Contient : 1 - Au sujet d'Omale, Introduction 2 - Omale, Roman 3 - Les Conquérants d'Omale, Roman
Omale...
Imaginez une sphère de matière ultra-dense, englobant un soleil. À l'intérieur de cette coquille de dizaines de millions de fois la surface terrestre : de l'air et de la vie ; des espèces intelligentes, aussi. Là, sous un soleil à jamais immobile, les Humains, arrivés par une éphémère porte de Vangk, ont dû repartir de zéro. Au fur et à mesure des âges, alors que l'univers extérieur se muait en simple mythe, ils ont dû tisser une histoire avec leurs voisins extraterrestres : les Chiles, grands et puissants, et les sages Hodgqins. Une histoire faite de commerce et de guerre, d'exploration des Confins, mais où les grands mystères demeurent : quels êtres aux pouvoirs semi-divins ont édifié Omale, et pourquoi y ont-ils piégé toutes les espèces de la galaxie?
Né en 1968, Laurent Genefort a vingt ans lorsque paraît son premier roman dans la mythique collection « Anticipation » du Fleuve Noir. Quarante ouvrages plus tard, deux Grand Prix de l’Imaginaire et un prix Rosny Aîné en poche, il est l’une des figures de proue de la science-fiction française et, sans doute, le meilleur créateur d’univers du domaine.
Ce recueil contient les deux premiers romans du cycle d'Omale : "Omale" (étonnant, non) et "les conquérants d'Omale".
Omale
Omale est une sphère de Dyson, c'est ce que nous dit la préface. Mais ses habitants croient qu'il s'agit d'un monde plat et infini. Et c'est vrai qu'elle est énorme. Suffisament, en tout cas, pour permettre son peuplement par trois espèces intelligentes (dont les humains). Des individus de ces trois espèces recoivent donc à différents moments de leur vie des billets d'embarquement pour un voyage en ... dirigeable (le terme nef utilisé m'a paru ridiculement trompeur). ce voyage les amènera à vivre moults aventures, au cours desquelles ils feront mieux connaissance avant de découvrir ... le véritable but de leur quête. Je dois bien avouer que je ne m'attendais à rien en lisant ce roman, surtout pas à ressentir cette impression diffuse et permanent de voir se mêler dans un même récit des inspirations visibles et multiples. L'inspirations de Dan Simmons, d'abord, puisque l'alternance entre l'action immédiate et les flashbacks sur la vie des personnages reprend pas mal la structure qui faisait la force d'Hypérion. L'inspiration de Iain M Banks ensuite, et surtout de l'Homme des jeux, puisque là aussi le rôle de chaque personnage sera défini par un jeu aux règles incompréhensibles par un simple humain, et donnant à chaque individu d'une espèce donnée sa place dans leur modèle de civilisation. Mais enfin, et surtout, et d'une façon absoluemnt écrasante, l'influence de la fantasy tendace quête pour sauver un mode de vie voué à disparaître. Là, le mode de vie n'est pas la magie, mais un certain "vivre ensemble" (tiens, d'un coup, je vomis). Et là franchement, j'ai été profondément déçu : déguiser une quête de fantasy dans les auripeaux d'une espèce de déchéance d'un modne extra-terrestre, ça me rappelle certains albums de la BD Sillage, et c'est pas forcménet ceux où l'auteur s'est le plus foulé pour le scénario. Je suis sévère ? Oui. Je trouve des choses à sauver ? Pas grand chose, en fait, mis à part peut-être l'absence de manichéisme des personnages : si la rochille est incontestablement tordue, les autres personnages sont eux parfaitement normaux, au sens où ils cachent leurs faiblesses, peuvent mentir à l'occasion, et n'hésitent pas vraiment à tenter de se manipuler. Je me rend d'ailleurs compte que l'auteur tourne un peu trop autour d'eux pour s'intéresser au reste du monde autrement que comme le décor de leur aventure commune : le seul autre personnage qui ne soit pas un figurant est ... un androïde/automate ! Bon, on va voir la suite ....
