Pour les enfants de la meute, qui ont grandi sur la Côte-Nord, le fleuve est omniprésent ; il forme une toile de fond, un imaginaire, un décor dans lequel camper toutes les aventures, une inépuisable source d'émerveillement. Mais un jour cette force amie se transforme en monstre, emportant Roch, le grand frère adoré, l'avalant, le brisant, le noyant sous leurs yeux horrifiés. Un drame dont nul ne peut se remettre, surtout pas les parents. En attendant qu'on retrouve le corps, les petits seront dispersés. L'été qui s'annonce, bien qu'initiatique, sera un long chemin de croix. Entre la cueillette de fruits défendus, les excursions exaltantes dans la forêt bleue, les visites étonnées dans un sud aussi doux que le nord est rude et sauvage, se dessine le destin d'une famille marquée par la tragédie et la renaissance. Et celui d'une petite fille sauvée par une maîtresse d'école qui a « deux pierres précieuses à la place des yeux ». Femme de parole, l'auteure connaît tous les rouages du langage, ses moindres subtilités, ses résonances profondes. Elle nous offre un texte poétique d'une grande beauté, un chant pieux, une merveilleuse prière qui dit la douleur et la rédemption avec une justesse infinie.
Sylvie Drapeau est comédienne. Elle a joué dans de nombreuses productions théâtrales ainsi qu’au cinéma et à la télévision. L'enfer est le troisième opus d'une tétralogie qui compte déjà Le Fleuve et Le ciel.
Dès les premières phrases, j’ai eu les deux pieds dans le fleuve, avec la sensation des mots qui coulaient autour de mes chevilles.
“ Une amoureuse de cinq ans, c’est puissant. “
Des mains qui saignent, des mains d’assassins, l’école froide et muette l’été, les pommes peut-être volées aux oiseaux, le cercle des statues de sel, l’araignée qui mord à la poitrine, un cauchemar fait en famille, les yeux morts qui pleurent, les deux phares éteints, un départ cristallisé qu’il faut contourner, le chant de l’intérieur, ne sont que quelques-unes des magnifiques images peintes par Drapeau.
Le fleuve a quelque chose de mythique, un caractère sacré. Quel livre...
Toute la série du Fleuve de Sylvie Drapeau a été un véritable coup de cœur. La comédienne a une plume superbe, très poétique par moment. Les thèmes abordés sont difficiles: le deuil, la maladie mentale, l’épuisement professionnel... Mais le tout avec tellement de douceur. À lire un à la suite de l’autre.
Une histoire dramatique certes, mais l'écriture trop poétique à mon goût crée plus un détachement qu'une émotion, dû en partie à la lenteur qu'elle installe. Je n'ai vraiment pas aimé le style. Pas pour moi!
Trop triste et beau! Un petit livre qui aborde la perte, le deuil, la famille, la mémoire et le silence, raconté par la voix d’une jeune fille. L’omniprésence du fleuve Saint-Laurent imbibe chaque souvenir et transforme le paysage en mémoire vivante 🌊 j’ai full aimé!!
Magnifique tétralogie dans laquelle la narratrice s’adresse à un proche décédé différent dans chaque tome. La narratrice revient avec douceur sur les moments partagés et ce qui a mené à leur déchéance. L’écriture de Mme Drapeau est douce et aborde avec délicatesse plusieurs moments difficiles vécus par les divers personnages. J’ai beaucoup aimé me retrouver parmi cette « meute » et de suivre leur parcours de l’enfance à l’âge adulte. J’ai rapidement dévoré les quatre petits tomes. Ce fut une lecture toute en douceur, sensibilité et délicatesse malgré certains sujets plus durs abordés.
Un petit livre, mais si grand en émotion. Chaque mot compte, chaque phrase te fait ressentir quelque chose. C’est touchant, doux, nostalgique… ça m’a ramenée à mon enfance, dehors dans les champs, les pieds nus dans l’herbe.
J’ai été à la fois éblouie, ravie, puis touchée, profondément. Mais à travers toute cette douleur: la lumière, la beauté, et les milliers de petits diamants sur le fleuve. Un grand livre.
Touchant et doux. Je l'ai écouté en version audio (lue par l'auteur) et je me suis sentie littéralement transportée, comme si je vivais ces souvenirs racontés.
Écouté sur l’application OHdio de Radio-Canada. Lu par l’autrice.
Première partie dans les bois et les champs bordant le fleuve envoûtante sinon enivrante. Des images fortes de l’Enfance et de ses péripéties plus grandes que nature... Près d’un fleuve imprévisible…
L’après (ou la suite du) drame où l’enchantement périclite est d’une justesse et d’une tristesse incommensurable, en contraste avec l’avant, insoutenable.
J’ai trouvé le rythme trop lent à mon goût. Peut-être est-ce le style d’écriture poétique qui lui conférait cette lenteur. Néanmoins, j’ai eu du mal à embarquer dans le récit, même si l’histoire aborde un évènement tragique qui ne peut laisser indifférent.
3,5 étoiles très court le bouquin, j’ai plus l’impression d’avoir lu un poème qu’un roman - ce qui n’est pas une mauvaise chose, je lirai surement les autres volumes cependant je me questionne un peu sur le choix de séparer les quatre parties tandis qu’ils sont tous si courts…. à suivre
Petite plaquette de quelques dizaines de pages où la poésie et la quête d'une rédemption face à la mort tragique d'un frère ... Beau et touchant. Une lecture incontournable !
