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Les corps inutiles
Clémence vient d’avoir quinze ans, de terminer le collège. Un nouveau cycle s’ouvre à elle, lorsqu’elle est agressée, en plein jour et en pleine rue, par un inconnu armé d’un couteau. Ce traumatisme inaugural - même si elle n’en a pas encore conscience - va contaminer toute son existence. En effet, l’adolescente réalise qu’elle perd progressivement le sens du toucher...
À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés.
Le roman déroule en alternance l’histoire de Clémence adolescente, hantée par cette agression dont elle n’a jamais osé parler à sa famille, et le récit de Clémence adulte, assumant tant bien que mal les conséquences, physiques et psychologiques, de son passé.
Mais la vie, comme toujours, est pleine de surprises
À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés.
Le roman déroule en alternance l’histoire de Clémence adolescente, hantée par cette agression dont elle n’a jamais osé parler à sa famille, et le récit de Clémence adulte, assumant tant bien que mal les conséquences, physiques et psychologiques, de son passé.
Mais la vie, comme toujours, est pleine de surprises
- GenresRoman
300 pages, Paperback
First published January 1, 2015
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Community Reviews
Displaying 1 - 7 of 7 reviews
September 16, 2025
Une lecture que j'ai beaucoup aimée et que j'étais triste de terminer mais pour laquelle je garde un avis assez nuancé.
D'abord j'ai adoré la prose, qui a juste ce qu’il faut de poétique et d'oralité/langage familier, un mix tres bien dosé des deux aussi satisfaisant que touchant que facile à lire. L'incipit m'a chopé direct et ensuite les mots m’ont bercé.e et entraine.e de ouf. Et ca m'a pas mal touché. Pour un livre ou le personnage principal souffre d’une absence de sensations physiques, j’ai trouvé que son écriture investissait les sens d’une facon qui m’a beaucoup plu avec son regard accru sur les détails et sa capacité a si bien décrire les émotions. C’est vraiment le genre de style d’écriture que j’aime le plus.
J’ai adoré l’organisation des chapitres, la lente mais riche progression qui laisse le temps de vraiment comprendre la psychologie profonde de ce personnage et de son trauma qui sont à mon sens extrêmement bien explorés et l’aspect le plus réussi de ce livre. On vit vraiment l’intériorité de ce personnage et ses émotions avec elle. La polyphonie entre l’adolescence et l’âge adulte d'un chapitre à l’autre est un des éléments qui rend le texte entrainant, et permet de donner du relief à l'histoire et la psychologie du personnage et m'a donné envie de tourner les pages assez frénétiquement. C’était un très beau portrait d’humanité bien amené et tissé et c’est un livre qui m'a marqué pour ça.
Son point fort j'ai trouvé, c'est qu'il a vraiment une atmosphère et une personnalité qui lui est propre et se démarque à travers ça. La toile de fond de ce « coma sensoriel » que vit la narratrice m'a complètement captivé.e. Ça fait vraiment la particularité de ce récit qui sort de par son originalité des schémas plus communs de narration quand on prend pour départ d'un récit une agression sexuelle.
C’est vraiment super intéressant sur ce que ça dit d’une expérience humaine dans tous ses aspects si singuliers d’éléments précis combinés et personnels. Étant quelqu’un pour qui l’expérience du corps est définie à travers le prisme de la douleur physique constante l’idée du handicap inverse exploré à travers ce livre était quelque chose qui me fascinait et que je pouvais comprendre, étrangement, parce que je vis l’opposé. Même si c’est poussé à son paroxysme pour l’écriture de cette histoire bien sûr, et que je devais me retenir de mettre mes lunettes de connaissances médicales pour pas être trop dubitatifve.
L'histoire est aussi riche d’autres éléments fascinants et originaux incorporés dedans qui en font une lecture très intéressante: que ce soit le travail atypique de maquilleuse de poupées sexuelles de Clemence, et le rapport qu’elle a avec celui ci, son passé dans le monde du spectacle, le décor de son village paumé près de la mer, les rituels bizarres du personnage en elle même. Son rapport aux symboles, aux dates, aux rêves etc.
