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Retour au Vieux Royaume !

« J'ai quand même un ragot à vous servir, et du lourd ! Figurez-vous que ce n'est point avec moi que les elfes ont commencé à grenouiller dans les affaires de l'État. Bien loin de là ! Il y a deux bons siècles, déjà, au moment de l'Émancipation de Ciudalia, ils nous ont joué un tour à leur façon. Et les marles en tâtent tellement pour la barabille que l'un d'entre eux, sans même pointer son joli minois dans notre belle cité, nous a tous jetés dans une sacrée flanche ! Jugez-en par vous-même. »

En cinq nouvelles comme autant d'étapes dans l'histoire cruelle et tumultueuse du Vieux Royaume, le monde créé par Jean-Philippe Jaworski dans Janua Vera et Gagner la guerre — déjà des classiques de la fantasy.

Table :
- Le Sentiment du Fer
- L'elfe et les égorgeurs
- Profanation
- Désolation
- La troisième hypostase

206 pages, Mass Market Paperback

First published May 5, 2015

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About the author

Jean-Philippe Jaworski

42 books297 followers

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4 stars
175 (47%)
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71 (19%)
2 stars
5 (1%)
1 star
2 (<1%)
Displaying 1 - 30 of 32 reviews
Profile Image for Robin.
620 reviews30 followers
August 29, 2021
Un pur chef d'oeuvre. Tout est bon, les histoires, l'écriture, les dialogues, etc.
Profile Image for Nicolas.
1,405 reviews77 followers
November 1, 2017
Dans ce recueil, l'auteur part de Ciudalia (la ville déja évoquée par l'auteur) pour faire un vaste tour autour de la guerre qui déchire le royaume de Léomance. On n'ira jamais jusqu'au front, mais la rumeur de la bataille vient toujours donner un fond d'agitation à ces différents récits.

Mais d'abord, qu'avons-nous là ?

Le Sentiment du Fer

Une chouette histoire d'assassin monte en l'air à la conclusion originale.

L'elfe et les égorgeurs

Une histoire qui m'a fait penser à certains passages du fameux film de Verhoeven La Chair et le Sang.

Profanation

Le procès d'un potentiel détrousseur de cadavres réserve son lot de surprises

Désolation

Des nains ! Un dragon ! Des grottes ! Et des surprises

La troisième hypostase

Une enchanteresse affronte à l'orée du royaume des elfes un ennemi

Conclusion

Les nouvelles ne sont pas mauvaises en soi. Mais l'auteur joue avec trop de vocabulaire potentiellement inventé pour que j'ai été à l'aise lors de la lecture. Par ailleurs, si les scénarios sont intéressants, et donnent ensemble un bel aperçu de la guerre, il y a une forme de simplicité, de typicité, voire même de cliché, que j'ai trouvé un peu gênant. C'est très bien fait, hein. Mais c'est peut-être un peu convenu.
Profile Image for Justine Cloarec.
29 reviews
November 18, 2025
C’est toujours un plaisir de lire du Jaworski !
J’ai un peu moins accroché à la dernière nouvelle, mais les autres étaient des 10/10 !
Profile Image for Ceraeden.
141 reviews6 followers
May 9, 2023
Il s'agit plutôt d'un 4,5 car toutes les nouvelles ne sont pas de même valeur, mais le style de Jaworski l'emporte. Et quel style! C'est parfois complexe (préparez un dictionnaire) mais comme chez Céline, le mélange des discours est parfaitement équilibré (on passe de l'argot au soutenu en quelques secondes et si le mélange détonne, il n'est pas artificiel).
Le gros plus pour ma part est que chaque nouvelle a une véritable conclusion tout en s'inscrivant dans un contexte général avec différents renvois à l'histoire du vieux royaume. Petits coups de coeur pour Désolation et le Sentiment du fer.
Profile Image for La licorne bibliophile.
610 reviews19 followers
July 29, 2023
Un recueil de nouvelles se déroulant dans le Vieux Royaume à l'époque de la guerre contre Ciùdalia.

Un 4.5 plutôt que 5 à cause d'une nouvelle à laquelle je n'ai pas accroché. Cependant, la richesse du style de Jaworski reste un régal sans pareil. Si ce recueil n'atteint pas la densité de Janua Vera, il varie cependant tout comme ce dernier le ton d'une nouvelle sur l'autre, offrant une variété bienvenue au lecteur.

