Huit nouvelles de Zola dans une édition dédiée au public scolaire : "Celle qui m'aime" "Une cage de bêtes féroces" "Mon voisin Jacques" "Le Paradis des chats" "Le Forgeron" "Naïs Micoulin" "Nantas" "La Mort d'Olivier Bécaille"
Émile Zola was a prominent French novelist, journalist, and playwright widely regarded as a key figure in the development of literary naturalism. His work profoundly influenced both literature and society through its commitment to depicting reality with scientific objectivity and exploring the impact of environment and heredity on human behavior. Born and raised in France, Zola experienced early personal hardship following the death of his father, which deeply affected his understanding of social and economic struggles—a theme that would later permeate his writings. Zola began his literary career working as a clerk for a publishing house, where he developed his skills and cultivated a passion for literature. His early novels, such as Thérèse Raquin, gained recognition for their intense psychological insight and frank depiction of human desires and moral conflicts. However, it was his monumental twenty-volume series, Les Rougon-Macquart, that established his lasting reputation. This cycle of novels offered a sweeping examination of life under the Second French Empire, portraying the lives of a family across generations and illustrating how hereditary traits and social conditions shape individuals’ destinies. The series embodies the naturalist commitment to exploring human behavior through a lens informed by emerging scientific thought. Beyond his literary achievements, Zola was a committed social and political activist. His involvement in the Dreyfus Affair is one of the most notable examples of his dedication to justice. When Captain Alfred Dreyfus was wrongfully accused and convicted of treason, Zola published his famous open letter, J’Accuse…!, which condemned the French military and government for corruption and anti-Semitism. This act of courage led to his prosecution and temporary exile but played a crucial role in eventual justice for Dreyfus and exposed deep divisions in French society. Zola’s personal life was marked by both stability and complexity. He married Éléonore-Alexandrine Meley, who managed much of his household affairs, and later had a long-term relationship with Jeanne Rozerot, with whom he fathered two children. Throughout his life, Zola remained an incredibly prolific writer, producing not only novels but also essays, plays, and critical works that investigated the intersections between literature, science, and society. His legacy continues to resonate for its profound impact on literature and for his fearless commitment to social justice. Zola’s work remains essential reading for its rich narrative detail, social critique, and pioneering approach to the realistic portrayal of human life. His role in the Dreyfus Affair stands as a powerful example of the intellectual’s responsibility to speak truth to power.
Zola s'est donné la peine de composer plusieurs recueils de nouvelles au cours de sa prolifique carrière et me voilà négligeant ses propres rapprochements au profit de cette édition de la collection "Biblio lycée" arrivée un jour dans mon casier et dans une visée publicitaire, car l'un n'empêche pas l'autre. D'ailleurs j'exècre "Biblio lycée", ses couvertures kitsch et son texte entrecoupé de dossiers pédagogiques : mais ce dernier défaut est moins grave dans le cas d'un recueil de nouvelles, puisque l'éditrice n'a pas eu le mauvais goût de les interrompre en plein milieu. Ces nouvelles ont du coup la particularité de s'étaler sur une période de plus de vingt-cinq ans, des vaches maigres de la jeunesse aux récréations du romancier célèbre. Dans les premières, Zola, de façon évidente, se cherche et n'a jamais été moins dogmatique. "Celle qui m'aime" est une rêverie dont le premier chapitre est proche du poème en prose, et qui fait plus songer par son mélange d'idéalisme et d'ironie à Baudelaire ou à Villiers qu'à "Thérèse Raquin" qui naître bientôt. "La Cage des bêtes féroces" de façon un peu scolaire, "Le Paradis des chats" avec plus d'humour et de souplesse, comme l'animal-titre l'impose, reprennent le flambeau de la fable animalière et du conte voltairien. "Mon voisin Jacques" semble le récit le plus proche du réalisme romanesque, mais la chute de bateleur en révèle la genèse : tout est né d'un jeu de mots. Les trois nouvelles les plus convaincantes, et les trois plus longues, sont celles de la maturité, ce qui est somme toute une bonne nouvelle (sans jeu de mots). Je connaissais déjà "Nantas", histoire d'un ambitieux qui change d'ambition et se découvre amoureux de sa femme. Zola y montre une maestria de conteur — et notamment un sens du décor — qui révèle le romancier d'expérience. Cette virtuosité s'en donne à coeur joie dans le tour de force de "La Mort d'Olivier Bécaille", entièrement racontée de façon rétrospective par le personnage-titre, étant entendu que sa mort intervient dans les premières lignes et non pas à la fin, et sans artifice du type confession auprès de saint Pierre à la porte du paradis. Mais le joyau, le petit chef-d'oeuvre, est "Naïs Micoulin" (dont je ne connaissais que la trahison cinématographique de Pagnol, qui est par ailleurs une bonne action puisque c'est un film de Pagnol). C'est l'histoire, en quelques dizaines de pages, d'une grande passion brisée par la médiocrité du personnage masculin qui la prend pour un amour d'été. Il n'y manque pas même une carabine un peu trop zélée. Zola vient sur les terres romanesques de Maupassant, tout en contraignant l'esthétique du confrère normand à venir sur ses terres géographique à lui. Plus de Plassans, place à Aix et à L'Estaque, sous leurs vrais noms. Les évocations de ces lieux, de ceux qui y vivent, de leur façon d'y vivre, sont éblouissantes comme les miroitements d'un tableau impressionniste. La profondeur des sentiments de l'héroïne s'exprime de façon géniale par une ellipse narrative magnifique : le dénouement reste d'une étonnante ambiguïté, le lecteur est tenté par une interprétation sans pouvoir se raccrocher à quoi que ce soit d'assuré. Dernière trace du caractère récréatif ou journalistique de ces nouvelles : quelques négligences de style, notamment au moment, culturellement essentiel, où Zola livre une fois pour toute sa recette de la bouillabaisse. (Non, je ne plaisante pas.) Mais les impuretés dans un diamant ne sont-elles pas la preuve ultime qu'il ne s'agit pas de verroterie ?