Une des raisons qui font que j'aime autant lire c'est découvrir davantage de pans de l'expérience humaine, qui dans ses multitudes, me captive. Du coup ce livre coche beaucoup de bonnes cases pour moi.
Mais si il sort des scripts classiques il fait l’erreur aussi d’en suivre beaucoup d’autres, que j’ai trouvé « trop faciles » et un peu clichés dans les choix faits au niveau de la direction de l’histoire. Facilités qui se mêlaient mal à un récit dont les émotions sont pourtant très réalistes et bien explorées sur la question de survivre au trauma.
(Spoilers incoming)
J’ai trouvé un peu gros que « l’ange gardien » de Clemence soit un vieux flic qu’elle croise dans la rue dans un de ses pires moments, mais aussi parfaitement au bon moment. Et que ce même flic soit aussi bienveillant, paternel sans arrière pensée, très légitimant vis à vis de l’expérience d’agression sexuelle de Clemence, et très investi dans sa quête pour lui rendre justice c’était tristement très peu réaliste.
Je trouve pas le côté de violences policières surajoutées aux violences sexistes sexuelles qui est malheureusement la norme, très bien représenté et ça sonne trop beau pour être vrai du coup ça affecte le réalisme du texte même si ça ferait presque du bien d’essayer de croire en ce personnage du flic investi protecteur.
J’ai trouvé très convenu aussi que l’agresseur de rue de Clemence soit finalement un serial rapist, violeur de petites filles dans les dortoirs. Même si l’inconnu sociopathe violeur ca a absolument sa place dans les récits de vss, tout en étant le scénario le moins commun de ces violences, ca faisait un peu trop new york enquêtes policières ici sur la fin surtout combiné au reste.
Y avait beaucoup de coïncidences aussi très prévisibles dans le récit qui j'ai trouvé faisaient un peu too much et que j’ai vu venir des kilomètres à la ronde.
C’est étonnant pcq y a un passage où Clemence dit très justement que la vie c’est souvent comme ça, des choses laides arrivent et puis c’est tout, y a pas toujours de dénouement ou de raison ou de logique à chaque élément comme le cinéma veut nous le faire croire.
Et pourtant j’ai trouvé que c’est exactement l’erreur un peu dommage que commet ce livre, de trop lisser les angles et de nous donner trop de conclusions satisfaisantes et attendues de façon très facile alors qu’il représente une expérience humaine pourtant tellement crédible et réaliste et complexe parallèlement.
Je ne souhaitais que la justice et la paix et la réparation pour Clemence a laquelle je me suis beaucoup attaché.e. Et quelque part du fait de cet attachement on veut vraiment croire à son cauchemar qui prend doucement fin, et que les choses puissent vraiment s’emboiter si facilement. Mais sur la fin j’avais moins l’impression qu’elle était une vraie personne qu’un personnage à cause de toutes ces coïncidences trop parfaites et bien alignées et ca m’a enlevé un p’tit quelque chose. Ce qui est paradoxal car ce sentiment est arrivé pile au moment de l’histoire où elle, dit enfin se sentir comme une vraie personne à nouveau quand elle retrouve ses sens.
J’ai aussi été un peu brusque.e par certains choix de métaphores assez validistes à travers le texte pour comparer l’absence de sensation physique du corps de Clemence à d’autres formes de handicap de façon qui dénigre un peu ces autres formes la ou les représentent de façon stereotypée et négative. Y avait aussi un court passage grossophobe qui m’a mis mal à l’aise même si on peut s’imaginer que ça vient de la narratrice ado plus que de l’autrice je sais pas si ça se justifie vraiment… ça m’a quand même assez choqué pour taper un pas de recul sur le moment.
