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En Russie

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C'était il y a juste dix ans, et il semble qu'un siècle ait passé. Le drapeau rouge flottait encore de l'Elbe au détroit de Béring, l'armée de la même couleur faisait encore trembler l'Europe, Lénine foudroyait, de ses millions de regards de bronze, la moindre place de bourgade sur un sixième des terres émergées. Ces impressions d'un voyage à travers un pays disparu, l'URSS, ne prétendent être ni un essai, ni même une enquête au sens journalistique du terme. J'aimerais pouvoir penser qu'il s'agit d'une promenade poétique. Des esquisses de choses vues, une série d'instantanès - ce qui ne veut pas dire, je l'espère, des clichés.

190 pages, Pocket Book

First published January 1, 1987

6 people want to read

About the author

Olivier Rolin

54 books44 followers
Olivier Rolin spent his childhood in Senegal. He then studied at the Louis-le-Grand high school and the Ecole Normale Superieure. He graduated in philosophy and literature.

He works as a freelancer of the French paper Libération and Le Nouvel Observateur. He was the companion of the singer Jane Birkin.

His work is inspired by May 68 and the proletarian Left, romantic adventures in Arabia, the writers Rimbaud and Conrad and his travels.

He received the "Prix Femina" for Port Sudan in 1994, the "Prix France Culture" for Tiger Paper in 2003 and the "price of Style" for The Meteorologist just now in 2014.

He's the brother of the also writer Jean Rolin

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Profile Image for Romain.
952 reviews58 followers
July 3, 2020
L’une des facettes d’ Olivier Rolin est d’être ce que l’on appelle communément un écrivain voyageur, il a ainsi publié plusieurs volumes que l’on pourrait ranger dans la catégorie des récits géographiques. Parmi eux, En Russie a attiré mon attention. Olivier Rolin a un tropisme pour ce pays, ou plutôt pour cette vaste région du monde. Voici ce qu’il écrit à ce propos dans la préface à l’édition publiée dix ans après la première parution de son livre.

> Je ne suis pas retourné en Russie depuis dix ans, uniquement dans ses marges, les pays Baltes, à l’époque où il s’affranchissaient de sa terrible tutelle: mais je reconnais ici éprouver à l’égard de ce pays une fascination irrémédiable, j’avoue communier avec lui, de loin, sous les deux espèces de l’espace et du temps.

Il n’est donc pas retourné dans ce pays depuis 1987 (il s’agit de la date de parution de la première édition du livre), à une époque où ce pays portait encore le nom de URSS – ou СССР en version originale – et où Saint-Pétersbourg avait été rebaptisé Leningrad en l’honneur de son héros. Alors de quoi est-il question dans ce livre ?

> Partant là-bas, j’avais évidemment des idées sur le système soviétique, et je n’étonnerai personne en confessant que ces idées n’étaient guère favorables. […] Mon propos n’était nullement de m’instruire à ce sujet, seulement d’apprendre de mes yeux à quoi ressemblaient les fruits du marché et les marchés eux-mêmes, s’il était possible de boire un demi quand il faisait chaud ou un chocolat quand il faisait froid, si les pêcheurs à la ligne étaient bavards et s’il y avait des amoureux sur les bancs publics, si les gens vous souriaient dans la rue ou bien vous marchaient sur les pieds: bref, tout ce dont je n’avais pas la moindre idée, justement, et qui se trouve d’ailleurs en deçà des idées, du côté de ce qui permet qu’il y ait aussi, d’un pays, un sentiment.

Et je dois dire que c’est plutôt agréable de se promener et de s’attabler avec un compagnon de route aussi intéressant, cultivé et surtout drôle. En se contentant de tourner les pages d’un livre plutôt que d’arpenter les rues à ses côtés on profite moins lorsqu’il s’agit de boire un coup, mais pour le reste cette position est assez confortable. Voici à quoi ressemble ce récit. Il s’agit d’un passage tiré de sa visite de l’une des villes qu’il a, je pense, le plus apprécié, Odessa – ville dont je m’étais déjà fait par le biais d’un autre livre, Klezmer, une image très colorée. Il l’apprécie d’autant plus après une visite plutôt austère de Leningrad.

> De larges rues, à gros pavés dodus, bordées d’immeubles ornés, peints, volontiers excessifs dans leur décoration, “prétentieux” diraient ceux qui ignorent la nostalgie, inclinent vers le port. Un air de Gênes ou de Nice. Ici, des restaurants, des cafés presque agréables, des terrasses ! Où l’on peut espérer s’asseoir !

On termine le voyage avec lui presque au terminus du transsibérien – le graal des écrivains voyageurs depuis Cendrars jusqu’à l’initiative[1] qui a récemment mis sur ses rails une trentaine d’écrivains français dont Olivier Rolin – sans aller toutefois jusqu’à Vladivostok dont la visite était interdite à l’époque aux occidentaux.

Je partage avec lui une attirance inexpliquée pour ce pays et je lirai avec plaisir une autre de ses pérégrinations au sein de ces terres hostiles, Sibérie. Je suis curieux d’avoir une autre vision que celle proposée par Sylvain Tesson dans son journal Dans les forêts de Sibérie qui se limitait aux abords du lac Baikal.

Également publié sur mon blog.

[1] Les écrivains français répondent à l’appel de la toundra russe
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