"Atala" ou "Les amours de deux Sauvages dans le Désert" est un roman court de François-René de Chateaubriand publié en 1801. L'auteur affirme dans sa remarque à propos de la troisième édition de l'oeuvre que le récit d'Atala supposait être un chapitre d'une section du livre "Génie du Christianisme". Cependant, il réalisera après que l'histoire mérite d'être imprimé seule, c'est ainsi que le petit récit se transforma à un roman "qui présente une nature et et des moeurs tout à fait étrangères à l'Europe".
D'aillers, la préface n'est pas moins charmante et impressionnante que l'oeuvre où l'auteur transportera le lecteur d'aujourd'hui à une époque oubliée, celle de l'Ancienne Amérique du 18ème siècle.
Il s'agit, en effet d'une "sorte de poème moitié descriptif, moitié dramatique: tout consiste dans la peinture de deux amants qui marchent et causent dans la solitude; tout gît dans le tableau des troubles de l'amour, au milieu du calme des déserts, et du calme de la religion".
Ce qui distingue Atala, (ou d'ailleurs la plupart des chefs-d'oeuvre du cycle pre-romantique) c'est qu'il est écrit avec une extrême simplicité et décrit un amour direct, violent et honnête. Cependant, "Atala" ne se présente pas comme une histoire d'amour tragique, c'est un récit qui inclut une libre expression de sensibilité, de nostalgie et de la présence de la nature. Donc, il s'agit d'un lyrisme qui se caractérise par l'expression de soi lier à la nature. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que Chateaubriand était; à côté de Mme. de Staël; parmi les premiers qui ont introduit le principe du "mal de siècle" dans le romantisme français, ce qui le rend le précurseur de ce genre littéraire par excellence!
"J'admirois le triomphe du christianisme sur la vie sauvage, je voyois l'homme se civilisant à la voix de la religion; j'assistois aux noces primitives de l'homme et de la terre: l'homme, par ce grand contrat, abandonnant à la terre, l'héritage de ses sueurs, et la terre s'engageant, en retour, à porter fidèlement les moissons, les enfans et les cendres de l'homme", c'est de cette façon que nous décrit Chactas ses premières annotations sur l'application du christianisme, la religion de son père Lopez, et de sa soeur Atala. C'est autant que la religion semble être la cause et le motive principal, mais aussi le prétexte de tout le récit, de même, celui-ci prétend être un bon éloge du christianisme.
"Je vis dans ce récit bien des choses: le tableau du peuple chasseur et du peuple laboureur; la religion, première législatrice du Sauvage, les dangers de l'ignorance et de l'enthousiasme religieux, opposés aux lumières, à la tolérance, et au véritable esprit de l'évangile; les combats des passions et des vertus dans un coeur simple; enfin, le triomphe du christianisme sur le sentiment le plus fougueux et la crainte la plus terrible: l'amour et la mort". C'est ainsi que close Chateaubriand l'histoire de la sainte Atala. Personnellement, je trouve le récit trop exagéré. En revanche, il ne faut pas oublier que chez Chateaubriand, la religion occupe une place à la fois essentielle et ambiguë. Elle constitue une sorte de principe qu'il a consacré toute sa vie pour la défendre. Lui, affirmant déjà dans "Génie du Christianisme" que "de toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, le plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres".
F. Z. Baidada.