Le Sentiment du fer
Un maître assassin de la Guilde des Chuchoteurs est engagé pour subtiliser un parchemin chez un noble.

Une première nouvelle d'une très grande qualité et qui rappellera inévitablement Gagner la guerre à ceux l'ayant lu. De ce fait, ce n'est probablement pas la plus originale du recueil mais l'on prend toujours un plaisir fou à suivre ce type de protagoniste sur les toits de la cité ou tapi dans l'ombre. Il y a de la furtivité, du combat... Tout pour plaire !


L'elfe et les égorgeurs
Annoeth l'elfe s'arrête pour demander l'hospitalité à une bande de soudards sans foi ni loi. Comment se sortira-t-il de cette situation périlleuse ?

Un récit assez court mais que j'ai trouvé très rafraichissant avec un peu d'humour quant à la chanson d'Annoeth. J'ai beaucoup aimé cette petite nouvelle sans grande prétention.


Profanation
Un homme est accusé par un tribunal d'être un détrousseur de cadavre. Il entreprend alors de se défende contre ces accusations.

Une très bonne expérience. Même si la fin ne m'a pas ébloui, on ne peut qu'être amusé tout au long de notre lecture par la mauvaise foi évidente de l'accusé et des excuses qu'il trouve afin de sauver sa vie !


Désolation
Une troupe de nains et leurs serviteurs gnomes traverse les profondeurs d'une vallée où règne un dragon afin de venir en aide à une cité alliée.

Un récit très surprenant. On a tendance à oublier en partie l'aspect très "fantasy classique" du Vieux Royaume. Jaworski nous livre ici un brillant hommage (volontaire je présume) à Tolkien et nous avons réellement l'impression de nous enfoncer dans les profondeurs de la Moria. De plus, la fin, un peu prévisible dans ce qu'elle révèle, reste efficace !


La troisième hypostase
Alors que les elfes quittent son île, la sorcière Lusinga sent l'approche d'une grande menace.

Dernière nouvelle du recueil, cette dernière ne m'a pas plus séduit que cela. J'ai eu du mal à m'y intéresser vraiment, malgré le personnage de Lusinga qui suscitait ma curiosité.
Profile Image for L'ours inculte.
465 reviews9 followers
April 16, 2017
Le sentiment du fer est la seconde compile de nouvelles de Monsieur Jean-Philippe Jaworski se passant dans le Vieux Royaume. Après l’excellent Janua Vera (et bon, aussi tous ses autres bouquins, quand même…), l’auteur revient dans cet univers à travers 5 nouvelles très différentes… Et très inégales…

Ces cinq nouvelles ont des longueurs très variables, de dix pages pour Profanation à soixante pour Désolation, et les trois autres qui naviguent entre les deux. Le recueil attaque sur Le sentiment du Fer, texte d’une cinquantaine de pages se déroulant à Ciudalia, même coin que Gagner la Guerre. On y suivra la mission de l’assassin Cuervo Moera qui a été engagé pour entrer dans le palais d’un riche pour chaparder un bouquin. Cette première nouvelle, même si elle est rythmée et agréable à lire, sent quand même la redite après Gagner la guerre. C’est une petite sucrerie pour les fans, ça bastonne, ça se planque dans les zones d’ombres, ça saute sur les toits mais ça n’étonne jamais, on reste un peu sur notre faim si on cherche une surprise.

Par contre, le texte suivant est une petite merveille qui m’a vraiment emballé. L’elfe et les égorgeurs raconte la visite d’un barde elfe dans une forteresse dévastée où trainent une arrière-garde de pillards et de poivrots. Tout l’intérêt de la chose sera la manière dont notre visiteur va se présenter au tas de gros-bras ivres de meurtre et autres joyeusetés. Le décalage dans le dialogue, la tension et la finesse de l’échange, l’astuce finale, tout coule tout seul et se savoure avec un grand plaisir. C’est subtil, c’est théâtral, c’est vif, c’est pour moi la meilleure histoire du recueil et ça tombe d’ailleurs très bien puisque vous pouvez la choper gratos en numérique tout le mois d’avril dans le cadre d’une opération des indés de l’imaginaire. C’est pas beau ça ?