Les conquérents d'Omale
Histoire de nous simplifier la vie, ce second tome se passe sept cent ans avant le premier. En cette époque reculée, il y a semble-t-il encore beaucoup de métal à utiliser un peu partout, et on se trouve donc dans une espèce de guerre louche entre les chiles (grans et costauds) et les humains. Une guerre aux dimensions d'Omale : sur vingt mille kilomètres de front, on se bat au fusil, on creuse des tranchées, et on sacrifie mille hommes pour une colline. Dans ce contexte "joyeux", quatre soldats d'origine diverses sont envoyés chercher une arme qui pourrait changer le cours de la guerre. Cette arme fut capturée il y a des décenies aux ennemis non-humains et est cachée à des dizaines de milliers de kilomètres du front. Il faudra donc aller l'y chercher, la connecter à une source d'énergie assez puisante, et la ramener au front. Evidement, c'est un voyage d'une longueur absolument extravagante, durant lequel les personnages utiliseront un panachage de tous les moyens de transport humains : bateaux, autombiles à moteur à alcool, et train nucléaire pour finir. A côté de ce récit principal, deux récits secondaires sans intérêt tentent d'exister, et échouent. Echouent, échouent, on peut dire que même le récit principal échoue pour différentes raisons que je vais vous détailler. La première des raisons est le manque d'empathie total qu'on peut ressentir pour ces personnages : ils sont différents, mais cette différence les rend juste hétérogènes. Ils ont chacun une histoire, qui peut se résumer à "j'ai choisi de livrer la guerre contre ces salauds d'extra-terrestres", et leur mission qui leur a été imposée, ils la prennent pour une espèce d'ardente obligation contre laquelle ils ne se rebelleront jamais (peut-être aprce qu'ils ont été bien "castés"). Bref, ils sont mornes et sans intérêt. Une description qui peut d'ailleurs s'appliquer également au paysage : ils font un voyage de quoi ... quarante-mille kilomètres, peut-être, presque sans jamais s'arrêter, et je serais bien en peine de me souvenir d'un paysage (j'ai fini el bouquin hier, hein). Ah, si, une plaine d'au moins deux cent kilomètres de côté remplie de colonnes façon Buren toutes séparées d'un espace identique, et faisant toutes la même taille. Un big dumb object, quoi. Dont l'auteur ne fera d'ailleurs absolument rien, comme il ne fait rien de l'espèce de disque spatial venant couper les rayons du soleil pendant des jours, des mois ou des années et créant une espèce d'hiver total. En fait, pour moi, le décor est absolument inutile à ce voyage qui semble se réduire aux dimensions de la cabine dans laquelle se trouve nos soldats. Pour prendre une métaphore facile, c'est comme dans Apocalypse Now : dans ce fil, le héros voit le monde s'agiter autour de lui, mais n'est plus capable d'appréhender ce changement. Donc il le regarde sans même le voir, essentiellement parce qu'il n'y a pas de combat. je retiens de ce décor, et de ces personnages, la même impression d'amputation mentale, de personnages décérébrés par l'action continue.
Bon, est-ce al peine de continuer sur ce roman ? Je ne crois pas.
Et est-ce la peine de continuer avec Omale ? je ne crois pas non plus.
Il y a toutefois quelque chose d'absolument vertigineux dans cette oeuvre. l'auteur crée un monde aux dimensions astronomiques, peuplé à priori d'espèce spatio-péregrines (comme ils disent dans les meilleurs space-opera) et dont peut donc supposer qu'elles disposent de vaisseaux spatiaux, ainsi que de gens à peu près intelligents, voire même capables d'utiliser au mieux les ressources abondantes que leur procure leur environnement.
Pour tout dire,a vec le même équipement, un Iain M Banks (je crois que c'est lui qui fait ça) nous pond des sphères de Dyson où la partie exposée à l'l'espace est utilisée pour créer des lignes de métro à haute vitesse, quand l'intérieur est remodelé en une espèce de centre de loisir intergalactique, le tout grâce à une utilisation ingénieuse de capacités d'IA. Parce que le gros manque, làdedans, c'est la scienc : les seuls artefacts dont disposent les différents personnages semblent tous être issus d'époques antérieures, et meilleures.
Autrement dit, l'auteur fait le pari d'une décadence synchronisée entre toutes les espèces intelligentes peuplant Omale. Ca me paraît plus que suspect. Carrément crétin, en fait.
Et je ne parle pas des théories de l'espace vital dans un espace supposé infini. En fait, c'est pas compliqué, Omale semble rassembler la plupart des choses qui me rebutent dans le pulp. Sans doute parce que, sous son prétexte d'hommage à Jack Vance, c'en est. Et c'est dommage que je me sois infligé ça.
