Le narrateur de Nord Alice est un chirurgien trop qualifié pour être exilé dans le Nunavik contemporain. À moins qu'il n'ait choisi ce lieu pour fuir une histoire d'amour. Ou peut-être une histoire de meurtre ? Entre ses patients et ses expéditions de pêche, il dévoile par bribes le récit de son existence et raconte aussi la destinée des hommes de sa famille, depuis l'arrière-grand-père Roméo, qui quittait Montréal en 1898 pour aller rejoindre ses frères à Dawson City et tenter sa chance comme tant d'autres au bord du Klondike.
Difficile d’expliquer ce qui ne fonctionne pas pour moi dans ce livre de Marc Séguin. Peut-être le fond de misogynie que l’on sent de la part du personnage, qui admire ses aïeules mais traite sa blonde de criss de folle (malgré sa profession de médecin qui devrait le rendre plus sensible aux problèmes de santé mentale) et consomme compulsivement de la pornographie sur internet. Peut-être le choix de raconter la filiation du personnage en évoquant, en parallèle de son exil au Nord, l’histoire de son arrière-grand-père et de son grand-père... en abandonnant ce récit à mi-chemin du livre (alors qu’il s’agissait d’un des points d’interêt du livre pour le lecteur). Peut-être l’évocation de toute la violence et de la trashitude du Nord, qui sont les seules occasions de contact avec la population innue que raconte le personnage. Difficile de ne pas y voir une vision stéréotypée du Nunavik, malgré le bel hommage que Séguin rend à la culture innue (à travers le personnage d’Alice) et aux magnifiques paysages du nord.
J’ai refermé le livre en ayant l’impression d’avoir perdu mon temps.
Je ne suis pas la seule à l'avoir nommé mais il y a quelque chose qui cloche avec ce roman qui avait pourtant tous les ingrédients pour captiver. Il m'a semblé qu'il manquait un bout de travail d'édition, avec les histoires de famille qui s'emmêlent et qu'on semble laisser tomber sans trop d'explication vers la fin. Une froideur dans le ton aussi (sans vouloir faire des jeux de mots boiteux) qui fait que je ne croyais pas aux émotions et aux tumultes amoureux malgré des phrases bien tournées qui tentaient de me convaincre, en vain.
J'ai adoré ce livre pour toutes sortes de raisons. D'une part, pour l'histoire d'amour et les personnages vibrants de réalisme. De l'autre, pour la vision crue du Nord, tel qu'on ne le connaît pas. Le protagoniste s'exile de Queens pour soigner son coeur brisé dans les racines, la terre natale de sa plus grande inquiétude, Alice. Médecin, il panse les nombreux malades inuits, rongés par des maux étrangers, venus du Sud, l'alcool, le sucre blanc, la sédentarité, comme il se guérit lui-même de ne pas avoir aimé assez fort. L'écriture de Marc Séguin est brut, simple comme les éléments de la nature qui entourent son personnage déraciné. Le roman me donne certainement envie de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Marc Séguin.
Définitivement dans l’air du temps par sa thématique mais évitant les clichés, l’auteur de la foi du braconnier nous propose son meilleur roman à ce jour. Un roman puissant et surtout vrai. Véritable cri du coeur et coup de poing au plexus, ce roman est emprunt d’une force latente qui ne demande qu’à éclater au grand jour ! Loin d’être froid et aride comme la toundra, ce roman marque déjà notre littérature d’un coup de griffe en plein coeur ! Incontournable !
Immense coup de cœur. Histoire d'amour, d'identité. Écriture crue, froide, à l'image du grand Nord que dépeint Séguin. J'ai pu mieux visualiser les contrées éloignées que mon père explore en canot, entre autres sur la George, connecté à la nature. À sa propre nature. Franchement séduite. Rares les occasions où j'ai autant échangé avec mon père relativement à une lecture.
Le Grand Nord et un amour trop intense. J'ai été très remué par cet amour obligé, impératif mais impossible. Charme aussi par le paysage et le peuple. À lire pour puiser dans les racines de notre territoire et dans les recoins du coeur de ce qu'un homme peut ressentir pour la femme de sa vie.
L’histoire d’un homme amoureux d’Alice, une femme complexe. Lui, chirurgien; elle, obstétricienne. Un ballet d’amour/haine entre ces deux entités que tout oppose. Pour prendre du recul, il s’exile dans le grand nord, son coin de pays à elle. Là-bas, il endosse le rôle du médecin qui doit savoir faire de tout, sans poser de questions. Cela le libère de ses pensées obsédantes pour elle. De son côté, Alice aide des femmes à donner la vie à New York. Chacun tente de trouver du sens dans le coin de pays de l’autre.
L’Écriture est belle, fluide, franche, évocatrice et savoureusement masculine. Un homme réflexif, habile avec les mots pour parler de la vie, de l’amour, de la famille, des relations humaines, des femmes et de la malheureuse dynamique qui parfois s’installe entre les deux. Fascinante incursion dans l’âme masculine dans ce qu’elle a de plus courageux, de plus franc, de plus traduite en mots. La parole d’un homme qui a tant à dire aux autres hommes. Une ode aux femmes, aux ancêtres, aux racines. Très beau moment de lecture.