Mais pas le temps de lambiner, on enchaine sur Profanation, autre très bonne surprise du recueil ! La encore, une situation simple mais percutante : Un homme se retrouve interrogé par trois prêtres du Desséché après avoir été capturé en train de détrousser des cadavres dans une bataille sanglante. L’accusé va déployer tous ses talents de baratineur de haut vol pour expliquer ses gestes à travers un témoignage brillant de subtilité et de mauvaise foi. Le texte est très amusant et ludique, on apprend petit à petit ce qui se passe vraiment pour arriver enfin au dénouement. On en profite également pour nous décrire toute la population que se trainent les armées dans leur sillage pendant une campagne guerrière, donnant au lecteur une vision différentes des grandes batailles classiques du genre. Cette nouvelle est une seconde vraie réussite.

Malheureusement, la quatrième et la plus longue des nouvelles de ce livre a fait retomber mon enthousiasme de manière radicale. Dans les soixante pages qui composent Désolation, on suit un groupe de Nains (et leurs serviteurs gnomes) qui traversent des cavernes en étant poursuivi par des Gobelins, tout en redoutant de réveiller le dragon qui vit dans les profondeurs. Oui, voilà, des nains, des cavernes, un dragon, tout ça… Alors je veux bien que hommage et compagnie mais bon là, c’est un peu trop trop trop classique non ? Oui, on a un petit twist sympa à la fin, mais qui arrive après 50 pages où on se fait un peu chier à suivre une troupe de nains qui courent… Et puis pour ajouter au plaisir, on a droit à toute la panoplie de noms « qui font nain » : Hjalmberiche thane de Diggenhlaew, Skirfir, Weorburgh, Kononor le Konüngr des Uruk Maug. Ça donne des phrases où on a l’impression d’éternuer toutes les lignes, dans le genre : « Hjalmberich avait aussitôt dépêché un messager à Kyningberg, la forteresse de Grymnir des Aurvangar, l’un des deux rois de Kahad Burg ». Ce genre de truc me sort complètement de l’histoire.

Et après Gimli et ses copains dans les mines de la Moria, on a droit aux autres bons vieux clichés tolkienniens sur les elfes dans La troisième hypostase, dernier texte du recueil. Lusinga est une mage qui vit avec les nelfes sur une île qui sert de zone franche commerciale entre les deux peuples, mais tous les oreilles-pointues doivent se retirer sur leurs grands bateaux parce qu’un grand danger se pointe. Mais Lusinga est humaine donc elle regarde ce fier peuple se barrer sans elle. Et Frodon fait coucou à ses copains restés sur l’embarcadère. Ah non, ça c’est mes souvenirs qui interfèrent, pardon. Bon, pour être honnête la nouvelle a un peu plus de profondeur que ça, elle est plus intéressante que la précédente car la peur de Lusinga est très bien communiquée au lecteur, l’angoisse qu’elle ressent devant les évènements et aussi à cause de ses amis qui sont en train de combattre loin de chez elle dans une guerre quelconque. Il y a une certaine poésie dans la manière d’aborder la mythologie elfe même si c’est vraiment de la fantasy à papy (mais on va me dire que c’est de l’hommage alors bon, pourquoi pas ?), et que… j’ai pas trop compris la chute…

Sur l’ensemble des cinq nouvelles on garde quand même le talent formel de l’écrivain qui maîtrise son art, mais j’en retiens surtout deux qui sont vraiment exceptionnelles, les deux plus courtes qui sont efficaces et ont un twist intéressant. Sinon, Le sentiment du fer est distrayant mais fait un peu répétition si on a lu Gagner la guerre, et les deux dernières sont des tolkienneries (certainement assumées par l’auteur) qui m’ont laissé de marbre même si c’est joliment tourné. En sortant de ce recueil, je réalise surtout que l’univers du Vieux Royaume est vraiment un beau bordel, je comprends pas grand chose à ce qu’il s’y passe dans la globalité, ça part dans tous les sens. Pourtant, dans Janua Vera tout avait l’air de se tenir et on avait une belle vue d’ensemble. Mais là, je sais pas si j’ai loupé quelques trains en route ou si c’est un fourre-tout assumé, entre les nains et les elfes à la Tolkien, les « Assassin’s creederies » de Ciudalia, les sales guerres d’humains au milieu et les prêtres glauques qui puent, je m’y retrouve plus du tout. Y’a une encyclopédie de prévue ? Comment on fait ?

