"Il n'y a sur terre d’intéressant que les religions...". Cette phrase n'est pas de Bossuet ni de Claudel. Elle est le cri - ou la confidence - du poète qui a retrouvé les sources de vie pour notre littérature: Charles Baudelaire. Aussi bien elle pourrait être signée de Montaigne, de Rabelais, de Voltaire ou de Gide... ou des surréalistes. De Villon à Rimbaud, à Jean-Paul Sartre, à Pierre Emmanuel, tous nos grands écrivains ont rencontré le fait religieux: soumis ou révoltés, confiants ou angoissés, ils ont été interpellés, et ils ont répondu. Tantôt cherchant Dieu dans des chemins sans issue, tantôt croyant se détourner de lui et découvrant brusquement son visage; apôtres ou adversaires, souvent militants, parfois apparemment désintéressés, jamais vraiment indifférents. Et ceux-là même qui ont proclamé le plus haut n'attacher de prix qu'à l'Art et consacrer à lui seul leur "adoration perpétuelle" n'ont cessé de se poser les questions pourquoi? pour qui