Actrice de la troisième vague du féminisme, la journaliste Francine Pelletier signe un essai portant sur son parcours, sur le parcours des femmes de sa génération ainsi que sur sa vision de l’état actuel des héritières des avancées portées par ses camarades de lutte.
Tout le volet historique est fort intéressant. En quelques pages, la magnifique plume trace une chronologie du chemin parcouru par les femmes, par les québécoises. Avec son approche journalistique et sociologique, voire anthropologique, débordant vers le commentaire, vers l’opinion — n’est-ce pas là l’essence même d’un essai? —, elle amène le lecteur vers une vision de constat de quasi-faillite des élans de progression de la Cause, du moins en ce qui concerne notamment l’omniprésente hyper-sexualisation des femmes. On sent l’auteure en porte-à-faux avec le climat qui porte la quatrième vague du féminisme. À un moment donné, Francine Pelletier s’est questionnée face au Mouvement « C’est ici que la colère de la féministe rencontre la colère de la Québécoise, formant un début d’ulcère à l’estomac. »
Le lecteur, quant à lui, comme il le fait à la lecture de tout papier rédigé par un militant (gauche, droite, écologiste, etc.), choisit de retenir ce qu’il juge constructif et d’écarter ce qui le fait grimacer, tant la tendance prépondère vers l’emportement, la voire vers la mythomanie.
SECOND DÉBUT a été écrit en 2015, à l’aube de #metoo, #MoiAussi, #BalanceTonPorc et des dénonciations en série. Une actualisation de l’ouvrage serait la bienvenue.
Je prendrais 1000 pages de Francine Pelletier pour ne pas subir 10 pages de Fanny Britt, tant pour le ton mature et professionnel que pour l’absence de victimisation chignante.
« Pas besoin d’avoir lu Simone de Beauvoir pour savoir qu’on ne nait pas femme, on le devient. Alors qu’il est difficile d’être marxiste sans avoir lu Marx (du moins un peu), on peut être parfaitement féministe sans avoir rien lu. Seulement par la force de son « vécu ».»