La traduction et mon manque notable d'éducation quant à l'histoire et les références culturelles taïwanaises y sont peut-être pour beaucoup, mais j'ai eu du mal à apprécier ce livre.
Le livre se présente comme une longue lamentation pathétique et autobiographique, sur fond de peur de l'évolution du monde.
On a l'impression d'avoir un manifeste de la veillesse réactionnaire. L'auteur se dit victime d'une aliénation au monde qui semble auto-infligée par le repli sur soi sans raison. L'imagination va même parfois jusqu'à provoquer la peur qu'un changement puisse s'être produit, chez l'auteur.
Si l'insistance sur la disparition de l'habitat "traditionnel" datant du début 20e et des arbres nous font sentir le "déracinement" de l'auteur (qui appuie bien, lourdement, sur le parallèle aux arbres de l'île), on a pas pour autant d'explication politique, sociale ou sociétale qui ferait que l'auteur se sentent autant étrangère dans son propre pays.
On rencontre dans ce livre très peu de poésie, et la narration de l'auteur qui s'adresse à elle-même à la deuxième personne est poussive. De plus l'usage de nombreux flashbacks et les comparaisons incessantes et perméables entre Taïwan et le Japon rendent la structure du récit confuse.