“...Mais il ne s’agit pas de tout cela, ce n’est pas ce qu’on vous demande. On vous dit que, quand même vous supprimeriez les « exploiteurs » juifs ou les « écumeurs d’outre-Rhin », il resterait de bons chrétiens et d’excellents Français qui rempliraient leur office. On vous dit que vous n’apportez de solution ni à la question juive, ni à la question sociale. On vous dit que vous n’avez aucune doctrine, que vous êtes un sociologue à qui la sociologie surtout est étrangère, un historien qui ignorez surtout l’histoire. On vous dit que, consciemment, ou inconsciemment, vous faites le jeu d’une catégorie de capitalistes qui s’enrichiraient des dépouilles des Juifs et des « gros financiers judaïsants », comme la noblesse d’autrefois s’enrichissait des dépouilles des traitants que confisquait la monarchie, tandis que le bon peuple continuait à mourir de faim. Voilà ce qu’on vous dit et vous n’y répondrez jamais, et vous ne pouvez y répondre...”
Bernard Lazare was a French Jewish literary critic, political journalist, polemicist, and anarchist. He was also among the first Dreyfusards.
In 1888, together with Ephraïm Mikhaël, Lazare wrote La Fiancée de Corinthe, a mythological drama in three acts, where he first adopted his nom de plume, Bernard Lazare. Two years later Ephraïm Mikhaël died of tuberculosis. It was around this time that Lazare became actively engaged in anarchism. Although he never took "direct action", he always continued to support its ideals and his comrades, whose publications and legal defences he financed.