J’ai aussi trouvé le regard infantilisant porté sur le personnage du voisin autiste du livre très gênant et déshumanisant sous certains aspects même si la relation que Clemence entretient avec lui restait touchante. Y a un peu trop de fantasmes qu’on se fait de nos vécus dans ce livre qui sont pas top et je trouve ça plutôt déplacé et dénigrant. Si certaines remarques de la narratrice peuvent se comprendre du fait de son propre validisme intériorisé vis à vis de son handicap, ça tombe un peu dans le piège d’utiliser le vécu des personnes handicapées pour se remonter le moral aussi j’ai trouvé parfois.
J’étais donc pas complètement sur.e d’être toujours sur la même ligne politique que l’autrice si on peut dire ça comme ça. Elle représente une expérience humaine avec brio dans ce livre mais tait un peu trop à mon goût la structure politique et sociétale plus complexe dans laquelle cette expérience humaine est inscrite j’ai trouvé. Ça parle très bien de la peur au ventre et de la rage et de la haine et de l’envie de tout casser face au fait d’être constamment perçu.e comme une proie par les hommes, mais il manquait une dimension plus complète sur le reste de ce dans quoi s’inscrivent ces violences la peut etre.
Mais voilà même si je reste critique sur ses défauts ça reste une lecture très unique que j’ai énormément aimé et que je ne regrette pas d’avoir lu, j’ai beaucoup pleuré et retenu mon souffle et vécu les émotions du personnage principal avec elle, j’ai même ri à certains moments en fait chose qui m’a surpris.e aussi! bref sous beaucoup d’aspects c’était exactement le genre de littérature que j’aime, il m’a juste manqué un regard plus juste/réaliste parfois sur des questions politiques et sociales, et j’aurais aimé une connivence pour les clichés moins affirmée. Cependant j’ai tellement suffisamment été charmé.e par la prose, la construction du personnage et la narration de son vécu que j'en ressors malgré tout avec l'envie de lire d'autres livres de cette autrice prochainement.
D'abord j'ai adoré la prose, qui a juste ce qu’il faut de poétique et d'oralité/langage familier, un mix tres bien dosé des deux aussi satisfaisant que touchant que facile à lire. L'incipit m'a chopé direct et ensuite les mots m’ont bercé.e et entraine.e de ouf. Et ca m'a pas mal touché. Pour un livre ou le personnage principal souffre d’une absence de sensations physiques, j’ai trouvé que son écriture investissait les sens d’une facon qui m’a beaucoup plu avec son regard accru sur les détails et sa capacité a si bien décrire les émotions. C’est vraiment le genre de style d’écriture que j’aime le plus.
J’ai adoré l’organisation des chapitres, la lente mais riche progression qui laisse le temps de vraiment comprendre la psychologie profonde de ce personnage et de son trauma qui sont à mon sens extrêmement bien explorés et l’aspect le plus réussi de ce livre. On vit vraiment l’intériorité de ce personnage et ses émotions avec elle. La polyphonie entre l’adolescence et l’âge adulte d'un chapitre à l’autre est un des éléments qui rend le texte entrainant, et permet de donner du relief à l'histoire et la psychologie du personnage et m'a donné envie de tourner les pages assez frénétiquement. C’était un très beau portrait d’humanité bien amené et tissé et c’est un livre qui m'a marqué pour ça.
Son point fort j'ai trouvé, c'est qu'il a vraiment une atmosphère et une personnalité qui lui est propre et se démarque à travers ça. La toile de fond de ce « coma sensoriel » que vit la narratrice m'a complètement captivé.e. Ça fait vraiment la particularité de ce récit qui sort de par son originalité des schémas plus communs de narration quand on prend pour départ d'un récit une agression sexuelle.
C’est vraiment super intéressant sur ce que ça dit d’une expérience humaine dans tous ses aspects si singuliers d’éléments précis combinés et personnels. Étant quelqu’un pour qui l’expérience du corps est définie à travers le prisme de la douleur physique constante l’idée du handicap inverse exploré à travers ce livre était quelque chose qui me fascinait et que je pouvais comprendre, étrangement, parce que je vis l’opposé. Même si c’est poussé à son paroxysme pour l’écriture de cette histoire bien sûr, et que je devais me retenir de mettre mes lunettes de connaissances médicales pour pas être trop dubitatifve.
