Première publication : 2014
Ressenti : 1952
Comment on peut avoir d'aussi bonnes idées et ensuite écrire une telle merde ?
Le mec est l'un des romanciers français les plus lus alors qu'il est hyper problématique. Sans entrer dans le détail, j'ai relevé parmi les éléments choquants (si vous voulez me tomber dessus avec des accusations d'idéologisme woke, relisez bien le livre; si vous ne voyez rien de choquant, vous faites partie du problème) :
1. Suprématie blanche : tous les personnages gentils sont blancs. Les méchants sont racisés, et ont tous des noms très "cliché". L'épidémie de grippe qui tue plein de gens (spoiler : ce n'est pas le COVID-19) vient du tiers-monde. Les extrémistes religieux viennent du tiers-monde (coucou islamophobie). La menace nucléaire vient du tiers-monde (wtf ?)
2. Grossophobie : tout le monde est mince et en forme ; description extrêmement dégradante des bourrelets d'une danseuse du ventre obèse.
3. Misogynie extrême : c'est pas le tout de faire des recherches sur la féminisation de l'espèce humaine et d'avoir quatre chercheurs qui sont des femmes, encore faudrait-il commencer par ne pas les dégrader ; on parle de "ménagères hystériques" qui font leurs courses, de pronoms personnels masculins pour parler de femmes exerçant des métiers pour lesquels ils n'existe pas de nom féminin ("le médecin" en parlant d'une femme, parce que dire "la médecin" ou "la docteure" c'est vraiment trop compliqué) ; on parle d'une endocrinologue extrêmement compétente qui préfère devenir...strip-teaseuse parce que la vie est plus facile ainsi (parce que bien sur, les femmes adorent devenir des objets sexuels plutôt que des chercheuses renommées reconnues pour leur intelligence) ; on parle d'une équipe de chercheurs de 4 femmes et 2 hommes dans laquelle ce sont les hommes qui font toutes les découvertes ; on parle d'un président de la République qui s'entoure constamment d'une nuée de prostituées (comme si dans un Etat de droit ça ne susciterait absolument aucun backlash).
4. LGBT+phobie : parce que quand on représente un seul personnage homosexuel, il faut que ce soit une femme qui considère cela comme un choix et non comme une donnée biologique, et qui EVIDEMMENT se rend compte que les hommes c'est mieux, en fin de compte.
5. Inaccurate facts, et il y en a un paquet : NON IL N'Y A PAS DE PRESIDENT A L'ONU, c'est un(e) Secrétaire Général(e) et un Conseil de Sécurité ; non, les poulpes ne sont pas moins évolués que l'espèce humaine, ils ont pris un embranchement différent de l'évolution, nuance (ils sont probablement plus intelligents que nous) ; non Jonathan Swift n'a pas écrit un ouvrage humoristique quand il a écrit Les voyages de Gulliver, mais un roman de réflexion sur la société, l'évolution, la connaissance, et les perceptions que des groupes d'individus ont les uns des autres (c'est un peu plus profond qu'une "histoire drôle") ; et il y en a un paquet d'autres pour lesquels j'ai levé les yeux au ciel sans les noter. Si vous pensez que ce livre vous a appris quoi que ce soit, oubliez le tout de suite parce que c'est probablement faux.
6. Pas particulièrement choquant d'un point de vue éthique, mais quel amateurisme dans l'écriture ! Mon chat miaule de manière plus lyrique que la plume de ce mec. C'est un véritable désastre.