Cofondatrice de la revue La Vie en rose, Francine Pelletier se trouvait dans les tranchées de la révolution féministe, il y a 30 ans, alors qu’on entrevoyait le meilleur pour les femmes et la société en général. Une ère plus ouverte, décomplexée, libre et juste semblait s’annoncer. C’était avant l’électrochoc de la tuerie de Polytechnique, en 1989, la montée en puissance du fanatisme religieux et l’accroissement des inégalités sociales.
Mais l’année 2014 aura été, à bien des égards, porteuse d’espoir pour la cause des femmes. Aura-t-il fallu attendre une nouvelle génération—et un sentiment d’urgence omniprésent—pour que le féminisme renaisse enfin de ses cendres?
Francine Pelletier signe ici une réflexion inédite, vive et sincère sur ce que ça veut vraiment dire, être une femme dans le Québec actuel.
Francine Pelletier (born c. 1955) is a journalist based in Montreal, Quebec, Canada. She is the founder of a feminist newspaper, La Vie en Rose, and has written for La Presse, Le Devoir, and the Montreal Gazette.
After the École Polytechnique massacre on December 6, 1989, in which 14 women where murdered by Marc Lepine, she lobbied for the public release of the gunman's suicide letter. It was leaked to her on November 22, 2000 and was subsequently published in La Presse. The letter included a list of 19 prominent Quebec feminists whom Marc Lepine had apparently wished to target, and her name was one of those listed. She has been a commentator on the PBS program, The Editors, and has worked as a correspondent for CBC Television on The National Magazine and as a co-host of the fifth estate. Since leaving the CBC, Pelletier has become a documentary filmmaker, having produced Monsieur, a film about former Quebec Premier Jacques Parizeau.
In 2015 she was awarded the Michener-Deacon fellowship in Journalism Education and began teaching in the Journalism Department at Montreal's Concordia University. In 2020 she was named the department's journalist-in-residence.
Je commence à en avoir l’habitude avec la collection Documents d’Atelier 10: je suis sortie de cette réflexion de surface très en colère. Comme d’autres femmes l’ont mentionné sur Goodreads, les passages teintés de déterminisme biologique m’ont fait hurler et la tendance de Francine Pelletier à faire porter le poids des inégalités sur le dos des femmes sous prétexte qu’elles devraient cesser de se victimiser me semble inacceptable.
Et que dire du slut shamming complètement assumé: « Pourquoi condamnons-nous une femme qui se couvre la tête, mais ne disons-nous rien devant des ados qui s’habillent en putes ? »
Y'a des bouts délectables et d'autres qui m'ont fait sacrer (voir: une petite ouverture à un certain déterminisme biologique et parfois un peu de flirt avec le shaming quand il est question de Nelly Arcan et de certaines ados "habillées en putes (sic!!!)). Ça se lit bien dans l'ensemble et ça touche un peu à tout. J'aurais peut-être pris moins de thèmes pour explorer un peu plus en profondeur.
Actrice de la troisième vague du féminisme, la journaliste Francine Pelletier signe un essai portant sur son parcours, sur le parcours des femmes de sa génération ainsi que sur sa vision de l’état actuel des héritières des avancées portées par ses camarades de lutte.
Tout le volet historique est fort intéressant. En quelques pages, la magnifique plume trace une chronologie du chemin parcouru par les femmes, par les québécoises. Avec son approche journalistique et sociologique, voire anthropologique, débordant vers le commentaire, vers l’opinion — n’est-ce pas là l’essence même d’un essai? —, elle amène le lecteur vers une vision de constat de quasi-faillite des élans de progression de la Cause, du moins en ce qui concerne notamment l’omniprésente hyper-sexualisation des femmes. On sent l’auteure en porte-à-faux avec le climat qui porte la quatrième vague du féminisme. À un moment donné, Francine Pelletier s’est questionnée face au Mouvement « C’est ici que la colère de la féministe rencontre la colère de la Québécoise, formant un début d’ulcère à l’estomac. »
Le lecteur, quant à lui, comme il le fait à la lecture de tout papier rédigé par un militant (gauche, droite, écologiste, etc.), choisit de retenir ce qu’il juge constructif et d’écarter ce qui le fait grimacer, tant la tendance prépondère vers l’emportement, la voire vers la mythomanie.
SECOND DÉBUT a été écrit en 2015, à l’aube de #metoo, #MoiAussi, #BalanceTonPorc et des dénonciations en série. Une actualisation de l’ouvrage serait la bienvenue.
Je prendrais 1000 pages de Francine Pelletier pour ne pas subir 10 pages de Fanny Britt, tant pour le ton mature et professionnel que pour l’absence de victimisation chignante.
« Pas besoin d’avoir lu Simone de Beauvoir pour savoir qu’on ne nait pas femme, on le devient. Alors qu’il est difficile d’être marxiste sans avoir lu Marx (du moins un peu), on peut être parfaitement féministe sans avoir rien lu. Seulement par la force de son « vécu ».»
Dur de décrire ce micro essai qui ressemble à une longue chronique!