Citations: « Les promesses ne sont peut-être pas dites pour être tenues, mais pour mesurer le présent. » p. 53
« Comme ailleurs et partout, ceux qui nous éclairent sont toujours les derniers à savoir qu’ils émettent de la lumière. » p. 137
« S’il faut plusieurs hommes pour nous former, il suffit d’une seule femme, un jour, pour nous rendre complet. » p. 161
« Si mon père m’a appris à aimer une femme, c’est en la voyant, mère, être aimée de lui que j’ai cru pouvoir y arriver un jour. » p. 211
Je n'ai pas fini la lecture du livre. Peut-être que j'aurais été surprise, mais les autres commentaires de Goodreads m'ont convaincu d'arrêter !
J’ai eu beaucoup de difficulté à rester concentrée pendant ma lecture. Pour aller plus vite, je saurais des mots, et je n'ai pas eu l'impression de manquer quoi que ce soit. La léthargie constante du personnage principal m’a rapidement tapé sur les nerfs : son inertie et son absence d’élan rendaient chaque scène plus lourde qu’intéressante. À cela s’ajoutait un manque flagrant d’empathie, ou juste de vie. Il manquait quelque chose, mais je n'arrive pas à trouver quoi.
Je n’ai pas réussi à embarquer dans l’histoire, et encore moins à croire aux personnages. Tout sonnait faux.
J’ai beaucoup aimé ce livre de Marc Séguin, ces belles histoires d’amour, ses silences, les liens avec les hommes de sa famille. Son écriture est fluide, l’intérêt constant jusqu’à la fin. Alice et… quel est donc son prénom au docteur Sainte-Marie ?
L'écriture de Séguin se bonifie de elle manière. J'avais lu La foi du braconnier sans grande surprise malgré tout le bien qu'on en disait. Cette fois-ci j'ai été captivée par le sujet et par la forme. Des phrases très courtes qui imposent une cadence de lecture et suggère un état d'urgence chez le narrateur . Des descriptions du Grand'Nord magnifiques, une histoire d'amour intense, belle et crue. Vraiment un bel opus.
Les 100 premières pages sont excellentes et j’ai entamé ce roman avec beaucoup d’enthousiasme. Mais, après ce début prometteur, l’auteur ne fait que nous décevoir malgré sa superbe plume. Aucune réelle évolution du récit, l’histoire et ses personnages stagnent jusqu’à la fin. C’est donc un portrait incomplet d’une réalité pourtant intensément belle et cruelle à la fois : la vie dans le grand nord québécois.
Sans raison aucune, je n’avais pas terminé ma lecture à peine entamée il y a quelques années. C’est avec délice que je l’ai lu cet été. J’ai été transporté. Nier. Fuir. S’exiler. Véritable plongeon en soi, en son histoire, espérant découvrir la vérité alors qu’elle nous pend souvent au bout du nez. “Les promesses ne sont peut-être pas dites pour être tenues, mais pour mesurer le présent.”
Tout ça c'était très beau, parfois un peu stagnant, mais toujours intense. J'ai malheureusement été déçu par la fin. Mais elle saura en séduire d'autres. L'écriture de Marc Séguin est magnifique.
Je ne crois pas avoir tout compris. Et surtout, je suis de moins en moins tolérante envers les histoires de peine d'amour sans fin chez des adultes. Il y a quand même de beaux moments dans ce roman.
Quelle belle lecture! J’aimais l’artiste et le chroniqueur, mais j’aime maintenant l’écrivain! J’ai écorné plusieurs pages et souligné de nombreux jolis passages. J’ai aimé lire l’amour et le désir que le personnage avait pour son Alice, sa belle inquiète. J’ai aimé comprendre le parcours de ses ancêtres, de suivre ses péripéties de médecine et connaître la réalité du Nord. Je le recommande assurément.
J’imagine que les nombreuses critiques / bémols peuvent être légitimes, je ne sais pas ce qui est cliché ou exagéré dans ses récits nordiques, la seule chose que je sais c’est que j’ai aime lire ce roman, j’ai aimé les va-et-viens historiques dans lesquels je ne me suis pas perdue, j’ai aussi aimé l’histoire d’amour-haine qui crédible ou pas, est bien écrite et donne envie de tourner la page. Et au final, c’est ça qui importe
Nord Alice est un livre d'amour tourmenté, bien écrit, mais malgré tout quelquefois difficile à suivre et à comprendre. Ce n'est qu'en approchant de la fin que l'on réussit à faire le lien entre les histoires des différents personnages et que l'on comprend pourquoi l’auteur nous les raconte.
Plusieurs commentaires m’ont dérangé. Je me suis souvent demandé si l’auteur connaissait le Nord. Beaucoup de haine et de violence, à mon avis, inutiles au récit. Mis à part quelques réflexions intéressantes, ce livre m’a déplu et laissée perplexe.
L’auteur nous emporte dans l’histoire d’amour, intime, sincère et en même temps brûlant d’intensité, entre les peurs, les doutes des personnages. La beauté du Nord décrite y est entrecoupée d’images violentes et brutales reflétant la réalité de ce territoire.
J’ai bien aimé - les moments où il raconte la vie de ses prédécesseurs sont très bons, les moments où il pense à Alice sont très longs. Belle lecture légère, à prendre page par page (pour prendre le temps de prendre le temps) mais ne pas s’attendre à une fin incroyable..!
Un mélange très intéressant d’histoire, de communauté, de généalogie, de médecine et d’amour. J’ai aimé le point de vue très ouvert et cru sur la sexualité du protagoniste, dans ses beaux comme moins beaux aspects. Par contre, je n’ai pas compris la fin, ce qui m’a déçue un peu.
3.5 ⭐ Un livre magnifique sur les thèmes de la filiation, de l'amour, du désir obsessionnel, du territoire. L'auteur nous transmet de superbes images. Quelques redondances et certains clichés.