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Кандидат

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"Je me ferai déchirer par la populace, bannir par le pouvoir, maudire par le clergé, etc." Le ton est donné. Le Candidat est une grande comédie où Flaubert se livre au plaisir suprême de déplaire à toute la classe politique : " Jamais aucun gouvernement ne voudra le laisser jouer parce que j'y roule dans la fange tous les partis. Cette considération m'excite. Tel est mon caractère. " Le Candidat est bien le Dictionnaire des idées reçues en politique. Largement plus d'un siècle après sa parution, ce texte méconnu révèle un étrange parfum d'actualité et de modernité. Son rythme effréné, ses situations ubuesques et le peu de scrupules de ses personnages en font le parfait petit manuel de cynisme politique à l'usage des électeurs !

Unknown Binding

First published January 1, 2005

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About the author

Gustave Flaubert

2,251 books3,892 followers
Gustave Flaubert was a French novelist. He has been considered the leading exponent of literary realism in his country and abroad. According to the literary theorist Kornelije Kvas, "in Flaubert, realism strives for formal perfection, so the presentation of reality tends to be neutral, emphasizing the values and importance of style as an objective method of presenting reality". He is known especially for his debut novel Madame Bovary (1857), his Correspondence, and his scrupulous devotion to his style and aesthetics. The celebrated short story writer Guy de Maupassant was a protégé of Flaubert.

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
Profile Image for Marta Skoober.
185 reviews19 followers
April 15, 2023
Encontrar a peça "O Candidato" em tempos de tão poucas leituras instigantes e/ou prazerosas foi um achado.

Acompanhar os personagens ao longo dos quatro ou cinco atos desta história divertida, e quase universal, nos dá dimensão do que é o pleito, com seus conchavos, intrigas e retaliações, me fez lembrar das narrativas de Dias Gomes, ainda que os estilos não sejam de todo parecidos, ambos conseguiram equilibrar incrivelmente o humor e a seriedade que tema política requer.
14.04.2023
Profile Image for Etienne Mahieux.
542 reviews
March 26, 2022
"Le Candidat" est la seule pièce de théâtre de Gustave Flaubert (hors collaborations) à avoir connu les planches de son vivant. Déçu par l'accueil, et ne dépendant pas de sa plume pour vivre, il semble avoir lui-même mis fin aux représentations alors que la recette était correcte. Mais sans doute écrivait-il cette pièce pour vexer.
Plus de cent ans d'enseignement gratuit, laïc et obligatoire nous poussent à voir dans tous les grands auteurs de parfaits républicains. Si Flaubert a écrit "Le Candidat", c'est pourtant pour protester contre le suffrage universel (masculin). La pièce reste parfaitement neutre entre les divers partis politiques ; ce que Flaubert ne digère pas, c'est le terrain de leur affrontement : il craint que le droit de vote ne tourne à la conjuration des imbéciles. Churchill, quant à lui, affirmait que la démocratie était le pire des systèmes politiques, à l'exception de tous les autres systèmes qui avaient pu être testés ici ou là ; son principe n'est pas que la majorité a forcément raison, mais qu'il est rationnel que la majorité décide. Mais bon, ça colle des crises d'angoisse à notre Gustave, et si les crises d'angoisse peuvent l'inspirer, moi je veux bien : les critiques intelligentes ne font de mal à personne.
En somme il s'agit d'un riche bourgeois normand (forcément normand), Rousselin, qui se présente à la députation, avec des rêves de responsabilité et de vie parisienne plein la tête ; mais ses opinions politiques sont tellement modérées, floues et malléables qu'il se retrouve vite, comme un battant de sonnette, à se heurter alternativement aux notables légitimiste et libéral de sa circonscription, qui sont autant de rivaux potentiels. Rousselin tient donc à tout moment le discours qui lui conciliera ses interlocuteurs, que ceux-ci soient ses rivaux ou ses électeurs. Il découvre par ailleurs les joies (et son portefeuille les douleurs) du clientélisme, cependant que la main de sa fille et le coeur de sa femme deviennent eux aussi des enjeux d'alliances politiques.
Ce qui est regrettable dans "Le Candidat", pièce écrite en quelques mois, au rebours de la lenteur proverbiale de Flaubert (mais dans les années 1870, il avait fini par aller un peu plus vite il me semble, faisant essentiellement traîner "Bouvard et Pécuchet"), c'est qu'il reste plus que des traces d'un théâtre traditionnel et bourgeois, qui va de scène à faire en scène à faire, la main de Mlle Rousselin et les éventuelles cornes qui pourraient pousser sur le front de son père occupant une certaine place alors que ce sont des ressorts bien usés (malgré une jolie fin du deuxième acte, d'une vivacité à la Beaumarchais). Contrairement à Ibsen, qui entre à la même époque dans la plénitude de son génie, Flaubert ne s'empare pas de ces contraintes pour les transcender en d'impitoyables affrontements ; il les subit. Il est bien plus lui-même et bien plus original quand il évoque le brouillard intellectuel et politique dans lequel se débattent le candidat et ses électeurs.
Souvent amusante, parfois confuse ou en pilotage automatique (un comble s'agissant du maître de Croisset), la pièce touche cependant au génie dans la première moitié du troisième acte, où s'invente un théâtre véritablement flaubertien, et capable d'anticiper sur les innovations des décennies suivantes. L'acte s'ouvre sur un monologue de Rousselin, seul dans la salle où va se tenir sous peu une réunion électorale (ce qu'on appelle aujourd'hui un meeting), et répétant ses attitudes, ses postures, et ses phrases, comme le ferait un acteur — façon de souligner, dès les années 1870, le rôle fondamental de la communication en politique. Mais cela encore n'est rien. Rousselin met au point des stratagèmes rhétoriques absolument vides de tout contenu, des phrases aberrantes à force d'ellipses et d'abstraction ("À moi, qui, pendant quarante ans… à moi dont le patriotisme… à moi que… à moi pour lequel…") dont il espère une victoire par knock-out. Suit la scène de la réunion effectivement tenue, où le malheureux se contredit de bout en bout en ne proférant que des idées reçues venues remplir les ellipses de sa construction rhétorique, qu'il déroule cependant de manière totalement indépendante du contenu de son discours, qui tourne à sa confusion. On est là quelque part entre Brecht, Ionesco, et bien sûr les Comices agricoles de "Madame Bovary". On accepte évidemment avec bienveillance les histoires de reconnaissances de dette et d'institutrices anglaises qui suivent, mais ce n'est rien par rapport à cette douzaine de pages où Flaubert met absolument en crise, par anticipation, la rhétorique faisandée de trop nombreux politiques.
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