Je ne lis pas nécessairement des essais dans le but d’être en accord avec l’auteur ou de me conforter dans mes opinions. J’aime, au contraire, lire des perspectives différentes qui me heurtent un peu pour me faire réfléchir. Sur ce point, ce livre m’a plu. Plusieurs idées ou comparaisons me semblaient farfelues et un peu choquantes tout comme j’ai adhéré à ses propos plusieurs fois.
J’ai aimé lire le témoignage plus intime d’une féministe des années 70 et sa lecture de l’évolution du féminisme depuis. Étant née quelques jours avant Polytechnique, sa lecture de l’importance de cet événement et des traces qu’il a laissées était intéressante et instructive pour moi.
Un essai a la couverture rose qui ne vous fera pas dire que le meilleur est à venir. S’il a la qualité de brasser des idées suscitant le débat, il manquait un petit peu de structure ou de fil conducteur à mon goût.
Un essai sur la nouvelle ère du féminisme. Riche en sources, riche en commentaires, riche en preuves, riche en expressions, riche en vocabulaire mais, sourtout, riche en sujets tabous. Agressions sexuelles, viol, avortement, équité salariale, égalité hommes-femmes, pornographie... tout se retrouve dans cet essai.
Je l’ai trouvé assez dur à lire, et je suis mitigiée. Est-ce que je l’ai aimé? Je suis pas trop sûre. Par contre, je crois fortement que cet essai devrait être lu à l’école, comme je l’ai fait pour mon cours de français.
2 1/2 ⭐️ Ouen... difficile de rester sur une bonne impression pcq certains passages agacent (déterminismes biologique) et d'autres font carrément mal (slut shaming). C'est dommage pcq la présentation d'une partie de l'historique du féminisme au Québec et des réflexions sur les événements de la tuerie de la Polytechnique sont vraiment intéressantes. J'aurais aimé être inspirée mais ça m'a plus découragée, tout comme l'autrice l'est d'ailleurs.
Je ne suis tellement, mais tellement pas d’accord avec sa façon de parler de Nelly Arcan. Elle revient plusieurs fois sur son apparence physique pour décrédibiliser ses propos, c’est réducteur et ça manque de profondeur.
Je trouve que l’essai a mal vieillit, mais il reste tout de même intéressant pour en apprendre d’avantage sur l’histoire du féminisme au Québec.
J’ai adoré! Tellement une belle introduction à l’histoire et aux idéologies du féminisme québécois. En moins de 100 pages, l’autrice dresse un portrait toujours très actuel des enjeux associés au féminisme d’hier et d’aujourd’hui. Chaque idée est si fluidement et simplement présentée, vraiment, je recommande à toutes et à tous!
Par contre quelques petits extraits m’ont fait frissonner. Pas certaines de certains passage qui incitent les femmes à cesser de se victimiser… outre ça, j’ai beaucoup aimé!
Ayant lu deux autres essais de la collection Documents, Le sel de la terre et Les tranchées, j'étais convaincue que j'allais aimer cette nouvelle publication de Nouveau Projet. Bien que j'ai apprécié le récit de l'âge d'or du féminisme au Québec, j'ai trouvé que le reste de l'essai manquait de substance. En effet, à quelques reprises, j'ai eu l'impression que l'auteure citait des exemples décalés afin d'appuyer son propos et recourait de manière abusive aux généralisations.
L'essai de Francine Pelletier s'inscrit au sein du féminisme blanc hétérosexiste. Si celle-ci réitère son empathie envers les féministes et femmes québécoises de couleur, la plupart de ses exemples se fondent sur le vécu de militantes blanches ou de femmes hétérosexuelles. À mon avis, il est navrant qu'un ouvrage qui sera sans doute lu par de nombreuses jeunes féministes fait la promotion d'un monde binaire où seuls les hommes et les femmes existent. En effet, l'essai ne discute point des nouvelles manières de penser le genre dans la société québécoise au début du 21e siècle.
Bien que le retour en arrière de Pelletier sur l’évolution du féminisme soit pertinent et éclairant, certains vont lui reprocher de ne pas apporter beaucoup d’optimisme et de pistes d’actions à entreprendre pour l’avenir. J’ai pourtant réellement apprécié son expérience des choses, entre autre, son point de vue sur le voile: « Comme la plupart des féministes, je n’aime pas l’idée d’une femme voilée. L’image ramène indéniablement de mauvais souvenirs de pudibonderie, de mise à l’écart et de soumission. Mais les mauvais souvenirs ne justifient pas de refuser des droits fondamentaux. Il faut aussi nous demander pourquoi cette image nous est si intolérable, alors que nous tolérons une exploitation pornographique éhontée du corps des femmes. » p.70 J'ai adoré le ton et l'écriture très souple de cet essai.
Finalement, je l'ai lu. Ça ne m'a pas mise en colère, même si je n'étais pas d'accord avec toutes les idées. J'ai trouvé intéressant d'avoir une vue de l'intérieur sur une page de l'histoire du féminisme québécois.