Il y a deux romans dans ce tome: Omale (p13 à 538) et Les conquérants d'Omale (p539 à 1041). Les deux histoires sont complétement différentes, mais se déroulent sur la même planète. Ou plutôt dans la même planète: Omale est une sphère de Dyson, une sphère immense construite autour du soleil Héliale. Dans le premier roman, j'ai vraiment cru lire une partie de jeu de rôle mise en roman: six personnages de différentes races et aux compétences complémentaires se retrouvent embarqués dans une quête parce qu'ils ont reçu chacun un morceau de coquille d'œuf qui s'assemblent et un billet pour un voyage en aéronef. Une fois ensemble, ils révèlent chacun à leur tour leur background, c'est-à-dire qu'ils racontent chacun leur vie, quasi de leur naissance à leur embarquement dans la nef. Autant dire que l'histoire connaît quelques longueurs. Je n'ai pas été embarquée par leurs aventures à bord de l'aéronef, mais je pense que ça peut plaire à ceux qui aiment les histoires de piraterie. Enfin, j'ai été déçue par leur mission finale: . Par contre j'ai beaucoup aimé l'identité du personnage derrière tout ça: . Le second roman ne m'a pas trop plu, car il s'agit principalement d'un récit de guerre (une guerre entre Chiles et humains). En plus, on suit trois récits en parallèle, qui ont chacun trois à dix personnages importants, donc j'ai eu du mal à suivre! Au final, l'histoire que j'ai préféré est celle des géographes. Le récit principal suit des soldats, qui doivent assembler les parties d'une arme ennemie très puissante, pour la retourner contre les Chiles et faire basculer le cours de la guerre en faveur des humains. Le dernier suit des ambassadeurs qui vont à la rencontre des Aezirs pour des échanges commerciaux . Bref, j'ai un peu moins aimé ce roman, par rapport à ce que je lis de Laurent Genefort. Mais ça reste un très bon roman de science-fiction. Les univers de cet auteur sont toujours passionnants, très inventifs et très riches. Je continuerai de lire ses livres avec plaisir.
Omale : 3/5 Ce premier tome était intéressant car il suit plusieurs personnages qui s'embarque dans un voyage mystérieux. Tout au long du livre on apprend connaitre la vie de ces personnages et les raisons pour lesquelles ils se trouvent à bord de la nef. Contrairement à ce que je pensais, et à ce que laissait entendre le début, ce n'est pas un roman d'action ou d'aventure; les personnages sont très vite passifs et on se trouve dans uns sorte de huis-clos pendant un bon moment. J'ai trouvé la fin trop abrupte : on passe plus de 500 pages à suivre une quête, et à la minute où le but est atteint le livre se finit.
Les conquérants d'Omale : 2/5 Je suis assez déçue de ce second tome ! Les conquérants d'Omale se déroule plusieurs siècles avant le tome précédent et a pour but de répondre à certaines questions du livre d'avant concernant l'histoire d'Omale. Le problème est que je n'ai pas du tout réussi à m'intéresser à l'histoire. On suit 3 groupes de personnages différents, et on ne comprend qu'à la fin en quoi leurs actions sont liées. Du coup j'ai eu l'impression de suivre trois histoires différentes, de me perdre entre les personnages (ne me demandez pas comment ils s’appellent, je n'ai retenu aucun nom...) et surtout j'ai eu l'impression de lire des tonnes de pages qui ne servent à rien.
De manière générale, j'admire l'auteur pour l'univers qu'il a créé : Omale est un monde riche, qui possède sa propre Histoire, ses trois rehs (c'est à dire trois espèces "intelligentes") qui cohabitent tant bien que mal, ses règles et ses lois. Le livre regorge de détails qui montrent que rien n'a été laissé au hasard par l'auteur. Le seul souci avec ça, c'est que j'ai été un peu perdue et je pense que c'est ce qui m'a empêché d'être totalement prise dans l'histoire. L'auteur nous parle d'objets inconnus des terriens, mais ne nous explique pas ce que c'est. Bien sur, avec le contexte on finit par comprendre; mais on passe son temps faire cette gymnastique : les animaux, les armes, le système métrique, et même les caractéristiques physiques des rehs ne sont pas expliqués. Alors j'ai bien compris que les Hodgqins avaient trois paires de bras, quatre pédoncules oculaires et les articulations des genoux inversées par rapport aux humains, mais je n'arrive toujours pas à me les représenter.
Même si je salue la performance et le travail de l'auteur, je n'ai pas réussi à m'immerger dans ce monde. J'aurai préféré rester sur le premier tome qui m'a fait passé un meilleur moment que le second !
Cette première intégrale d'Omale fut très ambivalente. J'ai eu envie de souligner l'ambition de l'auteur dans un premier temps et sa puissance d'écriture pour avoir suscité un tel vertige en moi, dans une ambiance qui m'est si chère, lors de notre première rencontre. Mais les retrouvailles furent gâchées par une intrigue militaire plus bas de front et trop terre à terre alors qu'attendais à nouveau de ressentir le même chamboulement. Ce n'est pas sans appréhension que je lirai la seconde intégrale et pourtant l'auteur est un excellent conteur !