1937. Les tragiques événements de Guernica, dont Picasso a fait le sujet de l’une de ses plus célèbres toiles, viennent de se dérouler en Espagne. À Paris, Jean-Léonard dit Léo fait partie d’un petit groupe de jeunes adultes d’obédience anarchiste que l’actualité espagnole fait bondir. Mais Léo est issu d’une famille bourgeoise, très marquée à droite, et il y a loin de l’indignation à l’action concrète… Sa rencontre avec l’écrivain militant Victor Serge va pourtant tout faire basculer : malgré son attachement à sa petite amie Louise, Léo se décide à tout plaquer, direction Saragosse, pour y rejoindre la célèbre colonne Durruti, une brigade internationale où se retrouvent, engagés aux côtés des républicains espagnols, des combattants idéalistes venus de tous les horizons de la planète…
Pas inintéressant et le dessin est joli, mais le scénario est très convenu, les personnages assez lisses et puis la fin arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Ce n'est pas incorrect d'un point de vue historique mais ça n'apporte rien au récit, on dirait juste que les auteurs ne savaient pas trop comment conclure: ça n'a aucun rapport avec la guerre civile espagnole, et le personnage principal n'est pas assez intéressant pour que ça nous fasse palpiter le cœur de le voir rejoindre la résistance française. Bref, sur cette thématique, lisez plutôt le splendide "El arte de volar" (Altarriba/Kim), grand classique de la BD espagnole!
L'album est plutôt bon dans la partie française et espagnole, c'est à la fin que ça se gâte quand, patriotiquement, Léo décide de traverser clandestinement la Manche pour rejoindre De Gaulle en Angleterre. Cette association entre le gaullisme et l'anarchisme des Brigades Internationales du début a bousillé ma lecture. On aurait cru entendre chanter le coq gaulois en arrière-plan.