L'histoire est aussi riche d’autres éléments fascinants et originaux incorporés dedans qui en font une lecture très intéressante: que ce soit le travail atypique de maquilleuse de poupées sexuelles de Clemence, et le rapport qu’elle a avec celui ci, son passé dans le monde du spectacle, le décor de son village paumé près de la mer, les rituels bizarres du personnage en elle même. Son rapport aux symboles, aux dates, aux rêves etc.
Une des raisons qui font que j'aime autant lire c'est découvrir davantage de pans de l'expérience humaine, qui dans ses multitudes, me captive. Du coup ce livre coche beaucoup de bonnes cases pour moi.
Mais si il sort des scripts classiques il fait l’erreur aussi d’en suivre beaucoup d’autres, que j’ai trouvé « trop faciles » et un peu clichés dans les choix faits au niveau de la direction de l’histoire. Facilités qui se mêlaient mal à un récit dont les émotions sont pourtant très réalistes et bien explorées sur la question de survivre au trauma.
(Spoilers incoming)
J’ai trouvé un peu gros que « l’ange gardien » de Clemence soit un vieux flic qu’elle croise dans la rue dans un de ses pires moments, mais aussi parfaitement au bon moment. Et que ce même flic soit aussi bienveillant, paternel sans arrière pensée, très légitimant vis à vis de l’expérience d’agression sexuelle de Clemence, et très investi dans sa quête pour lui rendre justice c’était tristement très peu réaliste.
Je trouve pas le côté de violences policières surajoutées aux violences sexistes sexuelles qui est malheureusement la norme, très bien représenté et ça sonne trop beau pour être vrai du coup ça affecte le réalisme du texte même si ça ferait presque du bien d’essayer de croire en ce personnage du flic investi protecteur.
J’ai trouvé très convenu aussi que l’agresseur de rue de Clemence soit finalement un serial rapist, violeur de petites filles dans les dortoirs. Même si l’inconnu sociopathe violeur ca a absolument sa place dans les récits de vss, tout en étant le scénario le moins commun de ces violences, ca faisait un peu trop new york enquêtes policières ici sur la fin surtout combiné au reste.
Y avait beaucoup de coïncidences aussi très prévisibles dans le récit qui j'ai trouvé faisaient un peu too much et que j’ai vu venir des kilomètres à la ronde.
C’est étonnant pcq y a un passage où Clemence dit très justement que la vie c’est souvent comme ça, des choses laides arrivent et puis c’est tout, y a pas toujours de dénouement ou de raison ou de logique à chaque élément comme le cinéma veut nous le faire croire.
Et pourtant j’ai trouvé que c’est exactement l’erreur un peu dommage que commet ce livre, de trop lisser les angles et de nous donner trop de conclusions satisfaisantes et attendues de façon très facile alors qu’il représente une expérience humaine pourtant tellement crédible et réaliste et complexe parallèlement.
Je ne souhaitais que la justice et la paix et la réparation pour Clemence a laquelle je me suis beaucoup attaché.e. Et quelque part du fait de cet attachement on veut vraiment croire à son cauchemar qui prend doucement fin, et que les choses puissent vraiment s’emboiter si facilement. Mais sur la fin j’avais moins l’impression qu’elle était une vraie personne qu’un personnage à cause de toutes ces coïncidences trop parfaites et bien alignées et ca m’a enlevé un p’tit quelque chose. Ce qui est paradoxal car ce sentiment est arrivé pile au moment de l’histoire où elle, dit enfin se sentir comme une vraie personne à nouveau quand elle retrouve ses sens.
J’ai aussi été un peu brusque.e par certains choix de métaphores assez validistes à travers le texte pour comparer l’absence de sensation physique du corps de Clemence à d’autres formes de handicap de façon qui dénigre un peu ces autres formes la ou les représentent de façon stereotypée et négative. Y avait aussi un court passage grossophobe qui m’a mis mal à l’aise même si on peut s’imaginer que ça vient de la narratrice ado plus que de l’autrice je sais pas si ça se justifie vraiment… ça m’a quand même assez choqué pour taper un pas de recul sur le moment.