Je ressors bien déçu de cette lecture, le bouquin a une telle réputation que je m’attendais à me régaler autant que pour les autre écrits de Jean-Philippe Jaworski. Au final on retrouve pas la même cohérence de construction ou le même souffle que dans Janua Vera. On dirait qu’ils ont fait les fonds de tiroirs de l’auteur pour occuper un peu le terrain, mais bon, j’attends toujours la suite de son autre série à laquelle j’accroche finalement beaucoup plus : Les rois du monde.

http://ours-inculte.fr/le-sentiment-du-fer/
Profile Image for David K. Nouvel.
Author 1 book3 followers
June 18, 2015
Un petit recueil de cinq nouvelles explorant le passé du Vieux Royaume, publiées directement dans la collection de poche Hélios.

On retrouve le style précis et, dans certaines nouvelles, le goût pour l'argot de l'auteur.
Les descriptions sont nombreuses et touffues.Le lecteur est en droit de soupçonner à certaines occasions une complaisance ou du remplissage tant ça traîne en longueur. Les écrits de M. Jaworski gagneraient à être plus directs. La quantité dilue parfois la qualité de ses productions.

Je n'ai pas pu terminer la nouvelle "Désolation" et j'ai trouvé "La troisième hypostase" un peu trop obscure et ésotérique (franc-maçonnique?) pour être pleinement appréciable. Ce qui est très dommage car elle touchait à des thématiques qui me sont chères. A noter que toutes deux (avec "le Sentiment du fer") sont issues d'anciennes anthologies du Festival des Imaginales, publiées chez Mnémos.

"L'elfe et les égorgeurs" est un charmant interlude malgré le jeu autour du "repentir", ennuyeux et peu vraisemblable en contexte.

La nouvelle éponyme du recueil est certainement la plus réjouissante, malgré des longueurs, avec un personnage principal rappelant Benvenuto Gesufal. Sa chute était, pour ceux qui connaissent les thèmes de l'auteur, attendue, sans être pour autant maladroite. "Profanation" est un conte noir, glaçant par certaines descriptions. Ces deux nouvelles sont, à mes yeux, les plus réussies.

L'ensemble est toujours bien écrit (c'est ce qui fait la force de M. Jaworski) mais l'intérêt de lire ce petit ouvrage, loin d'être incontournable, se justifie par la nostalgie des amateurs de Janua Vera et de Gagner la guerre (parmi lesquels je me compte). Par ailleurs, le prix du livre (7,90€) encouragera le lecteur à se laisser tenter par cette petite balade dans le Vieux Royaume.
Profile Image for Olga.
53 reviews6 followers
July 26, 2015
Des trois livres dont l'action se déroule dans le Vieux Royaume, ce n'est pas celui par lequel il faudrait entamer le voyage dans ce monde. Même si les nouvelles sont, de fait, bien mieux liées entre elles que celles de Janua Vera, je les ai trouvées un peu moins accessibles et explicites. Il vaut mieux avoir lu "Gagner la guerre" pour comprendre la trame du fond, car il s'agit d'une parure pour des événements "majeurs" évoqués dans le roman. Là où "Janua Vera" était un voyage à travers le Vieux Royaume offrant au lecteur autant de tableaux indépendants, "le Sentiment du fer" est plutôt la seconde couche d'une fresque, et sert davantage à approfondir le regard du lecteur, que de lui offrir des "nouvelles histoires".

Lecteurs non-avertis, s'abstenir donc; pour les autres, ce recueil sera une bonne lecture qui rajoutera quelques pièces manquantes à la mosaïque relatée dans les précédents "Récits du Vieux Royaume". On n'est pas déçu par la qualité des textes, même si la sélection reste cette fois-ci dans des tons sombres et pesants, plutôt dépourvue des passages coquins d'un Don Benvenuto ou d'essais de style d'un "Jour de Guigne".
Profile Image for Rodrigue.
12 reviews1 follower
January 27, 2020
Jaworski ouvre une fois encore les portes du Vieux Royaume dans un recueil de nouvelles qui ravira ses ouailles.

Avec une verve sans pareille, J.-PH. Jaworski comble certaines ornières historiques du Vieux Royaume; couchant sur papier des pans d'aventure haletants entremêlés de descriptions vives et imagées.

