Satyriasis : exagération morbide du désir sexuel chez l'homme. Un comportement que le narrateur de ce roman connaît trop bien. Épouvanté d'être passé si près du bonheur, il devient obsessif, calculateur, malade et, pour oublier l'homme de ses rêves - cet amant qu'il a follement aimé et qu'il a perdu à jamais -, il multiplie les aventures. À l'ère des médias sociaux, il espionne, tend des pièges et séduit. Ce qu'il cherche : « La mince ligne avant de basculer dans la perversité. » Là seulement, peut-être, connaîtra-t-il l'apaisement de l'équilibre. Or, on ne sort pas indemne d'un tel fantasme.
Rarement la sexualité gaie aura été décrite avec autant de franchise et d'impudeur. À la fois tendre et poétique, cru sans être choquant, mais surtout absolument authentique, ce livre deviendra peut-être emblématique de son époque.
Satyriasis (mes années romantiques) de Guillaume Lambert est un roman sur, comme le titre nous laisse deviné, sur la sexualité maladive et débridée dans la vingtaine de l'auteur. On y retrouve des amourettes de jeunesse qui virent à l'obsession malsaine et les amants qui s'enchainent pour oublier le cœur qui souffre.
Satyriasis est le premier d'un triptyque qui parle de ses frasques de la vingtaine, le deuxième (Eschatologie (l'effondrement)) de celle de la trentaine et le troisième, on verra puisque l'auteur n'a que 39ans.
Comme tout le monde le dit sur Goodreads, c'est cru. Oui, c'est une sexualité gaie raconté par un artiste qui, le titre le dit, est romantique et dans la romance , il y a souvent de la souffrance. Le tout dans des lieux que l'on croit reconnaitre dans la métropole. On se plonge surtout dans le personnage homme qui vit les derniers instants de l'apogée de sa libido et qui aux travers de ses parties de jambes en l'air, se cherche et souffre de ne pas se trouver.
Un bref roman de sexualité et d'érotisme gaie dans la fleur de l'âge, où l'on comprend que le plaisir du sexe n'apaise pas les tourments intérieurs. Un must pour ceux qui aime les descriptions de phallus au garde à vous. J'ai beaucoup "apprécié" le mal de vivre qui ronge le personnage principal, je me suis reconnu en lui par moment, dans ma jeune vingtaine.
Maintenant ce serait réducteur de dire que ça fourre pour fourrer. Je dirais même que le jeu de bizounes de ce roman est plutôt intéressant. Ça m'a rappelé le passage du livre de bell hooks The Will To Change où elle dit que les hommes recherchent la plénitude de l'amour dans le sexe, mais tout ce qu'ils y trouvent, c'est plus de sexe. Dans ces parties de jambes en l'air, le narrateur y trouve aussi sa propre obsession, ses désirs inassouvis, la haine de soi. Il se construit à travers l'absence de l'autre, comme dans « Hiroshima, mon amour » de Marguerite Duras, un roman qu'il cite ouvertement.
Je ne suis peut-être pas le public cible pour un roman comme Satyriasis. Une personne de la communauté LGBTQ ayant vécu cette renaissance à travers l'exploration d'une sexualité nouvelle sera peut-être plus interpellée, mais j'ai trouvé ça frondeur, intense et absolument intéressant.
Une autre, enfin la première, plaquette de @guillaumlamber.
Roman queer qui m'a fait pensé à Géolocaliser l'amour de @simonboulerice, mais en plus cru avec des émotions "raw" comme ils disent en anglais.
Contente de voir que y'a pas juste les hommes cis hétéro qui ont de la misère à gérer leur rupture. Ça m'a fait du bien, même s'il faudrait tous apprendre à se gérer dans nos échecs amoureux. 💕
Comédien découvert dans la série québécoise 'Like-moi', Guillaume Lambert a tout de suite été un coup de coeur. C'est après que j'ai découvert son roman, qui, au final, ne semble pas très romancé.
Prose crue, vraie et difficile, mais tellement belle, on pourrait le comparer à une version moins prétentieuse d'Édouard Louis. Nous ne sommes plus dans une lutte des classes ou de personnes, mais tout simplement dans le ressenti.
Satyriasis : mes années romantiques est l'histoire sublime et cruelle d'une peine d'amour. Je me plais à penser que c'est davantage un journal intime qu'un roman, car tout est étonnament vrai et très vibrant. Le manque, la peine, la douleur du narrateur se ressent entre les lignes pour donner des phrases pures et lyriques malgré leur vulgarité.
Effectivement, là, où Édouard Louis restait dans le flou, avec Guillaume Lambert, nous avons tous les détails, aussi sordides que romantiques. Pur voyeurisme, Satyriasis permet de comprendre les amours passés d'un homme par une rupture difficile. J'ai adoré l'ampleur que prend les réseaux sociaux dans ce roman, qui démontre bien l'obsession poussée à l'extrême que nous pouvons développer à l'aide de ces technologies.
J'aurais aimé qu'il soit plus long, mais je crois qu'il aurait perdu beaucoup d'énergie et de vitalité avec quelques pages supplémentaires. Le désir sexuel gay n'aura jamais été aussi bien décrit dans des termes aussi vrais et crus.