J’ai aussi trouvé le regard infantilisant porté sur le personnage du voisin autiste du livre très gênant et déshumanisant sous certains aspects même si la relation que Clemence entretient avec lui restait touchante. Y a un peu trop de fantasmes qu’on se fait de nos vécus dans ce livre qui sont pas top et je trouve ça plutôt déplacé et dénigrant. Si certaines remarques de la narratrice peuvent se comprendre du fait de son propre validisme intériorisé vis à vis de son handicap, ça tombe un peu dans le piège d’utiliser le vécu des personnes handicapées pour se remonter le moral aussi j’ai trouvé parfois.
J’étais donc pas complètement sur.e d’être toujours sur la même ligne politique que l’autrice si on peut dire ça comme ça. Elle représente une expérience humaine avec brio dans ce livre mais tait un peu trop à mon goût la structure politique et sociétale plus complexe dans laquelle cette expérience humaine est inscrite j’ai trouvé. Ça parle très bien de la peur au ventre et de la rage et de la haine et de l’envie de tout casser face au fait d’être constamment perçu.e comme une proie par les hommes, mais il manquait une dimension plus complète sur le reste de ce dans quoi s’inscrivent ces violences la peut etre.
Mais voilà même si je reste critique sur ses défauts ça reste une lecture très unique que j’ai énormément aimé et que je ne regrette pas d’avoir lu, j’ai beaucoup pleuré et retenu mon souffle et vécu les émotions du personnage principal avec elle, j’ai même ri à certains moments en fait chose qui m’a surpris.e aussi! bref sous beaucoup d’aspects c’était exactement le genre de littérature que j’aime, il m’a juste manqué un regard plus juste/réaliste parfois sur des questions politiques et sociales, et j’aurais aimé une connivence pour les clichés moins affirmée. Cependant j’ai tellement suffisamment été charmé.e par la prose, la construction du personnage et la narration de son vécu que j'en ressors malgré tout avec l'envie de lire d'autres livres de cette autrice prochainement.
February 9, 2015
Un sujet très difficile mais une justesse dans les mots de l’auteur. Grandir après une agression, voilà l’histoire de Clémence qui grandit bien trop vite, trop tôt. Une reconstruction difficile que l’auteur nous décrit et qui m’a beaucoup touchée par sa complexité.
Ma chronique : https://myprettybooks.wordpress.com/2...
Ma chronique : https://myprettybooks.wordpress.com/2...
February 9, 2015
Très poignant, une thématique difficile traiter, mais maitrisée à la perfection.
Ma chronique : https://luxnbooks.wordpress.com/2015/...
Ma chronique : https://luxnbooks.wordpress.com/2015/...
June 3, 2015
Dur mais efficace. Les conséquences d'un assaut sur une jeune femme, qui perd progressivement le sens du toucher.
July 12, 2019
Les corps inutiles - Delphine Bertholon.
Clémence doit fêter la fin du collège avec ses amis. Le sort en décidé autrement. Mauvaise rencontre. 15 ans plus tard, la jeune femme solitaire et sauvage travaille à la Clinique, une usine qui frabrique des poupées grandeur nature pour les hommes esseulés.
On retrouve Clémence à 15 ans, Clémence à 30 ans. La disparition de son innocence et de l'enfance suite à un événement traumatisant. Un drame psychologique qui l'empêche de vivre pendant 15 ans.
L'histoire de cette jeune fille traumatisée, qui se mure dans le silence, ne peut que nous toucher. C'est un personnage central puissant, omniprésent. Avec sa chevelure rousse et ses yeux bizarres.
Le roman dérange et un sentiment de malaise nous suit dans les descriptions très froide de la vie de Clémence. C'est deroutant, mais cela permet de se mettre à sa place. Elle souffre, elle ne sent rien, l'enveloppe de son corps inutile se balade à travers le temps. Un roman qui porte bien son titre...