Cela étant dit, si vous ne connaissez pas l'univers de cet auteur, commencez donc par Gagner la Guerre, avant de partir sur Janua Vera suivi du Sentiment du Fer, vous ne serez pas déçu.e.s!
Profile Image for Eru Ilúvatar.
40 reviews9 followers
December 20, 2025
Il est des livres qui sentent la forge et la poussière des routes, dont chaque phrase semble battue à coups de marteau sur l’enclume du verbe. Le Sentiment du fer est de ceux-là. Recueil de récits épars mais reliés par le sang et la mémoire, il s’inscrit dans le vaste et âpre territoire du Vieux Royaume, où les hommes, les peuples anciens et les mythes ne cessent de se heurter, de s’user et de se survivre.

Les histoires qui composent l’ouvrage ne brillent point toutes d’un même éclat. Certaines mordent la chair et laissent une trace durable, d’autres s’effacent plus vite, comme des chroniques annexes arrachées à quelque vieux cartulaire. Mais cette inégale vigueur n’est guère un défaut : elle participe d’une logique de légende et de tradition orale, où chaque récit n’a pas vocation à être un chant héroïque, mais peut n’être qu’un écho, un fragment de mémoire sauvé de l’oubli.

Jaworski y lève le voile sur des peuples longtemps tenus à la marge du récit — elfes taciturnes, nains pétris de rancunes et de silence — qu’il restitue non comme des figures d’apparat, mais comme des nations chargées d’un passé lourd, minéral, parfois crépusculaire. Ici, nul folklore aimable : les races anciennes portent la fatigue du monde et l’amertume des âges, et leur présence donne au Vieux Royaume une profondeur quasi géologique.

Mais le cœur véritable du livre demeure la langue. Une langue haute, rude, somptueusement charpentée, où chaque mot semble choisi pour son poids et sa résonance. Jaworski n’écrit pas : il taille, il grave, il incise. Sa prose convoque la violence des gestes, l’épaisseur du temps, la fatalité des destins. Elle exige du lecteur une attention soutenue, presque une forme de dévotion, mais le récompense par une immersion rare, où l’imaginaire se mêle au sentiment du réel avec une puissance peu commune.

Ainsi, même lorsque l’action se fait rare ou que l’intrigue s’effiloche, le plaisir demeure entier. Car lire Le Sentiment du fer, c’est accepter d’entrer dans une littérature de matière et de mémoire, où le verbe prime sur l’événement, et où chaque phrase ajoute une couche de sens à l’édifice du monde.

Œuvre peut-être moins immédiatement flamboyante que d’autres pierres du cycle, ce recueil n’en est pas moins essentiel. Il rappelle, s’il en était besoin, que la force souveraine de Jaworski réside dans cette capacité rare à faire advenir un monde par la seule puissance de la langue — dure, belle, implacable comme l’acier ancien.
Profile Image for Bouh.
153 reviews
August 4, 2021
Retour au Vieux Royaume avec quelques nouvelles supplémentaires ! Elles peuvent se lire indépendamment des autres livres situés dans cet univers (Janua Vera et Gagner la Guerre).

La plume de Jean-Philippe Jaworski est vraiment ce qui marque le plus lorsqu'on se re/plonge dans ses œuvres. Elle est tellement riche et travaillée ! C'est un des rares auteurs qui me poussent encore à aller chercher des définitions dans le dictionnaire. Elle est au cœur de l'immersion dans cet univers.

Les nouvelles de ce recueil ne se valent malheureusement pas. Sur les cinq proposées, j'en ai vraiment apprécié que trois. Sur quelques pages à peine et avec peu de contexte, l'auteur réussi brillamment à nous embarquer émotionnellement aux côtés de ses personnages.

- Le sentiment du fer : On y retrouve un air de Gagner la guerre. A Ciudalia, on y suit le récit d'une aventure vécue par un maître assassin de la Guilde des Chuchoteurs.

- Désolation : Sur le massif du Kluferfell, des nains tentent de traverser une région maudite pour venir en aide à des confrères assiégés.

- La troisième hypostase : Sur l'île de Llewynedd, une enchanteresse amie des elfes est sur le point de vivre ses pires cauchemars.

J'ai trouvé les deux nouvelles restantes sans grand intérêt (L'elfe et les égorgeurs, Profanation).

J'ai également regretté deux ou trois passages d'une violence assez crue ou vulgaire.

