Pourquoi, dans les romans policiers, quand une victime se réveille après un long coma, le premier mot qu'elle prononce n'est jamais le nom de son agresseur, mais quelque chose qui n'a rien à voir, et qui est sensé nous aider obscurément à deviner qui est le coupable ? Si la lecture des romans de gare m'aura appris une chose, c'est bien que si, un jour, je me fais poignarder par un dénommé Jean-Claude, ma première parole en me réveillant du coma sera bien "Jean-Claude", et non pas "caramel" ou "antipuces" - et ce, oui, même si Jean-Claude est un chat qui sent le caramel. Sinon ensuite c'est vraiment la merde pour les enquêteurs et pour les lecteurs du bouquin. On trouve jamais le meurtrier, on est obligés de le désigner au pif. Pas vrai, Fred ?
Oui, ça me fait un peu de peine de voir Vargas sortir ces grosses ficelles. En général, j'ai trouvé ce neuvième opus de la série Adamsberg en deçà des autres volumes. Si les personnages habituels de la série sont au rendez-vous, ils sont tout de même plus effacés ; et les protagonistes de cette enquête particulière sont presque des caricatures des autres : ce ne sont plus les caractères farfelus et attachants que l'auteure sait si bien inventer et mettre en scène, ce sont des personnages grotesques et irréels. Franchement je n'aurais jamais même envisagé qu'un de ces protagonistes en papier mâché puisse être le meurtrier. J'avais raison : made to be cute.
L'aspect mythique des enquêtes Adamsberg, qui sont une des forces de la série, est moins poussé ici. En fait, j'ai fini le livre sans pouvoir décrire précisément le phénomène de l'armée furieuse. Je ne sais même pas si c'est basé sur la réalité, et franchement elle ne m'a pas donné envie de le découvrir.
Le texte est parcouru de longueurs. Je me suis perdue, j'ai tourné les pages trop vite, je me suis ennuyée.
Et finalement, le tueur, c'est le même que d'habitude.
Neuvième volume, on s'essouffle ?
C'est toujours une lecture agréable, ceci dit. Je ronchonne, je ronchonne.