C'est depuis le milieu d'un lac artificiel près de Dijon, durant le temps que prendra sa noyade et avec le souffle que lui laisse la dure entreprise de se maintenir en vie, que le narrateur et personnage principal élève, au prix d'efforts de plus en plus pénibles à produire, son chant d'adieu. Une oraison fragmentée, épique, drôle, qui le présente comme l'unique occupant d'un édifice s'affaissant jour après jour. Requin est le premier roman de Bertrand Belin.
Postulat vraiment très original : un livre entier qui narre une mort en train d'avoir lieu. Une habileté certaine... qui m'aura presque dérangée. Trop d'adjectifs, de bons mots, ça sent parfois l'effort. J'aurais dû le lire d'une traite, j'ai souffert de trop fragmenter ma lecture, je pense. Je regrette aussi le trop de fiction quant au développement du passé du personnage (l'archéologie, l'histoire familiale, les "péripéties" dieppoises, etc.) Lecture tout de même très singulière et assez stimulante.
A l’exception de la chasse aux cygnes et en dépit du pitch du livre (un homme qui se noie déroule le fil de sa vie) c’est drôle et tendre tout le long.
Dans l’idée ça me rappelle un peu Journal d’un corps de Pennac que j’ai aussi adoré en son temps.
Un livre d'une finesse et d'une poésie sans pareille. On regrette deux choses : que la noyade n'ait pas duré plus longtemps et que l'on ne soit pas envoyé par le fond avec le héros. Un grand premier roman.
Éblouissant. Je n'hésiterai pas cette fois à utiliser ces adjectifs en -ant qui parasitent la majorité des critiques littéraires. Pour la simple et bonne raison que devant une telle oeuvre, je ne chercherai point à me faire plus grande que je ne le suis ; mon vocabulaire sera toujours en deçà de ce que j'aimerais en dire. Alors, lisez-le, tout simplement.
Même si je ne suis pas très objective parce qu'absolument convaincue de la force du langage de Belin, j'ai trouvé ce livre sidérant : le rythme, cette mort avec laquelle nous avançons tous, les mots, les mots ! J'ai beaucoup pensé à Construire un feu de Jack London, autre merveille.
Je n'ai pas envie de fournir l'effort nécessaire pour terminer ce livre, j'en ai lu environ 90 pages et j'arrive très bien à voir que je ne suis pas intéressé par les propos de l'auteurs, sur ses intérêts, ses goûts... Dommage car le sujet du livre m’intéressait particulièrement.
Très agréable à lire, quête perpétuelle du mot juste et humour, qui personnellement, m'a beaucoup plu. Personnage central fondamentalement imparfait et cynique, en somme, une chic rencontre.