On dirait que je suis prise entre le coeur et la raison. Mon côté rationnel est capable de reconnaître que c'est un bon livre, bien écrit, avec une proposition intéressante, mais au final, ça me fait un peu l'effet d'une claque sur la gueule et ben ça, mon coeur de guimauve n'aime pas ça. Mais si c'était l'effet recherché, de ne pas nous laisser indifférent, alors ce livre est une réussite. Peut-être n'aurais-je pas dû donner de note tout simplement ? La plupart du temps, je lis des romans d'amour. Pourquoi ? Parce que je n'ai pas envie de lire sur combien la vie est dégueulasse, à quel point elle est méchante, cruelle... Ce récit n'est pas dénué de beauté ni d'espoir, mais il faut creuser sous la crasse et le désespoir pour en trouver et je préfère une fin plus claire et heureuse, où il n'y a pas de zones grises. J'aurais aimé un punch différent également, car on le voit venir rapidement.
Mais pour un dépaysement, ça en était tout un. Pas juste pour l'héroïne mais aussi pour le lecteur, si comme moi il n'a jamais mis les pieds dans le Grand Nord et qu'il en connaît peu sur la culture autochtone. De quoi ça parle au juste ? C'est l'histoire de Dorothée, une adolescente insolente et frustrée qui, du jour au lendemain, se fait envoyer par son père dans une région au climat hostile. Son hôte le sera tout autant; un homme qui baragouine que de l'anglais, qu'elle surnommera le Yéti et qui lui fera pourtant vite comprendre que le séjour ne sera pas de tout repos. C'est Dorothée qui nous raconte son histoire où il n'y a aucun dialogue. C'est plutôt elle qui nous rapporte les échanges verbaux parfois singuliers entre elle et les autres. Une écriture franche, crue et à vif, où le cynisme et la désillusion côtoient la résignation et le désir d'aller de l'avant sans s'enfarger dans le passé. Mais derrière chaque adolescente au comportement offensant se cache des drames familiaux et un drame personnel.