Clémence doit fêter la fin du collège avec ses amis. Le sort en décidé autrement. Mauvaise rencontre. 15 ans plus tard, la jeune femme solitaire et sauvage travaille à la Clinique, une usine qui frabrique des poupées grandeur nature pour les hommes esseulés.
On retrouve Clémence à 15 ans, Clémence à 30 ans. La disparition de son innocence et de l'enfance suite à un événement traumatisant. Un drame psychologique qui l'empêche de vivre pendant 15 ans.
L'histoire de cette jeune fille traumatisée, qui se mure dans le silence, ne peut que nous toucher. C'est un personnage central puissant, omniprésent. Avec sa chevelure rousse et ses yeux bizarres.
Le roman dérange et un sentiment de malaise nous suit dans les descriptions très froide de la vie de Clémence. C'est deroutant, mais cela permet de se mettre à sa place. Elle souffre, elle ne sent rien, l'enveloppe de son corps inutile se balade à travers le temps. Un roman qui porte bien son titre...
December 27, 2018
Jamais déçue par Delphine Bertholon !
February 14, 2016
La première réussite de ce roman tient à sa scène d’ouverture, à cet acte fondateur qui va conditionner tout le récit. La jeune Clémence, quinze ans, se rend chez ses amis pour fêter la fin de l’année scolaire. En chemin, un homme se jette sur elle et la menace d’un couteau. Agressée sexuellement, elle parviendra cependant à éviter le viol et à s’enfuir. Mais le mal est fait. Plus psychologique que physique, le traumatisme est d’autant plus grand qu’il ne peut être partagé. Que personne ne pourra la comprendre: « avouer l’agression, dans cette famille-là, ce serait se condamner à perpétuité. (…) Ce serait crever d’ennui et la minijupe éternellement bannie – j’étais en jean, bordel ! –, ce serait le père hagard s’abreuvant de pilules et la famille nombreuse tout entière au courant, sans exception. (…) À tout jamais victime, à tout jamais coupable, à tout jamais salie.»
Elle survit plus qu’elle ne vit. Elle ne comprend plus son corps. Ne ressent plus rien : «Cette fille rousse dans la glace, ce n’était pas Clémence Blisson, quinze ans ; c’était quelqu’un d’autre. Quelque chose d’autre, pensa-t-elle subitement. L’idée la fit frémir.»
La solution viendra-t-elle de l’éloignement, d’une autre vie loin de cette ville, loin de ces amis qui ne la comprennent plus, loin de ces parents qui n’ont toujours rien compris ?
« À l’aube du XXIe siècle, j’avais donc signé un prêt à taux exorbitant, bouclé mes valises, fait hurler ma mère, enrager mon père, pleureur ma sœur, et je m’étais retrouvée élève de l‘ITM – l’Institut technique du maquillage. J’y passai deux années très enrichissantes, qui me formèrent surtout à une habileté quasi miraculeuse pour une fille dans ma condition – je réussis même à décrocher le permis de conduire. J’habitais une chambre de bonne de neuf mètres carrés près de la Contrescarpe, dont je payais le loyer grâce à un mi-temps dans la boutique Yves rocher de la rue de Rivoli – un enfer plein de peaux mortes, d’épilations anales et de pieds d’athlète.»
Douée, Clémence va réussir ses études et trouver un travail de maquilleuse pour le cinéma. Mais ne va pas guérir pour autant : «Je m’envoyais en l’air, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, avec n’importe qui. À l’époque déjà, je ne donnais jamais suite, mais je n’avais pas encore instauré " la règle du 29 "».
La règle du 29 est une sorte de rituel. À la date anniversaire de son agression, elle s’habille de façon provocante et offre son corps à tous. Car, comme le souligne le titre du roman, il lui est inutile. Le sexe comme punition. Mais il reste l’espoir qu’un jour, «il y en aurait un – un différent des autres – qui lèverait l’anathème comme dans les contes de fées. Un jour j’aurais mal pour la première fois, ma peau ressusciterait et je serais sauvée.»
