Bon, au delà de tout l'amour que je porte à Élise, qui fut autrefois mon enseignante de cégep, et qui m'enchante encore à travers ses écrits, je me dois de juger ce livre pour lui-même, distinct de la main qui l'a rédigé. Et ce roman est lui-même... superbe!
C'est avec une plume onirique, surréaliste, que l'on se plonge dans cet étrange purgatoire où Irène, ancienne professeure de littérature, doit enseigner à l'aide d'un seul livre, un petit recueil de poésie. Et de cette amorce découle tout le récit, composé de la relation post-mortem d'Irène avec Lydie, une de ses élèves, et de celle, du temps où elle était vivante, avec Théa, une de ses collègues. Et flottant entre ces deux relations, ces deux vies, quelques parfums subtils manipulent les cordes sensibles de l'âme de l’héroïne, à travers les mots, qui se font poésie et munition.
Pour résumer, ce roman est splendide. Et il est passé si près d'avoir cinq étoiles. La cinquième s'est perdue avec Can Xue, poète qui m'est inconnue et, donc, que je n'ai pas pu avoir comme référent durant ma lecture. L'intertexte est si présent qu'il aurait fallu que je m'arme du dit recueil de poésie chinoise, mais je n'en avais pas l'occasion. Mais cela mis à part, ce roman était une petite merveille, très court, très précis, très bien mené. J'ai beaucoup beaucoup aimé.