'argent. Il apparaît tout à coup et personne ne trouve ça bizarre. Il disparaît ensuite. Revient. Ça dépend quand l'auteur en a besoin. Si bien qu'à un moment, il est capturé, mais on ne savait même pas qu'il était revenu avec le groupe !
6) Une grande partie du roman, les jeunes trouvent une "excellente" cachette. Puis, finalement non. Ils se déplacent vers une autre. Ils changent encore de cachette et puis non, ils fuient encore. Ils sont "prisonniers" de leur maison, mais sortent la nuit sans problème. Et ça continue comme ça les trois-quarts du roman, avec des pauses entre les fuites pour lire des archives et de vieux journaux. Ah ! On aime donc ça, chez certains auteurs de Frissons, les archives et les cartes papier ! Y'a pas un jeune dans cette histoire qui semble savoir comment utiliser Google ou Copilot pour trouver des réponses ! Mais il pense à utiliser des archives, ça oui ! (Ou une loupe mais je m'égare, c'est dans un autre Frissons absurde d'irréalisme.)
7) Des erreurs qui agacent, il y en a plus qu'une. Dès la première page du chapitre 1: "La porte [du bus] se referme avec un son de caoutchouc et Rébecca descend seule. (Tsé, ça irait mieux si elle descendait avant que la porte se ferme...) Ou comme à la p. 101: "Mais il n'y a pas eu de sirènes."... alors que quelques pages plus tôt on mentionne que les sirènes au loin "C'était pour moi.". Ou encore: p. 107, où on suit le POV de Rébecca, et tout à coup cette phrase : "Julien le sait mieux que personne." Heu... il est pas présent, Julien. Rébecca peut pas savoir ce qu'il sait. Ou encore: "Et pas un seul mot. Entendu ? Les aventuriers acquiescent dans la nuit." (p. 116). Puis, moins de deux pages plus loin, tout ce beau monde jase normalement !
8) Sans oublier ce genre de phrases qu'il faut relire deux fois pour réaliser qu'elle ne fait pas de sens: "Serait-ce un hommage aux enfants que Val-Bénit a dévorés ou un décompte des victimes de la région ?" Heu... c'est la même affaire, monsieur l'auteur. Tu parles du même monde.
9) Rébecca qui, retenue "prisonnière" chez elle, mais qui a encore son cellulaire, prétexte aller à la bibliothèque une petite heure pour leurrer sa mère. Une fois dehors, elle appelle un ami. Et c'est tout. Elle ne profite pas plus que ça de son heure de "liberté". Mais pourquoi il fallait qu'elle sorte dehors pour l'appeler ? Et si elle ne souhaitait pas être entendue, pourquoi ne pas le texter dans sa chambre tranquillos ?
10) De petites missions, ici et là, sont lancées, mais n'ont pas de suite, comme p. 33: "Émilie et Sophie s'occuperont de la mémoire vivante: interroger les habitants plus âgés, sous couvert d'un travail scolaire..." (C'est plutôt deux autres filles qui utiliseront cette excuse pour consulter des archives. On ne saura pas ce que pensent les aînés, finalement. À part une vieille cartomancienne, mais celle-ci sera alors l'objet d'une autre "mission".) Et il faudra donner deux fois à Julien la mission de fouiller dans l'ordi de son père avant qu'il le fasse.