Mais cela reste globalement une assez bonne lecture pour creuser l'univers.
Profile Image for Minignouf.
84 reviews
March 3, 2024
Après maintes recherches dans de nombreuses librairies, j'ai enfin réussi à mettre la main sur Le Sentiment du Fer ! J'avais envie d'en apprendre plus sur le Vieux Royaume et mes désirs ont été comblés.
Avant toute chose, je pense que ce recueil de nouvelles sera d'autant plus appréciable après avoir lu Janua Vera et Gagner la guerre dont nous retrouvons plusieurs personnages.

Le Sentiment du Fer nous plonge dans les heures sombres du Vieux Royaume, lors de la chute du royaume de Leomance et des guerres qui s'en suivent. Ici, pas de récits épiques de batailles faisant rage, on y découvre la guerre et son évolution par de petites histoires dans la grande Histoire.
J'ai aimé chacune des cinq nouvelles au cours desquelles la plume de l'auteur s'apprête de différents styles afin d'imprégner le lecteur à son histoire. Malgré leurs brièvetés, les personnages sont bien construits et développés, la trame fait mouche. Je suis tombée des nues tel Cuervo, j'ai été ensorcelée par Annoeth, sans bruit j'ai avancé pour ne pas réveiller le dragon, j'ai ri de la mauvaise foi du détrousseur de cadavre et j'ai tremblé avec Lusinga.

Avec ces nouvelles connaissances, plusieurs questions se bousculent : Peut-être obtiendrai-je quelques réponses dans le roman suivant ?
Profile Image for Sabine.
75 reviews9 followers
March 1, 2020
Cela fait un moment que j’entends parler de J-P Jaworski que se soit dans ma famille, mes amis, mes anciens collègues, de parfaits inconnus dans le métro dont j’espionnais la conversation, mais je digresse ! Bref, on m’en parlait en bien, voire en TRÈS bien. Allez savoir pourquoi (une histoire de moutons peut-être ?), je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de m’engager sur son cycle à rallonge des Rois du Monde. Alors qu’un recueil, ça ne mange pas de pain et ça se lit très bien !

À la lecture de ces 5 nouvelles, je comprends mieux l’engouement autour de cet auteur. Il a une très belle plume qu’il sait parfaitement manier. Ses textes sont recherchés, chaque phrase écrite avec une maniaquerie d’horloger suisse. C’est très beau, c’est documenté et ça sonne bien. J’avoue que lire des dialogues en rimes est assez jouissif. Mais c’est un plaisir dont je n’abuserai pas. Toute ces envolées lyriques, ces adjectifs à foison, ces descriptions touffues font un repas beaucoup trop riche pour moi. La première bouchée surprend, les deux suivantes sont absolument délicieuses, mais très vite je me suis retrouvée à saturation. Donc, je pense continuer à goûter aux écrits de ce monsieur via ses nouvelles, s’il nous fait le plaisir d’en écrire d’autres bien sûr (j’aurai toujours Janua Vera à me mettre sous la dent en attendant).

Parlons-en de ces nouvelles. Elles se déroulent toutes dans le Vieux Royaume, un univers médiéval imaginaire avec un goût de renaissance italienne et/ou de République romaine… je ne sais pas trop en fait ( le même que Gagner la guerre et Janua Vera, de ce que j’ai compris).

Dans la première, Le sentiment de fer, on suit un assassin engagé pour s’introduire dans un palais afin d’en subtiliser un objet plutôt inhabituel. J’ai sincèrement eu le sentiment de regarder une partie d’Assassin’s Creed. Cette sensation était suffisamment drôle et l’histoire était tellement décalée de mes lectures habituelles que cela a suffi à me garder jusqu’à la fin.

L’Elfe et les Égorgeurs et Profanation par contre, j’ai de suite adoré. La première raconte la mauvaise rencontre entre un jeune troubadour elfe et des pilleurs dans ce qui reste d’un champ de bataille. Dans la deuxième que j’ai particulièrement appréciée, on suit le procès d’un « chiffonnier » accusé de dépouiller les morts. La mauvaise foi du personnage était un pur plaisir à lire.

Et puis il y a Désolation, cet hommage de Jaworski à Tolkien où l’on suit une troupe de nains à travers le domaine d’un dragon endormi. J’avais lu les mises en garde de l’Ours Inculte avec lequel je suis souvent d’accord… mais pas cette fois-ci (désolée ours ;), coeur sur toi). J’ai énormément aimé cette nouvelle : les décors grandioses, l’ombre du dragon qui plane tout le long du récit, les personnages et cette fin… Au point de me faire la réflexion que le Seigneur des Anneaux à la sauce Jaworski, ça me plairait beaucoup.