« Je criais parce qu’on avait désobéi. Je criais parce que je n’avais pas écouté. Je criais parce que je sentais que c’était raté. Je criais parce que je voulais que ça s’arrête, la réalité. Je criais parce que je ne savais pas comment revenir en arrière. On avait tout raté. À cause de nous, c’était fini la joie. Peut-être que je ne criais pas, après tout, ou enfin seulement de l’intérieur, sans sons, comme les poissons. Je voudrais tant que nous ayons écouté, comme le fleuve écoute la lune. Sa maman. Tu es mort de peur. L’autopsie le dira. »
« Personne n’allume les lumières. Peut-être qu’on n’en fera plus jamais, de la lumière. »
« Nous nous couchons sans dire un mot. Sans même l’idée d’un mot. Il n’y en a plus, de toute façon, ils sont au fond du fleuve avec toi. Pétrifiés. Ils ne nous appartiennent plus. »
« Au bout d’un long moment, infini, un cri terrible, celui de maman, un cri de bête à l’agonie qui déchire la nuit. Nous ne dormirons plus jamais de notre vie. Il y aura toujours ce cri de bête qui se fait arracher sa chair, son cœur et son esprit. Toujours, il retentira dans la nuit de notre fin du monde à nous. »
La douce voix de Sylvie Drapeau m’a d’abord bercé et fait voyager sur la Côte, la Côte-Nord si brute aux falaises de conifères se jetant dans la mer… aux plages si douces et belles…
La douce voix de Sylvie Drapeau m’a ensuite fait chavirer, m’a émue aux larmes, me faisant appréhender le pire… C’est le cœur gros comme une mer agitée, vivant des réminiscences remontant à l’enfance, et ensuite le cœur qui éclate à l’évocation des plaintes animales de la mère qui pleure son enfant…
Un retour dans le passé, un thème dur, mais traité avec une poésie unique s’accordant à ces douloureux souvenirs d’enfance… Une langue simple, imagée, évocatrice pour raconter les drames surmontés et cette survie malgré le manque et le vide… Ce deuil que nous tentons toute notre vie de traverser…
Déjà hâte de poursuivre cette tétralogie et de retrouver la voix de cette enfant du fleuve qui porte la mer au creux de ses yeux et au fond du cœur…
J’ai lu les quatre livres de cette suite en version audio lue par l’autrice Sylvie Drapeau. J’ai beaucoup aimé Le fleuve (#1) et Le ciel (#2). Les thèmes du deuil de l’enfant ainsi que la relation mère-fille y sont abordés. La voix toute douce de Sylvie donne une touche intime à l’atmosphère. Sa description du territoire est poétique. Je me suis laissée envahir par la beauté des lieux et la douleur du drame. Cela dit, la lumière réussit à percer au fil du récit. Le 3e et 4e livres, toujours sur le deuil, traitent de sujets encore très sombres. La maladie mentale y prend une place prépondérante. Comme elle le dit, il faut l’avoir vécu pour le croire. J’ai eu un peu plus de difficulté à entrer dans l’histoire. Comme j’ai écouté les quatre livres d’un coup (sur la route vers la Gaspésie), j’ai trouvé ça lourd par moment. Je crois que ces 4 histoires doivent se digérer tout doucement.
კრისტალიზებული სიკვდილი, რომელიც არ ტოვებს ადგილს სიცოცხლისთვის, როგორც არ უნდა ეცადო მისთვის გვერდის ავლას. დედა, რომელიც იქცა მდინარედ. სიკვდილის ძალიან ბევრი დასამახსოვრებელი სახეა აღბეჭდილი ტექსტში, მაგრამ, ჩემი აზრით, ამ ძალიან პატარა რომანს ერთი არც ისე პატარა პრობლემა აქვს - კი, ძალიან კარგადაა დაწერილი და ვინც საპირისპიროს იტყვის, არ იქნება სანდო, მაგრამ არაა ეს ხუთი წლის ბავშვის სიტყვები და ფიქრები. მთხრობლის ასაკი არის სერიოზული გარღვევა. მაჩვენეთ ხუთი წლის ბავშვი, რომელიც გაზაფხულის დადგომისას იტყვის, ეს მიწის ეგზალტაციაა და ლეთარგიიდან გამოსვლაო და გავჩუმდები. მაგრამ, აბა, სადაა ეგეთი ბავშვი?
Elle rapporte l’histoire de son jeune frère, sa famille, alors qu’une terrible tragédie les a frappés, comment ils y ont réagi et dont nous sommes les impuissants témoins. Bien que très court, la densité, le rythme du livre m’ont porté à lire à voix haute certains passages tant les mots coulent comme de l’eau, du fleuve omniprésent. Pas de dentelle, l'émotion directement, comme un coup de poing.
"მდინარე... ზაფხულია. სკოლაში არდადეგები გვაქვს. დილის ცხრა საათიდან ბავშვები მგლებივით დაძრწიან ყველგან, მხოლოდ შუადღეს, სადილისთვის ბრუნდებიან. სად აღარ დახეტიელებენ. უფროსებო, თქვენ ხართ პასუხისმგებელნი პატარებზე, ყველაფერზე, რაც მათ მოუვათ, ცუდი იქნება და კარგი. როცა სკოლა არ არის, ცხოვრება ველური ხდება და ვინც როგორ მოახერხებს, ისე ცდილობს გადარჩენას."