Le bouddhisme n’est-il qu’une sagesse? Est-il réductible à la méditation? Le Bouddha est-il un Dieu? Le karma est-il fataliste? Une éclairante mise au point sur quelques notions simples et d’autres plus complexes, qui dégage le bouddhisme d’une représentation convenue.À travers une série de questions remettant en cause des lieux communs ou des a priori, une lecture du bouddhisme qui en revivifie la connaissance. Le bouddhisme est perçu comme une spiritualité thérapeutique, sorte de prêt-à-vivre pour un monde « zen ». Cette simplification n’est que la plus visible de toute une série de réductions ou de mécompréhensions que cet ouvrage s’emploie à détecter et à défaire. Ainsi, le bouddhisme ne serait pas une religion, mais une philosophie. Autre malentendu : la méditation, réduite à l’introspection alors qu’elle est tournée vers la compassion universelle. Mais qu’est-ce que cette compassion? Un simple élan du cœur? Et l’ego? Il n’aurait pas de réalité? Écarte-t-il pour autant la force de l’individualité?Le livre éclaircit aussi des notions plus difficiles telles celle du karma, que l’on interprète à tort comme une prédestination, ou celle de la réincarnation. Il s’interroge sur la notion de « gourou », sur la non-violence et le végétarisme. Il se demande si le bouddhisme est un outil de développement personnel et quel bonheur il vise. Le livre s’achève par une question déterminante : les réductions dont est victime le bouddhisme ne serviraient-elles pas à répondre aux maux de notre société? Réciproquement, les maîtres bouddhistes n’ont-ils pas contribué à nourrir tant d’erreurs en diffusant leur savoir en Occident sans s’interroger sur ce que cette « transplantation » engageait?Les compétences de Philippe Cornu offrent un livre accessible sans jamais être simpliste.
J'ai trouvé cet ouvrage par hasard à la bibliothèque et par chance il était sur une bibliographie pour mon cours de Pensée japonaise moderne. D'une pierre deux coups, même si je l'aurai sans doute plus apprécié sans la pression de rendre une fiche de lecture. En attendant, il est très bien organisé, avec de grandes questions/idées reçues/concepts mal connus divisés en sous-parties, qui viennent point par point appuyer l'idée de l'auteur. La thése est simple: les Occidentaux connaissent bien mal le bouddisme et s'en servent à des fins de développement personnel, sans prendre en considération tout le reste. Il y a énormément de données, sur le bouddhisme en Inde, au Tibet, au Japon, etc. C'est très complet pour tous les courants, il y a peu de généralités sans exemples. Certains passages sont difficiles à comprendre si on manque de points de comparaison en occident (le néant en philosophie, entre autres). Pour autant, ce n'est pas à recommander comme ouvrage de vulgarisation pour les gens qui ne connaissent rien au bouddhisme, il faut connaître les concepts clés avant de l'aborder (nirvana, samsara...) Mais à recommander pour tous ceux qui en savent déjà un peu.