Flykten till häst: Mycket långt in i staden är en egenartad och drömlik skildring av en verklighet som i högsta grad hör till vår tid. Bokens huvudpersoner är de båda systrarna Barba och Félice, samt två unga män vid namn Cassius och Chabanne. De lever samtliga ett hårt liv i hjärtat av storstaden. De kämpar inte bara för att överleva i en värld präglad av våld, droger, sexuell exploatering och utanförskap, utan söker också nå kärleken. Men den kärlek de får består endast av små, vassa och fläckiga skärvor, och när natten slutligen viker tillbaka är det ett lika oförsonligt som skarpt ljus som faller över scenen.
Flykten till häst: Mycket långt in i staden är skriven på en prosa som är kongenial med de på en gång trasiga och storslagna liv som berättelsen rymmer. Här finns alla de kvaliteter som gjorde Bernard-Marie Koltès till en av samtidens viktigaste och mest uppburna dramatiker.
- "C'est un hasard que tout soit comme cela doit être, et que j'aime bien tout : j'aime bien ta bouche, j'aime bien ta queue, j'aime bien tes bras, j'aime bien ta voix ; ils sont exactement comme ils devraient être, et chaque fois un petit peu plus." (19)
- "Dites-lui seulement : Barba, et vous verrez bien. C'est une vieille connaissance. Lui et moi, on est comme fiancés, intégralement fiancés, sans conteste possible. [...] Moi, cela fait longtemps que je suis connue là-bas. J'y vais comme chez moi. Je suis fichée, diable, qu'est-ce que vous croyez ? Mais pas comme n'importe qui ? Tragard, on se connaît bien ! Fichée plusieurs fois, fichée mille fois, de grandes fiches qu'il a toujours sous les yeux. Barba-la-Reine : une grande fiche lumineuse pendue au mur, et qui clignote pour qu'on ne l'oublie pas." (97)
- "Mais moi, j'ai trouvé le refuge. Essayez de m'avoir ! Je me suis fait ma maison : sans fenêtre, sans porte, aux quatre murs faits de quatre cheminées où flambent des bûches. Essayez d'y entrer dans vous brûler ! J'ai mon refuge où je caresse Chabanne et où Chabanne me caresse les bras avec ses lèvres. [...] Tenez-moi, frappez-moi, ouvrez-moi le ventre, criez, tapez, tapez avec vos gourdins et vos bottes ferrées : vous ne découvrirez rien, vous n'aurez rien dérangé des amoncellements de troncs qui brûlent le long de mes murs, et qui réchauffent Chabanne et moi. Et moi, je baise le cou de Chabanne, la nuque de Chabanne, les paupières de Chabanne ; et rien ne me touche que les bras de Chabanne qui me tiennent serrée contre lui. Moi, je suis une maison de pierre contre laquelle vous vous écorcherez ; je suis une colonne de bronze à laquelle vous vous userez. Si vous me regardiez bien, vous verriez que je suis un homme autant et plus que vous, et que vous devriez craindre. Vous ne pouvez rien contre moi, mon refuge secret, et les arbres entiers brûlant dans les quatre cheminée." (120-121)