Après l’épisode raté avec Tristan, scénariste du deuxième long-métrage sur lequel elle a travaillé, et qui fut à l’origine de la règle du 29, elle va chercher à briser le mauvais sort en fuyant à nouveau.
Elle retourne dans le Sud, est engagée comme dessinatrice-maquilleuse dans une usine de poupées gonflables, et voit un jour débarquer Damien Coperey, un policier qui n’a pas perdu l’espoir de mettre la main sur son agresseur. Son «premier sauveur» va lui permettre do sortir la tête de l’eau. De comprendre que «la certitude d’être une abomination» n’a rien d’irrémédiable.
Delphine Bertholon va même parvenir à renverser complètement les choses. Le seconde réussite de ce roman tient en effet dans sa conclusion. Résilience, volonté de s’en sortir, combat pour la liberté. Peu importe comment on appellera l’évolution de Clémence, on ressortira ragaillardi de ce roman.
http://urlz.fr/3aAd
Elle survit plus qu’elle ne vit. Elle ne comprend plus son corps. Ne ressent plus rien : «Cette fille rousse dans la glace, ce n’était pas Clémence Blisson, quinze ans ; c’était quelqu’un d’autre. Quelque chose d’autre, pensa-t-elle subitement. L’idée la fit frémir.»
La solution viendra-t-elle de l’éloignement, d’une autre vie loin de cette ville, loin de ces amis qui ne la comprennent plus, loin de ces parents qui n’ont toujours rien compris ?
« À l’aube du XXIe siècle, j’avais donc signé un prêt à taux exorbitant, bouclé mes valises, fait hurler ma mère, enrager mon père, pleureur ma sœur, et je m’étais retrouvée élève de l‘ITM – l’Institut technique du maquillage. J’y passai deux années très enrichissantes, qui me formèrent surtout à une habileté quasi miraculeuse pour une fille dans ma condition – je réussis même à décrocher le permis de conduire. J’habitais une chambre de bonne de neuf mètres carrés près de la Contrescarpe, dont je payais le loyer grâce à un mi-temps dans la boutique Yves rocher de la rue de Rivoli – un enfer plein de peaux mortes, d’épilations anales et de pieds d’athlète.»
Douée, Clémence va réussir ses études et trouver un travail de maquilleuse pour le cinéma. Mais ne va pas guérir pour autant : «Je m’envoyais en l’air, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, avec n’importe qui. À l’époque déjà, je ne donnais jamais suite, mais je n’avais pas encore instauré " la règle du 29 "».
La règle du 29 est une sorte de rituel. À la date anniversaire de son agression, elle s’habille de façon provocante et offre son corps à tous. Car, comme le souligne le titre du roman, il lui est inutile. Le sexe comme punition. Mais il reste l’espoir qu’un jour, «il y en aurait un – un différent des autres – qui lèverait l’anathème comme dans les contes de fées. Un jour j’aurais mal pour la première fois, ma peau ressusciterait et je serais sauvée.»
Après l’épisode raté avec Tristan, scénariste du deuxième long-métrage sur lequel elle a travaillé, et qui fut à l’origine de la règle du 29, elle va chercher à briser le mauvais sort en fuyant à nouveau.
Elle retourne dans le Sud, est engagée comme dessinatrice-maquilleuse dans une usine de poupées gonflables, et voit un jour débarquer Damien Coperey, un policier qui n’a pas perdu l’espoir de mettre la main sur son agresseur. Son «premier sauveur» va lui permettre do sortir la tête de l’eau. De comprendre que «la certitude d’être une abomination» n’a rien d’irrémédiable.
Delphine Bertholon va même parvenir à renverser complètement les choses. Le seconde réussite de ce roman tient en effet dans sa conclusion. Résilience, volonté de s’en sortir, combat pour la liberté. Peu importe comment on appellera l’évolution de Clémence, on ressortira ragaillardi de ce roman.
http://urlz.fr/3aAd
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