Je passerai sur la dernière nouvelle, La Troisième Hypostase, qui ne m’a pas du tout touché. Je la relirai peut-être dans un autre contexte, à tête reposée.

Je ressors donc de ce recueil et de cette première expérience « Jaworski » conquise par la plume de l’auteur. Comme je l’ai dit, je n’irai pas du côté des Rois du Monde mais un Janua Vera ou même, soyons folle, un Gagner la guerre pourquoi pas ! (… ils sont dispo en poche ces deux-là?)
Profile Image for Kosea.
73 reviews
May 3, 2025
4 étoiles parce que Jaworski c'est toujours un plaisir même si ici, le résultat est plus inégal que d'habitude. Sur les cinq nouvelles, ce sont les 2e et 3e qui tirent leur épingle du jeu, au menu ; un elfe qui se joue de soudards et un detrousseur de cadavres en plein procès.
La première rappelle beaucoup Gagner la guerre et Mauvaise donne. La 4e est, elle, beaucoup plus classique malgré un twist final bien trouvé.
Quant à la dernière, elle étonne, tant on côtoie l'inspiration tolkienniste.
Profile Image for Sherley.
49 reviews2 followers
May 5, 2019
Je retrouve avec plaisir la plume de Jaworski dans ces nouvelles qui sont dans l'univers du Vieux Royaume et dans lesquelles on retrouve en partie des personnages rencontrés dans Gagner la Guerre. Mes préférées : Le Sentiment Du Fer où on retrouve Ciudalia et ses intrigues politiques et Désolation, qui résonne d'une influence de Tolkien très plaisante, avec une fin cruelle.
3 reviews
May 24, 2025
Ce livre est le plus anecdotique de l'auteur.

Les histoires et le style sont plus basiques mais demeurent de très bonne facture. Jaworski reste le meilleur auteur français vivant donc ça n'en fait vraiment pas un mauvais livre.

Les trois nouvelles longues sont très bonnes, surtout "désolation" et "le sentiment du fer". Les deux plus courtes sont plus oubliables.
Profile Image for Michèle.
Author 111 books43 followers
January 1, 2017
Un ouvrage finement ciselé bourré de poésie et d'humour malgré les situations cruelles qui surviennent. C'est quand même un monde moyen-âgeux fictif plein de guerres, là.
On lit Jean-Philippe Jaworski pour le riche vocabulaire de la narration et le dépaysement.
154 reviews1 follower
April 30, 2022
Un très bon recueil qui donne toujours envie d'en savoir plus sur l'univers décrit par l'auteur.
Une question demeure : qu'est ce que la troisième hypostase .... un nouvel état au-delà de l'humanité ?
Si quelqu'un à une réponse je suis preneur !
72 reviews
February 18, 2025
J'aimerais écrire comme Jaworski. Petit recueil sympa au points de vue variés. Comme toujours, le style m'emporte entre argot et vocabulaire ultra précis. J'ai particulièrement apprécié Désolation et son gros, gros clin d'oeil à Tolkien.
Profile Image for Bertille Dornier.
30 reviews
December 27, 2025
Recueil de nouvelles dans l’univers de Gagner la Guerre, c’est vraiment bien écrit. Je crois que je l’avais déjà lu mais c’est toujours super et ça m’a mis en jambe pour la nouvelle trilogie de l’auteur dans le même univers !
Profile Image for Bob Valmont.
91 reviews
February 22, 2024
Des histoires très bien tournées et intéressantes. Ma favorite étant "Désolation" que j'utiliserai pour expliquer au besoin la différence entre intelligence et sagesse
38 reviews
August 26, 2025
plusieurs nouvelles intéressantes, on aurait aimé que certaines durent plus longtemps
Profile Image for Edurnehaeon.
75 reviews
December 30, 2025
Incroyable dans la dernière nouvelle il a écrit du pdv d'une femme et c'était pas trop mal fait !!!
81 reviews
January 3, 2026
Les nouvelles sont toutes de grandes qualité. La langue est superbe.
Profile Image for Lilith.
159 reviews18 followers
October 4, 2018
Le Sentiment du fer se situe dans l’univers du Vieux Royaume de Jean-Philippe Jaworski. Il s'agit d'un recueil de cinq nouvelles de fantasy particulièrement solide, qui ravira autant les amateurs du Vieux Royaume que les non-initiés. L’écriture de Jaworski, comme toujours, vaut le détour et, oserais-je le dire, je pense avoir encore plus aimé ce recueil que Janua Vera. Par ailleurs, gros coup de coeur pour la nouvelle "Désolation". Review complète sur lilitherature.com.
211 reviews1 follower
April 28, 2024
J’ai bien aimé ce recueil, certaines nouvelles plus que d’autres.