11) Comment cette histoire prometteuse aurait dû finir ? En coupant dans les phrases vides et les "je me cache ici, puis là, puis je rentre chez moi, puis je me cache encore ailleurs, puis je retourne chez moi charger mon cell, puis je me cache encore", l'auteur aurait eu assez de mots pour déplacer beaucoup plus tôt l'attaque de la bête qui survient à la toute fin du livre. Et bâtir sur cette scène. Là, comme je disais, le mal rentre sous terre sans importuner les forces de l'ordre. C'est pas ça le pay-off que j'attendais ! C'est donc bien poche comme fin ! Monsieur l'auteur, tu aurais dû faire en sorte que le mal se propage, qu'il sorte de la forêt, qu'il envahisse le village complet, que ça devienne une sorte de upside down à la Stranger Things, que les racines détruisent tout, que les branches envahissent la région, que l'armée soit appelée en relève à une SQ débordée, et que ça devienne tellement incontrôlable que les jeunes se disent: merde, les aînés avaient raison, on aurait pas dû, malgré tout, réveiller la bête et ils contemplent dans un coucher de soleil les dégâts causés et regrettent leurs actions. Là, monsieur l'auteur, vous auriez surpris vos lecteurs et offert une fin mémorable. Mais votre livre, s'il est mémorable, ce n'est pas pour les bonnes raisons.
C'est dommage, la collection Frissons nous offrait de beaux produits depuis quelques temps. On l'a échappé avec ce titre pénible à lire et grandiloquent. Le seul passage que j'ai aimé, c'est celui dans l'infirmerie, avec le corps couvert de champignons. Là, on était dans l'horreur et les qualificatifs étaient mieux dosés.
Review of advance copy received from Éditeur
3,5 ☠️ / 5
Le pacte de l'ombre, d'Elie Hanson, est un roman de la collection Frisson eXtrême, destinée aux 14 ans et plus. Mon appréciation se base sur les nombreux personnages (était-ce nécessaire de faire intervenir autant de jeunes adultes), sur la longueur du récit avant qu'on ne comprenne la véritable intrigue et sur le degré d'épouvantante. Suspense, paranormal, certes le livre est bien classé. Par contre, j'ai pris, à mon goût, trop de temps avant d'humer l'intrigue concernant l'esprit de la forêt. Finalement, ma dernière question, est-ce qu'il est extrême de par sa longueur ou de par son récit? Personnellement, je n'ai pas extrêmement frissonné dans cette histoire où le mal ne se fait sentir que dans les 50 dernières pages...
Le pacte de l'ombre, d'Elie Hanson, est un roman de la collection Frisson eXtrême, destinée aux 14 ans et plus. Mon appréciation se base sur les nombreux personnages (était-ce nécessaire de faire intervenir autant de jeunes adultes), sur la longueur du récit avant qu'on ne comprenne la véritable intrigue et sur le degré d'épouvantante. Suspense, paranormal, certes le livre est bien classé. Par contre, j'ai pris, à mon goût, trop de temps avant d'humer l'intrigue concernant l'esprit de la forêt. Finalement, ma dernière question, est-ce qu'il est extrême de par sa longueur ou de par son récit? Personnellement, je n'ai pas extrêmement frissonné dans cette histoire où le mal ne se fait sentir que dans les 50 dernières pages...
Review of advance copy
Ouf. C'était pénible comme lecture. Je me suis pas rendu à la fin, j'ai arrêté après l'attaque du "mal". Une scène d'action (pratiquement la seule) qui arrive bien trop tard dans le roman. J'ai compris, en lisant deux pages ici et là, que la suite ne serait qu'un long épilogue.
Donc, l'action arrive trop tard. On fait juste suivre des jeunes qui se cachent, suivent de fausses pistes, changent d'idée, se cachent encore. J'avais l'impression d'un copier-coller du scénario d'un autre Frissons: Péril sous verre.
Sans parler du style d'écriture, que j'ai trouvé franchement insupportable. C'est pas le bon canevas pour faire de la poésie à deux cennes.
Donc, l'action arrive trop tard. On fait juste suivre des jeunes qui se cachent, suivent de fausses pistes, changent d'idée, se cachent encore. J'avais l'impression d'un copier-coller du scénario d'un autre Frissons: Péril sous verre.
Sans parler du style d'écriture, que j'ai trouvé franchement insupportable. C'est pas le bon canevas pour faire de la poésie à deux cennes.
September 11, 2026
Appréciée ma lecture qui m’a fait replonger dans l’univers des Frissons que je lisais durant mon adolescence. Un bon moment et une lecture parfaite pour l’automne! :)
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