Dans Glissant glissant, des interprètes accueillent le public à une grande messe cathartique pour réfléchir au sens de la vie, mais la cérémonie bascule lorsque surgit un extraterrestre énigmatique. (Ça, faudrait peut-être pas le mettre dans le résumé, parce que les gens seront pas surpris quand l’extraterrestre va arriver. C'est plus comme un punch… Fuck off, on recommence.) Glissant glissant, c’est des acteurs et des actrices rassemblés au théâtre pour essayer de briser la solitude, vivre une expérience foncièrement humaine et tenter de trouver une fois pour toutes le sens de la vie, malgré qu’ils n’aient pas eu de subvention pour le spectacle, qu’ils n'aient pas de décor et pas de costumes, qu’ils portent leur vrai linge et qu'une des actrices doive partir à 21h15 pour aller chercher son fils à la garderie.
Je suis un grand fan de François Ruel-Côté, et j'ai encore adoré l'absurdité de la pièce. Il y avait tellement de métahumour face à la situation réelle du financement et de la pièce; c'était très bon. Et malgré tout, la pièce réussit à dénoncer le peu d'importance que le gouvernement accorde à la culture, le sous-financement de celle-ci et l'impact de l'IA, qui vole des emplois tout en coûtant cher. Enfin, il y a plusieurs passages très drôles, mention spéciale à cette espèce de mise en abyme des personnages qui oublient leur texte à répétition.