Mes réflexions détaillées dans divulgâcher le récit :
- les nouvelles nous dépeignent une ambiance sombre d’une société en détresse et en déliquescence, pendant la guerre des Grands Vassaux. C’est une fenêtre historique intéressante sur la période précédant « Gagner la guerre »

- j’ai adoré la nouvelle « Le sentiment du fer », avec un personnage attachant et une super ambiance. Il y a beaucoup de patois inventé mais on devine bien le sens des mots

Je suis très content d’avoir ainsi découvert un peu plus le Vieux Royaume de Jaworski, où on devine un « worldbuilding » touffu. Je vous conseille par contre de lire « Gagner la guerre » et « Janua Vera » avant, comme je l’ai fait.

Jaworski est devenu au fil des livres mon auteur préféré de SFF francophone à ce jour.
Profile Image for Math le maudit.
1,376 reviews45 followers
May 29, 2015
Retour dans le Vieux Royaume pour Jean-Philippe Jaworski avec ce recueil de nouvelles en cinq textes.

Selon un principe éprouvé maintenant depuis l'excellent recueil : Janua Vera, chaque récit est l'occasion de découvrir une facette, un peu de l'histoire ou de la société de ce Vieux Royaume. Comme son illustre aîné, cet ouvrage butine de ci de là, passant d'un peuple ou d'une classe sociale à l'autre. Un léger fil rouge toutefois, les cinq textes se situent tous au court d'une guerre civile déchirant le Vieux Royaume.

En ouverture, un texte dans la veine de ceux qui ont fait le succès de Jaworski, avec une nouvelle histoire de tueur à gages située à Ciudalia. On y retrouve la verve argotique et gouailleuse caractéristique des personnages de la riante cité de Ciudalia, ainsi que son joyeux panier de crabes sénatorial, le tout sur fond de vieille légende elfique.

Le deuxième texte, est consacré à l'histoire d'un ménestrel elfe en voyage sur la terre des Hommes, qui se retrouve sur les routes du Vieux Royaume alors que celui-ci est en pleine guerre civile. Le texte le moins réussi du volume à mon goût (qui vaut ce qui vaut, mais j'ai tendance à être d'accord avec lui).

Le troisième se focalise sur les mésaventures d'un chiffonnier accusé par un tribunal religieux de détrousser les cadavres sur les champs de bataille. L'ambiance du texte repose essentiellement sur la verve de l'accusé qui tente de sauver sa peau non sans panache quand on pense à la gravité de la peine encourue.

Le quatrième texte ravira sans aucun doute les amis des nains, avec le premier texte inscrit dans l'univers du Vieux Royaume qui leur soit consacré. La nouvelle est très prenante, avec de la tension, de l'action et un petit mystère par là-dessus. Les nains sont d'inspiration saxonne, ce qui nous change de leur représentation classique, et les teinte d'un côté semi-barbare assez sympa. Ils sont évidemment rustauds et dur au mal, mais bon, qui ça va surprendre ?

Le dernier texte met à nouveau en scène des elfes, même si le personnage principal n'en est pas un. Il met en scène le combat d'une enchanteresse avec une créature ténébreuse plutôt inquiétante. Leur lutte s'inscrit encore une fois dans le cadre de la guerre civile du Vieux Royaume et laisse augurer le pire quant à la nature du culte du Dévoreur et de ses serviteurs appelés les prêtres du Desséché (rien que les noms déjà, on sent les bons gars).

Bien que le Dévoreur soit mentionné à plusieurs reprise dans le recueil, peu d'informations filtrent réellement sur ce sombre personnage et nul doute qu'il faudra attendre d'autres textes pour en apprendre plus.

Bilan : un recueil plaisant, à l'écriture toujours aussi juste et immersive, mais un ton en-dessous de Janua Vera.
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