Avant même de découvrir le synopsis et de me lancer dans la lecture de ce roman, j’ai été intriguée par la couverture, qui est parfaitement pensée, de la première à la quatrième de couverture, sans oublier la tranche. Un suspense est immédiatement installé et m’a poussée à découvrir l’enquête qui se cachait derrière cette chevelure. Cette bonne impression a été confirmée avec les premiers chapitres et la rencontre avec les personnages principaux. L’atmosphère est relativement pesante, notamment lorsqu’il s’agit de la description de la scène de crime, mais cela nous incite à chercher des hypothèses, comme les policiers chargés de l’enquête. Le lecteur est mis à contribution, comme s’il était un protagoniste à part entière. Si vous aimez les romans policiers, vous serez certainement tentés de chercher les moindres détails laissés par l’auteure dans la narration, afin de connaître le fin mot de l’histoire avant même le dénouement du roman.
Malheureusement, l’histoire perd peu à peu de son rythme au fil des pages. Certains passages sont longs et n’apportent pas grand chose à l’intrigue, et plus de la moitié du roman met en scène une enquête qui stagne ainsi qu’une équipe de police qui se retrouve face à des preuves non recevables. C’est bien sûr intéressant de ne pas se confronter à une enquête facilement résoluble et de découvrir les délais parfois très longs pour obtenir des résultats d’analyse ou des autorisations d’autorités supérieures. Cependant, cette lenteur dans la narration aurait tendance à perdre le lecteur et peut-être même à l’ennuyer. Néanmoins, les deux dernières parties et l’épilogue nous permettent de finir sur une meilleure note et nous donnent même envie de poursuivre avec le second tome de la duologie, Prendre Gloria, afin d’obtenir des réponses aux questions qui restent en suspens dans Prendre Lily.
Un autre point qui pourrait expliquer mon avis plutôt mitigé, c’est le manque d’humour anglais et du légendaire flegme britannique. En effet, l’intrigue se déroule en Angleterre, avec une équipe composée de membres venant aussi d’Irlande et d’Écosse. L’auteure aurait pu jouer de ces détails en exagérant un peu les personnalités de ses protagonistes, mais ce n’est pas le cas. Je trouve que cela aurait pu donner du relief aux relations qu’entretiennent Daphné, Jim et Gordon et apporter un peu plus de piquant à l’enquête. C’est dommage, à mes yeux, de ne pas avoir exploité cet aspect de la narration.
Pour conclure, Prendre Lily est un roman intéressant, avec une intrigue qui reste dans nos esprits. Cependant, les choix de narration de l’auteure ne sont pas toujours convaincants et nous laissent un peu sur notre faim. J’espère être plus captivée par le second tome, Prendre Gloria.